Le Régime de l'Auto-Entrepreneur en France : Fonctionnement, Avantages et Inconvénients
Le régime de l'auto-entrepreneur (ou micro-entreprise) est un régime simplifié d’entreprise individuelle, ouvert au plus grand nombre, qui permet de lancer une activité d’indépendant facilement. Ce statut juridique offre à l'entrepreneur la possibilité de mener son activité professionnelle au sein d'une structure juridique facile à gérer et peu contraignante sur le plan administratif. En juin 2024, le réseau des Urssaf recensait 2 971 000 micro‑entrepreneurs actifs.
Lancé en 2008, le statut d’autoentrepreneur (ou microentrepreneur) a rencontré un grand succès. Qui aurait cru que ce statut serait encore au cœur des polémiques seize ans plus tard ?
Aujourd’hui, il n’existe plus de différence entre micro-entreprise et auto-entreprise.
Comment devenir auto-entrepreneur en 2025 ?
Genèse et Évolution du Statut
L’idée de simplifier la création d’entreprise figurait déjà dans le programme de Nicolas Sarkozy en 2007. Dès son élection, il en a fait une priorité à intégrer à la LME. Pour comprendre la genèse de ce texte, il faut revenir au contexte de la fin du XXe siècle marqué par une accélération de la désindustrialisation de la France, en raison d’un manque d’attractivité de l’économie française du point de vue des investisseurs, appelant des décisions fortes.
Si l’essoufflement de notre tissu économique était admis par tous, le choix de stimuler l’entrepreneuriat constitue une rupture majeure avec notre modèle de société, mais aussi avec notre culture. En quelques mois, la création d’entreprise jusque-là largement réservée à des cercles patronaux ou à des corps de métiers opératifs comme l’artisanat s’ouvrait à tout un chacun avec la plus grande facilité.
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L’autoentrepreneur a ouvert une libéralisation jamais connue dans notre pays. Au-delà de la facilité de l’acte de création, plusieurs conditions de création ont crispé les partenaires socioéconomiques. L’absence d’exigences préalables pour certaines activités a alarmé les artisans, inquiets des conséquences sur la qualité et la sécurité des prestations. Face à cette fronde, des obligations de formation ont été imposées à certains secteurs.
L’impopularité de l’autoentrepreneur a atteint un tel niveau qu’en 2016, l’autoentrepreneur fusionne avec le micro-entrepreneur : si le statut n’est pas modifié, il abandonne une terminologie devenue trop clivante.
Par ailleurs, la franchise de TVA est perçue comme une source de distorsion de concurrence. Les entreprises assujetties à la TVA dès leur création y voient un privilège accordé aux microentrepreneurs.
Pendant cette période qui pouvait durer d’un à trois ans, les jeunes créateurs « testaient » leur activité, sans s’engager dans les méandres administratifs de la création officielle. Ils n’étaient pas déclarés, ne payaient pas d’impôt et gonflaient ainsi l’économie souterraine en pratiquant le travail dissimulé.
Un statut tremplin pour faciliter la création aurait dû intégrer une limite temporelle, ce que Sylvia Pinel, ministre de l’artisanat, du commerce du tourisme (2012-2014) a tenté d’établir avec un autoentrepreneur à durée déterminée à deux ans. La loi Pinel (1er janvier 2016) ne retiendra finalement pas cette mesure.
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Qui Peut Devenir Auto-Entrepreneur ?
Tout le monde ou presque peut devenir auto-entrepreneur ! En effet, le statut juridique est ouvert aux étudiants, retraités, fonctionnaires et même aux salariés ou dirigeants assimilés salariés. En tant que micro-entrepreneur, vous avez ainsi la possibilité de cumuler les revenus issus de votre activité avec votre salaire ou vos allocations (chômage, retraite, etc.).
Il n’est pas possible d’ouvrir plusieurs micro-entreprises. Cependant, Il est tout à fait possible de cumuler plusieurs activités dans une seule auto-entreprise.
Certaines activités dites réglementées sont soumises à l’obtention d’un diplôme ou à une législation particulière. C’est le cas notamment des métiers du BTP, de fabrication de produits frais ou encore des coiffeurs.
Les activités autorisées
La bonne nouvelle, c'est que la plupart des activités sont possibles avec le statut de la micro-entreprise. Vous pouvez en effet exercer trois catégories d'activité : artisanale (ex. créateur de bijoux), commerciale (ex. coursier à velo) ou libérale (ex. professeur à domicile).
Ces trois catégories de professions exercées en micro-entreprise dépendent de Centres de formalités des entreprises (CFE) distincts.
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| Type d'activité | Centre de Formalités des Entreprises (CFE) |
|---|---|
| Commerciale | Greffe du Tribunal de Commerce (GTC) |
| Artisanale | Chambre de Métiers et de l’Artisanat (CMA) |
| Libérale | Urssaf |
| Agent commercial | Greffe du tribunal de commerce |
Comme son nom l’indique, votre CFE est le centre qui traite vos formalités administratives. En effet, depuis le 1er janvier 2023, le guichet unique devient l’unique interlocuteur pour vos formalités de création, de modification ou de cessation d’entreprise. Cet organisme centralisé transfère ensuite vos données aux administrations compétentes (CFE, impôts, etc.). De plus, toutes les entreprises et sociétés, dont les micro-entrepreneurs, sont immatriculées dans un unique registre : le Registre national des entreprises (RNE).
Les professions exclues
Toutefois, certaines activités en sont légalement exclues. On peut notamment citer :
- Les activités agricoles
- Les activités artistiques rémunérées par des droits d’auteur
- Les activités médicales
Attention, cette liste n’est pas exhaustive !
Avantages et Inconvénients du Statut de Micro-Entreprise
Le régime micro-entrepreneur vous permet de lancer une activité indépendante de manière simplifiée. Vous pouvez ainsi tester votre idée d’entreprise avec une prise de risque limitée et des démarches administratives réduites.
Avantages
- Une comptabilité simplifiée : il vous suffit d’émettre des factures conformes et de tenir un livre des recettes (selon les cas, un registre des achats aussi). Vous devrez également déclarer votre chiffre d’affaires tous les mois ou trois mois à l’Urssaf.
- Des charges sociales allégées, avec la possibilité de bénéficier de l’ACRE lors de votre première année d’activité (sous conditions).
- Des formalités de créations allégées : votre dossier de création devra être transmis au guichet unique des entreprises.
Inconvénients
- Il n’est pas possible de déduire les frais professionnels (loyers, achats, etc.) du chiffre d’affaires.
- Pour bénéficier du régime de la microentreprise, vous devez respecter certains plafonds de chiffres d’affaires.
Plafonds de Chiffre d'Affaires et de TVA en 2025
Oui, la micro-entreprise est un régime simplifié, mais sous conditions ! Vous devez en effet respecter des plafonds de chiffre d'affaires pour continuer à bénéficier du régime micro-social et fiscal.
| Type d’activité | Chiffre d'affaires annuel maximum |
|---|---|
| Commerciale | 188 700 € pour l'achat-revente 77 700 € pour la prestation de services |
| Artisanale | 77 700 € 188 700 € pour l'achat-revente |
| Libérale | 77 700 € |
Depuis le 1er janvier 2024, le seuil de chiffre d'affaires annuel maximum pour pour la location de meublés de tourisme non classés est de 15 000 €.
La franchise en base de TVA est assurément l’un des grands avantages du régime de l'auto-entreprise ! Tant que vous êtes en franchise en base de TVA, vous ne facturez pas la TVA à vos clients et pouvez ainsi proposer des tarifs plus compétitifs. Toutefois, vous ne pourrez pas non plus la récupérer dans le cadre de vos frais professionnels.
Obligations du Micro-Entrepreneur
En tant que micro-entrepreneur, vous devrez respecter une série de formalités obligatoires pour rester conforme à la loi. Voici les principales obligations :
- La comptabilité du micro-entrepreneur: Vous devez tenir un livre de recettes, notamment si vous exercez une activité de vente de marchandises, fournitures, et denrées à emporter ou à consommer sur place, ou encore en cas de fourniture de prestation d’hébergement.
- La déclaration du chiffre d’affaires: Les micro-entrepreneurs ont l’obligation de déclarer leur chiffre d’affaires à l’Urssaf chaque mois ou trimestre selon l’option choisie. Cette déclaration se fait uniquement en ligne et est obligatoire même en cas de chiffre d’affaires nul.
- La déclaration de l’impôt sur le revenu: Comme tout contribuable, les micro-entrepreneurs doivent faire une déclaration annuelle de leurs revenus, même s’ils ont opté pour le versement libératoire.
- L’ouverture d’un compte bancaire dédié: Vous avez l’obligation d’ouvrir un compte bancaire dédié à leur activité, afin de séparer clairement leurs transactions personnelles et professionnelles, uniquement si votre chiffre d’affaires est supérieur à 10 000 € deux années consécutives.
- La question des assurances: Certains professionnels sont soumis à l’obligation de souscrire une assurance responsabilité civile professionnelle (RC PRO).
Affiliation au Régime Social des Travailleurs Indépendants
En qualité de micro-entrepreneur, votre affiliation se fait auprès du régime social des travailleurs indépendants. Plus particulièrement, le régime social dont vous dépendez en tant que micro-entrepreneur est celui du « micro-social », qui est un régime simplifié de calcul et de paiement des cotisations et contributions sociales obligatoires.
Dans le cadre du régime micro-entrepreneur, le système de paiement des charges sociales pour les micro-entrepreneurs est simplifié grâce au régime micro-social. Ces charges peuvent être réglées de manière mensuelle ou trimestrielle directement sur le site de l’URSSAF.
Les cotisations sociales
Comme tout entrepreneur, les auto-entrepreneurs sont dans l’obligation de verser des cotisations sociales. Pas de surprise toutefois puisqu’en auto-entreprise, celle-ci sont prélevées lors de la déclaration de chiffre d’affaires auprès de l’Urssaf, mensuellement ou trimestriellement.
Les cotisations sociales sont calculées selon un taux fixe qui dépend de la nature de votre activité. Leur montant varie donc selon le chiffre d’affaires déclaré. Si celui-ci est nul, vous ne serez pas prélevé.
| Type d’activité | Taux de cotisations |
|---|---|
| Achat-revente de marchandises (BIC) | 12,3 % |
| Prestations de services commerciales ou artisanales (BIC) | 21,2 % |
| Autres prestations de services et les professions libérales affiliées au régime général pour leur retraite (BNC) | 24,6 % |
| Activités libérales affiliées à la Cipav (profession libérale réglementée) | 23,2 % |
| Location de meublés de tourisme classés | 6 % |
L’assurance santé
Depuis le 1er janvier 2019, les nouveaux créateurs d'auto-entreprise restent affiliés au régime général de la sécurité sociale. Ils sont plus précisément rattachés à la branche dédiée aux indépendants, la Sécurité Sociale des Indépendants (SSI). Avec la Sécurité Sociale des Indépendants, en tant que micro-entrepreneur, vous bénéficiez de la même protection sociale que les salariés pour les soins médicaux, les hospitalisations et les médicaments.
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