Statistiques et dynamique de l’entrepreneuriat étudiant en France
Le statut national étudiant‑entrepreneur (SNEE) a été créé il y a dix ans. Il accompagne les porteurs de projet « pour les aider à le structurer ». Le SNEE est un statut spécifique, ouvert aux étudiants avec un début de projet. Celui‑ci est évidemment fragile au démarrage et nous sommes là pour les aider à le structurer, à le construire.
Créé en 2014 sous la houlette du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Pépite - pour Pôle étudiant pour l’innovation, le transfert et l’entrepreneuriat - désigne le réseau public de l’entrepreneuriat étudiant. Le réseau Pépite (pôle étudiants pour l’innovation, le transfert et l’entrepreneuriat) est constitué de trente‑deux pôles qui portent le statut SNEE et accompagnent les jeunes. Il existe 33 Pépite sur l’ensemble du territoire français, gérés par Pépite France. Leur principale mission est de renforcer la culture entrepreneuriale au sein de l’enseignement supérieur. Les Pépite sont pour cela à l’origine d’actions d’information, de sensibilisation, de formation et d’accompagnement.
Évolution numérique des effectifs et diffusion du statut
Nous avons commencé avec 600. 5 861 étudiants‑entrepreneurs étaient inscrits l’année dernière. C’est le nombre d’étudiants entrepreneurs lors de la dernière rentrée. Ce nouveau statut explose, on compte 5,6 fois plus d’étudiants entrepreneurs qu’en 2014‑2015. Au total, depuis 2014, ils ont été 40 000. Entreprendre est aujourd’hui plus facile qu’il y a quelques années avec notamment la présente de 29 PÉPITES (Pôles Étudiants pour l’Innovation, le Transfert et l’Entrepreneuriat) dans toute la France. Depuis 2019, sur cinq éditions, 88 % des projets portés sont encore en activité. Par ailleurs, le programme est désormais décliné à l’international dans des pays francophones.
Profil des étudiants‑entrepreneurs
Les élèves ingénieurs sont ceux qui ont le plus facilement recours au statut d’étudiant‑entrepreneur. Eux, on ne leur parle pas d’âge. Qu’ils soient étudiants en informatique, en marketing, en sociologie ou en économie, tous ont en commun le droit d’entreprendre. Le statut concerne les étudiants et les jeunes diplômés qui souhaitent lancer un projet de création d’entreprise et bénéficier d’un accompagnement.
Motivations, freins et accompagnement
Pour 66 % un soutien financier changerait ou conforterait leur décision de se lancer (voir l’enquête complète). La question des soutiens est également primordiale dans la réussite d’un projet entrepreneurial et les sondés en ont bien conscience. Depuis le premier sondage de 2009, trois types de soutien se partagent le podium : en première place à chaque questionnaire, le soutien de la famille. Une écrasante majorité (81%) des étudiants et lycéens n’ont pas été informés sur les dispositifs d’aides à la création d’entreprise. Ce chiffre est stable depuis le dernier sondage de 2015 et même en légère augmentation par rapport à la première enquête de 2009 (74%). Il existe donc un véritable déficit d’information en la matière depuis plusieurs années.
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Mener à bien ses études tout en portant un projet d’entreprise constitue pour la plupart des étudiants un véritable défi. Selon le baromètre CIC‑Moovjee paru en juin dernier, 90 % d’entre eux considèrent cette expérience difficile et pointent plusieurs facteurs, tels que le manque de financement, la peur de l’échec ou l’accès à un réseau de professionnels. Pour autant, la volonté d’aller au‑devant de ces défis est réelle, notamment dans les quartiers prioritaires, où 40 % des étudiants ont conduit par eux‑mêmes la démarche de recherche d’informations sur les accompagnements existants.
Nouvelles formes de motivation
Selon le sondage IFOP Axtom paru en janvier 2025, 67 % des 18‑24 ans et, plus globalement, 62 % des moins de 35 ans déclarent avoir envie de créer leur entreprise, d'en reprendre une ou de se mettre à leur compte. Selon le sondage IFOP Axtom, les jeunes voient le métier d'entrepreneur comme un chemin vers la liberté. Pour eux, il s'agit avant tout de ne pas avoir de patron (83 %) et de pouvoir choisir avec qui travailler (89 %).
« Si l'envie d'indépendance ressort, on note aussi un effet d'expériences négatives liées au monde du travail : des stages qui ne se sont pas bien passés, une difficulté à trouver un emploi correspondant à son diplôme, une défiance par rapport à certains types de management », ajoute Olivia Chambard. Bien que « réaliser un rêve » reste la première motivation des jeunes chefs d'entreprise, elle n'est plus aussi marquée qu'en 2021 (-9 pts). Cette envie d'indépendance coexiste avec une appétence pour des formes d'entrepreneuriat à impact social ou environnemental, notamment chez les diplômés de grandes écoles.
Statistiques nationales de création d’entreprises - contexte général
L’INSEE a dévoilé sa dernière étude sur l’entrepreneuriat et le nombre de créations d’entreprises établit un nouveau record ! C’est le nombre d’entreprises créées en 2018, soit 100 000 de plus que l’année précédente. Les microentreprises représentent plus de 2 demandes d’immatriculation sur 5. Le créateur d’entreprise individuelle a en moyenne 36 ans. Même si ce chiffre n’a pas bougé depuis l’année antérieure, la part des jeunes de moins de 30 ans augmente très légèrement en 2018, en passant de 37 % en 2017 à 38 % en 2018.
Malgré (ou grâce à) la crise sanitaire, le nombre de créations d’entreprises en France a enregistré des records : 848 200 créations ont été enregistrées en 2020 (soit 4 % de plus que l’année précédente, INSEE). En 2025, dans l’ensemble de l’économie marchande hors secteur agricole, 1 165 800 créations d’entreprises sont enregistrées, soit 54 600 de plus qu’en 2024. Leur plus haut niveau jamais atteint s’explique par plusieurs secteurs contributeurs : vente à domicile, commerce, activités numériques et services à la personne.
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Jeunesse et création d’entreprise
La tendance est désormais bien ancrée : 5,4 millions de Français de moins de 30 ans sont impliqués, de près ou de loin, dans l'entrepreneuriat, soit 6 jeunes sur 10, révèle l'Indice entrepreneurial français, publié par Bpifrance en 2024. Dans cette même étude, 49 % de ces moins de 30 ans se déclarent porteurs de projet ou ayant l'intention de créer une entreprise, contre 16 % chez les personnes de plus de 30 ans. Cette intention d'entreprendre est aujourd'hui plus haute que jamais.
En 2025, l’âge moyen des créateurs d’entreprises individuelles reste stable à 35 ans. La part des moins de 30 ans est stable, à 40 %. En 2022, 289 000 entreprises ont été créées en Île‑de‑France, ce qui représente 26 % du total des créations en France. Les créateurs sont plus jeunes et plus fortement diplômés qu’au niveau national.
Régimes juridiques, dispositifs et financements
La création en 2009 du régime simplifié de l'autoentrepreneur (aujourd'hui micro‑entrepreneur) a beaucoup changé la donne. Les micro‑entrepreneurs représentent une part importante des créations, et les entreprises créées au premier semestre 2022 étaient à 60 % sous le régime du micro‑entrepreneur. Le crowdfunding (financement participatif) intervient dans 9 % des projets.
Pour 66 % des étudiants et lycéens interrogés, une aide financière à l’entrepreneuriat changerait ou conforterait leur décision quant à la création d’une entreprise. Il existe des dispositifs d’aides publiques ou institutionnelles, comme des exonérations de cotisations sociales durant la première année d’activité, ou des dispositifs destinés aux créateurs ou repreneurs d’entreprise permettant de recevoir une partie des allocations chômage sous forme de capital.
Appui pédagogique et incubateurs
La démarche entrepreneuriale est intégrée dans la démarche pédagogique. Le programme d’accompagnement est graduel. C’est un service public avec le meilleur niveau d’accompagnement possible. L’accompagnement du Pépite permet d’accéder à des ateliers, des recherches de financement et des concours spécifiques, ou encore du coaching. L’accompagnement du Pépite lui a également permis d’intégrer un incubateur via lequel il a pu identifier les bons interlocuteurs pour amener son projet à maturité.
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Un nouveau statut d'étudiant-entrepreneur à Poitiers pour favoriser la création d'entreprises
Études de cas et témoignages
« Je suis arrivé au constat que c’était le meilleur moment de ma vie pour lancer dans un projet comme ça », confie Aïssa Bouajaj, étudiant en L2 d’informatique fondamentale à l’université Paris‑Cité. Avec trois amis originaires de Gennevilliers, il est à l’initiative de Parcoursur, plateforme d'orientation utilisant l'intelligence artificielle. « C'est très dur de concilier mes deux emplois du temps », reconnaît Aïssa Bouajaj. Grâce à l’articulation de ses études avec le projet Parcoursur, Aïssa Bouajaj a pu développer des compétences transverses, que ce soit dans l’exercice du pitch ou dans la tech.
Cheikh Ibra Ndiaye, étudiant international arrivé en France il y a 5 ans, fait quant à lui partie de ceux pour qui l’accompagnement du programme Pépite a concrétisé leur envie d’entreprendre. L’obtention du statut national d’étudiant‑entrepreneur (SNEE) a changé la donne. « Tout a commencé. J’ai pu rencontrer les bonnes personnes, participer à des ateliers, à des conférences, etc. ça m’a pris un an de tout apprendre », explique‑t‑il.
Exemples d’impact local
Les fondateurs de Parcoursur ont pu constater d’eux‑mêmes les difficultés à se constituer un réseau étant issus de quartiers prioritaires. Parcoursur peut pousser ces jeunes dans l'entrepreneuriat, que ce soit dans la tech ou autre via la recommandation de métiers. Grâce à ses différents outils adossés à l’intelligence artificielle, la jeune pousse espère ainsi abattre les murs auxquels font souvent face les jeunes de ces quartiers.
Quelques chiffres clés (sélection)
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Année de création du SNEE | 2014 |
| Étudiants‑entrepreneurs inscrits (dernière rentrée) | 5 861 |
| Total depuis 2014 | 40 000 |
| Projets encore en activité (depuis 2019) | 88 % |
| Créations d’entreprises (2025) | 1 165 800 |
| Part des moins de 30 ans parmi les créateurs (2025) | 40 % |
Perspectives et défis
La nouveauté, depuis une dizaine d'années, est qu'à travers les plans de sensibilisation, les jeunes voient l'entrepreneuriat comme un champ des possibles, la possibilité d'accéder à des carrières hybrides où ils peuvent à la fois cumuler un statut étudiant‑salarié et indépendant, voire passer du salariat à des activités indépendantes. Entreprendre est perçu comme la voie pour répondre à de nouveaux besoins, pour s'engager, ce qui est à mettre en parallèle avec l'érosion d'autres formes d'engagement, de militantisme. La création d'entreprise serait alors pour ces jeunes une réponse à leur quête de sens.
Malgré l’essor, des défis persistent : déficit d’information sur les aides, besoin de financement initial, équilibre entre études et projet, et inégalités d’accès au réseau et aux ressources. Des dispositifs publics et des réseaux d’accompagnement comme Pépite, les incubateurs d’écoles et les programmes d’innovation universitaire cherchent à réduire ces obstacles et à renforcer la réussite des étudiants‑entrepreneurs.
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