Delphine Batho en toute franchise : biographie et idées politiques

Née le 23 mars 1973 dans le 12e arrondissement de Paris, Delphine Batho est une femme politique française, ancienne ministre de l'Écologie et députée des Deux-Sèvres.

C'est dès le collège et le lycée qu’elle fait ses premières armes en politique en étant leader syndicale puis membre de SOS Racisme. Militante, elle s’est engagée dès l’adolescence dans les combats de sa génération contre le racisme, pour le droit à l’éducation, contre la violence. Elle a été présidente d’un syndicat lycéen et vice-présidente de l’association SOS Racisme.

Bachelière au lycée Henri-IV à Paris, où elle fréquente les mêmes bancs que Mazarine Pingeot, elle adhère en 1988 à SOS Racisme et à la Fédération indépendante et démocratique lycéenne (FIDL), dont elle prend la présidence deux ans plus tard. Elle se fait connaître en 1990 lors des manifestations étudiantes et lycéennes contre la violence, le manque de moyens alors que Lionel Jospin est ministre de l'Éducation nationale. Après près de deux mois de grève, le mouvement obtient du ministre 4,5 milliards de francs pour rénover les lycées et des avancées en matière de droits lycéens (création des conseils académiques de la vie lycéenne, droit de réunion et d’affichage, etc.).

Le baccalauréat en poche en 1992, elle entame à Paris 7 des études d’histoire qu'elle abandonne par la suite. Alors qu'elle vient de quitter la FIDL, elle devient vice-présidente de SOS Racisme en septembre 1992, représentante de la « deuxième génération de SOS », selon l'expression du Monde, au côté du nouveau président Fodé Sylla, après le départ de Harlem Désir.

Ascension au Parti socialiste et spécialisation sur la sécurité

Delphine Batho adhère au Parti socialiste en 1994 : elle devient alors membre du courant la Gauche socialiste animé par Jean-Luc Mélenchon, Marie-Noëlle Lienemann et Julien Dray. Aux côtés de ce dernier, elle commence à travailler les thèmes de la sécurité. Lors du congrès de Grenoble de 2000, elle entre au Bureau national. Elle rejoint la motion de François Hollande au congrès de Dijon (mai 2003) et devient l'année suivante, secrétaire nationale, chargée de la sécurité, dossier sur lequel elle travaille depuis 1998. Ségolène Royal, candidate à l'élection présidentielle de 2007, intègre ses réflexions en matière de sécurité dans le concept d'« ordre juste ».

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Parcours électoral : députée et ministre

Aux élections législatives de 2007, Delphine Batho est candidate dans la 2e circonscription des Deux-Sèvres où Ségolène Royal ne se représente pas afin d'éviter le cumul de mandats. Au premier tour des élections, elle obtient 20 690 voix soit 44,55 % des suffrages. Au second tour, face à Jean-Pierre Griffault (UMP), elle l'emporte avec 57,42 % des suffrages (26 524 voix). Son suppléant est Jean-Luc Drapeau.

Porte-parole de François Hollande lors de la campagne pour l'élection présidentielle de 2012, elle est tout d'abord nommée ministre déléguée à la Justice dans le premier gouvernement Ayrault, avant de devenir ministre de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie en juin 2012, dans le deuxième gouvernement Ayrault. Sous son autorité a notamment été organisée en septembre 2012 une conférence environnementale réunissant ONG, patronat, syndicats et élus.

Lors de la conférence, les syndicats s'inquiètent de la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim, mais la ministre assure de la volonté du gouvernement de préserver les emplois par un travail de reconversion professionnelle et industrielle. Contrairement à Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, elle est opposée à toute discussion nouvelle sur l'exploitation des gaz de schiste.

Elle appuie dans un premier temps la décision de poursuivre la construction d'un aéroport à Notre-Dame-des-Landes mais prend acte des conclusions de la commission scientifique, « qui a établi que la méthode de compensation environnementale n’était pas valable et pas recevable ». Par ailleurs, elle tente de mettre fin aux pollutions de l’usine d’alumine de Gardanne, et refuse de signer un décret relevant le seuil d’autorisation pour les élevages porcins en dépit des pressions du ministère de l’Agriculture et de Matignon.

Aux élections législatives de juin 2012, elle est réélue députée dès le premier tour. Sans attributions suffisamment précises au sein du gouvernement Ayrault I, et après un mois de relations difficiles avec sa ministre de tutelle, elle obtient le portefeuille de plein exercice de ministre de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie le 21 juin 2012 dans le 2e gouvernement Ayrault composé après les législatives.

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Conflit avec le gouvernement, démission et retour à l'Assemblée

Le 4 juillet 2013, lors d'une conférence de presse, elle affirme : « Je n’ai commis ni une erreur ni une faute ». Le gouvernement, ajoute-t-elle, « marque un tournant par rapport à la volonté de mener à bien la transition écologique. C'est le tournant de la rigueur qui ne dit pas son nom et qui prépare la marche au pouvoir de l'extrême droite dans notre pays. […] Certaines forces économiques […] n'acceptaient pas le niveau d'ambition fixé pour la transition énergétique. »

Deux ans plus tard, Delphine Batho est limogée de son poste après avoir critiqué le budget alloué à son ministère. Elle redevient alors députée. En octobre 2014, elle publie un livre, Insoumise, dans lequel elle relate son expérience au gouvernement et les circonstances de son départ : dans cet ouvrage, elle brosse un portrait à charge de décideurs qu'elle juge dépassés par les enjeux écologiques et sous influence des lobbys du secteur de l'énergie, et prône un changement de génération dans la classe politique. Dans un passage du livre, elle s'adresse directement à François Hollande et écrit : « Tu le sais bien, il n'y aura pas de deuxième mandat pour toi ».

Actions parlementaires et combats écologiques

À l'Assemblée nationale, elle fait adopter en 2016 l'amendement à la loi biodiversité interdisant les néonicotinoïdes, pesticides tueurs d'abeille ; la loi entre en vigueur le 1er septembre 2018. Avec François Ruffin, elle dépose des propositions de loi pour l’interdiction de certains vols intérieurs et pour l’instauration de quotas carbone individuels afin de limiter l’usage de l’avion.

En 2018, elle est à l'initiative de l'amendement pour l'interdiction du glyphosate avec un terme en 2021 ; sa proposition est massivement rejetée, et elle dénonce les agissements de lobbys au Parlement. Glyphosate : sept députés font un dépistage pour pousser le gouvernement à agir. Elle dénonce les agissements de lobbys au Parlement.

Fin 2018, elle soutient le projet de création de 16 bassines de rétention d'eau dans les Deux-Sèvres alors qu'elle y était opposée auparavant. Elle est à l'origine de plusieurs initiatives en faveur de l'enseignement des enjeux environnementaux : à l'initiative de Delphine Batho, Matthieu Orphelin et Cédric Villani, 80 députés ont déposé une proposition de loi pour généraliser l'enseignement des enjeux liés à la préservation de l'environnement et aux changements climatiques.

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Rupture avec le PS et Génération écologie

Le 16 janvier 2018, Delphine Batho annonce sa candidature au poste de premier secrétaire du Parti socialiste. Elle dénonce toutefois les manœuvres de la direction du PS : « Je conteste de A à Z les modalités d'organisation de ce congrès de confiscation, dans ce qui n'est plus un parti mais une petite mafia politique avec ses parrains, ses lieutenants, ses exécutants. J'ai découvert qu'il y avait eu un traficotage des statuts au dernier moment pour changer les règles du jeu, dans l'objectif de reconduire la même aristocratie politique. Je ne peux pas être complice d'un congrès illégitime ».

À l'occasion du congrès du PS en janvier 2018, elle fait une proposition intitulée « Mitterrand, réveille-toi, ils sont devenus fous » qui est refusée par manque de parrainages. Le 2 mai 2018, elle annonce qu'elle quitte le PS et qu'elle prendra la tête de Génération écologie en septembre, succédant ainsi à Yves Piétrasanta. Elle quitte également le groupe Nouvelle gauche à l'Assemblée nationale et rejoint les non-inscrits. Elle est élue nouvelle présidente de Génération écologie le 10 septembre 2018.

Le 23 novembre 2018, le philosophe Dominique Bourg, ancien président du Conseil scientifique de la fondation Nicolas Hulot, annonce qu'il rejoint Delphine Batho et s'engage en politique à ses côtés. En 2019, Dominique Bourg conduit une liste aux élections européennes regroupant plusieurs mouvements politiques, dont Génération écologie, le Mouvement des progressistes et l'Union des démocrates et des écologistes. Delphine Batho figure de façon symbolique en position non-éligible sur cette liste, en avant-dernière place.

Positions politiques : décroissance, laïcité et radicalité écologique

Candidate à la primaire écologiste de 2021, elle arrive en troisième position, avec 22,32 % des voix, prônant la décroissance. Mediapart relève qu'elle « se targue de porter la ligne la plus radicale » des candidats de la primaire et se dit « la seule » à « assumer la rupture avec le consumérisme et la société de consommation » afin de renouer avec une « plus grande qualité de vie ». Mediapart ajoute qu'elle « se distingue aussi par sa raideur sur les questions dites « républicaines » », comme en témoigne sa participation à la manifestation organisée le 19 mai 2021 par les syndicats de policiers.

En janvier 2019, elle publie un manifeste pour une écologie intégrale, préfacé par Dominique Bourg, qui « plaide pour un renversement radical autour de la cause écologique » selon La Croix. Dans cet ouvrage, elle affirme que l'écologie est devenue une question de vie ou de mort et que l'alternative binaire à laquelle l'espèce humaine est confrontée se résume à « écologie ou barbarie ».

Delphine Batho a défendu la décroissance lors de la primaire des écologistes en 2021, où elle a rassemblé 23 801 voix. Elle a pris position sur de nombreux sujets concrets : interdire certaines liaisons aériennes intérieures lorsque le train permet d'effectuer le trajet dans un délai similaire ; interdire la publicité pour les véhicules polluants ; et proposer des quotas carbone individuels afin de limiter l’usage de l’avion.

Activité parlementaire récente et engagements

Elle est réélue députée lors des élections législatives de 2017 et devient vice-présidente du groupe Nouvelle gauche à l'Assemblée nationale, groupe qu'elle quitte en 2018, en même temps que le PS. Elle prend alors la présidence de Génération écologie. En mai 2020, elle rejoint le groupe Écologie démocratie solidarité, dont elle est vice-présidente. Elle est réélue députée lors des élections législatives de 2022.

Delphine Batho est députée des Deux-Sèvres et coordinatrice nationale de Génération Écologie, deuxième parti écologiste de France. Elle veut porter la voix de l’écologie comme candidate à l’élection présidentielle de 2027 et entend construire une écologie capable de gouverner avec trois priorités : la santé, la paix, la beauté. Elle se présente sous l’étiquette du parti Génération écologie, dont elle est la coordinatrice nationale.

À l'Assemblée, elle est à l’origine de l’interdiction des pesticides néonicotinoïdes en France et a été particulièrement active dans le combat contre la loi Duplomb. Elle a été élue à plusieurs reprises (13ème législature, 14ème législature, 15ème législature, 16ème législature, 17ème législature).

Présidentielle: Delphine Batho annonce sa candidature à la primaire écologiste sur RMC

Publications principales

  • Insoumise, Éditions Grasset et Fasquelle, 2014, 220 p.
  • Écologie intégrale le manifeste, Éditions du Rocher, 2019, 120 p.
  • « De la rébellion à l'écologie de gouvernement », dans Collapsus : Changer ou disparaître ? Le vrai bilan sur notre planète, Éditions Albin Michel, 2020.

Quelques dates clés

  1. 1988 : adhésion à SOS Racisme et à la FIDL.
  2. 1992 : vice-présidente de SOS Racisme.
  3. 1994 : adhésion au Parti socialiste.
  4. 2007 : élue députée des Deux-Sèvres.
  5. 2012 : porte-parole de François Hollande, puis ministre de l'Écologie.
  6. 2013 : limogée du ministère de l'Écologie et retour à l'Assemblée.
  7. 2018 : départ du PS et prise de la présidence de Génération écologie.
  8. 2021 : candidate à la primaire écologiste (troisième, 22,32 %).
  9. 2022 : réélue députée.
Rôle Période Faits marquants
Vice-présidente SOS Racisme 1992 Représentante de la « deuxième génération de SOS »
Députée (Deux-Sèvres) 2007, réélue 2012, 2017, 2022 Initiatives sur néonicotinoïdes, glyphosate, vols intérieurs
Ministre de l'Écologie 2012-2013 Conférence environnementale 2012, opposition aux gaz de schiste
Présidente de Génération écologie Depuis 2018 Manifeste pour une écologie intégrale, candidature primaire 2021

Delphine Batho affirme que l'écologie est devenue une question de vie ou de mort et plaide pour un renversement radical autour de la cause écologique. Elle se présente comme portée par la volonté de renouveler la génération politique et d'imposer une écologie capable de gouverner.

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