Auto-Entrepreneur Maçonnerie : Avantages et Inconvénients

Le statut d'auto-entrepreneur, également appelé micro-entrepreneur, est un régime simplifié pour les travailleurs indépendants. Il permet de lancer rapidement une activité, notamment dans le secteur du BTP. Ce statut est compatible avec l’exercice de la maçonnerie.

Maçon au travail

Mais quels sont les avantages et les inconvénients de ce régime pour un maçon ? Voici un guide complet pour vous aider à y voir plus clair.

Qu'est-ce qu'un Auto-Entrepreneur Maçon ?

Un auto-entrepreneur maçon est un entrepreneur individuel qui exerce le métier de maçon pour son propre compte. Il n’a pas à assumer les lourdes démarches juridiques liées à la création d’une entreprise ou à s’associer avec un tiers. Le but était d’encourager la création d’entreprises et de simplifier les démarches administratives et juridiques. Un auto-entrepreneur peut ainsi commencer son activité rapidement sans avoir recours à un investissement conséquent.

L’auto-entrepreneur maçon est un entrepreneur professionnel aguerri qui souhaite mettre son expertise et son savoir-faire au profit de sa propre entreprise. Le métier de maçon est une activité du bâtiment. Devenir auto-entrepreneur maçon peut être un choix intéressant pour l’entrepreneur qui souhaite exercer cette activité professionnelle. Il conserve une entière liberté et flexibilité dans le choix des clients, du devis, du contrat ou du type de prestation à effectuer. Le maçon indépendant peut ainsi gérer son temps et son activité comme il l’entend.

Les missions d’un maçon auto-entrepreneur

Le maçon est un professionnel du BTP, intervenant pour la partie dite de gros œuvre. Il est l’un des premiers artisans auquel le maître d’ouvrage fait appel lors de la construction d’un bâtiment. Sur la base des instructions données par l’architecte et suite au travail du terrassier, il construit les fondations des bâtiments (maison individuelle, immeuble, bâtiment industriel, centre commercial, etc.).

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Une fois cette étape effectuée, il monte les éléments porteurs, c’est-à-dire les murs, les poutrelles et les planchers. Pour ce faire, il manipule des matériaux variés : mortier, ciment, plâtre, résine. Il peut également réaliser des enduits intérieurs et extérieurs.

Le maçon auto-entrepreneur peut également intervenir sur des chantiers de rénovation ou de destruction d’un bâti ancien. Un maçon indépendant en auto-entreprise peut travailler pour le compte de particuliers comme pour des professionnels du bâtiment. Il peut également intervenir en tant que sous-traitant pour une autre entreprise qui lui déléguera alors les travaux de maçonnerie sur un chantier d’envergure.

L’activité de maçonnerie est un métier qui s’exerce en extérieur, parfois avec des conditions météorologiques défavorables. Elle nécessite donc une bonne condition physique, ainsi que de la rigueur, de la patience et le respect des règles de sécurité.

Les Avantages du Statut Auto-Entrepreneur pour un Maçon

  • Simplicité et rapidité de création : Une simple déclaration suffit pour obtenir le statut d'auto-entrepreneur.
  • Obligations comptables allégées : Il faut seulement tenir un livre de recettes et de dépenses et conserver les justificatifs.
  • Franchise de TVA : Possibilité de ne pas facturer la TVA à ses clients, ce qui peut rendre plus compétitif.
  • Cotisations sociales proportionnelles au chiffre d’affaires : Le montant des cotisations sociales est basé sur le chiffre d’affaires. En principe, 21,2% de votre chiffre d’affaires sera prélevé pour régler vos cotisations sociales.
  • Liberté et flexibilité : Le maçon indépendant peut gérer son temps et son activité comme il l’entend.

Les avantages 👍 et inconvénients 👎 du statut Auto-Entrepreneur (micro-entreprise)

Les Inconvénients du Statut Auto-Entrepreneur pour un Maçon

  • Plafonds de chiffre d’affaires : Pour continuer à bénéficier du régime de la micro-entreprise, votre CA annuel ne doit donc pas dépasser 77 700 €.
  • Limitation des déductions fiscales : Le régime fiscal de la micro-entreprise ne permet pas de déduire vos charges réelles.
  • TVA non récupérable : La franchise en base de TVA ne permet pas de récupérer la TVA sur vos achats professionnels.
  • Concurrence importante : L’auto-entrepreneur maçon est confronté à une concurrence importante sur le marché du travail.
  • Instabilité financière : Le statut d’auto-entrepreneur peut entraîner une instabilité financière, en particulier si l’entrepreneur maçon indépendant n’est pas en mesure de générer suffisamment de revenus réguliers pour couvrir ses dépenses.

Les conditions à remplir pour devenir micro-entrepreneur dans le bâtiment :

  • Être majeur ou mineur anticipé.
  • Ne pas avoir une autre activité non salariée.
  • Posséder une adresse postale en France.

Qualification :

  • CAP, BEP, BTS, Bac pro dans le domaine d’activité concerné (ex. : maçonnerie, plomberie, couverture, etc.).
  • Ou au moins 3 années d’expérience dans le domaine d’activité pour demander une équivalence via une Validation par l’Expérience (VAE).

Par ailleurs, immatriculer votre micro-entreprise au Répertoire des Métiers (RM) est obligatoire depuis 2014.

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Enfin, vous devez aussi souscrire des assurances obligatoires : Responsabilité Civile Professionnelle et garantie décennale.

A noter : depuis 2019, le Stage de Préparation à l’Installation (SPI) n’est plus obligatoire pour valider la création d’entreprise.

Les obligations en tant qu’auto-entrepreneur dans la maçonnerie

Comme tout artisan du BTP, le maçon auto-entrepreneur a l’obligation de souscrire 2 assurances professionnelles :

  • L’assurance responsabilité civile professionnelle (RC Pro) : elle couvre les dommages corporels, matériels et immatériels causés à autrui dans le cadre de votre activité de maçon.
  • L’assurance décennale : d’une durée de 10 ans, elle couvre les dommages liés à une malfaçon, un vice ou un défaut de construction mettant en péril la solidité de l’ouvrage.

Pensez à souscrire ces assurances dès le début de votre activité. Le maçon auto-entrepreneur a en effet l’obligation de fournir une attestation d’assurance de responsabilité civile décennale au maître d’ouvrage avant l’ouverture du chantier. Vous devez également la mentionner sur vos devis et factures.

Votre responsabilité civile professionnelle doit également apparaître sur ces documents, ainsi que les coordonnées de votre assureur et la couverture géographique du contrat ou de la garantie.

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En tant que maçon en auto-entreprise, vous êtes soumis aux plafonds de chiffre d’affaires des activités de prestations de services artisanales.

Si vous dépassez ce plafond durant deux années consécutives, vous sortez automatiquement du régime. Vous devrez alors choisir entre rester en entreprise individuelle au régime réel ou bien passer en société (SASU ou EURL).

Un maçon auto-entrepreneur bénéficie par défaut de la franchise en base de TVA. À noter que ces seuils de franchise passeront à 37 500 € HT à compter du 1er janvier 2025.

Comment devenir maçon auto-entrepreneur ?

Pour créer votre micro-entreprise de maçon, vous devrez créer votre compte sur le Guichet électronique des formalités d’entreprises (également appelé Guichet unique). L’ensemble de vos démarches sont dématérialisées. Depuis le 1er janvier 2023, cette plateforme, gérée par l’INPI, centralise en effet l’ensemble des formalités des entreprises (création, modification, cessation).

Quelles sont les charges d’un auto-entrepreneur en maçonnerie ?

En tant que maçon auto-entrepreneur, il vous revient de régler vous-même vos cotisations sociales afin de financer notamment votre couverture maladie, votre retraite et vos droits à la formation.

Le taux de cotisations sociales des artisans s’élève à 21,2%. Concrètement, cela signifie que pour 1 000 € de chiffre d’affaires, vous devez régler 212 € de cotisations sociales. Pour payer vos cotisations sociales, vous devez faire une déclaration de chiffre d’affaires chaque mois ou trimestre sur le site de l’Urssaf des auto-entrepreneurs. Vous verrez alors automatiquement apparaître le montant de vos cotisations. Il ne vous restera plus qu’à les régler en ligne, avant la date d’échéance.

Un maçon micro-entrepreneur est un entrepreneur individuel. Votre chiffre d’affaires est donc imposable à l’IR et non à l’impôt sur les sociétés.

En tant qu’auto-entrepreneur, vous êtes en théorie redevable de la Cotisation Foncière des Entreprises (CFE). Cet impôt local est dû par toutes les entreprises, même si vous ne disposez pas de local professionnel. Son montant varie selon votre adresse de domiciliation, la surface que vous utilisez pour travailler et votre chiffre d’affaires.

La bonne nouvelle, c’est que les artisans du BTP bénéficient d’une exonération totale de CFE. Vous devrez toutefois en faire la demande auprès de votre Service des Impôts des Entreprises (SIE).

Le Tarif Horaire d'un Maçon Auto-Entrepreneur

Le tarif horaire d’un maçon indépendant est fixé librement par le professionnel et dépend de la région dans laquelle il travaille, de la main d'œuvre et du type de travaux à réaliser. En moyenne, le tarif horaire est de 40 € à 70 €.

Il est également possible de facturer au mètre carré ou au mètre cube pour certaines prestations. Le prix évolue fortement selon le type de travaux :

  • 70 €/m2 pour un ouvrage en béton (gros œuvre).
  • 1 000 €/m2 pour les fondations d’une maison individuelle.

Enfin, certains maçons indépendants facturent au forfait, mais cela se rapproche d’une facturation au taux horaire.

Tableau Récapitulatif : Maçon Auto-Entrepreneur

Caractéristique Détails
Code APE 43.99C - Travaux de Maçonnerie générale et gros œuvre de bâtiment
Plafond de CA 77 700 €
Catégorie fiscale Micro BIC
TJM Entre 35 € et 70 €
Cotisations sociales 21,2%

Les alternatives à l’auto-entreprise

Plusieurs alternatives à l’auto-entreprenariat sont donc possibles pour les entrepreneurs maçons souhaitant exercer leur activité professionnelle de manière indépendante. Toutefois, chacune de ces options comporte ses propres avantages et inconvénients.

Option n°1 : l’entreprise individuelle (EI)

Si vous souhaitez créer une entreprise dans le bâtiment, vous devez savoir que les caractéristiques de l’EI sont différentes de celles de la micro-entreprise. Quelques pistes pour vous guider dans le choix de l’entreprise individuelle : chiffre d’affaires non limité (pas de plafond) ; déduction des charges professionnelles possible ;des obligations comptables plus poussées.

Option n°2 : l’EURL ou la SARL

Vous évoluez dans le secteur du BTP et souhaitez ouvrir une entreprise de maçonnerie en solo ? Vous pouvez faire le choix de l’EURL. Vous voulez vous associer avec des ami·es, de la famille ou des collègues ? Vous souhaitez ouvrir une entreprise avec des professionnel·les d’autres corps de métiers (charpentier, carreleur, électricien…) ? La SARL est le statut qui vous convient le mieux.

Option n°3 : la SASU ou la SAS

Vous souhaitez savoir si le statut de SASU est adapté au BTP ? Ou peut-être la SAS ? Faisons le point sur les avantages et les inconvénients de ces statuts.

Avant de commencer, il faut toutefois se rappeler que la SASU (1 associé·e) et la SAS (plusieurs associé·es) sont constituées selon des règles juridiques similaires.

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