Statistiques et profil de l'auto-entrepreneur en France
Depuis 2009, la création d’entreprise est dopée par le régime de l’auto-entrepreneur institué par la loi de modernisation de l’économie. Ce statut continue d'attirer de nombreux entrepreneurs, comme le montrent les statistiques récentes.
Évolution du nombre d'auto-entrepreneurs et du chiffre d'affaires
Les séries trimestrielles du nombre d'auto-entrepreneurs et du chiffre d'affaires par secteur d'activité sont publiées dans la collection Acoss Stat.
Au premier semestre de chaque année N, un traitement à date d’effet au 31 décembre N-1 radie les AE qui n’ont pas déclarés de chiffre d’affaires positif durant deux années consécutives. En 2020 et 2023, pour des raisons de gestion, ce traitement n'a pas été réalisé pour les radiations à date d'effet 31/122019 et 31/12/2022, reportant les radiations à l'année suivante. De plus, en 2024, l’application de ce traitement a été effectué de façon partielle (seuls les AE avec CA manquant sur 2022 et 2023 ont été ciblés).
Tendances récentes (2022-2023)
L’année 2023 touche à sa fin, l’occasion de faire un petit bilan sur les évolutions du statut auto-entrepreneur. En 2023, le statut d'auto-entreprise reste attractif avec un accroissement continu des créations trimestre après trimestre. Le nombre de micro-entreprises créées cette année dépasse celui de 2022. En 2023, les micro-entreprises représentent 60 % de toutes les nouvelles entreprises créées.
D'après la note de conjoncture de l'URSSAF de janvier 2023, la France enregistrait une croissance notable du nombre d'auto-entrepreneurs administrativement actifs, pour arriver à 2,5 millions en juin 2022. Les micro-entreprises se montrent plutôt en bonne santé économique comme en témoignent les dernières données datant de 2022. Toutefois, il est important de noter que le nombre des défaillances a augmenté tous les mois.
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Depuis le début de l'année, le pays a enregistré un total de 37 535 défaillances de micro-entreprises. Malgré le fait que ces statistiques puissent sembler remettre en question la bonne santé des micro-entreprises, il est faut noter que la situation reste relativement stable par rapport à l'année précédente. En effet, en 2022, on enregistrait en France 37 076 défaillances. Lorsqu'on analyse la variation par rapport à l’année précédente, on observe une diminution de 0,7 %.
Chiffres clés en Centre-Val de Loire (2022)
Au 31 décembre 2022, 73 700 micro-entrepreneurs hors secteur agricole (champ) sont inscrits en région Centre-Val de Loire. Tous ne sont pas actifs, sa situation principale d’emploi est définie chaque année. Seuls ceux qui ont déclaré un chiffre d’affaires positif dans l’année et sont dits actifs. Le chiffre d’affaires global des micro-entrepreneurs de la région en 2022 est supérieur de 43 % à celui de 2019.
Après un recul en 2020 fortement marquée économiquement par la crise sanitaire, le nombre de micro-entrepreneurs actifs a progressé de 8 % en 2022. Cette progression est de 6 % par rapport à l’année précédente, et 8 % par rapport à 2019. Parmi les secteurs, celui des transports dont l’activité avait été la plus affectée, le nombre de micro-entrepreneurs actifs a le plus progressé en un an (+22 %). Les activités immobilières (+16 %) et les activités de services personnels (+22 %) présentent elles aussi une évolution positive.
Sans surprise, les chiffres d’affaires suivent des dynamiques identiques. Fin 2019, environ un actif en emploi sur dix exerçant en Centre-Val de Loire est non-salarié. Les hommes sont majoritaires dans ce régime (60 %).
Il est à noter que le revenu médian est nettement inférieur à celui des non-salariés classiques (2 600 €). Les micro-entrepreneurs perçoivent en moyenne 560 euros par mois en 2019 de leur activité non salariée. Ce revenu est particulièrement faible dans l’industrie (360 €).
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Bien que ces chiffres puissent paraître modestes, le régime d’auto-entrepreneur offre une opportunité pour de nombreuses personnes de générer un revenu d’activité nul. Le revenu mensuel médian (hors revenus nuls) en Centre-Val de Loire est de 330 € en France métropolitaine.
Profil type de l'auto/micro-entrepreneur
LegalPlace, start-up lancée en 2016, a mené une étude présentant le portrait robot des créateurs de micro-entreprises (anciennement auto-entreprise) en France. En 2018, 66 500 micro-entreprises ont été créées, ce qui représente une augmentation de 28% par rapport à 2017. Cette statistique témoigne du succès de ce statut. Cet engouement pour la création de micro-entreprises a incité l’équipe LegalPlace à se pencher sur ses données afin de dresser les profils types des créateurs de micro-entreprises.
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Âge et sexe
L'étude révèle que l'auto-entrepreneur type a moins de 32 ans. En effet, 50% des créateurs ont moins de 32 ans, et seulement plus de 10% ont plus de 53 ans. La moitié de ces 50% ont moins de 24 ans, soit un quart du total des micro-entrepreneurs. Le profil est plus féminine que les autres créateurs (34 % de femmes contre 29 %). Les nouveaux auto-entrepreneurs ont 39 ans en moyenne.
Motivations
Plusieurs motivations ressortent de l'étude :
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- Ceux qui deviennent micro-entrepreneurs pour avoir un complément de revenus en plus de leur activité principale.
- Ceux qui désirent créer leur emploi et être indépendants.
- Ceux qui créent une micro-entreprise pour démarrer leur activité entrepreneuriale et faire évoluer leur statut, profitant des avantages de la micro-entreprise jusqu’à dépassement des plafonds de revenus.
Situation professionnelle
Deux auto-entrepreneurs sur cinq étaient salariés du privé. Parmi les nouveaux auto-entrepreneurs, on trouve moins de salariés du privé (28 %) et un peu plus d’anciens chômeurs (33 %). On trouve également des retraités (6 %), salariés du public (5 %) et étudiants (5 %).
En Centre-Val de Loire, 47 % des micro-entrepreneurs sont également salariés à fin 2019. Cette pluriactivité est plus fréquente que pour les autres non-salariés (9 %). Dans ce cas, les revenus salariaux sont souvent supérieurs au revenu généré par l’activité non salariée. Pour les salariés du public et dans six cas sur dix pour ceux du privé, il s'agit souvent d'une activité complémentaire à un emploi salarié.
Les transitions les plus courantes sont celles depuis et vers le salariat. Entre 2010 et 2019, 40 % de l’emploi non salarié hors secteur agricole (champ), mais seulement 20 % en équivalent salaire minimum. Les micro-entrepreneurs perçoivent en moyenne 560 euros par mois en 2019 de leur activité non salariée.
Secteurs d'activité
Les secteurs d’activité les plus représentés sont les services aux ménages, le commerce, et enfin la construction. Les services aux entreprises sont également importants. On retrouve également des auto-entrepreneurs dans la santé et l’action sociale, et l’information et la communication.
Les auto-entrepreneurs sont plus présents dans les activités de soutien aux entreprises. Les auto-entrepreneurs s’orientent plus souvent vers le commerce et la construction. 14,3 % des créateurs et créatrices d'auto-entreprises.
Chiffre d'affaires par secteur
Les auto-entrepreneurs réalisent en moyenne un chiffre d’affaires mensuel de 1 000 euros. Toutefois, il existe des disparités selon les secteurs. Les chiffres d’affaires moyens sont plus importants dans la restauration (1 460 euros) et de la construction (1 310 euros). Ils sont plus faibles dans les services aux entreprises et de la communication (970 euros) et le commerce (970 euros), et les services aux ménages (690 euros).
Les micro-entrepreneurs qui exercent leur activité dans les transports dont l’activité avait été la plus affectée, le nombre de micro-entrepreneurs actifs a le plus progressé en un an (+22 %). Les activités immobilières (+16 %) et les activités de services personnels (+22 %) présentent elles aussi une évolution positive.
L'activité se déroule essentiellement chez eux ou chez le client. Dans la construction, l’activité se fait presque toujours chez le client (85 %).
Formation et accompagnement
Un quart des auto-entrepreneurs (28 %) ont reçu une formation particulière pour la création de leur entreprise. Ils ont souvent une activité complémentaire à un emploi salarié. Les nouveaux auto-entrepreneurs ont 39 ans en moyenne.
Les auto-entrepreneurs sont plus jeunes : 35 ans en moyenne. Ils sont plus diplômés que les autres créateurs ou que dans la population active. 36 % d’entre eux ont un diplôme universitaire du second cycle.
Facteurs de succès et d'échec
Plusieurs facteurs peuvent influencer le succès ou l'échec d'une auto-entreprise. Parmi les raisons d'arrêt d'activité, on trouve la non viabilité ou l’inadéquation du régime à leur situation.
Les auto-entrepreneurs qui ont démarré effectivement leur activité ont un projet plus solide, près de 70 % d’entre eux sont devenus actifs.
Les auto-entrepreneurs sont plus nombreux à démarrer leur activité que les hommes (64 % contre 57 %).
Conclusion
Le régime de l'auto-entrepreneur continue de jouer un rôle important dans la création d'entreprises en France. Bien que les revenus moyens puissent être modestes, il offre une opportunité à de nombreuses personnes de se lancer dans l'entrepreneuriat, que ce soit à titre principal ou complémentaire. Les statistiques et le profil type de l'auto-entrepreneur évoluent constamment, reflétant les changements économiques et sociaux du pays.
Les données sont directement issues du système d’information décisionnel de l’Urssaf Caisse nationale et des Urssaf régionales. Elles sont consultables en ligne sur Ouvrir dans un nouvel ongletwww.urssaf.org. On y trouve aussi des précisions sur les sources et les méthodologies.
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