Fonctionnement de la Cotisation Foncière des Entreprises (CFE) et impact de la domiciliation en agglomération
La cotisation foncière des entreprises (CFE) est l’un des deux volets de la contribution économique territoriale (CET), avec la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE). Cet impôt local s’applique chaque année à la quasi-totalité des sociétés et des personnes exerçant une activité non salariée. Il est donc indispensable de bien l’évaluer, avant d’acheter ou de louer un local professionnel.
Quels sont les redevables et quelles sont les conditions d’application ?
La CFE est due par toute personne physique ou morale (sociétés, entrepreneurs individuels) exerçant une activité professionnelle non salariée à but lucratif de manière habituelle, en France. Est concernée par la CFE toute personne physique et morale qui exerce une activité professionnelle non salariée de manière habituelle donc régulière au 1er janvier de l’année de l’imposition. La CFE s’adresse donc à l’ensemble des entreprises, quel que soit leur statut fiscal, sauf exonération. Les SAS, SARL, EURL, les professionnels libéraux, de même que les micro-entrepreneurs et auto-entrepreneurs soumis à la CFE sont donc redevables de cette taxe.
Les professionnels sont redevables de la taxe dans chaque commune où ils disposent de locaux et de terrains imposés par la taxe foncière au 1er janvier. La CFE est due, que l’on travaille dans ses propres locaux ou bien à un endroit différent du siège social. Un entrepreneur peut être redevable de la CFE même s’il travaille à domicile.
Base d’imposition : valeur locative et règles pour entreprise sans local
La CFE repose sur la valeur locative des biens immobiliers passibles d’une taxe foncière et utilisés par l’entreprise pour les besoins de son activité durant l’année N-2. La base d'imposition de la CFE est constituée par la valeur locative des locaux occupés par le professionnel dans le cadre de son activité au cours de l'année N-2. La valeur locative est indexée sur les biens passibles de la taxe foncière. Le bien doit être sous contrôle du contribuable concerné, qu’il en soit propriétaire ou locataire.
La CFE est calculée différemment selon que l'entreprise dispose ou non d'un local (ou terrain) pour l'exercice de son activité. Pour une entreprise disposant d'un local ou terrain, la CFE est calculée par rapport à la valeur locative des biens immobiliers soumis à la taxe foncière que l'entreprise a utilisés pour son activité professionnelle lors de l'avant-dernière année (année N-2). Autrement dit, à chiffre d'affaires égal, deux entreprises situées dans deux communes différentes ne paieront pas le même montant de CFE.
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Pour le calcul de la CFE d’une entreprise sans local, les administrations s’appuient le chiffre d’affaires généré sur l’année n-2. Le montant de cotisation d’une entreprise sans local varie selon plusieurs tranches de chiffres d’affaires. Dans la majorité des cas, surtout pour les micro-entrepreneurs domiciliés chez eux, la base minimale est appliquée.
Taux, base minimale et variation selon les communes
La CFE est calculée sur la base minimale du taux d’imposition décidé par la commune. Les taux d’imposition CFE varient fortement selon les communes. Certains territoires appliquent de très faibles taux, tandis que d’autres affichent des indices particulièrement élevés. Chaque commune est libre de décider de son propre taux. Afin de calculer votre CFE en moins de 5 minutes et en toute simplicité nous avons développé un simulateur de CFE en ligne. L’administration fiscale met à disposition un service en ligne permettant de visualiser le taux d'imposition applicable pour chaque commune.
Par exemple, si vous réalisez un chiffre d’affaires compris entre 5 001€ et 10 000€, la cotisation basique minimale varie de 243€ à 579€ selon la commune de domiciliation de votre entreprise. À Chiffre d’Affaires égal, le taux de CFE à Paris est nettement inférieur à la moyenne nationale, puisqu’il est fixé à 16,52%, ce qui en fait l’un des plus bas taux en France. En effet, la capitale parisienne propose la cotisation la moins élevée de tout le pays !
Calcul détaillé et éléments additionnels
Le calcul de la CFE repose principalement sur la valeur locative cadastrale des locaux à usage professionnel au cours de l’année N-2 et le taux fixé par les collectivités locales (variant en fonction des communes). A savoir qu’une taxe additionnelle et des frais de gestion s’y ajoutent. La taxe additionnelle à la CFE. La CFE représente plus spécifiquement la part foncière de l’ancienne taxe professionnelle.
| Situation | Base utilisée | Remarques |
|---|---|---|
| Entreprise avec local | Valeur locative N-2 | Taux fixé par la commune, base minimale possible |
| Entreprise sans local | Chiffre d’affaires N-2 | Montant variable par tranches de CA |
| Micro-entrepreneur à faible CA | Exonération possible | Exonération si revenus faibles, application automatique depuis 2019 |
Déclarations et formalités : 1447-C-SD et 1447-M-SD
À sa création, l’entreprise doit déposer une déclaration initiale, par le biais du formulaire 1447-C-SD. Vous devez déposer une déclaration initiale de CFE avant le 1er janvier de l'année suivant la création de votre entreprise, à l'aide du formulaire n°1447-C-SD mis à disposition sur le site impots.gouv.fr. La déclaration 1447-C permet de signaler l'ouverture de l'activité et de déclarer si un local est utilisé ou non.
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En cas de changement affectant l’établissement, il faut utiliser le formulaire de déclaration modificative 1447-M-SD au SIE. La déclaration doit être adressée au service des impôts des entreprises (SIE) dont dépend l'entreprise avant le 2e jour ouvré suivant le 1er mai. La demande doit être déposée avant le deuxième jour ouvré suivant le 1er mai. Ces déclarations permettent à l’administration de suivre l’évolution de l’entreprise et de mettre à jour la base d’imposition.
En cas de changement dans la société (objet, dénomination etc), une déclaration 1447-M-SD est disponible en ligne. La déclaration doit être faite avant le 5 mai de l'année suivant celle de l'extension d'établissement, lorsqu'elle concerne une exonération liée à une création ou extension.
Paiement : échéances, acomptes et modes
Le paiement de la Cotisation Foncière des Entreprises (CFE) intervient avant le 15 décembre de chaque année. Après un éventuel acompte de 50 % versé le 15 juin, le paiement du solde de la CFE a lieu chaque année, le 15 décembre au plus tard. Un acompte égal à 50 % de la CFE doit être versé l’année précédente par l’entreprise. Il doit être réglé entre la fin mai et la mi-juin de l’année en cours.
Le paiement s’effectue de manière dématérialisée, sur le compte fiscal de l’entreprise. Paiement sur internet : mode de paiement par défaut, l’entreprise procède elle-même au paiement en ligne de la cotisation. Prélèvement mensuel automatique : mode de paiement sur option, tous les 15 du mois de janvier à octobre. Chaque prélèvement correspond au dixième du montant de la CFE. Prélèvement à l’échéance : mode de paiement sur option, l’entreprise est prélevée de manière automatique à l’échéance.
À noter : Depuis le 1er janvier 2024, les entreprises redevables de la CFE et domiciliées à l’étranger, telles que les loueurs de locaux nus, ont la possibilité de régler leur cotisation par virement bancaire directement sur le compte du Trésor public.
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Retard de paiement, pénalités et recours
En cas de retard ou de non-paiement de la CFE, le service des impôts adresse sous 30 jours une lettre de mise en demeure à l’entreprise. Si l’entreprise ne s’acquitte toujours pas de sa dette, elle passera en recouvrement et écopera d’une pénalité de 0,4 % par mois de retard. Pour toutes contestations, l’entreprise pourra adresser une lettre de remise gracieuse à l’administration fiscale, en expliquant les raisons du retard ou du non-paiement de la CFE. Si le montant de la CFE représente une charge trop lourde pour votre entreprise, vous pouvez demander une remise gracieuse auprès du Service des Impôts des Entreprises (SIE). Cette demande doit être motivée par des difficultés de trésorerie ou une baisse d’activité.
Exonérations et abattements : qui peut en bénéficier ?
Certaines entreprises sont exonérées de plein droit ou sur demande de CFE, de manière permanente ou temporaire. Depuis 2019, il est possible d’être exonéré de CFE en raison d’un faible Chiffre d’Affaires. Si vous êtes micro-entrepreneur avec de faibles revenus, vous serez donc exonéré de CFE.
Certaines collectivités accordent également des exonérations facultatives supplémentaires de la CFE, selon la zone géographique où est implantée votre siège social, mais elles ne sont pas automatiques. Elles dépendent des décisions locales et d’une coopération intercommunale à fiscalité propre, et doivent faire l’objet d’une demande à la commune. Les exonérations partielles sont une réduction d’une partie du montant de la CFE. Aussi, les sociétés ayant une activité saisonnière, comme les hôtels, les restaurants et certains parcs d’attraction, peuvent profiter d’une exonération partielle de la CFE. Enfin, les entreprises et les micro-entreprises installées en Corse disposent d’un abattement systématique de 25 % de CFE.
Il existe aussi des exonérations temporaires. La liste est longue et non exhaustive. De plus, une exonération exceptionnelle peut être votée par les collectivités locales. La création d'établissement peut donner lieu à une exonération facultative pendant 3 années en cas de création ou d’extension d’un établissement, sous délibération de la commune.
Aspects pratiques : domiciliation, choix de la commune et optimisation
C’est donc capital de bien choisir la domiciliation de votre entreprise, car le choix de l'adresse du siège social influencera le coût direct des taxes que vous paierez, telles que la CFE. La domiciliation est une stratégie avantageuse pour les entreprises souhaitant diminuer le coût de leurs impôts fonciers et des différentes taxes professionnelles comme la Cotisation Foncière des Entreprises. Une solution simple pour les entrepreneurs éligibles à la CFE est la domiciliation d’entreprise en ligne. Grâce à elle, vous pouvez obtenir une adresse à l’endroit de votre choix en quelques minutes seulement.
Lors d’un projet immobilier d’entreprise, il est essentiel de comparer les taux de CFE des différentes communes et de calculer un prévisionnel intégrant la taxe aux charges annuelles, pour choisir les bons locaux. L’optimisation des surfaces exploitées pour l’activité de l’entreprise est donc essentielle, pour réduire le montant de la CFE. Calculer la CFE d’une entreprise requiert de connaître la taxe sur la valeur locative des biens de la commune de domiciliation. Cela permet de savoir où implanter ses locaux et son siège social, afin de payer une CFE moins élevée.
Accès à l’avis d’imposition et suivi
À la création, l’entreprise doit déposer la déclaration initiale. Par la suite, toute entité redevable de la CFE reçoit un avis d’imposition annuel dématérialisé, précisant le montant de la somme à régler avant le 15 décembre de l’année en cours. Votre avis d’acompte de cotisation foncière des entreprises est disponible en ligne. Pour connaître le montant exact de votre CFE, il faut que vous consultiez l’avis d’imposition disponible dans votre espace professionnel du service des impôts (impots.gouv.fr). Celui-ci est mis en ligne en fin d’année, vers novembre généralement. L’avis CFE est disponible sur le compte fiscal en ligne de l’entreprise, comme tout autre impôt (taxe sur les friches commerciales, taxe sur les bureaux, taxe sur les surfaces commerciales, taxe foncière sur les propriétés bâties).
Cas particuliers : location, sous-location et activités immobilières
En matière de location et sous-location d'immeubles, des conditions supplémentaires sont exigées. Lorsque l’activité porte sur de la location ou sous-location d'immeubles, la CFE est due dans les situations suivantes : location ou sous-location d'immeubles nus : le chiffre d'affaires ou les recettes brutes hors taxes doivent être au moins égaux à 100 000 €. En revanche, la CFE ne concerne pas la location et sous-location d'immeubles nus à usage d'habitation. Location ou sous-location d'immeubles meublés: le chiffre d'affaires ou les recettes brutes hors taxes doivent être supérieurs à 5 000 €. Cependant, la CFE n’est pas due lorsque la location meublée porte sur un logement inclus dans la résidence principale du propriétaire.
Que déclarer et quand ?
Mis à part la déclaration initiale de cotisation foncière des entreprises, aucune autre déclaration n’est requise, sauf si l’entreprise souhaite signaler un changement de consistance ou une modification de surface des biens soumis, ou veut demander l’application d’une exonération. Les entreprises redevables de la CFE ne sont pas obligées de déclarer chaque année leurs bases d'imposition. En revanche, une déclaration 1447-M-SD doit être effectuée par l'entreprise se trouvant dans l'une des situations suivantes : l'entreprise demande à bénéficier d'une exonération ; l'entreprise souhaite signaler une modification d'éléments connus de l'administration (augmentation ou diminution de la surface des locaux, variation du nombre de salariés, variation d'un élément d'imposition, dépassement du seuil de 100 000 € de chiffre d'affaires pour activités immobilières de location nue, cessation ou fermeture d'installation ou d'établissement).
Si le changement a lieu en cours d’année, l’ancien entrepreneur reste redevable de la CFE pour l’année entière. Le nouvel exploitant lui, n’est alors pas imposable. S’il s’agit d’une cession ou d’une transmission de l’entreprise, le nouveau dirigeant doit souscrire une déclaration 1447-C-SD (dite déclaration initiale) avant le 1er janvier de l’année suivant celle du changement qui doit être adressée au service des impôts des entreprises (SIE).
Points essentiels à retenir pour l’entrepreneur
- La CFE est due par toutes les personnes physiques et morales exerçant une activité non salariée de façon habituelle au 1er janvier.
- Sa base est la valeur locative N-2 des locaux ou, à défaut, le chiffre d’affaires N-2 pour les entreprises sans local.
- Les taux varient fortement selon la commune : la domiciliation du siège social influence directement le montant de la CFE.
- De nombreuses exonérations existent : de plein droit, temporaires ou facultatives selon les zones et décisions locales.
- Déclarations à effectuer : 1447-C-SD à la création, 1447-M-SD en cas de modification ou demande d’exonération.
- Paiement dématérialisé avant le 15 décembre, avec acompte éventuel de 50 % mi-année.
- En cas de difficultés, possibilité de demander une remise gracieuse auprès du SIE.
La CFE est un impôt incontournable pour les professionnels non-salariés, structuré autour de règles précises et d’exonérations ciblées pour favoriser les nouvelles entreprises ou les activités à faible revenu. Elle souligne l’importance d’une gestion rigoureuse pour éviter pénalités et litiges, tout en montrant l’implication des collectivités locales dans son calcul et sa perception.
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