Comment se faire un salaire en tant qu'auto-entrepreneur ?
En tant que chef d’entreprise, il n’est pas toujours facile de définir la rémunération adéquate par rapport à son travail, son activité et sa trésorerie disponible. Le chiffre d’affaires n’est pas la seule variable à prendre en compte. En effet, un gérant de société ou d’auto-entreprise peut se rémunérer lorsque les revenus de l’entreprise sont suffisants pour régler ses charges fixes et qu’il reste du bénéfice.
Alors, comment se verser un salaire en micro-entreprise ou en société ? Comment se rémunérer au bon moment et calculer le bon montant ? Cet article vous guide à travers les différentes étapes et considérations pour optimiser votre rémunération en tant qu'auto-entrepreneur.
Comment se payer en Auto-entreprise ?
Comprendre les bases de la rémunération en auto-entreprise
En tant qu’auto-entrepreneur, l’argent que vous gagnez vous appartient entièrement, mais il n’arrive pas sur votre compte tout seul comme un salaire classique. Eh oui, vous êtes à la fois le boss et l’employé, ce qui veut dire que vous gérez tout, y compris votre rémunération. Si cette liberté est séduisante, elle peut aussi soulever des questions : comment se payer ? Combien ? Et surtout, doit-on obligatoirement émettre une fiche de paie comme pour un salarié ?
La bonne nouvelle quand on est auto-entrepreneur, c’est qu’on peut se rémunérer librement, sans règles trop contraignantes. Pour vous payer, il vous suffit de transférer l’argent de votre compte dédié (professionnel ou non) vers votre compte personnel. Cela dit, cette liberté implique aussi de bien gérer vos finances, car tout ne peut pas aller directement dans votre poche.
Salaire vs. Revenu : Quelle différence ?
En tant qu’auto-entrepreneur, on ne parle pas de salaire à proprement parler mais de revenus.
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- Le salaire (classique) : C’est ce qu’un employé reçoit chaque mois, en échange de son travail, sous la forme d’un virement accompagné d’une fiche de paie.
- Le revenu d’un auto-entrepreneur : Ici, pas de contrat, ni de montant fixe. Vous êtes payé selon votre chiffre d’affaires, c’est-à-dire ce que vous facturez à vos clients.
💡 À savoir : Il est tout aussi important de noter que chiffre d’affaires ≠ revenu.
En théorie, aucun plafond ou minimum réglementaire n’encadre la rémunération d’un auto-entrepreneur. Vous êtes donc totalement libre de définir le montant que vous vous versez chaque mois. Votre chiffre d’affaires brut, c’est la somme totale que vous avez facturée à vos clients sur une période donnée.
Comment déterminer le montant idéal de votre rémunération ?
Pour déterminer le montant idéal de votre rémunération, vous devez donc estimer toutes vos charges professionnelles : frais courants, cotisations sociales, impôt sur le revenu, taxes sur le chiffre d’affaires, etc. Se verser un salaire ne dépend pas uniquement de vos revenus ! Gardez en tête que vos cotisations sociales représentent la somme la plus importante à défalquer de votre CA total.
En micro-entreprise, les activités d’achat et vente de marchandises s’acquittent de 12,9 % de cotisations sociales. Pour de la prestation de services, ce taux s’élève à 22,2 % du chiffre d’affaires brut.
Avant de vous verser un salaire, penchez-vous sur vos charges personnelles incompressibles. En effet, votre rémunération entrepreneur doit vous permettre de couvrir vos frais.
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Pour garantir la pérennité d’une firme, sachez que le montant du salaire est limité par l’administration fiscale afin d’éviter une rémunération excessive. On considère qu’un salaire est excessif s’il s’agit d’une manière détournée de percevoir les bénéfices de la société. Une rémunération de chef d’entreprise normale est cohérente vis-à-vis du travail effectif réalisé.
En règle générale, il est conseillé de fixer un montant invariable pour le salaire du chef d’entreprise avec un versement régulier (souvent mensuel) pour faciliter le suivi global.
Quand et comment se verser un salaire ?
Pour un entrepreneur individuel, il est possible d’obtenir une rémunération dès que la trésorerie le permet. Il suffit pour cela de se baser sur ce qui est planifié dans votre bilan prévisionnel. Il n’a de comptes à rendre à des associés et peut librement choisir les dates, avec un ou plusieurs versements par mois pour se rémunérer. Mais il est aussi possible d’attendre plusieurs mois avant de se rémunérer afin d’utiliser les premières rentrées d’argent pour recruter ou investir.
Un excédent de trésorerie peut vous servir à vous constituer des réserves financières pour financer votre besoin en fonds de roulement et anticiper des périodes futures plus difficiles financièrement.
Le statut micro-entrepreneur offre de nombreux avantages ! Le premier est de ne pas distinguer votre patrimoine personnel de votre patrimoine professionnel. Il est donc possible de se verser un salaire sans faire de bulletin de paie. Il vous suffit de faire un virement de votre compte bancaire professionnel vers votre compte bancaire personnel, ou bien d’utiliser l’argent de votre entreprise directement si vous n’avez qu’un seul compte en banque.
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Votre salaire en micro-entreprise découle simplement de vos bénéfices. En entreprise individuelle, il n’y a pas non plus de séparation juridique entre ce qui appartient à l’entreprise et ce qui appartient au gérant. Vous pouvez donc piocher dans votre trésorerie pour vous verser une rémunération, sans formalité ni bulletin de salaire nécessaires. Dans les deux cas, il s’agit d’ici d’un simple transfert de fonds.
En entreprise individuelle, les prélèvements réalisés ne sont pas non plus considérés comme une charge déductible.
Pour se verser un salaire auto-entrepreneur sans impacter la santé financière de votre entreprise, n’oubliez pas de tenir compte des versements mensuels ou trimestriels que vous devez à l’URSAAF ! Vous devez défalquer de votre chiffre d’affaires le montant à verser à cet organisme au titre du paiement des cotisations sociales. Il s’agit d’un pourcentage de votre chiffre d’affaires déclaré, pourcentage qui dépend de votre secteur d’activité.
Après la création de votre auto-entreprise, pensez à demander l’Acre si vous y avez droit. C’est un dispositif d’exonération de cotisations pour favoriser les créations et reprises d’entreprises.
Charges et cotisations sociales : ce qu'il faut savoir
Les cotisations sociales ou charges sociales sont des prélèvements assis sur les salaires ou sur le chiffre d’affaires. Le statut de micro-entrepreneur permet à ce dernier de bénéficier d’un régime simplifié de calcul et de paiement des cotisations sociales obligatoires. En tant qu’auto-entrepreneur, ce dernier devra également payer la contribution à la formation professionnelle (CFP).
Le montant des cotisations et contributions sociales est calculé en appliquant au chiffre d’affaires mensuel ou trimestriel un taux qui varie en fonction de votre secteur d’activité (cf. tableau ci-après).
Si vous êtes artisan ou commerçant, une taxe pour frais de Chambres de Commerce et d’Industrie (CCI) ou de Chambres des Métiers et de l’Artisanat (CMA), est à régler en même temps que vos cotisations et contributions sociales. Cette taxe est calculée en pourcentage du chiffre d’affaires, à compter de la deuxième année d’activité.
À ces taxes et cotisations calculées sur la base de votre chiffre d’affaires, s’ajoutera la Cotisation Foncière des Entreprises (CFE). L’année de la création de votre auto-entreprise, vous en êtes dispensé. Les entreprises sont exonérées de CFE si leur chiffre d’affaires de l’avant dernière année est inférieur à 5 000 €.
Vous avez la possibilité, si vous le souhaitez, de demander à régler des cotisations sociales minimales qui vous permettront de bénéficier d’une meilleure protection sociale, en cas de chiffre d’affaires faible.
Tableau des taux de cotisations sociales
| Activité | Taux de cotisations sociales |
|---|---|
| Achat et vente de marchandises | 12,9 % |
| Prestation de services | 22,2 % |
Impôts et taxes : ce que l'auto-entrepreneur doit savoir
Tous les micro-entrepreneurs sont soumis par défaut à l’impôt sur le revenu qui est réglé chaque mois par prélèvement à la source. Cela consiste à déduire l’impôt sur le bulletin de paie avant versement du revenu. De ce fait, le paiement est étalé sur 12 mois et le décalage d’un an supprimé. Il peut toutefois opter sous conditions pour un prélèvement libératoire de l’impôt grâce au régime micro-social simplifié dont il bénéficie.
A noter : Il convient de souligner qu’il ne s’agit ici que d’une option réservée à l’auto-entrepreneur afin de faciliter ses démarches. Il est tout à fait possible de ne pas opter pour cette option.
En plus de l’impôt sur le revenu, l’auto-entrepreneur est redevable de la cotisation foncière des entreprises (CFE) et de la TVA. Il doit régler la CFE, tous les ans dans la commune où est domiciliée son activité.
Par principe, les auto-entrepreneurs bénéficient du régime de franchise en base de TVA.
Attention : Une réforme du régime de la franchise en base de TVA est en cours et devra prendre effet au 1er juin 2025. Elle prévoit l’abaissement de la franchise en base de TVA à 25 000 €.
Comment justifier ses revenus en tant qu'auto-entrepreneur ?
En tant qu’auto-entrepreneur, la question de la justification de vos revenus peut se poser dans diverses situations, que ce soit pour un prêt immobilier, un dossier de location, ou simplement pour des besoins administratifs. Contrairement aux salariés, vous ne pouvez pas fournir de fiche de paie pour attester de vos revenus.
Lorsqu’on vous demande de justifier vos revenus en tant qu’auto-entrepreneur, vous disposez de plusieurs documents légaux qui peuvent servir de preuve de vos activités commerciales et de vos gains financiers.
- L’attestation fiscale : Ces documents sont accessibles via votre espace autoentrepreneur.urssaf.fr. Ils fournissent une vue d’ensemble de votre activité commerciale, y compris votre chiffre d’affaires déclaré sur une base mensuelle ou trimestrielle. L’attestation de chiffre d’affaires atteste du montant des ventes ou des prestations de services réalisées au cours de la période déterminée.
- Votre dernier avis d’imposition : Votre dernier avis d’imposition, émis par l’administration fiscale, constitue également une pièce justificative valable de vos revenus d’auto-entrepreneur. En plus de détailler votre imposition sur le revenu, cet avis mentionne souvent votre chiffre d’affaires de l’année fiscale précédente.
- Le livre des recettes : Le livre des recettes est un document comptable obligatoire pour les auto-entrepreneurs, dans lequel vous enregistrez toutes les transactions financières liées à votre activité. Il constitue une preuve essentielle de vos revenus en tant qu’auto-entrepreneur. En complément, un tableau récapitulatif de votre gestion financière peut être fourni, compilant les données clés telles que votre chiffre d’affaires total, vos charges déductibles, vos cotisations sociales, et votre revenu net.
Conseils pour une gestion financière optimale
- Établissez un plan financier prévisionnel : Le plan de financement prévisionnel permet de vous assurer de l’équilibre financier de votre activité. Il récapitule l’ensemble de vos besoins financiers et vos ressources. Vous pourrez alors déterminer vos bénéfices, donnée clé pour votre rémunération entrepreneur.
- Mettez en place une stratégie d’épargne dédiée : Pour éviter les à-coups financiers, il est recommandé d’adopter une routine de virement.
- Suivez vos dépenses et recettes : Utilisez un outil de gestion pour suivre vos dépenses et recettes.
- Anticipez les variations saisonnières : Si votre activité connaît des variations saisonnières, planifiez vos virements en conséquence pour lisser vos revenus sur l’année.
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