Financement Participatif et Châteaux : Une Nouvelle Ère pour la Sauvegarde du Patrimoine Français

La sauvegarde du patrimoine est traditionnellement une affaire d’État, mais des acteurs privés concourent désormais de plus en plus à son financement. De nombreuses associations à travers le monde et des entrepreneurs passionnés se mobilisent pour sauver ces précieux monuments de l’oubli. Leur objectif : trouver des solutions pour gérer, rentabiliser et sauvegarder ces sites. Aujourd’hui, avec la montée en puissance de ces nouvelles solutions de financement, ils ne sont plus seuls et peuvent bénéficier du soutien des citoyens et non plus seulement des collectivités.

L’attachement des Français pour leur patrimoine culturel et architectural ne date pas d’hier. Des passionnés soulèvent des montagnes pour sauvegarder leur patrimoine ou celui de leur territoire. Au-delà du soutien financier, le crowdfunding permet de fédérer les habitants d’une ville et d’une région et de vous apporter un socle d’entraide plus large. Un lieu, une histoire, un patrimoine vivant. Un moulin, un jardin, un musée ou encore un clocher… ? Tout est finançable à condition de réussir à faire vivre ces traditions et ces vieilles pierres, lui redonner un souffle d’optimisme et d’ambition.

Je rappelle les grands principes du crowdfunding : il consiste à mobiliser des fonds auprès d’un grand nombre de personnes (la foule), qui versent une contribution relativement faible, généralement via Internet. Il est donc possible de donner de l’argent pour la sauvegarde de monuments historiques en péril en échange d’actions ou de contribution en nature. De cette manière, des particuliers peuvent exprimer leur amour pour l’histoire et le patrimoine tout en renforçant le tourisme local, en créant de la valeur et en soutenant des modèles économiques durables.

Les internautes - citoyens ne sont pas philanthrope par philanthropie. Le premier moteur du don pour le patrimoine aujourd’hui est la proximité. On vient tous de quelque part et souvent les habitants sont bien plus attachés à l’environnement qui les entoure qu’on peut le penser lorsqu’une campagne est lancée.

Le modèle basé sur la récompense comme locomotive du crowdfunding en France : le modèle qui a fait connaître le crowdfunding en France est le don contre don (ou le modèle basé sur la récompense), vous pouvez ainsi lever des fonds auprès de contributeurs en échange de contreparties non financières (exemple: la visite du château) tout en rassemblant des personnes derrière votre projet dans le patrimoine. A travers nos outils de médiation et une stratégie adaptée, nous vous aidons à mobiliser votre territoire pour la cause qui vous semble juste et importante.

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Si l’on peut donner trois grands moteurs de contributions. Les dons sont déductibles des impôts et donnent un réel coup de pouce et une visibilité supplémentaire au projet. Ainsi non seulement, vous aurez plus de chances de trouver des donateurs passionnés par le patrimoine, mais eux aussi peuvent être aussi plus confiants par rapport à l’utilisation des fonds, un contrôle de la qualité architecturale et un suivi des travaux réalisés.

Devenir Copropriétaire d'un Château : Comment Ça Marche ?

Un bon exemple est donné par le partenariat entre « Dartagnans », une plateforme en ligne de financement participatif et « Adopte un Chateau » qui permet de faire face à la à la dégradation mais aussi de donner une seconde vie aux demeures en favorisant tourisme et activités locales. L’achat collectif du Château de la Mothe-Chandeniers, qui rassemble 5360 copropriétaires enthousiastes de 115 pays, constitue un succès tangible de leur partenariat.

L’aventure collective continue actuellement, à travers une nouvelle levée de fonds, où l’on dénombre déjà près de 5360 contributions sur 56 pays pour un montant total de 757 610 euros rassemblés. “ Prendre part à ce projet, c’est l’occasion de participer encore plus directement à la restauration et à la sauvegarde de notre patrimoine. C’est aussi l’opportunité de rejoindre une fantastique aventure humaine, de vivre des expériences inoubliables et de faire partie d’une communauté soudée autour de la sauvegarde et du développement de son château. “ (page de campagne dartagnans)

En contrepartie de votre investissement de 79 euros, vous devenez co-châtelain et actionnaire du château de la Mothe Chandeniers. En participant à l’aventure, vous contribuez directement au développement du projet, au sauvetage du château et à la croissance de la société.

Vous bénéficiez :

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  • d’une entrée gratuite à vie pour les visites libres,
  • d’un accès aux événements exclusivement réservés à la communauté,
  • de la possibilité de participer aux chantiers de bénévoles,
  • d’un accès à la communauté privée des co-châtelains,
  • d’un vote par part aux Assemblées Générales
  • et d’une défiscalisation sur votre investissement pour les résidents français

Le crowdfunding est également la solution adoptée aux Pays-Bas par la fondation Duivenvoorde pour financer la construction d’un pavillon de tourisme ayant plusieurs fonctions : réception, billetterie, point info, boutique du musée et restauration.

Ce château, dont l’histoire remonte au XIIIe siècle, a été restauré de très nombreuses fois au fil des siècles, puis confié à une fondation en 1960 par la baronne Ludolphine Henriette Schimmelpenninck van der Oye avant d’ouvrir au public en tant que musée. De nos jours, le bâtiment est utilisé comme lieu de mariage et pour des séminaires. Les donateurs peuvent souscrire à un prêt à perpétuité de 500 €, qui distribue un intérêt annuel de 3% d’intérêts et donne droit à un ticket pour une randonnée familiale dans le parc du château et à une réception annuelle au château.

Dans ce cas, la contribution n’est pas forcément financière, mais peut être également sous forme de bénévolat. En effet, il est possible d’aider au nettoyage ou même à la décoration des pièces du château. Ou encore, toute contribution en savoir-faire qui permettrait de lever des fonds ou de rénover les bâtiments est très appréciée.

La petite ville médiévale fortifiée de San Gimignano, en Toscane, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1990, a lancé un programme de financement participatif destiné financer la réparation de partie des célèbres murs qui se sont effondrés il y a quelques années et qui donnent à la ville un horizon unique. Avec le hashtag #pietradopopietra (traduit par #pierreaprèspierre), le conseil municipal permet aux donateurs d ‘ adopter » une pierre des murs pour sauver un attrait touristique extrêmement important de l’Italie. Redonner vie à ses pierres et les sauver de l’oubli.

L’État ne peut plus faire à l’ensemble des dépenses afférentes à la sauvegarde de notre patrimoine. Autant il peut mobiliser des millions d’euros pour Notre Dame de Paris, autant des églises aux charmes fous mais abandonnés tombent dans l’oubli. Le soutien public ne suffit plus pour protéger l’ensemble des sites identifiés. C’est grâce à la mobilisation de chacun que nous pourrons sauver notre patrimoine !

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Mais n’oublions pas qu’il ne s’agit pas seulement de sauvegarder quelques pierres de l’oubli. Il s’agit de rendre ces pierres vivantes et les sortir de l’oubli. C’est aussi se projeter dans l’avenir, valoriser son patrimoine, c’est partir sur des bases solides. Développer l’économie locale, lutter contre les inégalités entre les territoires, créer et protéger les emplois : le patrimoine est une chance pour tous, participez à cette aventure, soit comme simple visiteurs, en mettant votre énergie au service de la restauration comme bénévole ou en investissant votre argent pour bénéficier d’une relation privilégiée.

Soyons passionnés, investissons nous dans le patrimoine.

Exemples de Châteaux Financés Participativement

Le Château de la Mothe-Chandeniers : Un Succès Emblématique

Qui ne connait pas déjà la belle histoire qui s’écrit à la Mothe-Chandeniers ? Un château du XIXe siècle de la Vienne, ruine romantique dans lequel la végétation avait fini par faire son lit doux, se voyait, faute de moyens, menacé de disparition. Mais cela était sans compter sur l’Association Adopte un Château et son partenaire, la plate-forme de financement participatif en ligne dédiée à la préservation du patrimoine, Dartagnans.fr.

Ensemble, ces défenseurs du patrimoine proposent un modèle économique audacieux, celui de diviser la propriété du château en plusieurs milliers de lots pour autant d’acquéreurs potentiels. L’idée défendue est séduisante : sauver le patrimoine, devenir châtelain à peu de frais. Nulle surprise donc quant au succès immédiat de cette opération qui compte aujourd’hui 18 000 copropriétaires, la plupart anonyme, mais au nombre desquels figurent des personnalités de premier plan comme le président de république et son épouse qui ont suivi l’exemple de Stéphane Bern.

Le plus sûr moyen de sauver le patrimoine est qu’il acquière un propriétaire. À ce titre, le modèle de la Mothe-Chandeniers, qui permet à tous d’accéder à la propriété, est particulièrement séduisant. Mais il n’est pas inédit.

Château de la Mothe-Chandeniers

Château de la Mothe-Chandeniers

Dix-sept heures sonnent en ce samedi de début d’été. C’est la fin de la première journée de travaux du week-end. Revenant vers l’entrée de son désormais domaine, Jacques surjoue un peu son air exténué. « J’ai les bras qui ont pris dix centimètres à force de transporter des brouettes », plaisante ce jovial bonhomme venu du bassin d’Arcachon. Être châtelain nouvelle génération, ça se mérite ! Bienvenue à la Mothe-Chandeniers.

Situé sur le territoire des Trois-Moutiers (Vienne) aux confins de la vallée de la Loire, ce château néogothique - ou plutôt ce qu’il en reste après un incendie de 1932 - connaît un destin pour le moins original. Pas moins de 20 000 internautes ont joué le jeu depuis 2017. À partir de 50 €, tout un chacun a ainsi pu s’offrir une - toute - petite part d’un château.

Les levées de fonds publiques - dont la dernière a eu lieu en début d’année - ont permis de réunir 3,6 millions d’euros, de quoi acheter l’édifice, les terrains, entamer les premiers travaux, ouvrir le parc et une partie du château à la visite. Un espace événementiel est en construction, et des écolodges permettront de dormir dans cet écrin verdoyant et hors du temps. Le château de la Mothe-Chandeniers a connu sa période faste au XIXe siècle.

Parmi les privilèges des donateurs, la possibilité de participer aux décisions de l’avenir du château, bénéficier d’entrées gratuites, mais aussi mettre la main à la pâte lors des travaux de restauration. De quoi alléger la facture globale des travaux. Ce samedi, il faut notamment continuer à débroussailler ainsi que déblayer le bâtiment annexe de l’Orangerie, pendant qu’une partie de l’équipe s’attelle à la préparation du repas du midi.

Parmi la cinquantaine de personnes présentes, une part d’habitués, mais aussi beaucoup de nouveaux qui ont rejoint l’aventure lors de la dernière levée de fonds. Certains ont parcouru des kilomètres pour découvrir et bichonner leur nouvelle acquisition… Ainsi, Fred, venu du Jura ! L’idée de participer à la rénovation du patrimoine nous a plu… À l’origine, nous devions partir en vacances entre Luxembourg et Allemagne. Finalement, on fait Luxembourg et Touraine, avec ce week-end autour du château ».

Le quadragénaire était particulièrement impatient de participer la visite réservée aux copropriétaires le soir et a déjà prévu de revenir en septembre pour un nouveau chantier. Fred a fait la route depuis le Jura pour découvrir son « acquisition » et surtout participer aux travaux de restauration.

Qu’est-ce qui fait courir ces châtelains du XXIe siècle ? L’amour des vieilles pierres pour certains bien entendu. Comme Maxence, de Cergy, qui vérifie dans les tas de débris s’il n’y a pas d’antiques ferrailles à restaurer et remettre en place. Le jeune homme s’est tellement attaché à La Mothe-Chandeniers qu’il transporte dans son sac un classeur avec des photos et cartes postales d’époque recueillies à droite et à gauche.

« Je crois que je connais le château par cœur désormais », s’exclame-t-il, alors qu’avec l’incendie et l’abandon du château, il faut aujourd’hui un peu d’imagination pour l’imaginer dans sa configuration du début XXe siècle. Pour beaucoup, le sentiment de participer à une aventure collective semble presque aussi, voire plus important que le patrimoine. D’autant que l’« on se sent tout de suite à l’aise », confirme Nathalie, venue de la ville de Thouars à une demi-heure de là et qui a entendu parler du château par un ami.

En effet, l’ambiance est détendue entre anciens et nouveaux, bricoleurs confirmés et ceux du dimanche. Parmi les co-châtelains, il y en a même qui le sont devenus… à l’insu de leur plein gré. Ainsi, Clémence, qui, à l’instar de ses frères et sœurs, a reçu une part comme cadeau par son père. « Mon père voulait que nous ayons une activité familiale tous ensemble, lâche-t-elle entre deux allers-retours avec sa brouette.

Certains sont désormais des habitués des chantiers. Adelia et Katia, deux sœurs des environs de Saint-Étienne, s’y rendent une fois par mois : « Quand tu arrives, tu entres dans un univers hors du temps, s’enthousiasme Adelia, qui profite de chaque passage pour immortaliser son acquisition en photos et la peindre ensuite à son retour à domicile. On s’en lasse jamais, la lumière change tout le temps… Ça tient vraiment à l’émotion ».

D’autres ont même profité de l’occasion pour changer de vie, ainsi Jean-Christophe et Isabelle, un couple qui a quitté la Seine-et-Marne pour se rapprocher de la Mothe-Chandeniers. « En 2017, Isa m’a demandé de la surprendre pour Noël. Une collègue m’a parlé du château… Du coup, j’ai offert un château à ma femme ! Nous sommes venus sur plusieurs chantiers et finalement, nous avons réfléchi : ça nous a donné envie de vivre dans le secteur. La Mothe-Chandeniers est devenue une deuxième famille. »

Aujourd’hui, le couple fait partie des meneurs, qui connaissent les lieux comme leur poche. Les plus enthousiastes se transforment d’ailleurs en véritables ambassadeurs de ce bout de patrimoine avec lequel ils ont forcément un rapport particulier. « Ce château nous appartient, mais en fait, je pense que nous lui appartenons aussi », résume Laurent, l’un des néo-actionnaires.

Après son incendie en 1932, la nature a regagné ses droits. Elle fait partie intégrante du projet de restauration autour de cette « ruine romantique ». Sans surprise, les travailleurs du jour se disent meurtris par les critiques de participants à la collecte initiale dénonçant aujourd’hui un manque de transparence dans les décisions et les comptes, ainsi que la volonté spéculative de Dartagnans (l’association « Adopte un château », partenaire de l’opération, s’est par exemple retirée du projet).

« Ceux qui critiquent ne sont jamais venus, balaie Jean-Pierre, rentré de vacances la veille pour participer à ce nouveau chantier. Regardez l’ardeur qui se dégage ici, chacun participe selon ses connaissances et sa condition physique. Je fais confiance aux décisions prises. » « Au début, nous savions que le concept d’achat collectif allait fédérer du monde, mais nous ne pensions pas qu’humainement, ça allait entraîner un tel engagement, se félicite Romain Delaume, cofondateur de Dartagnans, et chargé du barbecue pendant la pause bienvenue du midi. Aujourd’hui, nous avons dû refuser des bénévoles, car ça aurait fait trop de monde. Ils vivent une véritable aventure, se sentent vraiment propriétaires : c’est leur maison, un mégot traîne, ils le ramassent. Ils adorent venir se salir, se couper, transpirer… Ils partagent ainsi l’aventure avec les actionnaires qui sont loin et ne peuvent pas venir.

A Ussel on peut devenir copropriétaire d'un château. Des co-châtelains donc. C'est une folle aventure qu'ont entreprise Benoît Barrier et son père Bruno et leur ami Francis Malaquis. Il y a deux ans ils ont acheté un château en ruine à Ussel. Un "coup de cœur" précise Benoît qui a découvert le lieu un jour d'ennui. Il était chez ses parents qui habitent tout près. "Je savais qu'il y avait un château à l'abandon mais je ne savais pas où il était comme beaucoup d'Ussellois. Après quelques recherches je suis arrivé ici pour faire un peu d'exploration urbaine d'un château en ruine".

Quatorze chambres et sept logements insolites. Il a été séduit immédiatement et embarque aussitôt son père et son copain dans l'aventure. Ils rachètent ensemble le château et décident d'en faire un complexe touristique quatre étoiles de 14 chambres avec un restaurant dans le vieil édifice et sept logements insolites, semi-troglodytes, dans le parc de six hectares.

L'investissement prévu est de quatre millions d'euros. Une première campagne de financement participatif a permis de lancer les travaux en particulier pour refaire la toiture. Mais les trois associés ont décidé d'aller plus loin. "Un projet comme ça ne peut pas se garder à titre personnel, affirme Benoit. Ça a été un lieu de partage (le château a été un hôpital durant la première guerre mondiale, un collège pendant la seconde, NDLR), il faut que ça continue".

Un ticket d'entrée à 100 euros : C'est ainsi qu'est née l'idée de cette campagne d'investissement. Jusqu'au 30 novembre on peut donc, via la plateforme internet Dartagnans, s'inscrire pour devenir co-châtelain du château du Theil. La mise de base est de 100 euros, mais on peut investir beaucoup plus. "Ça permet vraiment d'avoir une part du château" précise Benoit. C'est pas un don c'est de l'investissement." Et l'idée a beaucoup séduit. Déjà 300 co-châtelains sont enregistrés.

Ils viennent de 17 pays, dont le Japon, les États-Unis ou le Monténégro. leurs communes. Sur le même thème Le château de Castel Novel à Varetz en Corrèze restera un hôtel-restaurant. Le prestigieux domaine, ancienne demeure de Colette et restaurant étoilé, était en vente depuis plus d'un an. Il vient d'être racheté par un trio corrézien.

Tableau récapitulatif des fonds collectés sur Ulule

Voici un tableau récapitulatif des fonds collectés sur Ulule pour des projets liés au patrimoine :

Indicateur Valeur
Fonds Collectés 3 611 387 €
Taux de Succès 60 %
Projets Réussis 394
Contribution Moyenne 85 €

Château le Paluel : Un Appel à l'Adoption

C’est un projet inédit en France. Situé au cœur du Périgord noir, le château le Paluel a été édifié au 15e siècle et est rentré dans l’histoire grâce au film de Denys de La Patellière « Le Tatoué » avec Louis de Funès et Jean Gabin dans lequel le monument sert de décor.

L’association « Adopte un château » a décidé de lancer sur la plateforme de mécénat participatif Dartagnans une campagne pour « adopter » le monument, menacé d’être mis aux enchères le 21 septembre 2017, en espérant rendre les donateurs copropriétaires du site. L’association Adopte un ch teau a pris sous son aile ce monument en péril. N’étant plus en mesure d’entretenir son ch teau, l’actuel propriétaire est dans l’obligation de le vendre. Il est mis aux enchères au TGI de Bergerac le jeudi 21 septembre 2017.

Si les 500.000 euros ne sont pas collectés, « la totalité des fonds seront remboursés ». La mise à prix du ch teau est de 250 000 ‚¬, mais autant dire qu’il faut un programme de restauration important ! Etalé sur plusieurs années, et qui permettra de sauver définitivement cet emblématique ch teau !

Créée en 2015, l’association Adopte un ch teau oeuvre à la sauvegarde des ch teaux en péril à travers un réseau de passionnés. Ses compétences sont multples : ingénierie de projet, études historiques et archéologiques ou encore recherche de financement.

Il s’agit de constituer une société, au sein de laquelle chaque donateur pourra détenir une ou plusieurs parts (50 ‚¬ = une part) et qui « fonctionnera de manière démocratique ».

La Renaissance du Village de Larressingle : Un Modèle Philanthropique Inédit

Tout a commencé par un coup de foudre, celui d’Édouard Mortier, duc de Trévise, qui à l’occasion d’une randonnée en bicyclette en 1920, découvre une merveille en voie de disparaître : la bastide de Larressingle, avec ses remparts, son donjon, son église et ses maisons abandonnées et ruinées.

Un an plus tard, le duc fondait la Sauvegarde de l’Art Français pour venir au secours de ce monument et de bien d’autres encore. En 1926, muni de recommandations du Président de la République Raymond Poincaré, du Ministre des Beaux-Arts Alexandre de Monzie et des maréchaux victorieux de la Grande Guerre, il se rend aux États-Unis pour trouver des fonds se montrant un précurseur de l’appel à une aide internationale pour sauver le patrimoine.

Là-bas, il eut l’idée de faire adopter chacune des maisons en ruines adossées aux remparts de Larressingle par des dames fortunées appartenant aux plus grandes familles de Boston, c’est à dire parmi les plus anciennes des États-Unis. Elles furent amusées d’acquérir ces propriétés dans le Gers. Les descendants de ce comité de Boston sont venus à Larressingle à la fin du siècle dernier pour découvrir ce que leurs grands-parents avaient permis de sauver.

Sans la volonté du duc de Trévise et sans son idée de demander aux riches bostoniens de devenir propriétaires à Larressingle de demeures qu’ils n’avaient jamais vues, le village n’existerait que dans les souvenirs, au lieu d’être, comme il l’est aujourd’hui, classé parmi les plus beaux villages de France et l’une des principales attractions de la Gascogne.

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