Comment créer une stratégie pour une autoentreprise

Lorsque vous décidez de créer votre micro-entreprise, anciennement appelée auto‑entreprise, vous devez en amont des formalités administratives avoir une idée bien définie de votre future activité. Ce projet doit être mûrement réfléchi.

Poser les bases : vision, objectifs et offre

Tu as sans doute déjà entendu parler de la vision d’une entreprise sans jamais y avoir réellement réfléchit toi‑même. Ici, on parle de la manière dont tu imagines ton activité freelance sur le long terme, et même le très long terme. Pour résumer, c’est la réponse à la question “où te vois‑tu dans 1 an, 5 ans et même 10 ans ?”.

Avoir une vision pour son activité freelance, c’est donc être capable de se projeter dans le futur. Et lorsque tu l’as définie précisément, cette vision t’encourage à avancer, à être proactif.ve et à prendre les bonnes décisions sur le moment présent. Tu l’auras compris, sans vision, tout est un peu flou.

Une fois que tu as élucidé ta vision d’entrepreneur.e, il est temps de te donner des défis beaucoup plus concrets et rapides à atteindre dans le temps. Te fixer des objectifs tout au long de ta vie de freelance est indispensable. Plutôt que de te contenter d’avoir des attentes vagues, tu te challenges avec de vrais objectifs spécifiques, mesurables, réalisables et temporels (soit la méthode SMART).

À toi donc de décliner ta vision à long terme en des objectifs à court terme, pour les prochains mois ou l’année à venir. Ces derniers te serviront à travailler sur les bons projets en freelance, ceux qui sont réellement pertinents pour avancer dans la bonne direction.

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La première étape est de s'assurer que l’ensemble des conditions est réuni pour pouvoir se lancer dans son projet. Décrire son activité : cette étape est indispensable, car c’est elle qui va définir la suite du projet.

Formuler l’offre et définir la cible

Bien formuler tes offres et ta cible (ou ton client idéal) est également une excellente manière de te montrer plus stratégique en freelance. Lorsqu’on débute en micro-entreprise, on a parfois tendance à accepter tout type de prestations pour générer ses premières factures.

Mais, en continuant ainsi, il arrive de perdre en cohérence dans son activité freelance et de s’éparpiller dans des missions qui ne nous correspondent pas vraiment. La seconde problématique lorsque tu n’as pas de cible définie, c’est l’impossibilité de communiquer de façon pertinente autour de tes services de freelance. En ne connaissant pas le profil et les attentes de ton client idéal, tu éprouves plus de difficulté à adapter ton offre et à la vendre.

Pour te développer en freelance, tu dois donc te montrer plus stratégique en étudiant en profondeur ton marché et ta clientèle cible. Qui est‑elle ? Que veut‑elle ? Où peux‑tu la trouver ? Avancer avec stratégie en tant que freelance, c’est aussi privilégier les bonnes missions et les bons clients.

Étudier le marché et construire le business model

Votre business plan comportera nécessairement une étude de marché. N’attendez pas d’être en cours de rédaction pour débuter vos recherches car celles‑ci peuvent prendre du temps.

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Posez‑vous par exemple les questions suivantes : quel est l’état du marché que je vise ? Quelles sont ses perspectives d’avenir ? Qui sont mes futurs clients (âge, implantation géographique, catégorie socioprofessionnelle, etc.) ? Qui sont mes concurrents et comment se portent‑ils ? Quels seront mes besoins de financement ? Quel chiffre d’affaires puis‑je viser au fil des années ?

L’étude de marché : analyse des forces et faiblesses, de la taille, des tendances ainsi que des réglementations de votre marché. C’est également ici que vous expliquez le besoin et que vous identifiez les caractéristiques socio‑économiques de vos clients ainsi que leurs habitudes de consommation.

Le business model, appelé modèle d’entreprise en français, est un outil qui aide le micro‑entrepreneur à lancer son projet au niveau de la synthèse et du diagnostic de départ. Il permet de réunir toutes les informations pour évaluer la faisabilité du projet.

Il décrit donc le projet de l’entreprise. Le business model, quant à lui, est plutôt le coeur du business plan. En effet, le business model répond à la question “quel modèle économique choisir pour gagner de l’argent ?”.

Il existe autant de business models que de projets. Certains d’entre eux sont plus adaptés à la micro‑entreprise : le modèle de l’abonnement, le modèle de la stratégie de niche, le modèle de l’utilisation, le modèle des ventes à domicile, le modèle au temps passé.

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Un des outils les plus en vogue et des plus simple à utiliser est le Business Model Canvas d’Alexandre Osterwalder et Yves Pigneur. Il se construit sur une seule page en forme de tableau. Procédez étape par étape, avec 4 questions clés. Quoi ? Qui ? Comment ? Réfléchissez à la proposition de valeur que vous allez apporter à vos clients avec vos offres/services de votre activité de micro‑entreprise.

Rédiger le business plan : structure et contenu

Le business plan, ou plan d’affaires, est un document écrit qui sert à structurer un projet de création d’entreprise. Il présente aussi les perspectives de développement de l’activité durant ses premières années.

Que l’auto‑entrepreneur soit artisan, commerçant ou libéral, l'activité du professionnel va induire un risque, notamment pour rester rentable. C’est pourquoi vérifier la solidité de votre projet de création d'entreprise est toujours une étape incontournable pour bien lancer son activité.

Le résumé : C’est l’une des parties les plus importantes, elle constitue l’accroche du business plan. Le résumé doit donner envie à vos destinataires d’aller plus loin dans la lecture de votre dossier. Composé de deux pages maximum, il décrit le projet en quelques paragraphes.

Un business plan compte généralement entre 10 et 30 pages. Proposer un sommaire à votre lecteur lui permettra de naviguer plus facilement dans votre document. Pensez à bien numéroter vos pages.

Partie 1 : le projet, le marché et la stratégie

Présentation du projet et de l’offre : L’objectif est de décrire précisément le produit ou service en tenant compte de ses caractéristiques, du prix, de la gamme, des garanties associées, etc. Les spécificités qui en ressortent constituent votre positionnement.

Présentation de la stratégie : C’est dans cette partie que vous devrez expliquer la façon dont votre entreprise va gagner de l’argent : stratégies commerciales, marketing et de communication, la logistique, le système de production, etc.

Analyse de la concurrence : établissez une cartographie des forces en présence sur le marché afin de construire une offre différenciante. Quelques critères à analyser : la place des concurrents sur le marché, l’offre (gamme, prix, services annexes), les clients visés et leurs stratégies (distribution, marketing, communication).

Partie 2 : le porteur du projet et la structure

Le porteur du projet : Les partenaires et les investisseurs veulent savoir qui est à l’origine du projet. Pour ce faire, décrivez votre parcours et la genèse de votre projet à travers un storytelling prenant et impactant. Indiquez également tous les acteurs importants liés au projet qui apporteront une certaine légitimité.

La structure : Dans cette partie, vous présentez la forme juridique de votre auto‑entreprise ainsi que les étapes clés de sa création ou de son développement.

Partie 3 : l’étude de la faisabilité financière

La dernière partie est consacrée aux prévisions sur le plan financier. Elle est traditionnellement présentée sous la forme de tableau. L’objectif est de montrer à un investisseur ou à un banquier que votre projet est rentable et solide.

ÉlémentBut
Chiffre d’affaires prévisionnelEstimer les recettes attendues
Charges (fonctionnement & investissement)Identifier coûts fixes et variables
Bilan prévisionnelVisualiser actif et passif
Plan de financementRecenser besoins et ressources

Pensez à commenter les données de vos graphiques et tableaux. Vous devez justifier par des hypothèses, en expliquant par quel procédé vous arrivez à ces chiffres‑là. Vous pouvez dans une partie suivante analyser les risques. En incluant un scénario plus pessimiste, vous montrez aux investisseurs et partenaires que vous êtes conscient des difficultés et des pièges qui entourent la création d’une activité.

Communiquer, se faire connaître et fidéliser

Parmi les impératifs indispensables au développement d’une activité professionnelle sont à connaître afin de devenir auto‑entrepreneur. Parmi eux, la création d’un site web professionnel est l’un des premiers auxquels vous devrez réfléchir.

Un site internet à la navigation fluide, clair, complet et facile à utiliser, est un véritable atout pour convaincre de potentiels clients d’acheter vos produits ou de passer par vos services. Un site d’entreprise agit comme une vitrine virtuelle présentant votre activité aux yeux de tous.

Pour un auto‑entrepreneur, un site professionnel doit être avant tout efficace. Choisissez pour cela un nom de domaine accrocheur correspondant à votre activité. Pensez à faire figurer les mentions légales, les informations indispensables pour vous trouver ainsi qu’un formulaire de contact. Une présentation détaillée de vos produits ou de vos services est nécessaire ici. Vous pourrez l’enrichir avec des photos de qualité ou de courtes vidéos.

Le référencement sur les moteurs de recherche comme Google est un élément essentiel pour toute stratégie marketing en ligne. Pour que votre site apparaisse parmi les premières pages de résultats données aux internautes suite à une requête correspondant à votre secteur d’activité, vous devrez créer du contenu de qualité de manière régulière.

Pour cela, il vous faudra vous établir en tant qu’expert, en publiant des articles (sur un blog renvoyant vers votre site notamment) liés à votre niche. Pour parvenir à développer votre activité, il est impossible à l’heure actuelle de vous priver du marketing sur les réseaux sociaux.

Chaque société témoigne aujourd’hui d’une forte présence en ligne en créant du contenu spécifique pour les différents réseaux où elle figure. Plusieurs recommandations vous aideront à exister sur ces plateformes. Vous pourrez tout d’abord regarder quels types de contenus sont publiés par des sociétés dans le même secteur d’activité que le vôtre. Vous pourrez ensuite affiner votre démarche en proposant des choses différentes, plus originales ou décalées, afin de sortir du lot.

Comment analyser et optimiser un site internet ? J'effectue l'audit d'un site web.

Vous pourrez commencer par créer une newsletter à laquelle seront abonnés vos prospects et clients intéressés. Afin de mesurer le succès de votre stratégie de communication, vous devrez utiliser des outils spécifiques capables d’assurer un suivi des performances.

Des indicateurs précis (les KPI) pourront vous indiquer, pour chaque campagne, les résultats obtenus comme l’augmentation du nombre d’abonnés sur les réseaux sociaux, le taux d’engagement suite à une publication ou les conversions réalisées avec une offre promotionnelle.

Enfin, le marketing d’une micro‑entreprise passe aussi par la mise en place de partenariats, vous aidant à créer au fil du temps un réseau favorisant votre visibilité. Il peut être intéressant à ce titre de chercher à conclure des partenariats avec des sociétés ou des travailleurs indépendants dont les activités sont complémentaires à la vôtre. Les espaces de coworking sont un lieu privilégié dans cette optique.

Votre stratégie de communication pourra alors quitter la sphère numérique pour prendre la forme de supports physiques. Vous pourrez avoir recours au « print » (soit l’impression sur papier) pour communiquer de manière plus efficace. Parmi les supports incontournables des entrepreneurs, on peut citer la carte de visite, la brochure commerciale (sous forme de catalogues à distribuer) et les flyers présentant votre activité ou une offre spéciale, à l’occasion d’un évènement notamment.

Organisation personnelle : temps, focus et discipline

Il est toujours indispensable de t’accorder du temps de travail sur ta micro‑entreprise (et non pas dans ta micro‑entreprise). Ici, on parle de toutes les tâches et projets internes stratégiques, nécessaires pour atteindre tes propres objectifs. Par exemple : créer du contenu sur le web pour augmenter ta visibilité, refondre ton site web pour générer des conversions, ou tout simplement faire un bilan mensuel de ton avancée.

La dernière chose, et pas des moindres, est d’apprendre à rester focus sur toutes les précédentes étapes. Il n’est pas question de te fixer des objectifs précis, pour finalement les perdre de vue, et continuer de donner du temps et de l’énergie à tout et n’importe quoi.

Ça implique : De savoir dire non à ce qui n’entre pas dans ta vision ou tes objectifs. Par exemple : un projet client qui n’entre pas dans ta zone de génie, une collaboration qui ne t’apporterait rien, une idée de projet qui ne t’aidera pas à avancer vers ton but, etc. De définir un rythme de travail stable et adapté à tes besoins. Trouve une organisation de travail qui te permette de travailler à la fois pour tes clients et pour la progression de ta micro‑entreprise. D’éloigner les distractions qui t’empêchent d’être productif.ve.

Aspects administratifs et protections

Le statut de micro‑entrepreneur (ou auto‑entrepreneur) est un régime fiscal et social simplifié de l’entreprise individuelle (EI). Il permet d’exercer en nom propre. Bien que le statut de la micro‑entreprise soit simplifié, il est important de bien préparer son projet.

Certaines démarches doivent être effectuées avant la création de la micro‑entreprise. Il est important de vérifier si l’activité envisagée est réglementée. Lorsque l'entrepreneur souhaite exercer une activité réglementée (exemples : restaurateur, agent immobilier, coiffeur), il doit s'assurer de remplir les conditions préalables à l'exercice de cette profession.

Lorsqu'un individu devient micro‑entrepreneur, son patrimoine personnel est en principe protégé. Seul son patrimoine professionnel (patrimoine affecté à l'activité de la micro‑entreprise) pourra être saisi en cas de difficultés. On parle de séparation des patrimoines professionnel et personnel. La résidence principale de l'entrepreneur est automatiquement protégée. L’insaisissabilité du domicile principal ne nécessite donc aucune formalité à accomplir.

Le micro‑entrepreneur a plusieurs possibilités pour domicilier son entreprise. Il peut décider de domicilier la micro‑entreprise à son domicile personnel, dans un local dédié, dans une entreprise de domiciliation, dans un espace de coworking ou encore dans une pépinière d’entreprises. La domiciliation de la micro‑entreprise est obligatoire. C’est l’adresse administrative et juridique de l’entreprise. Cette adresse devra ensuite apparaître dans tous les documents de l’entreprise (factures, devis, contrats, formalités administratives, etc.).

Une fois toutes les étapes préalables réalisées, il faut déclarer l'existence de la micro‑entreprise à l'administration. Cette déclaration d'existence s'appelle l'immatriculation.

Financer et lancer son projet

La préparation d’un projet entrepreneurial passe par deux étapes essentielles : l’élaboration d’un business plan et la recherche de financements. L’élaboration d’un business plan est d’ailleurs indispensable pour convaincre les banques et les investisseurs. C’est l’outil essentiel pour rassurer les différents interlocuteurs sur la viabilité de la société.

Plusieurs possibilités existent pour trouver des financements : financer son entreprise via des fonds propres, c’est‑à‑dire, via ses propres moyens ; financer son entreprise via un emprunt bancaire ; bénéficier d’aides à la création d’entreprise (Acre, Arce, Cape, ex‑Nacre, etc.) ; s’inscrire à des concours ou bénéficier de bourses ; obtenir un prêt d’honneur.

À noter : la micro‑entreprise ne permet pas d’ouvrir son capital à des investisseurs, car elle n’a pas de personnalité morale. Il n’est donc pas possible de lever des fonds comme dans une société.

Conseils pratiques et pièges à éviter

La rédaction d'un business plan reste un exercice complexe, même quand on est micro‑entrepreneur. Notre conseil pour éviter les erreurs qui vous feraient perdre du temps : ne vous lancez pas tête baissée et prenez le temps de la réflexion avant de commencer à écrire.

Rien de pire en effet qu’un document brouillon, sans progression et truffé de redites. Nous vous conseillons donc de coucher l’ensemble de vos idées sur papier puis de les organiser en élaborant un plan. Le business plan est une pièce maîtresse dans la concrétisation de votre projet. Vous savez ce qui peut également l’être ? Une assistance de qualité ! N’hésitez donc pas à solliciter nos experts pour toutes vos formalités de création.

Pour gagner en crédibilité, pensez aussi à indiquer vos sources et à joindre quelques justificatifs si vous en avez. Mais inutile d’en faire trop, trouvez le juste équilibre pour convaincre efficacement votre lecteur !

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