Le nombre d’états avant la guerre de Sécession aux États-Unis

La guerre de Sécession, également connue sous le nom de guerre civile américaine, a opposé de 1861 à 1865 les États-Unis d'Amérique (l'Union) aux États confédérés d'Amérique (la Confédération). Cette guerre a été précédée d'importants débats autour de la question de l'esclavage et de la répartition des États abolitionnistes et esclavagistes dans le pays.

Le contexte territorial et politique avant la guerre

En 1860, les États-Unis comprenaient 31 États, dont 15 situés majoritairement dans le Sud, esclavagistes, regroupant environ 12 millions d’habitants dont environ 4 millions d’esclaves. Le Sud formait une économie basée principalement sur les plantations de coton, de riz, de canne à sucre et de tabac, reposant très largement sur le travail des esclaves. Le Nord, quant à lui, comprenait 16 États, avec une économie diversifiée, une population majoritairement abolitionniste et une forte industrialisation.

Le difficile équilibre entre États abolitionnistes et États esclavagistes avait été maintenu par plusieurs compromis, notamment le compromis du Missouri en 1820. Ce compromis prévoyait l’admission simultanée du Missouri comme État esclavagiste et du Maine comme État abolitionniste, afin de préserver l’équilibre. Il fixait également une ligne de démarcation au 36°30′ parallèle, au sud de laquelle les États autorisaient l'esclavage et au nord duquel il était interdit.

Cependant, ce compromis fut progressivement remis en cause par des événements ultérieurs : l’annexion du Texas comme État esclavagiste, les débats sur l'admission de la Californie, la mise en place de la loi Kansas-Nebraska en 1854 permettant la souveraineté populaire sur la question de l’esclavage dans les nouveaux territoires, et les tensions croissantes entre Nord et Sud autour de ces sujets. La loi Kansas-Nebraska, en particulier, abrogea le compromis du Missouri et provoqua un véritable conflit dans le Kansas, faisant de ce territoire un avant-poste des violences entre pro et anti-esclavagistes (Bleeding Kansas).

La formation des États confédérés et la sécession

Après l’élection en novembre 1860 d’Abraham Lincoln à la présidence des États-Unis, candidat républicain opposé à l'extension de l'esclavage, la tension entre Nord et Sud explosa. Lincoln, bien qu’affirmant ne pas vouloir abolir l’esclavage là où il existait, fut perçu par les États du Sud comme une menace directe au système esclavagiste et à leurs intérêts.

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Le 20 décembre 1860, la Caroline du Sud fut le premier État à faire sécession, votant à l’unanimité la dissolution de l’Union. Dans les semaines suivantes, six autres États esclavagistes la rejoignirent : le Mississippi, la Floride, l’Alabama, la Géorgie, la Louisiane et le Texas. Ces sept États fondèrent les États confédérés d’Amérique en février 1861, avec Jefferson Davis comme président.

Le 12 avril 1861, les hostilités débutèrent véritablement avec l’attaque des forces confédérées contre le Fort Sumter en Caroline du Sud. Cette offensive fut la cause directe du déclenchement de la guerre de Sécession.

Suite à l’appel à volontaires lancé par Abraham Lincoln pour renforcer l’armée de l’Union après le bombardement de Fort Sumter, quatre autres États esclavagistes du Haut Sud firent sécession et rejoignirent la Confédération : la Virginie, l’Arkansas, le Tennessee et la Caroline du Nord.

Au total, 11 États formèrent ainsi la Confédération :

  • Caroline du Sud
  • Mississippi
  • Floride
  • Alabama
  • Géorgie
  • Louisiane
  • Texas
  • Virginie
  • Arkansas
  • Tennessee
  • Caroline du Nord

En parallèle, plusieurs États esclavagistes dits « frontaliers » restèrent dans l’Union, notamment le Maryland, le Kentucky, le Missouri et le Delaware, ainsi que l’ouest de la Virginie qui forma plus tard l’État de Virginie-Occidentale en 1863.

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Le nombre d'États et leurs positions à la veille de la guerre

PositionNombre d’ÉtatsCaractéristiques principales
États de l'Union (Nord)16Abolitionnistes, économie industrialisée et agricole diversifiée
États « frontaliers » esclavagistes restés dans l’Union5Esclavagistes mais fidèles à l’Union : Maryland, Kentucky, Missouri, Delaware, Virginie-Occidentale
États confédérés (Sud)11Esclavagistes, économie basée sur les plantations et l’esclavage

Les États esclavagistes « frontaliers »

Ces cinq États, bien qu’autorisant légalement l’esclavage, choisirent de rester dans l’Union. Leur position était complexe du fait de leur situation géographique et de leurs intérêts économiques partagés entre le Nord et le Sud.

Les conséquences du partage des États

La division du pays en 1861, avec 16 États abolitionnistes (ou quasi abolitionnistes) formant l’Union, 5 États esclavagistes frontaliers toujours dans l’Union, et 11 États esclavagistes formant la Confédération, prépara le terrain à un conflit majeur. La guerre civile opposa des États qui avaient des visions économiques, sociales et politiques radicalement opposées, en particulier sur la question de l’esclavage et de la souveraineté des États.

Cette répartition montre bien à quel point la ligne Mason-Dixon et le compromis du Missouri avaient structuré les tensions territoriales et politiques, blessures qui n’ont été que temporairement contenues avant de mener au choc inévitable du début des années 1860.

La guerre de Sécession bouleversa profondément la structure fédérale américaine et remit en cause le pouvoir des États au profit du gouvernement fédéral, aboutissant à l’abolition définitive de l’esclavage avec le 13e amendement en 1865.

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