Les Commentateurs Sportifs de Hockey Québécois: Voix Passionnées d'un Sport National
Au Québec, le hockey est plus qu'un simple sport; c'est une passion, une tradition et un élément central de l'identité culturelle. Les commentateurs sportifs de hockey québécois jouent un rôle crucial dans la transmission de cette passion, en direct des patinoires jusqu'aux foyers, captivant les auditeurs et téléspectateurs avec leur expertise et leur enthousiasme.
Un match de hockey enflammé au Québec, où la passion des commentateurs résonne avec celle des fans.
La Ligue de Hockey Junior Majeur du Québec (LHJMQ): Une Pépinière de Talents et de Rêves
La Ligue de hockey junior majeur du Québec, c'est un peu « Friday Night Lights » sur glace, cette série de NBC chroniquant la vie de jeunes footballeurs américains au Texas. Avant de jouer en ligue nationale (la NHL), tout jeune Québécois rêve de ligue junior majeur. Les hockeyeurs sont des ados qui font des interviews de pré-saison à la télé canadienne, viennent serrer des mains lors de l'ouverture d'un magasin sponsor de la franchise, ou manger dans un restaurant partenaire. Il y a même une draft et des tours de repêchage pour ces gamins qui vont vers leurs 16 ans.
Dans les cinq années de cursus pour les joueurs, la quête de la Coupe du président est une obsession. Elle célèbre aussi un passage, celui d'une jeunesse qui s'évente et d'un autre âge qui s'avance. Certains joueront iront en NHL, d'autres trouveront du travail dans un garage ou reprendront leurs études. Mais pour les plus chanceux, la coupe est gagnée à vie.
De Val-d'Or à Halifax en passant par Chicoutimi, Baie-Comeau ou en Acadie, chaque grosse ville a son équipe, sa patinoire au centre du bourg, lieu de procession nocturne pour ses supporters.
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La Coupe du Président, symbole de l'excellence dans la LHJMQ.
Pierrick Dubé: Un Parcours Inspirant de la LHJMQ à la NHL
Si son nom est encore peu connu en NHL, il fait toujours briller les yeux des habitants de la Mauricie, cette région au nord de la ville de Québec. Le 23 mai 2022, les Cataractes de Shawinigan (le nom « Cataractes » faisant référence à une chute d'un grand cours d'eau) sont à une victoire du sacre en finale de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) face à Charlottetown. Ce cinquième match est âpre, indécis, poussé en prolongations quand l'ailier français chipe le palet à un adversaire, accélère le long de la bande et place un shoot en pleine lucarne.
« Vous l'avez attendue, partisans ! La voilà la première ! », hurle au micro le commentateur de la RDS, la chaîne canadienne. Un foutoir propre au hockey. Pierrick Dubé étouffe sous ses coéquipiers après avoir jeté casque et gants. Pour la première fois de leur histoire, les Cataractes de Shawinigan remportent la Coupe du président, le sceptre de cette Ligue junior majeur.
« Même aujourd'hui, quand je traîne sur internet, je vois encore mon but passer. Ce que tu vis sur l'instant avec tes coéquipiers... Ce but, je m'en souviendrai toute ma vie. Il a grandement aidé à ce que je suis devenu. » Un joueur de NHL désormais, qui a toujours eu le Québec au coeur.
Cela commence bien souvent comme ça pour tout entrant en NHL : quelques shifts autour des trente secondes de glace, une ou deux opportunités dans le jeu et des souvenirs à vie pour le numéro 72 des Washington Capitals, Pierrick Dubé. Des débuts à patins feutrés mais qui appellent forcément à des heures sup' dans la ligue nord-américaine pour le Français.
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Pierrick Dubé l'a connue en 2017, choisi par les Remparts du Québec, équipe phare du Championnat.« Les patinoires sont remplies avec huit ou dix mille personnes, c'est là que tu saisis toute l'importance du hockey au Québec ».
Il y inscrit cinq buts décisifs et démontre son talent de « match winner », ce que recherche tout coach dans son équipe. « En NHL, la draft concerne des joueurs de 18-19 ans, raconte Daniel Renaud, entraîneur des Cataractes qui l'a accompagné dans sa dernière année de junior. C'est souvent trop tôt pour identifier les joueurs au gros potentiel. Pierrick, lui, a commencé à exprimer son potentiel plus tard, vers 20 ans. D'ailleurs, les chiffres le démontrent : aujourd'hui, il y a plus de joueurs non repêchés comme Pierrick que de joueurs draftés dans les dernières rondes (de la 120e à la 210e place de la draft NHL) qui finissent par signer un contrat NHL. »
À l'été 2022, les Canadiens de Montréal l'invitent à leur camp d'entraînement puis l'envoient se former au Rocket de Laval, leur équipe affiliée en ligue mineure (AHL) où il enchaîne rapidement les buts, ce qui ne laisse pas insensibles les dirigeants des Capitals. Cette Coupe du président sera sa « draft ».
« Ils m'ont clairement dit que j'étais le genre de joueur qu'ils recherchaient, avec de la vitesse et beaucoup d'instinct offensif, explique Dubé. Il y a énormément de stars qui jouent depuis des années dans la ligue mais qui arrivent à un certain âge (Ovechkin a 38 ans, T.J. Oshie 37 ans). Et comme les Capitals sont allés souvent loin en play-offs, ils n'ont pas eu forcément de choix très haut dans la draft. C'est pour cette raison aussi qu'ils voulaient de jeunes joueurs. »
Muni d'un contrat NHL, Pierrick Dubé savait qu'il aurait sa chance. À Hershey, l'équipe affiliée des Washington Capitals en AHL, il marque 24 buts en 50 matches. Il met le pied dans la porte de l'ascenseur, les Capitals l'invitent à monter en début de semaine.
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« Je suis convaincu qu'il va y arriver, glisse Daniel Renaud, l'entraîneur des Cataractes. Ces joueurs-là ont quelque chose d'unique et propre à eux. Pierrick joue avec beaucoup de "chien" pour gagner la rondelle et sa vitesse est un atout majeur. On parle souvent de son petit gabarit (1,75 m, 80 kg) mais le poids sur la balance, ça ne demeure qu'un chiffre. Il y a des gros joueurs qui jouent petit et des petits joueurs qui savent jouer gros. Des hockeyeurs comme Pierrick, je n'en ai pas croisé beaucoup dans ma carrière. »
À Shawinigan, le Français n'a pas été oublié. Sa gloire s'est même affichée dans l'assiette. Il a eu un burger à son nom dans un pub pendant des semaines après le sacre de 2022. Le voici en NHL. Dans la cité québécoise, on envisage désormais de remettre le burger au menu.
Pierrick Dubé est le 13e Français à jouer en NHL après Paulin Bordeleau (*), André Peloffy, Patrick Daley, Michel Galarneau (*), Philippe Bozon, Sébastien Bordeleau, Cristobal Huet, Stéphane Da Costa, Pierre-Édouard Bellemare, Antoine Roussel, Yohann Auvitu et Alexandre Texier.(*) Joueurs canadiens naturalisés français après leur carrière NHL.
Pierrick Dubé, un exemple de réussite pour les jeunes hockeyeurs québécois.
Une Enfance Partagée Entre la France et le Québec
La vie d'enfant de Pierrick Dubé s'est toujours faite dans les crissements de patins. Son père, Roger Dubé, Québécois d'origine et ancien international français de hockey dans les années 90, finit sa carrière à Lyon comme entraîneur : « Je le prenais tout môme avec moi sur la patinoire avant l'entraînement de l'équipe une ». Sa mère Florence Dubé-Damioli est, elle, professeure de patinage artistique. Leur fils est donc à bonne école mais sa vie, comme celle de milliers d'enfants, va être chamboulée par le divorce de ses parents.
Entre une famille ancrée à Lyon et son père retourné au pays, il y a un océan d'écart avec, aux deux points de chute, des patinoires. « On partait le lendemain de la fin de l'école avec mes deux soeurs rejoindre notre père jusqu'à la veille de la rentrée scolaire en France, relate Pierrick Dubé. Je suivais mon père dans les camps qu'il encadrait. L'été pour nous, c'était le Québec. »
C'est naturellement dans la province canadienne que se forgera son début de carrière, « à un âge où il y a des décisions difficiles à prendre, assure Roger Dubé. Sa mère a bien voulu le laisser partir au Canada me rejoindre pour son développement au niveau du hockey. Il y avait plus de possibilités ici de l'embarquer dans des structures sport-études ».
Car si le hockey est accessoire en France, il se joue sur les lacs et étangs gelés au Québec ou dans les halls des malls, entre les escalators. Pierrick Dubé fait un cursus plein en Ligue junior majeur, changeant trois fois d'équipe mais progressant saison après saison, avec en point d'orgue cette Coupe du président et des play-offs flamboyants.
Faits saillants - Semaine 1 - Saison 25-26 LHM18AAAQ
Les Voix du Hockey Québécois: Quelques Figures Marquantes
Voici quelques exemples de journalistes sportifs et commentateurs québécois qui couvrent le hockey :
- Journalistes sportifs affectés à la couverture du hockey pour le quotidien La Presse
- Journalistes à RDS affectés à la couverture des Canadiens et de la LNH
- Journalistes aux sports du quotidien Le Soleil de Québec
- Animateurs de On jase à RDS midi + BPM Sports
Jean Perron: Un Entraîneur et Commentateur Iconique
Actuel entraîneur des équipes nationales d'Israël (dont les seniors qui participent à la division I mondiale à Amiens) à l'invitation de leur directeur général Alan Maislin, pour qui il travaille dans son entreprise de transport montréalaise, Jean Perron est rentré dans l'histoire du hockey sur glace en amenant à la surprise générale les Canadiens de Montréal à la Coupe Stanley en 1986 pour sa première saison, en faisant massivement confiance aux jeunes. De nos jours, Perron est également une célébrité au Québec en tant qu'ex-commentateur à la radio et à la télé, un poste qui expose tout autant à la satire publique que celui de coach.
Il y a donné naissance à un nom commun, les "perronismes", synonymes au Québec de lapsus et d'expressions détournées de leur sens initial pour en devenir absurdes (comparaison française, ce que les Guignols de l'Info mettent dans la bouche de la marionnette de Luis Fernandez).
Voici quelques citations de Jean Perron :
- « C'est ce qu'on demande à un analyste. Quand tu connais la game, comme on dit chez nous, il ne faut jamais que tu sois sur la clôture, il faut que tu prennes position. »
balises: #Tva
