Comment Payer ses Impôts en Tant qu'Auto-Entrepreneur en France
Le régime de la micro-entreprise est un régime unique et simplifié de l'entreprise individuelle. Il permet de bénéficier de formalités de création d'entreprise allégées, d'un mode de calcul et de paiement simplifié des cotisations sociales et de l'impôt sur le revenu. En tant que micro-entrepreneur (précédemment auto-entrepreneur), votre régime fiscal est celui de la micro-entreprise.
Versement libératoire en micro-entreprise : tout comprendre !
Quels impôts pour les auto-entrepreneurs ?
Les auto-entrepreneurs sont soumis à l’impôt sur le revenu qu’ils peuvent choisir de régler annuellement ou en même temps que le paiement de leurs cotisations sociales. Ils doivent également s’acquitter de la CFE (Cotisation Foncière des Entreprises). Enfin, s’ils le choisissent et respectent les seuils de franchise, ils pourront être exonérés de l’impôt de la TVA.
Lors de la création de son statut, l’auto-entrepreneur a le choix entre deux types de régimes : le régime classique d'imposition ou le versement libératoire.
1. Régime Classique de la Micro-Entreprise sans Option pour le Versement Libératoire
Dans ce cas, l'imposition est classique, après application d’un abattement forfaitaire. Un abattement est calculé sur le chiffre d’affaires selon l’activité exercée par le micro-entrepreneur. Le revenu imposable, qui servira de base au calcul du montant d’impôt dû, est égal au chiffre d’affaires brut moins cet abattement forfaitaire. Cet abattement ne peut pas être inférieur à un montant de 305 euros représentatifs de vos frais professionnels.
Au moment de créer sa micro-entreprise, l’auto-entrepreneur choisit entre une déclaration mensuelle ou trimestrielle de son chiffre d’affaires.
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Comment ça marche ?
Lorsque vous remplissez votre déclaration de revenus, que ce soit en ligne ou sur le formulaire N° 2042-C-PRO, vous devez indiquer le montant total de votre chiffre d’affaire (CA) ou de vos recettes brutes pour l'année. Une déduction automatique sera appliquée lors du calcul de votre impôt, selon un pourcentage fixe qui dépend de l'activité exercée par votre entreprise, à savoir :
- 71 % du chiffre d'affaires pour les activités d'achat-revente ou de fourniture de logement relevant des BIC (Bénéfices Industriels et Commerciaux) ;
- 50 % du chiffre d’affaires pour les services relevant des BIC;
- 34 % du chiffre d’affaires pour les activités libérales et prestations de services relevant des BNC (Bénéfices Non Commerciaux).
En cas d'activités mixtes, les abattements sont calculés séparément pour chaque fraction du chiffre d'affaires. Dans ce cas, la déduction minimale est de 610 €.
Les revenus professionnels ainsi déterminés sont ensuite soumis à l'impôt sur le revenu (application du barème progressif) avec, le cas échéant, les autres revenus de votre foyer fiscal.
Comment déclarer ?
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Pour accéder aux rubriques concernées dans la déclaration de revenus en ligne, à l’étape 3, vous devrez sélectionner la nature du revenu concerné (revenus industriels et commerciaux professionnels si BIC pour accéder aux cases 5KO (vente de marchandises et fourniture de logement) /5KP (prestation de service et locations meublées professionnelles), revenus non commerciaux professionnels si BNC pour accéder à la case 5HQ). N.B : Vous n’êtes pas concernés par la déclaration sociale unifiée.
2. Régime de la Micro-Entreprise avec Option pour le Versement Libératoire de l’Impôt
Si vous remplissez certaines conditions, vous pouvez opter pour le régime dit du "versement libératoire" de l’impôt sur le revenu (option à souscrire auprès de l’Urssaf). Cette option vous permet de soumettre vos revenus à un barème fixe, et de payer l'impôt progressivement, au rythme de vos encaissements de chiffre d'affaires, ainsi que vos charges sociales, que ce soit mensuellement ou trimestriellement, selon votre préférence.
Si l’auto-entrepreneur choisit le versement libératoire, ses charges fiscales seront déjà payées au cours de l’année. Vous n’aurez donc bien entendu pas à les payer une seconde fois lorsque vous allez déclarer vos revenus au service des Impôts. Le formulaire 2042 C PRO ne doit ainsi pas être rempli de la même façon. La manière de calculer le montant des charges diffère également.
Trois conditions pour bénéficier du versement libératoire :
- Votre revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année, N-2, doit être inférieur ou égal à un certain montant qui varie selon le nombre de parts de votre quotient familial.
- Votre chiffre d'affaires de l'année précédente (sur une période de 12 mois) doit être au plus égal à :
- 188 700 € s'il s'agit d'entreprises dont le commerce principal est la vente de marchandises, d'objets, de fournitures de denrées à emporter ou à consommer sur place, ou la fourniture de logement (hôtels, chambres d'hôtes, gîtes ruraux, meublés de tourisme, etc.) (activités BIC de vente ou assimilée) ;
- 77 700 € pour les autres prestataires de services relevant des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) et les professionnels libéraux relevant des bénéfices non commerciaux (BNC).
- Vous devez opter pour le régime micro-social.
Si vous exercez une activité mixte : votre chiffre d’affaires global annuel ne doit pas dépasser 188 700 euros et la partie relative aux activités de services ne doit pas dépasser 77 700 euros.
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Les taux d’imposition appliqués sont alors les suivants :
- 1 % pour les activités d'achat de biens destinés à être revendus en l'état, de fabrication (pour les revendre) de produits à partir de matières premières (farine, métaux, bois, céramique, etc.), de vente de denrées à consommer sur place, de fournitures de logement ;
- 1,7 % pour les autres prestations relevant d'activités industrielles et commerciales ;
- 2,2 % pour les prestations de services relevant d'activités libérales.
Comment déclarer ?
Pour accéder aux rubriques concernées dans la déclaration de revenus en ligne, à l’étape 3, vous devrez sélectionner la ligne «micro-entrepreneur ayant opté pour le versement libératoire» puis vous compléterez la case correspondante à votre activité (5TA / 5TB / 5TE).
Attention : vos revenus de micro-entrepreneur seront pris en compte pour le calcul de l'impôt que vous devrez payer sur vos autres revenus. Votre taux moyen d'imposition sera alors calculé en tenant compte de vos revenus de micro-entrepreneur. Cependant, comme ces revenus ont déjà été soumis à l'impôt via le versement libératoire, ce taux ne sera appliqué qu'aux autres revenus de votre foyer pour la détermination de votre impôt sur le revenu.
À ces taux s'ajoutent ceux du versement forfaitaire libératoire des cotisations sociales et prélèvements sociaux :
En cas de dépassement des seuils
L'année qui suit celle du dépassement des seuils du régime micro, vous ne pouvez plus bénéficier du régime du micro-entrepreneur. Il est important de contacter l'Urssaf le plus rapidement possible pour leur signaler que vous quittez ce régime.
Modalités d'exercice de l'option
Pour exercer l'option du régime du versement libératoire de l'impôt sur le revenu, vous devez adresser votre demande à l'URSSAF dont vous dépendez au plus tard le 30 septembre de l'année précédant celle pour laquelle vous souhaitez exercer cette option. Vous pouvez effectuer cette démarche par courrier ou en ligne sur le site autoentrepreneur.urssaf.fr (art. 151-0 IV du CGI). Par exception, si vous créez une nouvelle activité, vous avez la possibilité d'exercer cette option jusqu'au dernier jour du troisième mois suivant la création de votre activité. Dans ce cas, vous pouvez également adresser votre demande au centre de formalité des entreprises.
Depuis le 1er janvier 2023, toutes les entreprises doivent réaliser leurs formalités via le Guichet unique, géré par l'INPI. Après 4 à 10 semaines, lorsque vous aurez reçu votre notification d’affiliation, vous aurez accès à l’ensemble des services en ligne de l’Urssaf dédiés aux auto-entrepreneurs (créer l’espace en ligne autoentrepreneur.urssaf.fr).
Si une option est choisie en dehors des délais prévus ou si les conditions spécifiques de l'article 151-0 du Code Général des Impôts (CGI) ne sont pas remplies, cette option est considérée comme irrégulière. Dans ce cas, elle ne permet pas de bénéficier du versement libératoire pour l'impôt sur le revenu lié à l'activité concernée.
Forme et contenu de l'option
Conformément à l'article 41 DG ter de l'annexe III au CGI, l'option est exercée selon les modalités prévues à l'article R133-30-1 du code de la sécurité sociale, au moyen d'un formulaire dont le modèle est fixé par arrêté.
Les seuils du régime micro-fiscal
- Activité commerciale et d'hébergement : Vous êtes soumis au régime de la micro-entreprise si vous avez réalisé au cours de l'année civile N-1 ou N-2 un chiffre d'affaires qui ne dépasse pas 188 700 €.
- Activité de prestation de services en BIC : Vous êtes soumis au régime de la micro-entreprise si vous avez réalisé au cours de l'année civile N-1 ou N-2 un chiffre d'affaires qui ne dépasse pas 77 700 €.
- Activité libérale : Vous êtes soumis au régime de la micro-entreprise si votre chiffre d'affaires au cours de l'année civile N-1 ou N-2 ne dépasse pas 77 700 €.
Comment calculer l'impôt sur le revenu pour un auto-entrepreneur ?
Si vous avez opté pour le versement libératoire lors de la création de votre auto-entreprise, l'impôt sur le revenu est payé en même temps que les cotisations sociales. Sinon, vous serez imposé selon le barème standard de l'impôt sur le revenu. Le revenu imposable est alors calculé comme un pourcentage du chiffre d'affaires. Ce pourcentage varie en fonction du type d'activité exercée.
En tant que micro-entrepreneur, suis-je concerné par le prélèvement à la source ?
Vous êtes concerné par le prélèvement à la source sauf si vous avez opté pour le versement libératoire de l'impôt sur le revenu.
A quoi cotisez-vous en tant que micro-entrepreneur ?
En tant que micro-entrepreneur, vous êtes affiliés au régime général de la sécurité sociale des indépendants et vous êtes soumis, selon un taux qui varie en fonction de votre secteur d’activité, aux cotisations et contributions sociales suivantes :
- l’assurance maladie / maternité
- la cotisation complémentaire d’indemnité journalière
- la CSG et la CRDS
- les allocations familiales
- la retraite de base et la retraite complémentaire obligatoire*
- le régime d’invalidité et décès
- la contribution à la formation professionnelle
- la taxe pour frais de chambre consulaire (si vous êtes artisan ou commerçant)
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