Rôle et missions du maître de conférences dans l'enseignement supérieur
Le maître de conférences (MCF) est un enseignant-chercheur : il est chargé à la fois d’enseigner sa discipline et de faire de la recherche dans un établissement d’enseignement supérieur. Comme le professeur d’université, le maître de conférences a donc la double mission d’assurer le développement de la recherche fondamentale et appliquée et de transmettre aux étudiants les connaissances qui en découlent.
Statut et recrutement
Le maître de conférences (MCF) est un fonctionnaire de catégorie A de la fonction publique d’État, recruté par concours dans une université ou un EPSCP après obtention d’un doctorat et d’une qualification du Conseil National des Universités (CNU). Le statut est régi par le décret n° 84-431 du 6 juin 1984. Les maîtres de conférences sont recrutés par concours sur titres et travaux parmi les titulaires du doctorat inscrits sur la liste de qualification aux fonctions de maître de conférences établie par le conseil national des universités.
Pour postuler à un poste de maître de conférences, il est nécessaire d'être inscrit sur la liste de qualification associée. La candidature est ensuite examinée par la section du Conseil national des universités de la discipline correspondante. À l'issue de cette étape, le candidat reçoit ce qu'il est convenu d'appeler « l’habilitation CNU » qui, concrètement, lui donne la possibilité de postuler au niveau national à un poste ouvert au recrutement, mutation ou détachement et publié au Journal officiel. La première condition pour prétendre au poste de maître de conférences est d’obtenir un doctorat, ce qui représente un niveau d’études de bac+8.
Il existe 4 types de concours pour 4 types de candidats : premier concours, deuxième concours, troisième concours et quatrième concours. Après la réussite au concours, les lauréats sont nommés maîtres de conférences stagiaires pour une durée d'un an par arrêté du ministre chargé de l'enseignement supérieur. Une fois le doctorat en poche, il faut être qualifié aux fonctions de maître de conférences par un service - du CNU. Avec la qualification obtenue, le candidat peut se présenter aux concours organisés par chaque établissement public d’enseignement supérieur et de recherche.
Missions statutaires
Le MCF exerce 4 missions statutaires : enseignement, recherche, diffusion des connaissances et participation à la vie de l’établissement. Il assure avant tout un rôle pédagogique en dispensant des cours magistraux, des travaux dirigés et des séminaires aux étudiants de l’enseignement supérieur. Ces professeurs d’université assurent avant tout un rôle pédagogique en dispensant des cours magistraux, des travaux dirigés et des séminaires aux étudiants de l’enseignement supérieur.
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Le maître de conférences assure 128h de cours magistraux par an, ou 192h de TD (travaux dirigés), ou 288h de TP (travaux pratiques). Il assure en amont la préparation de ses cours et encadre les étudiants dans leur travail (suivi, conseils, notation...). En parallèle, le maître de conférences se consacre à des travaux de recherche et de publication, généralement en équipe.
En plus de ce traitement, ils bénéficient de certaines primes et indemnités. La rémunération variable peut comprendre diverses primes telles que la prime de recherche et d’enseignement supérieur, la prime d’encadrement doctoral et de recherche, ou la prime d’administration, qui sont accordées selon les responsabilités et les missions spécifiques de l’enseignant-chercheur.
Carrière, grades et rémunération
Les maîtres de conférences sont divisés en deux grades, maîtres de conférences de classe normale et maître de conférences hors classe. La grille salariale, qui définit les échelons et les classes (normale et hors classe), est le barème selon lequel la rémunération évolue. Un maître de conférences perçoit entre 2852 euros nets et, au maximum et en toute fin de carrière, approximativement 5000 euros nets mensuels (sauf prime exceptionnelle).
En effet, depuis 2021, les maîtres de conférences ont une rémunération globale minimale garantie égale à deux smics, soit 2852 euros net mensuels en 2025. La part indiciaire de la rémunération des maîtres de conférences peut atteindre 3 262 euros nets par mois à l'échelon terminal de la classe normale (indice majoré 835) et 4 188 euros nets à l'échelon terminal de la hors classe (indice nouveau majoré 1072).
Le changement d'échelon à l'intérieur d'une classe se fait à l'ancienneté. Le passage de la classe normale à la hors classe se fait au choix, selon différentes procédures (le nombre d'avancements est contingenté). Pour demander à être promu à la hors classe, il faut au moins être au 7e échelon de la classe normale dans l'année de la demande. Un maître de conférences promu à la hors-classe est reclassé au plus petit échelon ayant un indice supérieur ou égal à l'indice qu'il avait dans la classe normale. Si le nouvel indice est égal à l'ancien, il garde l'ancienneté acquise dans l'échelon de la classe normale.
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En 2017, un échelon exceptionnel fut créé. L'accès à cet échelon n'est pas régi par l'ancienneté mais est « au choix » (article 40-4-II du décret régissant le statut des maîtres de conférences).
Formation, évolution professionnelle et HDR
Après 5 ans de services, un maître de conférences peut obtenir l'HDR (habilitation à diriger des recherches). Il peut devenir professeur d'université (sur concours). Le maître de conférences, comme le professeur d’université, est un enseignant-chercheur. Il a donc la double mission d’assurer le développement de la recherche fondamentale et appliquée et de transmettre aux étudiants les connaissances qui en découlent.
Chiffres et démographie
En 2008-2009, on comptait 35 847 maîtres de conférences et personnels assimilés soit 39 % du service d'enseignement statutaire, hors vacataires, dans les établissements d'enseignement supérieur du ministère de l'enseignement supérieur et 23 % en incluant les enseignants de classes supérieures des lycées. L'âge moyen de recrutement était en 2007 de 32 ans et 8 mois (36 ans et 1 mois en lettres, 30 ans et 8 mois en sciences). 2060 postes de maître de conférences vacants ou susceptibles de l'être ont été mis au concours en 2008, et 1609 en 2019.
Le ratio des effectifs de maîtres de conférences et de professeurs des universités est en 2007-2008 de 1,9:1 (2,14:1 en droit, 2,4:1 en lettres, 2,17:1 en sciences et 0,67:1 en santé). Le taux de qualification était en 2007 de 60 % (40 % en droit, 55 % en lettres, 65 % en sciences). Pour bien interpréter les calculs d'ancienneté nécessaire, il faut noter l'âge élevé qu'ont les nouveaux maîtres de conférences. En effet, en 2010 l'âge moyen d'obtention d'un poste universitaire permanent en France se situait aux alentours de 33 ans, tout en variant de façon significative selon la discipline : 31 ans en sciences et 36 ans en lettres.
Activités hors université et vacataires
Certains enseignants et intervenants utilisent le titre de « maîtres de conférences » à l'Institut d'études politiques de Paris ou à l'École nationale d'administration : il s'agit le plus souvent de vacataires, généralement contractuels et recrutés sans nécessité de diplôme, de statut ni de qualification aux fonctions de maître de conférence. Ils sont donc encadrés comme les vacataires des universités par le décret no 87-889 du 29 octobre 1987 relatif aux conditions de recrutement et d'emploi de vacataires pour l'enseignement supérieur, et payés à la tâche.
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L'éméritat est le titre qui permet à un maître de conférences admis à la retraite de continuer à apporter un concours, à titre accessoire et gracieux, aux activités de recherche, notamment diriger des séminaires et, lorsqu'il est titulaire de l'habilitation à diriger des recherches, participer aux jurys de thèse ou d'habilitation à diriger des recherches.
Historique succinct
C'est au sein de l'École normale que s'est développé le principe des conférences au XIXe siècle et l'institution de maîtres de conférences. C'est à la suite du règlement du 14 décembre 1815 que les répétiteurs de l'École normale prennent l'appellation de maître de conférences. Ils étaient chargés de cours, exercices, préparations et conférences, complémentaires aux cours magistraux dispensés par les professeurs des facultés de Paris.
Selon l'arrêté du 30 mars 1810, durant les conférences de lettres les élèves expliquent et analysent les auteurs classiques, répondent aux difficultés qu'ils se proposent les uns aux autres et lisent leurs compositions. Les maîtres de conférences de l'École normale disparaissent temporairement à la suite de la dissolution de celle-ci en 1822 et son remplacement par des écoles normales partielles établies près les collèges royaux de Paris et les collèges royaux de province chefs-lieux d'académie.
En 1826, ces écoles normales partielles sont remplacées par des « écoles préparatoires » placées près certains collèges royaux et comprenant, pour les sciences, deux maîtres de conférences, un pour les mathématiques et un pour la physique, donnant chacun deux conférences pour chacune des deux années, et pour les lettres également deux maîtres de conférences, un pour la littérature latine, l'autre pour la littérature grecque; les élèves doivent suivre en parallèle les cours de licence des professeurs des facultés.
Pratiques linguistiques et féminisation
La forme féminine « maîtresse de conférences » est de plus en plus revendiquée depuis les années 2000. Certaines universitaires s'en sont expliquées et elle est utilisée par des établissements universitaires comme l'EHESS et des organismes d’État comme le Conseil économique, social et environnemental. La pratique ne fait pas l'unanimité. Le 21 novembre 2017, la circulaire relative aux règles de féminisation et de rédaction des textes publiés au Journal officiel de la République française du Premier ministre Édouard Philippe dispose que les noms de fonctions doivent être féminisés : « s'agissant des actes de nomination, l'intitulé des fonctions tenues par une femme doit être systématiquement féminisé sauf lorsque cet intitulé est épicène ».
Depuis les rectifications orthographiques de 1990, le titre de maître de conférences peut aussi bien s'écrire « maitre de conférence(s) » que « maître de conférence(s) » avec ou sans accent circonflexe et avec ou sans s.
Déroulé d'une carrière type
- Obtenir le doctorat (niveau bac+8).
- Être inscrit sur la liste de qualification du CNU et obtenir l’habilitation CNU.
- Se présenter à un concours d’établissement et, en cas de réussite, être nommé maître de conférences stagiaire pour un an.
- Exercer l'enseignement (cours magistraux, TD, TP) et mener des activités de recherche et de publication.
- Après plusieurs années, obtenir l'HDR et éventuellement postuler au concours de professeur des universités.
Études, salaire, missions : le métier de maître de conférences
Tableau récapitulatif : missions, charge horaire et perspectives
| Aspect | Détails |
|---|---|
| Missions | Enseignement, recherche, diffusion des connaissances, participation à la vie de l’établissement |
| Charge horaire | 128h CM ou 192h TD ou 288h TP par an |
| Condition d'accès | Doctorat + qualification CNU + concours |
| Grades | Classe normale, hors classe (et échelon exceptionnel) |
| Rémunération indiciaire | Min. garantie = 2 SMIC (2852€ net en 2025); indiciaire terminale : jusqu'à ~3262€ net (classe normale) ou ~4188€ net (hors classe) |
| Évolution | HDR, concours de professeur des universités |
Vous aimez débattre de longues heures sur les sujets qui vous passionnent ? Prendre à la parole en public est un exercice que vous maitriser plutôt bien ? Après un long parcours d’études universitaires, une thèse et une soutenance publique, vous pourrez devenir maître de conférences. Le métier de maître de conférences, répertorié sous le code ROME K2108, est une profession exigeante et enrichissante qui s’inscrit au carrefour de l’enseignement et de la recherche.
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