Comprendre la méthode des coûts complets en gestion financière
Les coûts complets sont une méthode de calcul avancée permettant de déterminer le coût de revient d’un produit vendu. Il s’agit de la somme de tous les coûts ayant trait à la fabrication jusqu’à la vente du produit. Connaître précisément combien coûte un produit ou un service est une exigence vitale pour toute entreprise.
C’est en fonction de cette connaissance que se prennent les décisions stratégiques : fixer un prix, arbitrer entre produire ou sous-traiter, sélectionner une gamme rentable, ou encore contrôler la performance interne. L’analyse des coûts complets, c’est déterminer en quelque sorte si le projet est à envisager ou non.
Définition des coûts complets
Les coûts complets correspondent à la somme de tous les coûts liés à la fabrication jusqu'à la vente d’un produit.
Une détermination pertinente des coûts complets est indispensable afin de fixer un prix de vente, permettant d’une part d’être rentable et d'autre part d'analyser la compétitivité du prix déterminé.
Les composantes des coûts complets
Les coûts complets se répartissent entre deux types de coûts : les coûts directs et les coûts indirects.
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2= Coût Complet - direct et indirect
Coûts directs
Partie intégrante des coûts complets, le coût direct est directement associé à la conception d’un produit. Le coût direct peut être directement associé à la production d’un produit ou d’un service.
Pour déterminer le coût direct, il est nécessaire de recenser les charges afférentes à la conception du produit. Le but étant de déterminer pour chaque produit, la part de consommation de charges afin d’établir une partie du coût complet.
Les charges composant le coût direct sont souvent les matières utilisées pour la conception, ou le temps/homme passé sur chaque produit. Il s’agit par exemple des matières employées pour la conception d’un produit, le temps/homme passé sur ce produit. L’affectation sera généralement faite au prorata des quantités consommées. Ces charges composent en partie les coûts complets.
Coûts indirects
Les coûts complets sont divisés en deux types de coûts dont le second est le coût indirect. Déterminer la part de chacune des charges globales à un produit est un véritable parcours du combattant.
Les charges indirectes concernent l’ensemble de la production, mais sont communes à plusieurs produits ou activités : rémunération du personnel, frais de location… Si le rattachement des charges directes à un produit est simple, ce n’est pas le cas des charges indirectes.
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La prise en compte des charges indirectes d’approvisionnement (transport des marchandises…), de production (électricité…), ou de distribution (marges arrière de la grande distribution…) pour le calcul des coûts complets. Ces dernières ne peuvent être directement rattachées à un produit ou un service comme les dépenses d’approvisionnement (transport des marchandises…), de production (les consommables…) ou de distribution (frais relatifs à la commercialisation).
Centres d’analyse et unités d’œuvre
Centres d’analyse
Chaque charge indirecte est associée à des « centres d’analyses » dans le but d’obtenir le coût global d’approvisionnement, de production ou de distribution voué à être réparti sur chaque produit. La répartition des charges indirectes donne lieu à un traitement avant que ces dernières soient rattachées aux produits ou aux services. Elles sont regroupées au préalable dans des « centres d’analyse ».
Le recours à cette notion vient qu’il n’existe pas toujours de lien direct entre le bien ou le service et la charge imputée en comptabilité. Par exemple, quelle est la part du salaire de l’assistante de direction dans la fabrication d’une table ?
Les charges communes à ces produits ou services sont regroupées en centres d’analyse : elles correspondent à des charges communes sans possibilité a priori d’en rattacher les parts à tel ou tel produit ou services. En pratique, bien qu’indépendants de l’organigramme de l’entreprise, les centres d’analyse rejoignent souvent les centres de responsabilité.
On distingue en effet les centres d’analyse principaux (approvisionnement, production, distribution) et les centres d’analyse auxiliaires (administration, service après-vente, etc.). Un centre d’analyse est, en quelque sorte, un regroupement de charges qui se caractérisent par une activité homogène, un responsable ou une localisation.
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Les charges indirectes imputées dans les centres auxiliaires sont en premier lieu réparties entre les centres principaux grâce à une clé de répartition, il s’agit de la répartition primaire. Puis les charges des centres principaux sont affectées aux coûts avec une nouvelle clé de répartition (répartition secondaire).
Les centres principaux recoupent le cycle « achat-production-vente » avec plusieurs centres rattachés à l’approvisionnement, la production ou la distribution. Les centres auxiliaires correspondent à des fonctions support (gestion du personnel, entretien, fonction financière et comptables…).
Unités d’œuvre
Dans le processus de calcul des coûts complets, le facteur permettant de calcul la part de consommation de charges d’un centre d’analyse est appelé unité d’œuvre. Vient ensuite le calcul des unités d’œuvre qui permet de connaître la part des frais indirects rattachables à un produit ou à un service donné.
Ainsi, pour déterminer les coûts complets, il convient de déterminer la consommation d’unités d’œuvre pour un produit. Pour ce faire, il convient de déterminer la consommation d’unité d’œuvre pour un produit.
Exemple d'unité d'œuvre : Si l’unité d’œuvre pour le centre d’analyse de production est 1 heure de temps/homme, et que ce centre d’analyse est de 100.000€ pour 1.000h de temps/homme=> le coût de l’unité d’œuvre est évalué à 100. Si un produit nécessite 2 unités d’œuvre pour ce centre d’analyse, son coût indirect unitaire sera de 200€. Il en est de même pour la détermination de l'ensemble des unités d'oeuvres nécessaires aux coûts complets.
Par exemple, pour répartir le loyer, l’unité d’œuvre pourra être le mètre carré. Dans l’hypothèse où les locaux ont une surface de 100 m² loués 10 000 €, une salle de 20 m² est utilisée pour la production d’un seul produit. La part du loyer pour ce dernier est par conséquent de 20 %. De fait, le coût indirect affecté au produit concerné sera de 2 000 €.
Calcul des coûts complets
Le calcul des coûts complets s'effectue comme suit :
Coût complet = coût direct + coût indirect d’approvisionnement + coût indirect de production + coût indirect de distribution/commercialisation.
On aura alors : coût complet = coûts directs + (coûts indirects répartis/unités d’œuvre)
Voici la hiérarchie et les principales étapes du calcul des coûts complets :
- Coût d'achat (prix d'achat + frais associés directs et indirects)
- Coût de production (Coût d'achat + frais de fabrication)
- Coût de distribution (Charges de distribution et de vente)
- Coût de revient (Coût de production + Coût de distribution)
Intérêts et limites de la méthode des coûts complets
Intérêts
La méthode des coûts complets permet de déterminer le coût de revient d’un produit et, en conséquence, son prix de vente. Cela permet de connaître les zones où l’entreprise est performante et où elle l’est moins. Il lui sera alors possible d’orienter sa production sur les produits les plus rentables ou de mettre en place une politique de réduction des coûts.
Limites
La méthode est moins pertinente lorsque l’entreprise évolue dans une économie concurrentielle avec un marché segmenté qui rend difficile la fixation du prix de vente. De plus, la fixation des clés de répartition est quelque peu arbitraire et peut avoir des conséquences déterminantes sur le résultat final.
En outre, la méthode des coûts complets est moins pertinente lorsque les coûts indirects sont très importants comme c’est le cas avec l’apparition de nouvelles fonctions (marketing, maintenance, qualité, R&D, logistique, etc.).
Dans ce contexte, il devient difficile de classer les charges indirectes de manière homogène. De plus, l’utilisation d’unités d’œuvre par volume (chiffre d’affaires, quantité, heures de main-d’œuvre…) est pertinente dans le cas de productions standardisées. Dans le cas où une entreprise fabrique à la fois des produits standardisés en grande série et des produits différentiels en petite série, la méthode atteint ses limites.
Ainsi, l’affectation sur des critères « volumiques » des charges indirectes entraînera un « subventionnement » des produits différentiés par les produits standards. Autrement dit, on va attribuer plus de charges aux biens standards qu’aux produits différenciés.
Ces inconvénients expliquent que la méthode ABC soit préférée à la méthode des coûts complets. La méthodologie ABC est en effet pertinente lorsque la production a une part importante de coûts indirects, des clients et des produits hétérogènes, des processus de production et de distribution complexes.
