Choisir entre BIC et BNC pour une Prestation de Service en Auto-Entreprise
Lorsqu'on se lance en auto-entreprise, il est essentiel de bien comprendre les aspects administratifs et fiscaux qui encadrent cette activité. L’un des choix les plus importants concerne la classification en BIC (Bénéfices Industriels et Commerciaux) ou BNC (Bénéfices Non Commerciaux). Ce classement n’est pas anodin puisqu’il influence directement le mode d'imposition, les obligations comptables et la gestion de l'activité. Une mauvaise classification peut entraîner des erreurs déclaratives, des régularisations fiscales et des contraintes administratives imprévues. Il est donc essentiel de bien cerner ces notions avant de débuter son activité.
BIC ou BNC en micro-entreprise : tout comprendre !
Qu'est-ce que les BIC et les BNC ?
BIC et BNC, deux acronymes parfois difficiles à identifier en tant que jeune entrepreneur à la tête de sa micro-entreprise. Ces deux appellations entourent les bénéfices d’une entreprise, selon son type d’activité. Ainsi, BIC correspond aux Bénéfices Industriels et Commerciaux tandis que BNC correspond aux Bénéfices Non Commerciaux.
BIC ou BNC : auto‑entrepreneur, c’est souvent la première question que se posent les créateurs d’entreprise selon leur activité. Le choix entre Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC) et Bénéfices Non Commerciaux (BNC) détermine non seulement le régime fiscal mais aussi les obligations comptables, sociales et déclaratives.
1. BIC (Bénéfices Industriels et Commerciaux)
La catégorie BIC (Bénéfices Industriels et Commerciaux) concerne les activités commerciales, industrielles et artisanales, par exemple un boulanger, un restaurateur ou un commerçant. Mais attention, on ne parle pas ici que de vente de marchandise. Le régime BIC concerne les activités commerciales, industrielles, artisanales ou de négoce de biens. Il inclut également la location meublée non professionnelle (LMNP). Dans le jargon professionnel de l’entrepreneuriat, les BIC sont les profits générés par les personnes physiques, c’est-à-dire des individus à la tête de leur entreprise, ici l’auto-entrepreneur. Si le matériel utilisé et le travail manuel des employés a une importance plus grande que l’exercice d’un art ou d’une science, il s’agit probablement d’une activité commerciale.
Exemples d'activités en BIC :
Lire aussi: Optimiser le calcul de votre chiffre d'affaires en tant qu'Auto-Entrepreneur Prestataire de Service
- La vente de biens : commerce de détail, e-commerce, dropshipping…
- Les prestations d'hébergement : hôtellerie, location meublée…
- Les activités de fabrication et de transformation artisanales
- Un artisan bijoutier qui fabrique et vend ses propres créations
- Un propriétaire qui loue des logements meublés
2. BNC (Bénéfices Non Commerciaux)
Les BNC regroupent les revenus provenant de l’exercice de professions libérales et de certaines activités intellectuelles, techniques ou de conseil. Ils concernent par exemple les médecins, avocats, consultants, architectes, artistes-auteurs ou formateurs indépendants. Contrairement aux BIC, ils ne sont pas liés à une activité commerciale ou artisanale mais à une prestation de service fondée sur les compétences du professionnel. Le régime BNC s’applique aux professions libérales (médecins, avocats, consultants…) ainsi qu’à certaines activités de services, intellectuelles ou artistiques. Les Bénéfices Non Commerciaux, ne concernent pas les mêmes activités que les BIC. En effet, dans ce cas de figure, les activités exercées sont plutôt de l’ordre artistique ou scientifique.
Exemples d'activités en BNC :
- Les consultants et coachs
- Les professions artistiques et créatives : graphistes, rédacteurs, photographes…
- Les formateurs et enseignants indépendants
- Un graphiste freelance qui vend des logos et des designs numériques
- Un consultant en stratégie digitale qui propose des prestations de conseil
- L’agent commercial immobilier exerce une activité d’intermédiaire
- Un photographe est souvent salarié du BNC si son activité est purement artistique
Comment Déterminer Votre Catégorie ?
Choisir entre un bic ou un bnc pour une prestation de service est une décision qui se fait en fonction de votre type d’activité. Si vous avez envie de vous mettre à vendre des prestations de service, vous devez savoir à quelle catégorie affecter votre activité. Il existe en effet une classification en vigueur qui peut vous aider à déterminer si vous devez choisir un bic ou un bnc pour une prestation de service.
C’est la nature du revenu de l’auto-entrepreneur qui détermine si les bénéfices sont industriels et commerciaux ou non commerciaux. Exemple : activité de vente de marchandises, de location immobilières, etc. Les BNC (bénéfices non commerciaux) s’appliquent aux professions libérales.
Vendez-vous des biens, meubles ou des marchandises ? Fournissez-vous un service intellectuel ou libéral ? Louez-vous des biens meublés ? Lorsque l’activité est mixte (ex. : vente + conseils), chaque type de prestation est déclaré séparément.
Lire aussi: Modèles Devis Prestation Service
Si vous ne savez pas si vous devez effectuer la déclaration fiscale de votre activité au régime des BIC ou des BNC pour une prestation de service, mieux vaut poser la question à un expert-comptable ou envoyer un courrier à l’administration fiscale.
1. Se Baser sur Son Activité Principale
Si votre activité relève principalement de la vente ou de l’artisanat, alors vous serez classé en BIC. Si vous exercez une profession libérale, vous serez en BNC.
2. Activité Mixte : Comment Gérer ?
Certains auto-entrepreneurs exercent une activité mixte (exemple : un consultant qui vend aussi des formations en ligne). Dans ce cas :
- Le chiffre d’affaires est réparti entre les deux catégories
- Chaque activité suit ses propres seuils fiscaux
3. Anticiper Son Développement
Le choix entre BIC et BNC peut aussi dépendre des perspectives d’évolution. Si vous prévoyez d’embaucher, d’investir dans du matériel ou de générer des frais importants, il peut être intéressant d’envisager un autre régime fiscal à terme.
Conséquences Fiscales et Comptables
Quel est donc l’impact du choix du BIC ou du BNC pour une entreprise ? Cela joue sur l’imposition et le paiement des cotisations sociales de la micro-entreprise. La nature de l’activité détermine donc bon nombre de critères pour la vie de l’auto-entreprise. Bien entendu, les taux sont appliqués en fonction de la hauteur des revenus générés par les activités BIC et BNC.
Lire aussi: Comprendre les taux d'imposition pour les auto-entrepreneurs en prestation de service
1. Abattement Forfaitaire
Afin d’éviter aux auto-entrepreneurs d’avoir à calculer leur frais professionnel, un pourcentage d’abattement forfaitaire s’applique pour couvrir les frais professionnels. Ce forfait couvre l’ensemble des charges que l’auto-entreprise expose dans le cadre de son exploitation. L'administration fiscale applique un abattement différent selon le type d'activité :
- 71 % du chiffre d’affaires pour les activités d'achat/revente, de vente de denrées alimentaires à consommer sur place ou à emporter, et les activités de fourniture de logement à l’exclusion de la location de locaux d'habitation meublés.
- 50 % du chiffre d’affaires pour les activités de prestation de services relevant des BIC, ainsi que pour la fourniture de chambres d'hôtes et de meublés de tourisme classés.
- 34 % du chiffre d’affaires pour les activités libérales relevant des BNC.
- 30 % du chiffre d’affaires pour les locations de meublés de tourisme non classés.
Un minimum d'abattement de 305 € s’applique. C’est le résultat après l’abattement forfaitaire qui détermine le bénéfice imposable.
2. Obligations Comptables
Dans le choix d’un bic ou d’un bnc pour une prestation de service, les obligations comptables sont une caractéristique singulière. En effet, le mode de comptabilité sélectionné permet d’avoir un bénéfice imposable différent.
- Auto-entrepreneurs en BIC :
- Tenir un livre des recettes
- En cas de vente de biens, tenir un registre des achats
- Auto-entrepreneurs en BNC :
- Seules les recettes doivent être consignées dans un livre spécifique
Avec une activité de prestation de service qui relève du BNC, vous devez suivre une comptabilité de trésorerie stricte. Si vous possédez une prestation de service qui relève du domaine des BIC, vous êtes dans l’obligation de tenir une comptabilité d’engagement. Sur option, il est néanmoins possible de tenir une comptabilité de trésorerie en cas de besoin.
3. Versement Libératoire
Le professionnel soumis au régime BIC peut opter pour le versement libératoire pour l’auto-entrepreneur. Cette option lui permet de payer en un prélèvement unique, l’ensemble des charges fiscales et sociales de son auto-entreprise.
Le professionnel soumis au régime BNC peut opter pour le versement libératoire. Si vous choisissez un versement libératoire de l’impôt sur le revenu, vous n’avez pas à avoir une imposition supplémentaire sur votre activité d’auto-entrepreneur. Ce dernier sera en revanche apposé au revenu imposable général du foyer.
Si vous vous retrouvez dans la situation de vente de marchandises, de restauration ou d’hébergement, sous un BIC, vous devrez payer un versement libératoire de l’impôt sur le revenu à hauteur de 1% de votre CA. Si vous faites partie du cas de figure des activités libérales, vous n’avez pas besoin de vous demander s’il vaut mieux choisir un bic ou un bnc pour une prestation de service. Vous relevez en effet du BNC et votre versement libératoire de l’impôt sur le revenu doit être à hauteur de 2,2% de votre chiffre d’affaire.
Cotisations Sociales
Que vous ayez choisi un bic ou un bnc pour une prestation de service, tous vos prélèvements sociaux sont destinés à l’URSSAF. Si votre prestation de service relève du BIC, vous êtes amenés à cotiser pour le Régime Social des Indépendants. Dans le cadre d’une prestation de service de la catégorie des BNC, la cotisation est légèrement plus complexe.
L’URSSAF ne distingue pas BIC/BNC pour le calcul des cotisations sociales de l’auto‑entrepreneur. Le montant des cotisations et contributions sociales est calculé en appliquant au chiffre d’affaires mensuel ou trimestriel un taux qui varie en fonction de votre secteur d’activité (cf. tableau ci-après).
Tableau Récapitulatif des Taux de Cotisations Sociales et Versements Libératoires
| Activité | Cotisations Sociales | Versement Libératoire (Impôt) |
|---|---|---|
| Vente de marchandises | 12,3 % du CAHT | 1 % du CAHT |
| Prestations de services BIC | 21,2 % du CAHT | 1,7 % du CAHT |
| Professions libérales (BNC) - non CIPAV | 24,6 % du CAHT | 2,2 % des recettes HT |
| Professions libérales (BNC) - CIPAV | 23,2 % du CAHT | 2,2 % des recettes HT |
Plafonds de la Micro-Entreprise
Pour pouvoir profiter du statut de la micro-entreprise, des plafonds ont été fixés par l'État. Un dépassement prolongé de ces seuils entraîne la sortie du régime de la micro-entreprise.
Seuils du Régime Micro-Fiscal
Pour être soumis au régime de la micro-entreprise, vous ne devez pas dépasser au cours de l'année civile N-1 ou N-2, un certain montant de chiffre d'affaires HT:
- Activité commerciale et d'hébergement: 188 700 €.
- Activité de prestation de services en BIC: 77 700 €.
- Activité libérale: 77 700 €.
Les Erreurs Courantes à Éviter
- Mauvaise déclaration de son activité: Certains auto-entrepreneurs déclarent leur activité dans la mauvaise catégorie, ce qui peut entraîner des rectifications fiscales. Pour éviter cela, il est important de bien identifier si l’activité est commerciale ou libérale.
- Ne pas anticiper les charges réelles: L’abattement forfaitaire peut sembler intéressant, mais si votre activité nécessite des dépenses importantes (logiciels, matériel, déplacements), il peut être préférable d’envisager un autre régime fiscal.
- Oublier les seuils de chiffre d'affaires: Un dépassement des seuils de la micro-entreprise impose un passage au régime réel, ce qui implique une comptabilité plus stricte et des obligations supplémentaires.
Ce Qu'il Faut Retenir !
- BIC : concerne la vente de biens et les activités artisanales, avec un abattement forfaitaire plus élevé pour la vente.
- BNC : destiné aux professions libérales et aux prestations de service intellectuelles, avec un abattement moindre.
- Le choix est automatique selon l’activité, mais il impacte la comptabilité et la fiscalité.
- Si votre activité génère beaucoup de frais, envisager une sortie du régime de la micro-entreprise peut être judicieux.
- Toujours bien déclarer son activité dès le départ pour éviter les erreurs et anticiper les obligations fiscales.
Face à ces éléments, il est essentiel de prendre le temps d’analyser son activité et ses besoins avant de se lancer.
balises: #Entrepreneur
