Conclusion TPE : Les réseaux sociaux — un essor mondial, enjeux et impacts

Les réseaux sociaux sont aujourd'hui incontournables. Ceux-ci constituent en premier lieu un moyen de communication. Dans les dernières années, les réseaux sociaux ont pris une place colossale dans notre vie quotidienne, principalement chez les jeunes. 51% de la population mondiale est active sur ces plateformes. Avec un temps d’utilisation de 2h30 en moyenne, les utilisateurs consomment et publient de nombreux contenus. Cette consommation massive de contenus est de plus en plus forte chaque année et inquiète.

Essor économique et modèles d’affaires

Les Réseaux Sociaux Numériques (RSN), longtemps perçus comme de simples plateformes de communication et de divertissement, se sont rapidement affirmés comme des éléments essentiels de l’économie mondiale. En plus de générer d’importants revenus publicitaires, ils transforment les pratiques commerciales et bouleversent le marché du travail. Le modèle économique des RSN repose principalement sur la publicité numérique. Afin d’en tirer un maximum de profit, ils utilisent les données personnelles comme levier de valorisation économique. Ils collectent et analysent des volumes massifs de données utilisateurs pour offrir des publicités ciblées, augmentant ainsi leur efficacité et leur rentabilité. À elle seule, Meta a généré plus de 160 milliards de dollars de revenus publicitaires. En 2024, les recettes publicitaires mondiales ont atteint 933 milliards de dollars, avec Google, Meta et Amazon représentant ensemble 51 % de ces revenus, et 61 % si l’on exclut la Chine.

Les RSN poursuivent leur expansion dans les marchés émergents, notamment en Asie et en Afrique, où l’adoption rapide des technologies mobiles et la mise en place d’Internet offrent de nouvelles opportunités de croissance. En seulement 4 ans, on observe une hausse de l’utilisation des réseaux sociaux au sein des populations africaines, passant de 25 % à 35 % de 2021 à 2024. Le Social Commerce désigne l’intégration des fonctionnalités d’achat directement au sein des plateformes sociales. Selon Statista, en 2023, le Social Commerce a permis de générer plus de 571 milliards de dollars. Les spécialistes s’accordent à dire que, d’ici 2028, le Social Commerce pourrait atteindre les 1 000 milliards de dollars.

Transformations du travail et nouvelles opportunités

En parallèle au développement des RSN, une classe d’auto-entrepreneurs digitaux voit le jour : ce sont les influenceurs et les créateurs de contenu. Les RSN ont permis le développement du marketing d’influence et du sponsoring digital, qui représentent un marché estimé à 21 milliards de dollars en 2023. À travers les Stories et les Réels, 71 % des campagnes d’influence sont effectuées sur Instagram. De même, les individus peuvent se lancer dans une activité commerciale sans investir une grande somme d’argent. Ils misent sur la visibilité et les outils mis à disposition par les plateformes sociales. Le freelancing, le dropshipping et les microservices se développent grâce aux RSN.

McKinsey rappelle que les réseaux sociaux comptent à date 1,5 milliard d’utilisateurs. Ils connaissent un rythme d’adoption fulgurant auprès du grand public, inédit dans l’histoire des technologies de l’information. De 20 à 25% de gains de productivité potentiels ressortent d'une étude menée auprès de 4 200 entreprises : les solutions collaboratives et de réseaux sociaux dans les entreprises libèrent un potentiel de 20 à 25% en productivité au travail, notamment en améliorant la communication et la collaboration au sein de l’organisation, voire avec les parties prenantes de l’entreprise (clients, fournisseurs, partenaires…). De même, jusqu’à 35% du temps passé à chercher de l’information peut être libéré.

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Concentration, fiscalité et régulation

L’écosystème numérique mondial ainsi que les principaux RSN sont majoritairement dominés par les entreprises américaines ou chinoises. Ces géants technologiques sont également sujets à l’optimisation fiscale. En réponse aux contournements fiscaux des géants du numérique, des initiatives internationales sont mises en place. Nous pouvons citer l’exemple de la taxe GAFA en France ou encore de l’accord de l’OCDE sur la taxation des multinationales. L’objectif était d’instaurer un impôt minimum de 15 % sur les bénéfices des grandes entreprises. Toutefois, ces mesures rencontrent des obstacles.

Pour s’adapter aux régulations locales, les RSN ajustent leurs politiques. Le 1ᵉʳ novembre 2021, la Chine publie sa première loi sur la protection des données personnelles (équivalent du RGPD en Europe). Elle oblige les entreprises étrangères à désigner un représentant local ou à créer une entité en Chine afin de poursuivre leur activité. En Europe, le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) et le Digital Services Act imposent des obligations de transparence et de responsabilité accrues aux plateformes numériques. En parallèle, ces entreprises investissent dans des infrastructures locales, des centres de données et mettent en place des partenariats stratégiques.

Impacts sociaux et gezondheid mentale

Les réseaux sociaux captivent leur audience grâce à des contenus soigneusement conçus pour prolonger le temps de connexion. L’expérience devient rapidement addictive, stimulée par les algorithmes qui s’adaptent aux centres d’intérêt des utilisateurs, les suggestions personnalisées et le scroll infini. Cette mécanique favorise un phénomène d’hyperconnexion, particulièrement marquée chez les jeunes. Les réseaux sociaux sont des outils complexes, qui ne sont ni entièrement bénéfiques, ni totalement nocifs. Leur impact sur la santé mentale des jeunes dépend avant tout de la manière dont ils sont utilisés, du temps passé en ligne et des contenus auxquels les utilisateurs sont exposés.

Les réseaux sociaux ont un effet néfaste sur le bien-être et renforcent les normes de genre. La dévalorisation de soi, résultant de la comparaison constante avec des vies idéalisées, des visages et des corps retouchés ou des réussites mises en scène, crée un sentiment d’infériorité. Chez les jeunes notamment, ces attaques personnelles ont des répercussions profondes sur leur santé mentale. Parmi les conséquences les plus courantes, on retrouve de l’anxiété, de la peur, des troubles dépressifs et un isolement social. Les réseaux sociaux peuvent aussi engendrer des dérives importantes aux répercussions sérieuses sur l’équilibre psychique des adolescents.

Genre, éducation et représentation dans la tech

Tous ces éléments forment un cercle vicieux : les filles sont confrontées à des stéréotypes de genre négatifs, amplifiés par les réseaux sociaux, qui les détournent de l'étude des sciences, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques (STEM), disciplines considérées comme étant réservées aux hommes, les privant ainsi de la possibilité de contribuer à la conception des outils qui génèrent ces stéréotypes. Les stéréotypes de genre négatifs ont un impact sur les aspirations des filles dans les domaines des STEM.

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Les filles souffrent également davantage que les garçons de cyberharcèlement. En moyenne, dans les pays de l'OCDE disposant de données sur le sujet, 12 % des filles de 15 ans, contre 8 % des garçons, ont déclaré avoir été victimes de cyberharcèlement. Cette situation s’aggrave avec la prolifération de contenus à caractère sexuel basés sur l'image, de « deepfakes » (photos ou vidéos falsifiées) générés par l'intelligence artificielle et d'images à caractère sexuel auto-générées circulant en ligne et dans les salles de classe. Dans plusieurs pays analysés pour le rapport, des étudiantes ont déclaré avoir été exposées à des images ou vidéos à leur insu.

D’après les données de l'UNESCO, à travers le monde, les femmes ne représentent que 35% des diplômés en STEM dans l’enseignement supérieur, un chiffre qui n'a pas évolué au cours des 10 dernières années. Les femmes occupent moins de 25 % des postes dans les domaines des sciences, de l'ingénierie, des technologies de l'information et de la communication. Elles ne représentent que 26 % des effectifs dans les disciplines liées aux données et à l'intelligence artificielle, 15 % dans l'ingénierie et 12 % dans le domaine du « cloud computing » au sein des principales économies mondiales. Seules 17 % des demandes de brevet sont déposées par des femmes à l'échelle mondiale.

Selon le rapport, la transformation numérique est principalement menée par les hommes. Bien que 68 % des pays aient mis en œuvre des politiques soutenant l'éducation dans les disciplines des STEM, seulement la moitié de ces politiques soutiennent spécifiquement les filles et les femmes. Les mesures politiques doivent chercher à promouvoir des modèles de réussite, y compris sur les réseaux sociaux, afin d’encourager l’orientation professionnelle des jeunes femmes dans les disciplines des STEM. Cette démarche est essentielle pour garantir que les femmes participent, sur un pied d’égalité, à la transformation numérique de nos sociétés et à la conception de technologies qui soient réellement inclusives.

Sécurité, données et incidents

Lors de l'inscription à des réseaux sociaux, vous devez fournir des renseignements personnels vous concernant. Cependant, ces données personnelles sont soumises au Règlement général sur la protection des données (RGPD). Ce nouveau règlement européen est entré en application le 25 mai 2018. Ce règlement vient augmenter la protection des utilisateurs et leurs données personnelles. Par conséquent, la collecte, le stockage ainsi que l'utilisation faite des données personnelles des utilisateurs sont encadrés par ce règlement.

La protection est loin d'être parfaite. Nous pouvons citer une affaire importante, bien que celle-ci date de 2016. Elle illustre parfaitement comment nos données peuvent être manipulées. Il s'agit de l'affaire Cambridge Analytica. Cela aurait été utilisé pour influencer le vote des élections américaines.

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Impact environnemental

Nous le savons, le numérique pollue. La pollution numérique est principalement due aux appareils électroniques mais les plateformes, sites web et applications y contribuent aussi. De par la quantité astronomique de contenus stockés pour chaque réseau social, leur contribution est importante. L’utilisation croissante des réseaux sociaux est accompagnée par un essor des contenus partagés, qui pèsent lourd sur les serveurs. En effet, photos, vidéos, gif, tweets… Après leur publication, ces contenus sont stockés sur des serveurs dans des datacenters. Ils sont alimentés en électricité 24h/24 pour nous permettre l’accès aux plateformes et à leurs contenus. Plus il y a de contenus à charger sur plus de pages, plus le coût environnemental des serveurs est lourd.

Selon une étude de Greenspector de cette année, un utilisateur de réseaux sociaux sur mobile serait la cause de 102 kgEqCO2 à l’année, soit l’équivalent de 914 km effectués en véhicule léger moyen en France. En clair, poster et consommer du contenu a un impact environnemental. Comme déjà évoqué dans un précédent article : le streaming contribue à la pollution numérique. Sont-ils plus énergivores que les autres réseaux sociaux ? Oui. Dans une récente étude de Greenspector, l’entreprise classe les réseaux sociaux les plus connus selon leur impact carbone, leur consommation d’énergie et les données chargées.

Il est possible, chacun à notre échelle, de limiter l’impact environnemental de nos réseaux sociaux. Premièrement, sur tous les réseaux sociaux, nous pouvons limiter le temps passé dessus. Et oui, de plus en plus d’applications permettent de le réguler. Apple a par exemple mis en place le paramètre “temps d’écran”. Google, quant à lui, a mis en place une application appelée “bien-être numérique” disponible sur Android et qui offre les mêmes possibilités. Pour les réseaux sociaux basés sur le streaming vidéo, il est possible de réduire leur impact en diminuant le temps passé sur les plateformes ainsi qu’en diminuant le poids de la vidéo. Enfin, pour limiter l’impact environnemental des réseaux sociaux, il faut en éviter l’excès : ne pas “poster pour poster” et réfléchir à la pertinence de notre publication.

Perspectives : régulation, éducation et usages responsables

Le rapport met en évidence qu’il est essentiel d’investir davantage dans l'éducation, notamment dans l’éducation aux médias et à l’information, et de mieux réguler les plateformes numériques, conformément aux principes de l'UNESCO pour la gouvernance des plateformes numériques publiées en novembre 2023. Face à ce constat, chacun a un rôle à jouer : les familles, les établissements scolaires, les pouvoirs publics, mais aussi les plateformes elles-mêmes. Ensemble, nous pouvons accompagner les jeunes vers une utilisation plus saine des réseaux sociaux et apprendre à repérer les signaux de mal-être.

Les réseaux sociaux peuvent avoir un impact positif. En effet, la base des réseaux sociaux se compose de la plateforme et de sa communauté. Face à l’urgence climatique, une mobilisation collective se crée sur différents réseaux sociaux. Plusieurs exemples de challenges montrant des gestes écoresponsables ainsi que des hashtags se multiplient pour alerter, agir et sensibiliser la population. Sans la présence des plateformes, les nombreux challenges écologistes ne pourraient être aussi virales et avoir un impact. A contrario, une utilisation équilibrée et consciente des réseaux sociaux peut avoir un impact positif sur la santé mentale. Lorsqu’ils sont bien encadrés, ces espaces deviennent des lieux d’expression, de soutien et d’entraide, où les jeunes peuvent trouver du réconfort et se sentir compris.

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Tableau synthétique : enjeux et leviers d’action

Enjeux Impacts Leviers d’action
Économique Publicité, social commerce, concentration Fiscalité internationale, régulation
Social & éducatif Bien-être, stéréotypes, orientation STEM Éducation aux médias, modèles de réussite
Environnemental Pollution numérique, consommation énergétique Éco-conception, réduction du temps et qualité
Protection des données Risques de manipulation, fuites RGPD, lois nationales, transparence

Les Réseaux Sociaux Numériques (RSN) sont à la fois des catalyseurs de croissance et des vecteurs de déséquilibres économiques. Ils accentuent la concentration des richesses et les inégalités mondiales. Afin de résoudre cela, une régulation efficace est nécessaire pour concilier innovation et justice économique, notamment en matière de fiscalité et de protection des données. Leur usage n’est pas une fatalité : plutôt que d’interdire cet outil devenu incontournable, il est préférable de favoriser un usage réfléchi et encadré.

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