Comment fixer sa rémunération en contrat freelance
Naviguer dans le monde du freelance peut sembler déroutant, surtout quand il s’agit de gérer sa rémunération. Pour un freelance, la rémunération est plus complexe : elle est déterminée par le chiffre d’affaires généré par ses missions, qui varie en fonction du tarif journalier moyen (TJM) fixé en amont et du nombre de jours travaillés.
Salaire, chiffre d’affaires et revenu net : définitions essentielles
Le chiffre d’affaires : c’est la somme que vous encaissez auprès de vos clients (hors TVA). Elle ne tient pas compte des différentes charges de votre activité de freelance.
Le salaire : il équivaut à la rémunération nette perçue par un salarié (avant prélèvement à la source).
Le revenu net : il correspond à votre salaire, auquel on a déduit les impôts.
La notion de salaire peut donc être trompeuse pour un freelance. En tant que freelance, ce sont vos clients qui vous paient. Or, contrairement au salaire net perçu par un salarié sur son compte en banque, cette somme n’est pas entièrement disponible. Vous devez lui déduire plusieurs éléments : vos cotisations sociales, vos frais de fonctionnement (abonnements, assurances, location de bureaux, compte pro, etc.), vos impôts (IS ou IR, CFE, etc.).
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Le TJM : indicateur-clé pour fixer sa rémunération
Le taux journalier moyen correspond au montant facturé par un travailleur indépendant pour une journée de travail. Exprimé hors taxes, il permet de mesurer le chiffre d’affaires brut journalier d’un freelance.
Le TJM n’est pas le même pour un développeur freelance, un rédacteur web SEO ou encore une assistante en ligne. Il est essentiel de bien calculer son TJM pour ne pas se dévaluer et assurer la pérennité de son activité.
Checklist pour fixer son TJM
- Être à la hauteur de la qualité de la prestation fournie.
- Ne pas être trop élevée pour ne pas faire fuir vos clients potentiels.
- Être suffisante pour atteindre la rentabilité nécessaire à la pérennisation de votre activité de freelance.
En début d’activité, fixer son TJM peut se révéler complexe. En effet, votre estimation doit respecter plusieurs conditions. Vous devez avoir une idée précise de la rémunération que vous ciblez avant d’entrer en négociation avec un prospect.
Calculer son TJM à partir d’un objectif de rémunération
Vous pouvez calculer votre TJM à partir de votre objectif de salaire net. Formule : TJM = (Salaire net espéré + charges professionnelles) / nombre de jours facturés. Pensez à prendre en compte vos congés, lorsque vous évaluez le nombre de jours facturés.
Pour définir votre taux horaire moyen (THM), vous devez simplement diviser le TJM obtenu par votre nombre quotidien d’heures facturables. N’oubliez pas de tenir compte du temps consacré à des tâches administratives (facturation, déclarations URSSAF, prospection, etc.).
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Exemples de calcul
Imaginons que vous souhaitez vous dégager un salaire net de 2 000 €, en consacrant 15 jours par mois à vos missions. Vous travaillez depuis chez vous et votre activité ne génère pas de dépenses professionnelles. Vous avez toutefois prévu de souscrire à certaines couvertures : mutuelle TNS (50 €), assurance perte d’activité (100 €), assurance RC Pro (30 €). Le total de ces dépenses s’élève à 180 €, ce qui conduit à une rémunération nette à cibler de 2 180 €.
Vous devez ensuite ajouter le montant des cotisations sociales et des impôts auxquels vous êtes soumis. Pour simplifier, imaginons que vos charges sociales et fiscales équivalent à 35 % de vos revenus.
Les jours facturables et le temps non refacturable
Le statut de freelance a une particularité par rapport à celui de salarié : l’indépendant ne travaille pas tous les jours. Votre calcul de rémunération de freelance doit donc tenir compte des week-ends, des jours fériés, des vacances, mais aussi des journées consacrées à d’autres tâches (prospection, administration, facturation), et des jours où vous ne pouvez pas travailler (maladie, urgence à la maison, démarche personnelle à effectuer).
En moyenne, un freelance travaille 20 jours par mois. On estime aussi que 40 % du temps de travail d’un indépendant est affecté à des tâches qui ne sont pas facturées. En somme, la rémunération du freelance est calculée sur 130 jours par an environ.
Charges sociales, fiscales et dépenses d’activité à intégrer
Le montant des cotisations qui entre dans le calcul du salaire varie en fonction du statut juridique choisi pour exercer en tant que freelance. Ces cotisations existent dans tous les cas de figure : micro-entreprise, société unipersonnelle ou portage salarial. Elles servent à financer la protection sociale, en particulier l’assurance maladie (arrêt maladie, congé maternité ou paternité), mais pas l’assurance chômage (sauf dans le cas du portage).
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Pour un auto-entrepreneur, les charges correspondent à un pourcentage du chiffre d’affaires réalisé. Le taux est, par exemple, de 22,4 % pour une activité libérale (dont 2 % pour la formation professionnelle). Pour un entrepreneur individuel (EI ou EIRL), les charges représentent 45 % du chiffre d’affaires.
En EURL ou en SASU, vos cotisations sociales sont assises sur votre bénéfice (après imputation de vos différentes charges), ou directement sur la rémunération que vous vous versez. En SASU, parce que vous êtes considéré comme un salarié, le taux de charges sociales est très élevé : environ 80 % du salaire net. En portage salarial, la rémunération du freelance correspond à 50 % environ du chiffre d’affaires réalisé.
Les dépenses inhérentes à votre activité professionnelle impactent votre TJM : achat de matériel et de licences, location d’un bureau ou coworking, déplacements, hébergement et repas, formations, abonnements, assurances, frais bancaires, etc. Ces frais sont à déduire de votre chiffre d’affaires.
Optimiser sa rémunération : leviers pratiques
- Augmenter votre TJM au fil de l’expérience et selon la complexité des missions.
- Optimiser vos charges : minimiser vos dépenses vous permettra d’augmenter votre rémunération nette.
- Diversifier vos sources de revenus pour lisser les variations de chiffre d’affaires.
- Optimiser le nombre de jours facturés : augmenter votre taux d’occupation facturable sans sacrifier la qualité.
- Répartir judicieusement entre salaire et dividendes si vous êtes en société (et après conseil d’un expert-comptable).
- Négocier efficacement vos tarifs : ne pas avoir peur de demander le budget dont vous avez besoin.
La règle d’or pour fixer votre TJM et votre salaire, c’est d’oser pratiquer le tarif qui vous semble juste. Ce n’est pas au client de vous dicter ses prétentions, mais à vous d’affirmer les vôtres !
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Le contrat freelance : sécuriser la rémunération
Rédiger un contrat de freelance clair et précis est une étape indispensable pour protéger les intérêts du travailleur indépendant et de son client. Ce document formalise leur collaboration, fixe les règles du jeu, prévient les conflits, et offre un cadre juridique solide.
Le contrat de prestation de services freelance commence toujours par l’identification complète des deux parties. La mission confiée au freelance doit être définie de façon exhaustive et précise. Un contrat flou sur la mission peut engendrer des malentendus, des demandes hors périmètre (« scope creep »), ou des désaccords au moment du paiement.
Mentions essentielles à inclure
- Identification de la société cliente et du freelance.
- Nature du travail confié : décrire le contenu de la mission le plus précisément possible.
- Durée de la mission et conditions de résiliation anticipée.
- Modalités de rémunération et de paiement (acomptes, échéancier, jalons).
- Clauses sur la propriété intellectuelle et la cession de droits si nécessaire.
- Assurance responsabilité civile professionnelle (RC Pro).
- Clause de confidentialité et, le cas échéant, clause de non-concurrence.
Le contrat de prestation de services est le plus courant. La rémunération d’un freelance est librement fixée dans le contrat. Elle peut être à la journée, au forfait, ou au résultat. Des acomptes ou échelonnements peuvent être prévus.
Il est vivement recommandé d’établir votre contrat à l’écrit et, si besoin, de faire appel à un professionnel (avocat, expert-comptable) pour le personnaliser.
Cas pratiques et repères de marché
En regardant sur les plateformes de freelances, vous constatez que les TJM sont parfois importants : un freelance facture entre 300 et 600 € la journée en moyenne. Certains métiers, comme les consultants en stratégie, les experts en cybersécurité et les data scientists figurent parmi les mieux rémunérés.
| Activité freelance | TJM indicatif |
|---|---|
| Graphiste | 413 € |
| Community manager | 437 € |
| Développeur web | 569 € |
| Expert en data | 665 € |
| Consultant en communication et stratégie | 749 € |
Le TJM ne traduit pas la réalité du salaire du freelance : la rémunération qu’il perçoit correspond au solde restant après déduction de ses cotisations et de ses charges d’exploitation.
Aspects fiscaux et dividendes
Les dividendes peuvent compléter un salaire, mais ne concernent que les freelances en SAS/SASU ou EURL/SARL soumise à l’IS. Ils peuvent permettre une optimisation fiscale, mais ont des conséquences sur les cotisations sociales et la protection sociale du dirigeant.
En SAS/SASU, les dividendes sont soumis aux prélèvements sociaux et au prélèvement forfaitaire unique (PFU). En l’absence de salaire, l’absence de protection sociale doit être prise en compte : le versement d’un salaire impacte directement la couverture sociale de l’entrepreneur.
Outils et bonnes pratiques
- Utiliser un simulateur TJM pour faciliter le calcul (prise en compte de l’ACRE, des jours de vacances, etc.).
- Faire une étude de marché et un business plan avant de se lancer pour estimer la faisabilité et la rémunération cible.
- Établir des devis et faire signer un contrat avant d’engager une mission.
- Tenir un tableau (Excel) des dépenses récurrentes et de la trésorerie pour déterminer votre TJM plancher.
- Revoir régulièrement votre TJM (inflation, progression d’expérience, évolution des charges).
Pour se verser un salaire, encore faut-il savoir comment fixer son taux journalier moyen. Celui-ci dépend de nombreux facteurs : le montant que vous souhaitez vous payer chaque mois, le statut juridique, les charges…
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