Comment comptabiliser la capacité d'autofinancement (CAF) dans une association

La capacité d’autofinancement représente, lorsqu’elle est positive, les ressources qu’une association génère grâce à son activité et qu’elle peut dégager au cours d’un exercice comptable. C’est ce qu’on appelle communément un excédent. La mesure de la capacité d’autofinancement et les ratios qu’elle permet de calculer sont des outils importants pour apprécier la santé financière et la rentabilité d’une association.

Définition et portée de la CAF pour une association

La Capacité d’Autofinancement (CAF) est un ratio qui évalue les ressources générées par le cycle d’exploitation de l'association et permettant d’assurer son autofinancement. De manière simplifiée, la CAF est l’excédent / la richesse qui découle de la différence entre ses encaissements et les décaissements nécessaires pour faire tourner son activité. En fait, la CAF est la somme du bénéfice net comptable avec les charges non décaissées.

La CAF permet de savoir si l’association doit faire appel à des ressources extérieures (emprunt, apports en capital…) pour fonctionner. Ce taux de financement est un ratio indispensable pour évaluer la rentabilité du modèle économique de l'association. La capacité d’autofinancement (CAF) est l’un des indicateurs de gestion les plus importants pour une association. Elle permet d’évaluer la capacité de l’association à générer elle-même les ressources nécessaires pour assurer son fonctionnement et soutenir ses projets.

À quoi sert la CAF dans une association ?

  • Évaluer la santé financière de l’association / le bon fonctionnement de son modèle économique.
  • Rembourser les emprunts pour sécuriser la trésorerie et augmenter le fonds de roulement.
  • Financer les projets et actions de l’association afin de renforcer ses activités.
  • Évaluer le montant disponible pour des attributions internes (report d’excédent, dotation à des réserves ou financement d’actions).

Principes comptables à respecter pour une association

La CAF, par définition, permet de connaître le seuil de rentabilité d’une entité, ainsi que sa capacité à rembourser ses dettes. C’est pourquoi, le calcul de la CAF n’intéresse pas uniquement les dirigeants d’association, mais aussi les prêteurs ou interlocuteurs financiers. Il est important de noter que la CAF ne tient pas compte des encaissements et des décaissements effectifs ainsi que des décalages de trésorerie qui en découlent. La capacité d’autofinancement est une donnée annuelle qui ne tient pas compte des décalages de trésorerie qui ont eu lieu au cours de l’exercice.

Certaines charges ne sont pas décaissées (comme les amortissements), et certains produits ne sont pas encaissés (comme les reprises de provisions). La CAF retraite ces éléments pour mesurer uniquement ce qui impacte réellement la trésorerie potentielle dégagée par l’activité.

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Formules et méthodes de calcul applicables aux associations

En comptabilité, la Capacité d’Autofinancement (CAF) peut se calculer de plusieurs façons selon les données disponibles et l’objectif (analyse ex-post ou prévisionnelle).

Calcul à partir du résultat net

La CAF est la somme du résultat net comptable avec les charges non décaissées et en retranchant les produits non encaissables. Une formule détaillée est la suivante :

  1. CAF = Résultat net comptable
  2. - autres produits non encaissables (reprises d’exploitation, reprises financières et exceptionnelles)
  3. - produits de cession d’éléments d’actif
  4. + autres charges non décaissables (dotations d’exploitation, dotations financières et exceptionnelles)
  5. + valeur nette comptable d’éléments d’actifs cédés
  6. - quote-part des subventions d’investissement virées au résultat de l’exercice

Pour calculer la CAF, il est nécessaire que l'association tienne compte de la VNCEAC. La VNCEAC ou Valeur Nette Comptable des Éléments d'Actifs Cédés est un poste comptable utilisé pour le calcul de la capacité d'autofinancement à partir du résultat net. Quand l'actif est vendu, il est obligatoire que l'association le sorte en comptabilité de son bilan pour refléter la plus grande transparence possible.

Calcul à partir de l’EBE (excédent brut d’exploitation)

Tout comme la capacité d’autofinancement, l’excédent brut d’exploitation (EBE) est un flux de trésorerie. L’EBE correspond aux ressources d’exploitation dégagées par l’entité au cours d’un exercice comptable, après le paiement des charges de personnel et avant les dotations aux amortissements.

Formule simplifiée :

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CAF = EBE + produits encaissables - charges décaissables

CAF nette et remboursement du capital

La CAF ne prend pas en compte un éventuel remboursement de capital d’un emprunt pour la période donnée, contrairement à la CAF nette. Ainsi, la capacité d’autofinancement nette représente la CAF après le paiement du montant du capital de l’emprunt, soit :

CAF nette = CAF - remboursement du capital de l’emprunt sur la période évaluée

Interprétation des résultats et seuils pratiques

Une CAF positive signifie que l'association réalise des ressources internes issues de son activité. Dans ce cas, elle peut convertir cet actif en trésorerie, financer des actions, ou augmenter ses réserves. Une CAF négative signifie que l’association ne génère pas suffisamment de richesses pour couvrir son cycle d’exploitation. Pour fonctionner, elle doit faire appel à des ressources externes : emprunts, apports. Une révision du modèle économique s’impose.

En règle générale, pour maintenir une stabilité financière, une structure doit dégager une CAF minimale : par analogie aux entreprises, on retient souvent des repères (ex. : 5% du chiffre d’affaires pour entités soumises à l’impôt sur les sociétés, 15% pour celles soumises à l’impôt sur le revenu), mais ces repères doivent être adaptés au secteur associatif et au modèle de financement propre à chaque association.

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Une CAF trop élevée peut traduire un sous-investissement ou une utilisation inefficace des ressources. Il faut donc analyser la CAF en complément d’autres indicateurs : excédent brut d’exploitation (EBE), fonds de roulement, besoin en fonds de roulement (BFR), ou seuil de rentabilité.

Utilisation comptable de l’excédent dans le budget prévisionnel d’une association

Un autofinancement sous forme de capitaux propres n'est pas directement intégré dans un budget prévisionnel de fonctionnement. En comptabilité associative, le budget prévisionnel comprend les charges et produits prévisionnels de l'exercice. Les capitaux propres figurent uniquement au bilan, sauf s'ils sont mobilisés à travers un mécanisme de reprise sur excédent ou provision.

L'excédent de l'exercice précédent peut être utilisé pour financer des actions futures, mais il n'apparaît pas en tant que tel dans les produits du budget prévisionnel. Il est possible de prévoir une reprise sur provision (compte 7815) si une provision avait été comptabilisée en charges (6815) lors de l'exercice précédent. Cette solution doit être justifiée et documentée selon les règles du plan comptable des associations.

Les fonds propres ne font pas partie du budget de fonctionnement : le budget de fonctionnement regroupe les charges et produits (compte de résultat). Les fonds propres sont des postes de bilan, souvent matérialisés par le report d’excédent des années antérieures pour les associations.

Pratiques comptables et comptes à mobiliser

Lorsqu’on souhaite préparer le budget prévisionnel en tenant compte d’un autofinancement, plusieurs options existent :

  • Mobiliser un report d’excédent antérieur figurant au bilan comme source de financement pour une action à venir.
  • Constituer une provision (compte 157 pour la provision pour charges et compte 6815 pour la dotation) si l’on anticipe une charge future précise, puis comptabiliser une reprise (compte 7815) au moment opportun pour financer l’action.
  • Documenter clairement l’opération et conserver les pièces justificatives afin de respecter les règles de transparence et du plan comptable des associations.

Il est rare qu'une association ait des fonds propres en dehors du report excédentaire des années antérieures. Les membres pourraient prêter de l'argent à l'association, mais ce serait généralement un emprunt remboursable et non des fonds propres.

Que regardent les partenaires financiers ?

Quand un banquier veut évaluer la capacité de remboursement d'un prêt demandé par une structure, il utilise souvent la CAF qui est une méthode très précise et pertinente. Une fois qu'il aura examiné la CAF de l'association, le prêteur pourra apprécier la capacité à financer de nouveaux projets et à augmenter le fonds de roulement. Grâce à la Capacité d'Autofinancement, l'association pourra alors rembourser ses emprunts et financer ses actions.

Comment améliorer la CAF d’une association

Pour augmenter sa capacité d'autofinancement, il est nécessaire d'augmenter les produits encaissables (ex. : optimiser les recettes de cotisations, subventions, ventes de prestations) ou améliorer la rentabilité des activités. Dans le même temps, il faut diminuer les charges décaissables (réduction des charges fixes, optimisation des frais financiers) tout en évitant de réduire les charges d'exploitation qui pourraient nuire à la qualité des activités.

Plus la CAF est positive, plus les interlocuteurs financiers sont confiants. Un profil moins risqué avec une CAF élevée est le profil préféré des organismes financiers. Ainsi, les conditions d’un emprunt ou d’une aide évoluent fortement en fonction du niveau de CAF. L’association devient plus libre dans ses choix et pourra faire face en cas de tension financière.

Test d'entretien d'embauche. Seuls 5% avaient réussi.

FAQ synthétique

  • La capacité d’autofinancement est-elle la même chose que la trésorerie ? Non. La CAF mesure un potentiel de trésorerie dégagé par l’activité, tandis que la trésorerie est un montant disponible immédiatement en caisse ou en banque.
  • Pourquoi la CAF n’est-elle pas égale au résultat net ? Parce que le résultat inclut des charges et produits non décaissés ou non encaissés (amortissements, provisions, reprises…). La CAF retraite ces éléments.
  • Une CAF élevée est-elle toujours positive ? Pas forcément. Elle peut traduire un sous-investissement si les ressources ne sont pas réallouées vers des actions utiles.

Indicateurs complémentaires à suivre

En plus de la CAF, il est pertinent de suivre l’EBE, le fonds de roulement, le besoin en fonds de roulement (BFR) et le seuil de rentabilité. Ces indicateurs aident à diagnostiquer la soutenabilité financière et la capacité de l'association à mener ses projets.

Indicateur Ce qu’il mesure
CAF Ressources internes générées par l’activité (hors flux non encaissés/décaissés)
EBE Ressource d’exploitation avant amortissements
Fonds de roulement Stabilité financière à long terme
BFR Besoin de trésorerie lié à l’exploitation

Pour une association, la CAF est un indicateur indispensable pour suivre la solidité économique et planifier l’utilisation des excédents. En pratique, il convient d’appliquer les méthodes comptables adaptées, d’utiliser les comptes prévus par le plan comptable associatif (provisions, reprises) et de justifier toute reprise sur excédent pour la conformité des états financiers.

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