Cumul d'activités en auto‑entreprise : règles, seuils et démarches pour exercer plusieurs activités

Le cumul d'activités consiste à exercer plusieurs activités distinctes au sein d'une seule structure. Ainsi, une société ou une entreprise individuelle (y compris micro-entreprise) peut avoir une activité principale et une ou plusieurs activités secondaires (on parle également parfois d’activité mixte).

Les activités cumulées peuvent être de même nature ou de natures différentes (comme par exemple le cumul d'une activité commerciale et d'une activité artisanale). Exemple : Un coiffeur indépendant travaillant dans un salon exerce une activité artisanale. En plus de cette activité principale, il donne des cours dans une école de coiffure, il s'agit d'une activité libérale. Il cumule donc une activité artisanale et une activité libérale au sein d'une seule et même entreprise.

Possibilité et principe général

Oui, il est possible d’exercer plusieurs activités sous une seule micro-entreprise. Ce cumul est légal et relativement simple. Un auto-entrepreneur peut déclarer une activité principale, puis ajouter une ou plusieurs activités secondaires. Lors de la création de la micro-entreprise, vous déclarez l’activité principale. L’ajout est gratuit et prend effet sous quelques jours.

L’obligation d’avoir une seule micro-entreprise : il n’est pas possible d’avoir plus d’une micro-entreprise par personne. En effet, la micro-entreprise est une entreprise individuelle intimement liée à son gérant. De ce fait, un micro-entrepreneur ne peut créer et gérer qu’une seule micro-entreprise à son nom.

Bien qu’il soit interdit de créer plus d’une micro-entreprise par personne, il est néanmoins possible de cumuler plusieurs activités au sein d’une même micro-entreprise. De plus, les différentes activités déclarées au niveau de la micro-entreprise peuvent être liées ou ne pas avoir de lien entre elles.

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Types d'activités autorisées et exclusions

L’activité d’une micro-entreprise peut être de différentes natures : activité commerciale, activité artisanale, activité libérale, à l’exception de celles relevant d’une caisse de retraite autre que la Cipav ou la Sécurité Sociale des Indépendants (cela exclut par exemple les professions juridiques, judiciaires et médicales, les experts-comptables ou commissaires aux comptes, les artistes auteurs, etc.).

L’activité libérale envisagée peut être non réglementée ou même réglementée si les conditions d’exercice sont respectées. Les activités suivantes sont en revanche exclues du régime de la micro-entreprise : activité soumise à la TVA immobilière : agent immobilier, promoteur immobilier ou marchand de biens, loueur d'immeubles nus ou à usage professionnel..., activité agricole rattachée à la MSA.

Déclaration et ajout d'activités

En micro-entreprise, vous pouvez déclarer une activité principale et plusieurs activités secondaires. L’activité principale correspond à celle générant le chiffre d’affaires le plus élevé. C’est sur cette activité principale que votre code APE et votre numéro SIREN/SIRET seront déterminés. Une micro-entreprise n’aura donc qu’un seul code APE et numéro SIREN, même si celle-ci exerce différentes activités.

  1. Si vous n’avez pas encore effectué les démarches pour devenir auto-entrepreneur, il vous suffira d’indiquer votre activité principale et vos activités secondaires lors de votre inscription sur le site de l’INSEE.
  2. Si vous êtes déjà auto-entrepreneur et que vous souhaitez démarrer une nouvelle activité, il vous faudra faire une demande de modification, afin d’ajouter cette dernière, sur le site de l’URSSAF en remplissant un formulaire P2. Cette modification sera alors enregistrée auprès du Centre de formalités des entreprises.

Pour ajouter des activités en micro-entreprise de même nature, vous devez : vous connecter à votre compte sur le guichet unique de formalités des entreprises ; cliquer sur modification, cessation, dépôt d’actes, correction ou complétion, en renseignant le numéro Siren ou Siret de votre micro-entreprise ; cliquer sur “modifier l’entreprise” puis sur “accéder aux activités de cet établissement” et “ajouter une activité”. Puis remplissez les informations demandées et transmettez les documents requis.

Au moment de la création, il suffit d’indiquer l’activité qui constitue votre activité principale, donc celle qui vous rapporte le plus de recettes. Pour cumuler plusieurs activités de catégorie différente (libérale, commerciale ou artisanale), vous devez porter une attention particulière à l'immatriculation de votre auto-entreprise.

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Immatriculation et registres selon la nature de l’activité

  • Artisanale : RNE (Registre National des Entreprises).
  • Commerciale : RCS + RNE (Registre du Commerce et des Sociétés).
  • Libérale : RNE (avec dépendance éventuelle à une caisse si réglementation spécifique).

Le code APE sert à identifier l’activité principale que l’entrepreneur exerce. Une micro-entreprise dispose d’un seul code APE, correspondant à sa branche d’activité.

Plafonds de chiffre d’affaires et double seuil en cas d’activité mixte

Le cumul d’activités indépendantes au sein d’une même micro-entreprise nécessite de respecter certaines règles, notamment les seuils de chiffre d’affaires. Pour que les revenus perçus au cours de l’année N soient soumis au régime micro-fiscal, deux seuils doivent avoir été respectés au cours de chacune des années N-1 et N-2 : un seuil global de CA applicable à l’ensemble des activités exercées par l’entreprise, et un seuil de CA propre à chaque activité exercée par l’entreprise (ces activités peuvent relever de la catégorie des BIC comme des BNC).

Ces seuils propres à chaque activité peuvent varier d’une année à l’autre (ils ont évolué entre 2025 et 2026). À noter : Le dépassement d’un seuil au cours d’une seule année (N-1 ou N-2) n’empêche pas la micro-entreprise de bénéficier du régime micro‑fiscal au titre des revenus perçus au cours de l’année N. Les revenus perçus à compter du 1er janvier de l’année N sont donc exclus du régime micro-fiscal uniquement si l’un des seuils a été dépassé pendant 2 années consécutives, en N-1 et en N-2.

Seuils applicables (exemples 2024-2026)

Activité Seuils 2024/2023 (CA global / CA activité) Seuils 2025/2024 (CA global / CA activité)
Location meublés non classés 188 700 € / 15 000 € 203 100 € / 15 000 €
Location meublés classés 188 700 € / 77 700 € 203 100 € / 83 600 €
Autres prestations de services (BIC) ou activité libérale (BNC) 188 700 € / 77 700 € 203 100 € / 83 600 €

À noter : Il n’y a pas de double seuil en cas de cumul d’activités correspondant à de la vente de marchandises ou denrées ou de la location non meublée (BIC). Le seuil unique à respecter dans ces hypothèses est de 203 100 € en 2026 (pour les revenus perçus en 2025 et 2024), et de 188 700 € en 2025 (pour les revenus perçus en 2024 et 2023).

Exemple concret : Un micro-entrepreneur exerce une activité de réparation automobile (prestation) et également de vente de pièces détachées. Il a réalisé en 2025 un CAHT global de 124 000 €. Il respecte donc le seuil global de 203 100 €. Le CAHT lié à son activité de vente est de 35 000 € : il ne dépasse donc pas le seuil applicable à la vente de biens (203 100 €). Le CAHT lié à son activité de réparation est de 89 000 €, il est donc au-dessus du seuil applicable aux activités de prestation de services (83 600 €). Bien que le CAHT issu de l’activité de réparation ait dépassé en 2025 le seuil applicable à cette catégorie (83 600 €), le micro-entrepreneur peut continuer à bénéficier du régime micro-fiscal en 2026 à la condition que ses revenus aient respecté le double seuil en 2024.

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TVA et franchise en base

Le fait d’exercer plusieurs activités oblige le micro-entrepreneur à surveiller davantage sa facturation ou même le volume de ses opérations. Lorsqu’il est en franchise en base de TVA, il doit veiller à ne pas dépasser certains seuils de chiffre d’affaires afin de continuer à bénéficier de ce régime. Lorsqu’il est redevable de la TVA, il doit en général veiller à ventiler correctement sur ses factures la TVA de chaque opération qu’il réalise.

Le micro-entrepreneur est en général soumis au régime de la franchise en base de TVA car son chiffre d'affaires ne dépasse pas certains seuils. Ce régime évite au micro-entrepreneur d’avoir à facturer la TVA à ses clients, et l’exempte des formalités relatives à cette taxe.

Pour l’année 2026, les seuils de franchise en base de TVA française applicables restent inchangés. La proposition de la loi de finances pour 2025 visant à instaurer un seuil unique de franchise en base de TVA de 25 000 € a été abandonnée.

Activité commerciale et d'hébergement : pour bénéficier de la franchise en base de TVA, le CA de l'année civile précédente (N-1) ne doit pas dépasser 85 000 €. Le CA de l'année civile en cours (N) ne doit pas dépasser 93 500 € (seuil majoré). Activité de prestation de services : CA N-1 inférieur à 37 500 €, CA N en cours inférieur à 41 250 € (seuil majoré).

Exemple de prorata temporis : Si l'entreprise a démarré son activité le 14 mai 2025 et qu'elle a réalisé un CA de 82 000 € entre cette date et le 31 décembre 2025, il faut calculer son CA de l'année 2025 au prorata du temps d'activité : (82 000 € x 365)/232 = 129 009 €. Ce chiffre d'affaires calculé au prorata temporis étant supérieur au seuil de tolérance de 93 500 €, l’entreprise perd le bénéfice de la franchise en 2025, à compter du jour où ce seuil a été dépassé.

Régime fiscal : abattements et calcul de l’impôt

Le chiffre d'affaires du micro-entrepreneur n'est pas imposé en totalité car il fait l’objet d’un abattement fiscal. Les taux applicables en fonction du type d'activité sont :

Type d'activité Taux d'abattement applicable
Vente de marchandises et hébergement (hors location de meublés de tourisme) 71 %
Prestations de services en BIC, location de meublés de tourisme classés et chambres d’hôtes 50 %
Location de meublés de tourisme non classés 30 %
Activités libérales (BNC) 34 %

Lorsque le micro-entrepreneur cumule plusieurs activités (activité mixte), il faut appliquer à chaque catégorie de chiffre d'affaires l'abattement qui lui correspond. Exemple : Un micro-entrepreneur vend des outils de bricolage et propose également ses services en tant que réparateur. Son activité de vente lui rapporte 59 000 € et son activité de réparateur 33 000 €. Vente de marchandises : 59 000 € - (59 000 € x 71 %) = 17 100 €. Prestations de services (BIC) : 33 000 € - (33 000 € x 50 %) = 16 500 €. Total imposé : 17 100 € + 16 500 € = 33 600 €.

Ce montant forfaitaire ne peut pas être inférieur à un montant minimum (par exemple, une déduction minimale de 305 € pour 2020 mentionnée dans les sources). Si vous exercez plusieurs activités, il faudra déterminer le chiffre d’affaires réalisé par type d’activité ; la déduction minimale peut être ajustée en conséquence.

Cotisations sociales et taux selon activité

Non. Même avec plusieurs activités, vous n’avez qu’un seul taux de cotisations sociales par nature d’activité. Si votre activité secondaire devient plus importante, vous pouvez changer d’activité principale en ligne.

Les taux cités : 12,3 % pour les activités commerciales, 21,2 % pour les prestations de services commerciales et artisanales (BIC), 25,6 % pour les prestations de services et activités libérales (BNC). Autres taux indiqués : 23,2 % pour activités libérales affiliées à la CIPAV, 6 % pour les locations de meublés de tourisme classé. Ces cotisations financent notamment l’assurance maladie‑maternité, l'invalidité‑décès, les allocations familiales, la retraite de base et complémentaire, la CSG/CRDS et la contribution à la formation professionnelle.

Facturation, comptabilité et bonnes pratiques

Il n’existe pas d’obligations particulières en termes de facturation et de comptabilité avec un cumul d’activités. Cependant, pour plus de praticité, il est conseillé de tenir une comptabilité différente pour des activités non liées. Si vous cumulez plusieurs activités liées pour une même mission (ex. : vente d’un composant informatique et installation de ladite pièce), vous pouvez intégrer ces deux activités sur la même facture. Il s’agit ici d’une offre globale.

Le régime simplifié de la micro-entreprise permet de réaliser une seule déclaration de chiffre d’affaires. Cependant, vous devrez répartir le chiffre d’affaires de chaque activité lors de cette déclaration. Le montant des cotisations sociales sera calculé différemment pour chaque activité selon les taux correspondants. Quand vous réaliserez votre déclaration de revenus aux impôts, vous devrez aussi répartir les revenus des différentes activités selon leur appartenance au régime BIC ou BNC.

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Cas particuliers et impacts

Le portage salarial permet de bénéficier d’un contrat de travail tout en gardant son autonomie dans la recherche des clients et la réalisation des missions. Le salarié porté bénéficie ainsi des avantages et de la protection sociale du salariat, tout en organisant sa vie professionnelle comme un travailleur indépendant. Il est possible de cumuler deux activités différentes au sein d’une même micro-entreprise, même si celles-ci n’ont aucun lien entre elles.

Il n’est pas possible d’être à la fois gérant majoritaire d’une SARL/EURL et micro-entrepreneur. Certaines activités réglementées sont incompatibles entre elles. Il est par exemple impossible d’être pharmacien et professionnel de santé ou contrôleur technique auto et mécanicien indépendant.

Information importante : Depuis le 1er janvier 2025, il est possible de cumuler plusieurs activités si l'on exerce une profession du service à la personne. La condition d'exclusivité a été levée. Si l'on cumule pour les métiers du service à la personne, la règle impose cependant que le chiffre d'affaires de la nouvelle activité ne peut dépasser 30 % du chiffre d'affaire global de l'année civile précédente, la comptabilité entre les différentes activités doit être distincte et tous les chiffres d'affaires doivent être déclarés. Un manquement aux nouvelles règles de cumul peut entraîner une radiation du registre des SàP et la perte des avantages.

Conseils pratiques

  • Déclarez clairement l’activité principale à la création et ajoutez les activités secondaires via le Guichet Unique si nécessaire.
  • Tenez une comptabilité séparée pour des activités non liées afin de faciliter la répartition des CA pour le calcul des abattements et cotisations.
  • Surveillez les seuils de CA pour la franchise de TVA et pour le régime micro‑fiscal afin d'anticiper un passage au régime réel.
  • Si une activité devient majoritaire, modifiez l’activité principale en ligne pour adapter votre code APE et vos obligations.
  • En cas de doute, consultez le portail officiel ou des conseillers spécialisés pour éviter des erreurs d’immatriculation ou de déclaration.

Vous connaissez maintenant les principes du cumul d'activités pour les micro-entrepreneurs : possibilités, démarches, seuils à respecter, conséquences fiscales et sociales. Prêt à tenter l'aventure ? Les conseillers du Portail Auto-Entrepreneur et d'autres services d'accompagnement peuvent vous aider dans la création ou la modification de votre activité.

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