Comment les entreprises se financent-elles au démarrage ?

Vous vous lancez dans la création de votre entreprise, mais vous ne savez pas vers qui vous tourner pour financer votre projet ? Les possibilités sont diverses : famille, banques, investisseurs, organismes de financement, etc. Sont-elles, cependant, toutes en adéquation avec votre projet ? Le financement de votre future entreprise résultera de la combinaison de plusieurs sources, en fonction des caractéristiques de votre projet, de votre ambition et de votre situation personnelle.

Les start-up bénéficient de financements massifs à l'échelle mondiale. Pour comprendre de quelle manière une start-up exploite ce financement, vous devez vous familiariser avec le cycle de vie de ce type d'entreprise. Depuis les premiers jours de l'idéation et de la conception jusqu'à la période de croissance exponentielle et de revenus élevés, chaque étape du parcours d'une start-up est financée par des montants et des sources de différente nature.

Bien qu'il existe des similitudes entre des start-up parvenues à un même stade de développement (indépendamment de leur secteur d'activité), leur progression d'un stade à l'autre obéit à des calendriers distincts. Pour qu'une start-up franchisse aisément ses différentes étapes de croissance, il est nécessaire d'analyser en temps réel les facteurs qui régissent son activité spécifique, sans trop se fier à ce que les autres entreprises ont réalisé.

L'article qui suit présente les étapes de financement par lesquelles transite une start-up, ainsi les enjeux et objectifs associés à chacune de ces phases.

Les étapes du cycle de vie d'une start-up et leurs financements

Les étapes du cycle de vie d'une start-up peuvent se décomposer de diverses manières. Dans certains cas, trois grandes étapes sont identifiées : phase préliminaire, phase de croissance et phase finale. Bien qu'il soit possible de classer avec précision n'importe quelle start-up dans l'une de ces catégories, il est plus courant de définir l'évolution d'une start-up par le biais d'un cadre en cinq étapes plus détaillé.

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Ce cadre décrit les étapes de financement progressif par lesquelles transitent de nombreuses sociétés start-up. À cet égard, le calendrier est variable : plusieurs années peuvent être nécessaires à une start-up donnée pour passer à l'échelon supérieur, tandis que d'autres n'auront besoin que de quelques mois, voire pourront ignorer complètement certaines étapes. Pour autant, les start-up partagent certains traits importants à chaque étape. Ce cadre est donc utile pour acquérir une connaissance rapide et générale sur une start-up donnée.

Comment financer sa start-up ? (10 principales sources)

Stade de préamorçage

La phase de préamorçage constitue la première étape de croissance d'une start-up. À ce niveau, les fondateurs fixent les raisons essentielles pour lesquelles ils établissent leur nouvelle entreprise. Dans cette optique, ils déterminent la nature de leur activité, décrivent les problématiques qu'ils entendent résoudre, définissent leur différenciation sur le marché et élaborent un plan pour concrétiser leur vision.

Voici quelques-unes des questions importantes à se poser au cours de la phase de préamorçage :

  • Quelle problématique cherchons-nous à résoudre ?
  • Quelle solution proposons-nous ?
  • Quelles sont les opportunités de marché existantes pour résoudre cette problématique ?
  • Qui sont les publics confrontés à cette problématique ?
  • Qui d'autre propose actuellement une solution ?
  • En quoi notre nouvelle solution se distingue-t-elle ou est-elle meilleure que les solutions existantes ?
  • Comment se présente un produit minimum viable (MVP) de cette solution ?
  • Quelles sont les ressources nécessaires pour mettre le MVP sur le marché ?

Mode de financement d'une start-up en phase de préamorçage : financement personnel, famille, amis, accélérateurs, financement participatif, fonds de préamorçage et investisseurs providentiels.

Financement d'une start-up en phase de préamorçage

Phase d'amorçage

La phase d'amorçage consiste à valider la vision exposée par les fondateurs lors de la phase de préamorçage. C'est à ce stade que l'équipe commence à tester l'idée commerciale de base, à perfectionner progressivement ses connaissances et à affiner son approche. Durant cette phase, la plupart des entreprises ne réalisent qu'un chiffre d'affaires modeste, mais leur objectif est de croître lentement tout en explorant l'orientation de l'activité.

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La plupart des start-up consacrent leur phase d'amorçage à la recherche d'une adéquation produit-marché. Cette adéquation produit-marché vise à satisfaire les besoins d'un public spécifique en répondant à la question suivante : « Notre offre correspond-elle parfaitement à sa position unique sur le marché ? ».

L'adéquation produit-marché est un concept complexe à appliquer pour une entreprise spécifique, ce qui explique en partie son caractère crucial dans les activités d'amorçage. Une start-up s'appuie généralement sur des fonds pour démontrer l'adéquation produit-marché, puis mise sur cet acquis pour obtenir des fonds supplémentaires lors d'une négociation de série A qui a lieu au cours de la phase initiale.

Avant qu'une start-up ne soit en mesure d'évaluer sa capacité à atteindre l'adéquation produit/marché, elle doit définir à quoi ressemblera cette étape, ainsi que les indicateurs de performance permettant d'évaluer avec précision le degré de réalisation de cet objectif.

Adéquation produit-marché

Phase préliminaire (séries A et B)

Alors que la phase d'amorçage consiste avant tout à explorer et à valider l'approche d'une start-up en vue de résoudre un problème donné pour un marché spécifique, la phase préliminaire est celle où une start-up exécute sa stratégie de mise sur le marché, commence à fonctionner de manière plus complète sur le plan commercial et développe son chiffre d'affaires.

Grâce à une meilleure compréhension des besoins et opportunités de son activité, la start-up s'engage alors généralement dans le recrutement de personnel supplémentaire. L'objectif est ici de s'appuyer sur la phase d'amorçage pour donner vie à l'entreprise et la préparer à passer à l'échelon supérieur.

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Phase finale (série C)

La start-up parvenue en phase finale fonctionne déjà depuis plusieurs années, a acquis une notoriété stable sur son marché et dégage des revenus considérables. Elle est concernée par deux préoccupations interdépendantes : sa croissance et sa stratégie de sortie. Une start-up en phase finale s'efforce par tous les moyens de renforcer durablement sa valorisation en vue de préparer sa sortie.

Au cours de cette période, la start-up est susceptible d'envisager tout ou partie des méthodes de croissance suivantes :

  • Diversification de ses types de produits ou services
  • Pénétration de nouveaux segments de marché adjacents à son marché principal
  • Acquisition d'autres entreprises, souvent des concurrents plus petits ou des start-up de niche qui commercialisent des produits ou services spécialisés, afin d'ajouter une nouvelle dimension pertinente à sa propre offre.

Phase de sortie

Il existe deux types de sorties favorables pour une start-up, à savoir l'acquisition ou l'introduction en bourse.

Acquisition

Lors d'une acquisition, une entreprise est rachetée par une autre. Dans ce cas, l'entreprise acquise, y compris ses actifs et sa propriété intellectuelle, deviennent une partie intégrante légale de l'entreprise acquéreuse.

Introduction en bourse

L'introduction en bourse désigne le moment où une start-up accède à la cotation publique sur les marchés. Une start-up est une entreprise privée, mais à la suite d'une introduction en bourse, elle acquiert le statut de société cotée en bourse dont les actions peuvent être acquises par tout individu.

Lors d'une acquisition ou d'une introduction en bourse, les modalités afférentes sont fixées par la valorisation de la start-up. Dans le cas d'une acquisition, la valorisation détermine le cours de vente. Lorsqu'une start-up entre en bourse, son évaluation à ce moment-là détermine le cours de l'action.

L'évaluation est fondée sur son chiffre d'affaires et sa croissance, mais il n'existe aucune formule permettant de déterminer de manière universelle l'évaluation de chaque start-up. Différentes méthodes permettent de calculer la valorisation d'une start-up, et la capacité à s'accorder sur ce point entre pour une part importante dans le processus de négociation.

Mode de financement des sorties de start-up : les acquisitions sont généralement financées par une combinaison de fonds en numéraire et d'actions. Dans le cas d'une introduction en bourse, l'entreprise cesse d'être privée et le grand public a la possibilité d'acheter des actions.

Solutions de financement alternatives

En dehors des étapes de financement classiques, il existe des solutions alternatives pour financer votre entreprise :

  • Votre apport personnel (apport en fonds propres)
  • La "love money", c'est-à-dire l'argent que vos proches seront prêts à investir dans votre entreprise
  • Un prêt d'honneur pouvant vous être accordé pour renforcer votre apport personnel
  • Le recours au financement participatif via une plateforme de crowdfunding
  • L'ouverture de votre capital à des investisseurs
  • Un microcrédit
  • Un prêt bancaire pouvant être assorti d'un dispositif de garantie
  • Un crédit-bail ou une location longue durée pour l'acquisition de certains biens, etc.

Il existe des solutions pour toutes les nouvelles entreprises. Les créateurs ont souvent tendance à sous-estimer leurs besoins pour limiter l'endettement. Ne tombez pas dans ce piège ! En effet, une bonne évaluation de vos besoins aura pour effet de :

  • Sécuriser le démarrage de votre activité en anticipant les écarts de trésorerie que vous rencontrerez
  • Crédibiliser votre dossier vis-à-vis d'un financeur
  • Faciliter l'obtention de financements

Les fonds propres

D'une manière générale, on identifie par "fonds propres", les capitaux dont dispose l'entreprise. Ils sont :

  • Soit apportés par l'entrepreneur et ses associés (en cas de création d'une société)
  • Soit par l'activité économique.

En période de croisière, si l'entreprise dégage des bénéfices, une partie sera conservée "en fonds propres" pour servir notamment à financer des investissements. Elle aura, de ce fait, moins recours à l'endettement et sera plus résistante face à des difficultés économiques.

Au jour de la création, les fonds propres sont constitués par les capitaux de départ : épargne personnelle du ou des créateurs, ARCE (aide financière de France Travail), prêts d'honneur, etc.

Ils demeureront dans l'entreprise, c'est-à-dire que vous ne les récupérerez qu'en cas de cession de votre entreprise ou des titres de votre société. Ils vous permettront de :

  • Faire face aux premières dépenses nécessaires au lancement de votre activité
  • Financer ce qui ne l'est pas par le système bancaire et notamment le BFR (besoin en fonds de roulement)
  • Solliciter un emprunt, car sans fonds propres il est très difficile d'obtenir un emprunt bancaire

En règle générale, pour solliciter un emprunt bancaire, les fonds propres doivent représenter environ 30% des besoins financiers, sauf cas particuliers.

L'entrée d'investisseurs dans le capital de votre entreprise ("levée de fonds")

Si vos capitaux propres sont insuffisants pour démarrer votre projet d'entreprise (ou plus tard pour la relancer ou la développer), vous avez la possibilité de les renforcer en faisant appel à des investisseurs extérieurs privés ou publics qui prendront une participation au capital de votre société.

En création d'entreprise, l'entrée d'investisseurs au capital permet d'alimenter les fonds propres, de gonfler le capital et ainsi de prétendre à des prêts plus importants.

Les emprunts

Pour le financement de l'entreprise, vous pourrez vous adresser aux réseaux bancaires ou aux organismes de microcrédit. Cela va dépendre des caractéristiques de votre projet et de son ambition. Sachez que dans la majorité des cas, les banques financent ce qui est "durable" (les investissements) et le stock de démarrage.

D'une manière classique, un projet bien préparé, cohérent et porté par un ou plusieurs créateurs motivés aura toutes les chances d'obtenir un financement. Présentez aux financeurs que vous sollicitez un dossier complet, précis, clair et soigné... en un mot "vendeur" !

A contrario, un projet présentant un plan de financement déséquilibré et peu d'éléments convaincants sur son marché ne présentera pas les garanties suffisantes pour séduire un banquier.

Les banques ne prêtent pas sans exiger des garanties :

  • Sur les biens financés lorsque cela est possible (hypothèque, nantissement, gage)
  • Ou en demandant des cautions personnelles.

Des organismes ou les collectivités locales proposent des contre-garanties aux établissements bancaires en échange de leur abandon de demande de garantie par l'emprunteur.

Le plan de financement initial

Le plan de financement initial est indispensable pour garantir la disponibilité des fonds nécessaires au lancement de votre entreprise. En identifiant les besoins d'investissement et les ressources de financement, il assure un équilibre financier entre fonds propres et emprunts.

Ce tableau financier, élaboré avant le démarrage de l'activité, répertorie les besoins initiaux en investissements, trésorerie et besoin en fonds de roulement, ainsi que les sources de financement prévues. Il a pour objectif de s'assurer que vous disposez de suffisamment de ressources financières pour démarrer votre activité.

Il s'agit de l'un des quatre tableaux financiers incontournables de l'étude financière du business plan.

Le prêt d'honneur

Vous pouvez renforcer votre apport personnel avec un prêt d'honneur Création-Reprise :

  • Sans intérêts : il s'agit d'un prêt à taux zéro, vous ne remboursez que ce que l'on vous a prêté.
  • Sans garantie : vous vous engagez sur l'honneur à rembourser ce prêt. On ne vous demandera pas de caution ou de nantissement sur le fonds de commerce ou les titres sociaux.

Le prêt d'honneur peut être accordé à tout type d'entreprise à l'exclusion des associations, fondations, SCI et entreprises en difficulté.

Le montant du prêt d'honneur varie entre 1 000 € et 90 000 €. Son remboursement s'étale sur une durée de 1 à 7 ans.

L'obtention de ce prêt permet de crédibiliser votre projet de création d'entreprise aux yeux des banques. Il vous sera d'autant plus facile de les convaincre de vous accorder un prêt bancaire.

Le prêt d'honneur est accordé à vous personnellement et pas à l'entreprise créée/reprise.

Le contrat de développement transmission proposé par Bpifrance

Le contrat de développement transmission proposé par Bpifrance permet de financer les dépenses suivantes :

  • Achat d'un fonds de commerce
  • Achat majoritaire de titres sociaux (parts sociales ou actions)
  • Frais d'acquisition
  • Renforcement du besoin en fonds de roulement
  • Remboursement de comptes courants

Le montant du prêt varie entre 40 000 € et 1 500 000 €. Le remboursement peut s'étaler sur une durée de 7 ans, avec un allègement du remboursement les 2 premières années.

Le contrat de développement transmission est accordé sans demande de garantie, ni caution personnelle.

Le crédit vendeur

Dans le cadre d'une reprise, si un climat de confiance s'est installé entre vous et le cédant de l'entreprise, il est possible de négocier avec lui la conclusion d'un crédit vendeur.

Le crédit vendeur vous permet d'obtenir un paiement échelonné (paiement en plusieurs fois) d'une partie du prix (50 % maximum).

La durée du remboursement du crédit vendeur est de 1 à 3 ans. Elle est plus courte que celle du crédit bancaire et vient donc alourdir les charges de l’entreprise.

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