Bruno Le Maire : Parcours et Actualités des Finances Publiques en France
Bruno Le Maire est un homme politique français, né le 15 avril 1969 à Neuilly-sur-Seine. Normalien et énarque, il a d'abord été directeur de cabinet de Dominique de Villepin à Matignon lorsque Jacques Chirac était président de la République, avant d'être élu député de l'Eure en 2007.
Il entre au gouvernement de François Fillon en 2008 en tant que secrétaire d'État aux Affaires européennes, puis ministre de l'Agriculture de juin 2009 jusqu'à la fin du quinquennat de Nicolas Sarkozy en mai 2012. Également conseiller régional de Normandie de 2010 à 2016, il brigue la présidence de l'UMP face à Nicolas Sarkozy en 2014.
En février 2016, Bruno Le Maire se déclare candidat à la primaire de la droite et du centre en vue de l'élection présidentielle de 2017. Il mène une campagne libérale, proposant notamment la suppression de l'impôt sur la fortune, de certains droits syndicaux ou encore de réduire les indemnités chômage et le revenu de solidarité active (RSA).
Après avoir quitté ses responsabilités dans la campagne de François Fillon en raison de la mise en examen de ce dernier, Bruno Le Maire se rallie à Emmanuel Macron après sa victoire. Il est nommé ministre de l'économie dans le gouvernement d'Édouard Philippe, ce qui entraîne son exclusion des Républicains.
À Bercy, il porte en 2018 la Loi relative à la croissance et la transformation des entreprises, dite loi PACTE, qui ambitionne de redéfinir la place des entreprises dans la société. Cette loi crée notamment la qualité juridique d’entreprise à mission, et privatise totalement ou partiellement Aéroports de Paris, la Française des jeux et Engie.
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Il est l'un des ministres de premier plan lors de la crise du Covid-19 en 2020 et 2021. Adepte de la rigueur budgétaire, il doit pourtant mettre en œuvre la politique de soutien massif des entreprises, le « quoi qu’il en coûte », décrétée par Emmanuel Macron.
Ses derniers mois au gouvernement sont marqués par un dérapage important des finances publiques, avec un déficit pour 2024 atteignant 6,1 % du PIB au lieu des 4,9 % initialement prévu.
Bruno Le Maire se défend de tout dérapage budgétaire
Défis et Controverses Autour des Finances Publiques
Les questions économiques sont au cœur des préoccupations des Français, en particulier, dans un contexte budgétaire de dette immense. Le déficit public risque de dépasser les 6% du PIB en 2024. Il y a tout juste un an, il semblait encore sous contrôle.
Alors que la commission des finances de l’Assemblée nationale a lancé à l’automne dernier une enquête sur le dérapage du déficit public en 2023 et 2024, le député LIOT et rapporteur de cette même commission Charles de Courson blâme les ministres en exercice, et en premier lieu Bruno Le Maire, en charge de l’Economie et des Finances pendant sept ans.
Selon le parlementaire, « l’honneur d’un ministre est de dire, même si des erreurs ont été faites, « j’assume », sinon il n’y a plus de démocratie ». En effet, lors de son audition au Sénat dans le cadre d’une mission d’information sur « la dégradation des finances publiques » le 7 novembre dernier, Bruno Le Maire avait récusé toute « faute » ou « tromperie », mais parlait plutôt de « grave erreur d’évaluation des recettes » des services de Bercy.
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L’ancien ministre de l’Economie et des Finances retrace les événements qui ont conduit à la situation actuelle, d’un déficit évalué à 6,1 % du PIB pour l’année 2024. Dès le 13 décembre 2023, Bruno Le Maire affirme avoir alerté la Première ministre Elisabeth Borne « sur la poursuite d’annonces coûteuses en matière de dépenses publiques ».
« Dès le 13 décembre, j’ai fait des propositions à la Première ministre et si la situation de dégradation se confirmait, nous étions prêts, parce que nous avions anticipé », estime l’ancien ministre.
Bruno Le Maire poursuit son exposé chronologique, en indiquant que le 8 janvier, il a fait état lors de ses vœux aux acteurs économiques que « la situation était difficile et que le plus dur était devant nous ». À ce moment, l’ancien ministre assume d’avoir maintenu l’objectif de déficit à 4,4 % du PIB pour l’année 2024, faute d’informations suffisamment fiables sur la situation économique à venir.
« Aujourd’hui, cette déclaration me vaut des accusations brutales, « il savait et ne nous a rien dit ». Je m’inscris totalement en faux contre ces accusations. Le 8 janvier, nous n’avions pas les nouvelles évaluations internationales sur la croissance », observe-t-il.
Une note des services de Bercy estime alors à 30 milliards d’euros les économies nécessaires pour bien tenir l’objectif d’un déficit à 4,4 % du PIB en 2024. « C’est rigoureusement, à l’euro près, le montant d’économies que j’aurais proposé d’ici juin 2024 », affirme Bruno Le Maire.
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Courant février, alors que la conjoncture économique continue de se dégrader, l’ancien ministre affirme avoir « informé le président de la République de cette nouvelle donne », en lui proposant plusieurs pistes d’économies.
« J’ai pris sur moi d’aller présenter aux Français des mesures impopulaires, d’aller présenter des économies au 20 heures de TF1 devant le grand public, sans rien cacher de nos difficultés », estime-t-il.
L’ancien ministre a largement insisté sur la difficulté de prévoir les rentrées fiscales après la pandémie « des recettes plus faibles que ce que nous pouvions attendre, une croissance qui donne moins de recettes fiscales et des modèles de prévision de recettes qui se sont plantés ».
L’élasticité des recettes à la croissance a été faible, plus faible qu’attendu en 2023. Et malgré une correction par les services de Bercy pour prendre en compte cette nouvelle donne, l’année 2024 a encore constitué une nouvelle fois une mauvaise surprise, par rapport aux modèles qui prévalaient depuis 30 ans. « C’est bien ce qui explique les 41 milliards de trou dans la caisse, cumulés en 2023 et 2024 », a-t-il expliqué.
Bruno Le Maire refuse d’être tenu comme unique responsable de la dégradation de la situation financière du pays. « Quand on me dit qu’on a trouvé un déficit à moins de 3 % en 2017 quand je suis arrivé en fonction au ministère, non. Nous avons fait repasser le déficit sous les 3 % en prenant des mesures courageuses dont personne ne voulait », souligne-t-il.
Par ailleurs, l’ancien ministre affirme que la trajectoire annoncée d’un déficit à 6,1 % de PIB pour l’année 2024, évaluée par les services de Bercy, relève de « choix du gouvernement actuel ».
« Je vous apporterai toutes les preuves qu’on pouvait avoir, en 2024, avec des mesures de redressement plus vigoureuses, un déficit autour de 5,5 %. Je conteste formellement ce chiffre de 6,1 % qui est ressassé à l’envi pour dire que l’ancien gouvernement a tout mal fait et que le gouvernement actuel fait tout bien », affirme-t-il.
L’ancien ministre de l’Economie promet un discours de vérité. « Je suis libre », affirme-t-il alors qu’il n’est plus en fonction à Bercy depuis la nomination d’un nouveau gouvernement. Pour expliquer la dégradation des finances publiques, Bruno Le Maire reconnaît une « grave erreur technique d’évaluation des recettes ».
Mais l’ancien ministre réfute toute volonté de cacher cette situation, expliquant que le ministre et son cabinet ne se prononcent jamais sur cette évaluation des recettes : « On ne peut pas m’expliquer que 80 % de la dégradation des finances publiques vient d’une mauvaise évaluation des recettes à laquelle je ne participe pas, puis me dire ensuite “M. Le Maire, vous avez fait n’importe quoi” ».
Auditionné hier par la commission des finances de l'Assemblée nationale, le ministre démissionnaire de l'Économie a, une nouvelle fois, fait le lien entre le niveau d'endettement des collectivités locales et celui de la France.
S’il assume que « ce n’est pas une critique » il a, dans la foulée, affirmé que lorsque « le niveau d’endettement des collectivités locales augmente, cela pèse sur le niveau d’endettement global de la France ».
Outre l'annulation d'une partie des 16,5 milliards d’euros de crédits gelés depuis quelques mois et la taxation plus forte des compagnies d’énergie et des rachats d’actions, il préconise ainsi de « réunir rapidement le Haut Conseil des finances publiques locales (HCFP) [qui a été créé l’an passé par Bruno Le Maire] pour examiner avec les représentants des collectivités, dans le dialogue, pas dans la contrainte, ce qui peut être fait pour éviter que ce qui est annoncé en début d’année se poursuive d’ici la fin d’année 2024 ».
Les « interrogations fondamentales » devront donc porter, selon lui, sur « le modèle social français » et les « abus constatés depuis plusieurs années », a-t-il déclaré.
En citant le patron de la Cnam, Bruno Le Maire a ainsi pointé du doigt « les indemnités journalières et les petits arrêts maladie [qui] ont explosé ces derniers mois : 5 milliards d’euros de dépenses supplémentaires sur les indemnités journalières en dix ans.
Budget 2025 : Enjeux et Perspectives
C'est une situation exceptionnelle que rencontrent les services de Bercy : les derniers remous politiques ont bousculé la préparation du budget 2025. Le Talk de franceinfo s’intéresse au sommet Choose France qui réunit les dirigeants de grandes entreprises étrangères pour les convaincre d’investir en France.
« C’est un mauvais budget » déplore le rapporteur de la commission des Finances à l’Assemblée Charles de Courson. Sur les finances de l’année en cours, si le budget a été adopté définitivement le 5 février dernier, après l’échec de la motion de censure déposée par la France insoumise contre François Bayrou, le rapporteur général de la commission des finances à l’Assemblée s’estime insatisfait.
En effet, pour lui, le texte budgétaire « augmente massivement les impôts » et « ne baisse pas la dépense publique ». C’est « tout sauf un budget austéritaire », répond-il aux critiques d’une partie de la gauche.
Qui dit « mauvais budget », dit impossibilité de tenir les objectifs de déficit fixé à 5,4% du PIB, selon Charles de Courson. « On ne peut pas redresser des finances publiques quand on n’a pas le temps devant soi, et qu’en plus on n’a pas de majorité » à la Chambre basse, s’insurge le parlementaire.
D’après lui, l’instabilité politique, liée à la dissolution de l’Assemblée nationale et à la censure votée contre le gouvernement de Michel Barnier en décembre, empêche toute ambition en matière de redressement des finances publiques.
Et la dégradation des finances a un impact sur les citoyens, pour l’élu de la Marne : ils « sont inquiets parce qu’ils voient bien que cette façon de gérer les finances publiques n’est pas durable et amène le pays dans le mur », s’inquiète-t-il.
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