Le rôle et les missions de la CFE-CGC au Technocentre Renault

La CFE-CGC est un syndicat majoritaire chez Renault, notamment dans la catégorie des cadres. Elle joue un rôle essentiel dans la défense des intérêts des salariés et dans les négociations avec la direction de l'entreprise. Les élections professionnelles sont des moments particulièrement importants dans le parcours de la CFE-CGC, car chaque cycle électoral lui permet de progresser en termes d'influence.

DIALOGUE SOCIAL ET PRATIQUES RESPONSABLES AU SEIN DE L'ESS

Les priorités de la CFE-CGC

Le sujet prioritaire du moment pour la CFE-CGC est la Qualité de Vie au Travail (QVT). Par exemple, sur l’intéressement calculé en fonction du salaire, la CFE-CGC s'oppose à ce que le montant soit le même pour tous, contrairement à la CFDT.

Il est essentiel pour la CFE-CGC de savoir écouter les salariés. Cependant, le syndicat constate que la vision des salariés du syndicalisme est souvent stéréotypée. L’émergence de collectifs non syndiqués signifie que le travail de communication de la CFE-CGC n’est pas encore suffisant.

La CFE-CGC constate sur le Technocentre que ces collectifs manquent de formations et de professionnalisme, ce qui peut être préjudiciable aux salariés.

Le "contrat social France" 2025-2027

Adopté le 19 décembre 2024 avec les signatures de la CFDT et de la CFE-CGC, le nouveau « contrat social France » pour la période 2025-2027 renforce la protection sociale de l’ensemble des salariés du groupe automobile. C’est un accord collectif, le quatrième du genre, qui a tout d’un accord de compétitivité, sauf le nom.

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Formellement, les salariés du groupe ne cotiseront pas davantage, mais la mesure n’en reste pas moins financée par eux, en particulier par les cadres.

Entre cinq et vingt-cinq ans d’ancienneté, les cadres sont susceptibles de perdre un à quatre jours de congés par an par rapport à la situation actuelle. Jusque-là, les cadres comptaient sur un forfait de dix jours de réduction du temps de travail (RTT) par an.

Désormais, le volume de RTT résultera d’une soustraction « classique »: 365 jours moins 218 jours de travail, les congés payés (hors congés d’ancienneté et congés spéciaux) et les week-ends.

Finalement, la négociation a permis d’en sauver 6 sur 36 concernant les jours de congés de préparation à la retraite de tous les salariés, jusque-là au nombre de douze par an pendant trois ans.

Un maître-mot de l’accord est la modulation de l’activité. Il faudra s’adapter et, à cet effet, peut-être travailler plus souvent les samedis et jours fériés. Pour les cadres au forfait, cela déclenchait un jour de repos compensatoire.

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L’entreprise propose désormais à qui le souhaite d’opter pour leur paiement, avec majoration de 10 % pour les trois premiers jours supplémentaires au-delà du forfait jour, puis 15 %.

Jusqu’à présent, les cadres avaient la possibilité d’opter pour des forfaits de deux ou de trois jours de télétravail par semaine, indemnisés respectivement 20 ou 30 euros par mois. À cela s’ajoutait un compteur de 35 jours par an, non indemnisés (le « pocket »).

La CFE-CGC a réussi à sauver le “pocket”, mais pas le forfait de trois jours. Ce sont 10 euros d’indemnité par mois économisés par l’entreprise pour chaque salarié concerné.

Il n’y a plus qu’à mettre une date, le périmètre, la date de fin et une signature sur trente pages du “nouveau contrat social” constituées de modèles d’accords de rupture conventionnelle collective (RCC).

Ces dernières années, le groupe Renault a utilisé cet outil pour réduire ses effectifs : 15 000 salariés depuis le premier « contrat social » en 2010. Désormais, il s’agit de permettre à des secteurs, à des entreprises, voire à des services, d’utiliser la RCC.

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Le plan d'économies de Renault et la réaction des syndicats

Au Comité central social d’entreprise ce 29 septembre, la CFE-CGC, la CFT, FO et la CGT ont émis un avis défavorable au plan d’économies présenté le 28 mai 2020. Celui-ci prévoit 2,15 milliards d’euros d’économies d’ici et 4 600 suppressions de postes en France.

L'étude réalisée par le cabinet Secafi, mandaté par CCSE, démontre pourtant que plus de 330 millions d'euros d'économies ont déjà été réalisées fin juin 2020 dans ce domaine.

Depuis mai, le syndicat CFE-CGC constate en tout cas "le retour à un dialogue social digne de Renault". "Depuis l’annonce du plan d’économies beaucoup de lignes ont bougé, preuve qu’il est possible d’agir et d’influer sur le cours des choses", se félicite-t-il.

Les syndicats attendent des gestes concrets après les mots du nouveau directeur général qui souhaite "reconnecter Renault au territoire français".

L'expérience du télétravail au Technocentre Renault

Durant le confinement, les équipes du Technocentre de Renault, situées à Guyancourt, ont expérimenté le télétravail à haute dose. Un sondage mené auprès des employés du Technocentre par le syndicat CFDT révèle que le télétravail est plutôt bien vécu pour 90% des salariés interrogés. A peine 10% déclarent l’avoir vécu plutôt mal.

Le gain principal concerne la suppression des trajets pour se rendre au Technocentre. L’état de fatigue et de stress lié au transport est réduit. On parle de 1 à 2 heures de disponibilité supplémentaire dans la journée. Certains annoncent de ce fait prolonger les journées de travail sans problèmes de fatigue ou de concentration. Ce qui multiplie leur efficacité.

Côté outils informatiques, les équipes de Renault ont délivré le service ad hoc même s’il y a eu des soucis.

L’absence de travail en présentiel est cependant préoccupant en ce qui concerne l’engagement des équipes et l’enrichissement des projets grâce aux échanges informels. La déshumanisation de l’homme est crainte. Avec 100% du temps en télétravail et 100% des personnes en télétravail, « cela donne 100% d’isolement » résume un sondé.

Par ailleurs, le télétravail devient synonyme de position assise devant un écran. On craint en même temps la solitude et de ne pas répondre présent si un appel arrive. La difficulté devient de respecter l’équilibre entre la vie privée et professionnelle.

Afin de maintenir la cohésion des équipes, la proposition est de préserver au moins 2 ou 3 journées en présentiel, et que toute une équipe soit en télétravail le même jour. Il y a également le sentiment qu’il faut accompagner la démarche vers le télétravail en poursuivant l’amélioration des outils et en ancrant la pratique dans la culture des managers de Renault, en facilitant par exemple la participation à des réunions à la fois en physique et à distance sans défavoriser les collaborateurs intervenant à distance.

Une difficulté supplémentaire a été que des employés de Renault sont passés à 50% d’activité depuis chez eux, travaillant uniquement à mi-temps. Dans ce cadre, les réunions ont été réorganisées pour avoir lieu le matin. Certains ont le sentiment d’avoir du faire la même quantité de travail qu’avant le confinement avec moitié moins de temps.

Résultat, en passant de 100% à 50% d’activité, il faut travailler plus longtemps le matin et plus vite.

Comme explication de ces divergences de ressenti, la CFDT cite une déclaration selon laquelle la durée de 80% des réunions ont été adaptées au taux d’activité des salariés concernés. Il serait donc resté 20% de réunions menées sans prendre en compte la nouvelle donne.

Au bout du compte, les bénéfices du télétravail sont mis en valeur et les employés interrogés taclent au passage leur hiérarchie qui en freine l’usage car elle ne leur fait pas confiance.

L’enquête cite que le télétravail a de réels avantages. Il permet la concentration, un travail plus rapide et efficace. Il évite la fatigue liée aux Open Space qui sont bruyants et où les sollicitations et les interruptions sont permanentes. De plus, le gain de temps est net.

La plutôt bonne acceptation du télétravail est également mise en avant par un autre sondage réalisé par le syndicat CFE CGC. Plus de 90% des personnes sondées indiquent avoir un bureau ou un espace suffisant pour du télétravail de longue durée. Ce sont environ 30% des répondants qui se sont sentis isolés de leurs collègues de travail mais ils sont plus de 90% à avoir réussi à trouver des moyens de rester en lien avec leurs collègues. Seulement 10% ont eu des difficultés techniques de l’ordre l’accès internet, l’accès VPN, leur PC ou leur casque audio.

Pour Geoffroy Roux de Bézieux, patron du Medef, il est temps que les salariés retournent en entreprise. Il y met une nuance toutefois, pour la région parisienne et « le problème des transports en commun qui sont limités dans leur capacité. »

Il veut revoir les Français dans les entreprises car « le télétravail a pu amener beaucoup de satisfaction pour certains salariés, mais parfois des ‘burn-out’, des problèmes de management à l’intérieur des entreprises ».

En conclusion, la CFE-CGC joue un rôle majeur au sein du Technocentre Renault, en défendant les intérêts des salariés et en participant aux négociations sur des sujets clés tels que la QVT, le télétravail et les plans d'économies. Les défis sont nombreux, mais le syndicat reste déterminé à faire entendre la voix des salariés et à améliorer leurs conditions de travail.

CFE-CGC

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