Comment lutter contre la contrefaçon avec l’INPI

La contrefaçon constitue une menace sérieuse tant pour les créateurs que pour les consommateurs. Elle se définit comme la reproduction, l’imitation ou l’utilisation totale ou partielle d’un droit de propriété intellectuelle sans l’autorisation de son propriétaire. Ce phénomène anticoncurrentiel a pris une ampleur internationale, représentant 5 à 7 % du commerce mondial et touchant tous les secteurs économiques, notamment avec l’essor de la vente en ligne.

Pour ceux qui sont à l’origine d’une création, qu’elle soit technique ou artistique, une protection efficace passe par le dépôt d’un titre de propriété industrielle auprès de l’Institut National de la Propriété Industrielle (INPI). Cette démarche est essentielle pour lutter contre les atteintes illicites aux droits.

Protéger vos créations : droits de propriété industrielle et droits d’auteur

Dépôt de titres de propriété industrielle

La protection des innovations en France est assurée par le dépôt d’une marque, d’un brevet ou d’un dessin et modèle auprès de l’INPI. Il est crucial que ces titres soient maintenus régulièrement en vie :

  • Renouvellement de la marque tous les dix ans.
  • Paiement annuel des annuités du brevet, avec une durée maximale de 20 ans.
  • Prolongation des dessins ou modèles jusqu’à 25 ans.

Droits d’auteur : preuve et protection

Si vos créations ne sont protégées que par le droit d’auteur, vous devez constituer des preuves solides en cas de litige. Plusieurs moyens sont disponibles :

  • Utiliser une e-Soleau pour horodater et sécuriser vos œuvres.
  • Déposer vos créations auprès d’un officier ministériel (notaire, huissier de justice) ou via une société d’auteurs.
  • Conserver toute publication dont la date est difficilement falsifiable (articles, catalogues, etc.).

Surveiller et défendre vos droits contre la contrefaçon

Surveillance des actes de contrefaçon

Après le dépôt de votre marque, brevet ou dessin, il est indispensable de vérifier qu’aucune utilisation ou imitation frauduleuse n’a lieu, en particulier pour des produits identiques ou similaires. L’INPI peut effectuer des recherches pour vous, mais n’interprète pas les résultats. Il est conseillé de :

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  • Surveiller régulièrement vos marchés.
  • Visiter les salons professionnels et consulter les catalogues des concurrents.
  • Sensibiliser vos équipes de vente et agents à l’étranger pour détecter les contrefaçons.
  • Faire appel à des détectives privés pour identifier l’origine des produits suspects.

Opposition et actions judiciaires

Les titulaires de droits doivent utiliser les procédures d’opposition aux nouvelles marques ou brevets qui porteraient atteinte à leur propriété intellectuelle, ainsi que lancer des actions en justice si nécessaire. Ces démarches peuvent être :

  • Civiles, visant à faire cesser les actes de contrefaçon et obtenir des dommages intérêts.
  • Pénales, pour sanctionner les contrefacteurs et protéger l’ordre public, surtout en cas de réseaux criminels ou volumes de contrefaçon importants.

Le rôle clé de la douane dans la lutte anti-contrefaçon

Vous pouvez informer la douane lorsque vous suspectez une contrefaçon. Grâce à des demandes d’intervention, la douane peut retenir provisoirement des marchandises douteuses pendant une durée pouvant aller jusqu’à 10 jours (3 jours pour les denrées périssables). Si aucune suite n’est donnée, ces marchandises sont relâchées.

La douane bénéficie de pouvoirs renforcés, notamment la possibilité d’opérer sous identité d’emprunt et d’enquêter sur les réseaux de contrefaçon. Des services spécialisés assurent le contrôle dans les ports, aéroports, sur routes, ainsi que via Internet avec la cyberdouane. L’INPI est un partenaire actif déclenchant des collaborations entre les différents acteurs.

Actions collectives et sensibilisation : le dispositif France Anti-Contrefaçon

Inauguré en 2022 et piloté par l’INPI, ce dispositif rassemble des acteurs tels que le CEIPI, la CPME, la DGDDI, la FIM et l’Unifab. Ses objectifs principaux consistent à :

  • Rassembler les acteurs pour mieux comprendre les enjeux.
  • Exploiter les données collectées pour caractériser la contrefaçon en France.
  • Proposer de nouveaux outils pour faciliter la lutte contre la contrefaçon.

Par ailleurs, des campagnes de sensibilisation sont menées pour alerter le public sur les risques liés aux produits contrefaisants : dangers sanitaires, menaces pour la sécurité et l’environnement. L’Unifab joue un rôle important en mettant en lumière les risques et en valorisant les produits originaux.

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Mesures législatives et réglementaires renforçant la lutte

La lutte contre la contrefaçon est soutenue par plusieurs lois et directives récentes :

  • La loi du 29 octobre 2007 clarifie les règles pour la protection des dessins ou modèles, définissant clairement ce qui constitue une contrefaçon.
  • La directive européenne (UE) 2015/2436 facilite l’opposition à l’entrée sur le marché de marchandises contrefaisantes.
  • Le règlement n° 608/2013 donne aux douanes un cadre légal renforcé pour le contrôle et la saisie des marchandises contrefaites.
  • La loi du 11 mars 2014 améliore les sanctions contre la contrefaçon et élargit les moyens d’action, notamment pour les poursuites et indemnisation des préjudices.

De plus, des outils modernes comme le NFT (non-fungible token) sont exploités pour authentifier et certifier des œuvres numériques, créant un historique accessible pour mieux identifier les violations.

Recueillir des preuves et engager des procédures efficaces

Collecte de preuves

Face à la contrefaçon, il est indispensable de :

  • Faire constater la contrefaçon sous contrôle d’huissier (achat en boutique ou en ligne, exposition).
  • Rassembler catalogues, photographies et documents relatifs aux produits contrefaits.
  • Déposer plainte auprès des forces de l’ordre.
  • Faire demander une saisie-contrefaçon sur autorisation judiciaire pour confisquer les marchandises ou échantillons.

Négociation et contentieux

Avant d’engager un procès, une négociation amiable avec le contrefacteur peut être tentée, souvent plus rapide et moins couteuse. Elle consiste à informer ce dernier des droits protégés et à le mettre en demeure de cesser la contrefaçon sous peine d’indemnisation, voire de conclure une licence d’exploitation contre redevance.

Lorsque la négociation échoue, l’action peut se poursuivre en justice, au civil ou au pénal. La procédure civile permet l’arrêt des actes et la réparation du préjudice, tandis que la procédure pénale vise à sanctionner le contrefacteur de manière dissuasive, particulièrement dans les cas graves.

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La contrefaçon, un fléau mondial à combattre

La contrefaçon a des conséquences majeures : elle alimente le trafic illicite, met en danger la santé des consommateurs, détruit des emplois et freine l’innovation. Le combat contre ce phénomène requiert une mobilisation collective, un renforcement des protections juridiques et une sensibilisation accrue des publics, notamment des plus jeunes.

L’INPI, en tant qu’acteur central, apporte soutien, outils et formation aux inventeurs, entreprises et institutions. Son partenariat avec les douanes, les associations professionnelles et les pouvoirs publics est essentiel pour une lutte efficace.

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