Comment démarrer en freelance : conseils et étapes clés

Devenir freelance est un rêve pour de nombreux salariés, attirés par la quête de liberté et les avantages qu'offre ce statut. Chaque année, de nombreux travailleurs quittent leurs emplois pour se lancer dans cette aventure. Dans un monde hypermobile, où le modèle traditionnel du travail au bureau est remis en question, le freelancing émerge comme un choix privilégié. Toutefois, se lancer en freelance ne se fait pas sans préparation. Si vous souhaitez avoir des conseils pour vous lancer en freelance, cet article est fait pour vous.

Le terme « freelance » désigne un professionnel indépendant qui offre ses services à diverses entreprises ou clients sans être lié par un contrat de travail permanent. Le freelance travaille dans des secteurs variés comme l’informatique, le design, la rédaction, le marketing, le consulting.

infographie freelance

Les bases du freelancing

Définir son activité et son périmètre

Pour devenir freelance et vendre ses services, il faut identifier l’activité que vous souhaitez exercer et déterminer votre périmètre d’action. Cela implique de savoir quelle expertise et quelles compétences vous allez mobiliser pour proposer une offre de services intéressante pour vos clients potentiels.

Par exemple, vous pouvez devenir freelance traducteur, freelance rédacteur web, recruteur indépendant, développeur web, customer manager, assistant virtuel, freelance graphiste, ou encore community manager freelance.

Pour devenir community manager freelance, vous devez en premier lieu, vous assurez que vous disposez des connaissances et des compétences nécessaires pour exercer ce métier. Ensuite, vous devez choisir un statut juridique. Le plus souvent, les community manager freelances commencent en micro-entreprise. Les formalités en ligne sont simples, rapides et gratuites.

Lire aussi: Devenir Auto-Entrepreneur

Si vous optez pour la micro-entreprise et que vous n’avez besoin d’aucun outil spécifique pour votre activité, alors oui, il est possible de devenir freelance gratuitement.

Choisir un statut juridique

Pour se lancer en freelance, il faut choisir un statut juridique (entreprise individuelle/micro-entreprise, société ou portage salarial), réaliser les démarches nécessaires et trouver vos premiers clients.

Lorsque que vous souhaitez exercer votre activité en freelance, il existe une diversité de statuts. Le statut d’auto-entrepreneur est le statut que beaucoup de freelances choisissent pour lancer leur activité. Ce statut permet de débuter dans le monde de l’indépendance sans passer par des formalités chronophages. S’il est indéniable que ce statut a de nombreux avantages, il possède aussi de nombreux inconvénients pour les freelances ambitieux.

En effet, il existe des plafonds de chiffre d’affaires annuels à respecter. Ces plafonds sont de 77 700 euros pour les services et 188 700 euros pour les activités commerciales en 2024. Dépasser ces seuils oblige à changer de statut. De plus, il n’est pas possible de déduire les charges réelles (comme les achats de matériel ou les frais de déplacement) du chiffre d’affaires pour calculer les cotisations sociales et l’impôt.

Voici quelques options de statuts juridiques :

Lire aussi: Freelance : conseils pour bien démarrer

  • L’entreprise individuelle (EI) : il s’agit de l’exercice en nom propre de l’activité professionnelle. Aucune distinction n’est opérée entre le patrimoine personnel et le patrimoine professionnel. En cas de dettes, l’entrepreneur est indéfiniment responsable des dettes professionnelles sur l’ensemble de son patrimoine personnel, à l’exception de sa résidence principale. L’entrepreneur individuel est affilié au régime social des travailleurs indépendants. Le principal avantage de l’entreprise individuelle est qu’elle permet de créer rapidement et facilement son entreprise. De plus, si vous souhaitez créer une entreprise individuelle, vous n’avez pas de capital social à verser. Toutefois, l’entreprise individuelle possède des inconvénients qu’il est important de prendre en compte si on souhaite se lancer. Tout d’abord, si vous avez pour ambition de lancer une entreprise individuelle, vous devez payer des charges sociales élevées.
  • L’EIRL : il s’agit d’une entreprise individuelle à responsabilité limitée.
  • L’EURL : il s’agit d’une société à responsabilité limitée unipersonnelle. Des statuts doivent être rédigés et un gérant représente légalement l’entreprise. L’un des principaux avantages de l’EURL est la limitation de la responsabilité financière de l’associé unique. Cependant, la création et la gestion d’une EURL peuvent également présenter des défis importants. Les démarches administratives pour établir une EURL peuvent être complexes et nécessitent une attention particulière à la conformité avec les réglementations en vigueur.
  • La SASU : il s’agit d’une société par actions simplifiée unipersonnelle. Des statuts doivent être rédigés et un président représente légalement l’entreprise. Le président associé unique est affilié au régime général de la sécurité sociale dès l’instant où il perçoit une rémunération. Si vous exercez en SASU : vous êtes affilié au régime général de la sécurité sociale si vous vous versez une rémunération. L’avantage principal de la SASU réside dans sa grande liberté contractuelle, permettant à l’associé unique de structurer l’entreprise selon ses propres critères, sans être contraint par des dispositions légales spécifiques. Cependant, la création et la gestion d’une SASU possède également des inconvénients. Les démarches administratives pour mettre en place une SASU peuvent être longues et complexes. En effet, elles nécessitent souvent l’assistance d’un professionnel juridique pour s’assurer de la conformité aux réglementations en vigueur.
  • Le portage salarial : est une forme d’emploi qui combine des éléments du travail salarié et de l’indépendance. Dans le cadre du portage salarial, le freelance signe un contrat de travail avec une entreprise de portage salarial. Cette entreprise agit comme un intermédiaire entre le freelance et les entreprises clientes. L’avantage principal du portage salarial pour le freelance est la sécurité sociale et les avantages du salariat, tels que l’assurance chômage, la cotisation retraite et la couverture santé.

Aucun statut juridique n’est plus approprié que les autres, tout dépend de votre projet et de vos attentes.

Attention : En EIRL et en EURL, le choix du régime d’imposition des bénéfices impacte la base de calcul de vos cotisations sociales. Lorsque vous choisissez l’imposition à l’IRPP, vos cotisations sociales sont calculées sur votre bénéfice professionnel.

Les régimes de TVA

  • La franchise en base de TVA : vous êtes exonéré de TVA (vous facturez en hors taxes et vous ne récupérez pas la TVA sur vos dépenses).
  • Le régime réel simplifié de TVA : vous êtes assujetti à la TVA.
  • Le régime réel normal de TVA : vous êtes assujetti à la TVA.

Financement et aides

Les modalités de rupture de votre contrat de travail détermineront les dispositifs d’aide à la création dont vous pourrez bénéficier.

Voici quelques aides financières disponibles :

  • L’ACRE consiste en une exonération temporaire de cotisations sociales accessible à bon nombre d’entrepreneurs. Depuis le 1er janvier 2019, l’ACRE est accordée à toutes les personnes qui créent une activité professionnelle (sauf pour ceux qui sont au régime micro-social).
  • Le maintien des ARE, qui consiste en un maintien, sous conditions de ressources, du versement des allocations chômage pour le créateur d’entreprise.
  • L’ARCE, qui consiste en un versement sous la forme d’un capital d’une partie des droits à indemnisation.

Dans cette optique, la configuration idéale est d’exercer votre activité de freelance en EURL ou en SASU à l’impôt sur les sociétés. Ainsi, vous pouvez prévoir au démarrage que vos fonctions de dirigeant ne seront pas rémunérées, et ainsi continuer à percevoir l’intégralité de vos allocations jusqu’au terme de vos droits.

Lire aussi: Devenir DBA Freelance

A noter: si vous devenez freelance après votre inscription à France Travail (anciennement Pôle Emploi), le montant de vos droits au chômage sera recalculé en fonction des revenus générés par votre activité de freelance.

Préparation et compétences

Avant de vous lancer en freelance, vous devez vous assurer que vos compétences professionnelles sont solides et bien ancrées dans votre domaine d’expertise. Par conséquent, investir dans le perfectionnement de vos compétences, rester à l’affût des tendances émergentes de votre secteur et rechercher activement des opportunités d’amélioration continue sont des démarches non seulement recommandées, mais indispensables pour prospérer dans le monde compétitif du freelance.

La première étape consiste à identifier votre domaine d’expertise. Une fois que vous avez identifié votre domaine, l’étape suivante consiste à développer votre expertise dans ce domaine.

A noter: la plupart des freelances ont d’abord acquis de l’expérience en tant que salariés, généralement dans le même domaine ou dans un domaine connexe.

En tant que freelance, il est essentiel de bien organiser son activité. D’abord, la gestion du temps, en tant que freelance, et surtout si vous gérez plusieurs clients simultanément, vous devez apprendre à organiser efficacement votre temps. Cela implique de prioriser vos tâches, d’établir des échéanciers réalistes et de respecter les délais. Ensuite, pour ce qui est de la gestion de l’entreprise, cela comprend la gestion financière, le droit contractuel, la fiscalité et le droit social.

Comment organiser son temps en freelance

Trouver des missions

Pour travailler en freelance, il est indispensable de trouver des missions. Il existe de nombreux sites spécialisés dans les missions pour freelance, où vous pourrez éditer une page de profil et permettre aux utilisateurs de vous contacter, et répondre également à des offres de mission. Inutile de vous inscrire sur des dizaines de plateforme, il faut sélectionner les plus performantes d’entre elles.

Ensuite, il est possible de travailler avec d’autres freelances aux compétences complémentaires. Cela permet de mettre en place un réseau et d’obtenir des missions grâce à des recommandations. Il s’agit toutefois d’un processus qui demande généralement du temps avant de porter ses fruits.

Pour trouver des clients en freelance, vous pouvez utiliser plusieurs stratégies efficaces. Tout d’abord, le réseautage est essentiel. Exploitez votre réseau professionnel et social pour trouver des opportunités de travail. Créez également un portfolio en ligne professionnel pour mettre en avant vos compétences et réalisations. Enfin, participez à des appels d’offres sur des forums ou des plateformes dédiées pour saisir des opportunités de travail.

missions freelance

Définir ses tarifs

La rémunération en freelance est librement fixée par le travailleur indépendant. C’est lui qui fixe ses tarifs. Le plus souvent, les freelances fonctionnent en tarif horaire, en jour homme ou en forfait. Il faut cependant garder en tête que le chiffre d’affaires ne correspond pas à sa rémunération.

La plupart des personnes qui débutent en freelance ont tendance à se dévaluer et proposent souvent un TJM en deçà de leurs compétences réelles. Si vous ne voulez pas mettre votre activité en difficulté, vous devez apprendre à fixer un bon TJM. Vous devez trouver un équilibre entre des tarifs compétitifs qui vous permettent de rester attractif sur le marché et des prix qui reflètent la valeur de vos services.

N’oubliez pas que vos tarifs doivent non seulement couvrir vos coûts opérationnels et vos dépenses personnelles, mais aussi refléter le niveau de qualité, d’expertise et de valeur ajoutée que vous offrez à vos clients.

Calculer son Tarif Journalier Moyen (TJM) est une étape essentielle pour tout freelance. Pour le calculer, commencez par estimer vos charges annuelles. Ensuite, déterminez le revenu que vous souhaitez dégager. Puis, estimez le nombre de jours travaillés par an. Votre TJM peut évoluer en fonction du marché, de votre expérience et de la nature de vos projets. Il est donc recommandé de le réévaluer régulièrement.

A noter: le TJM est une moyenne : pour certains projets, vous pourrez facturer plus, pour d’autres moins.

Budget et fiscalité

Ici, l’objectif est de recenser toutes les dépenses que vous allez devoir engager pour exercer votre activité et tous les frais nécessaires au fonctionnement de votre entreprise.

Les modalités de calcul de vos cotisations sociales dépendront des options juridiques et fiscales choisies lors de la création de votre entreprise (voir ici).

  • Vous êtes affilié au régime des travailleurs indépendants et avec opté pour l’imposition de vos bénéfices professionnels en votre nom (à l’IRPP) : le montant de vos cotisations sociales est calculé sur la base de votre bénéfice.
  • Vous êtes affilié au régime des travailleurs indépendants et avec opté pour l’imposition de vos bénéfices professionnels à l’impôt sur les sociétés : le montant de vos cotisations sociales est calculé sur la base de vos rémunérations et, le cas échéant, d’une partie de vos dividendes (1).
  • Vous êtes affilié au régime général de la sécurité sociale : le montant de vos cotisations sociales est calculé sur la base de vos rémunérations.

(1) Le travailleur indépendant est redevable de cotisations sociales sur la quote-part de ses dividendes qui excède 10% du capital social, des primes d’émission et des apports en compte courant (exercice en société à l’IS), ou 10% du patrimoine affecté ou du bénéfice réalisé si cette valeur est plus importante (exercice en EIRL).

Pour une activité de freelance indépendant, les impôts et taxes à prévoir sont relativement limités.

  • La cotisation foncière des entreprises (CFE). Si vous domiciliez votre entreprise chez vous et que vous exercez votre entreprise chez vos clients, il faut budgétiser la cotisation minimale de CFE. Son montant varie en fonction de la commune dans laquelle se trouve l’adresse de votre entreprise. Afin d’obtenir une estimation de ce montant, il faut vous rapprocher de votre service des impôts. Si vous domiciliez votre entreprise chez vous et que vous exercez votre activité directement chez vos clients, vous serez tout de même redevable de la cotisation minimale.
  • L’impôt sur les bénéfices. En fonction des options juridiques et fiscales choisies lors de la création de votre entreprise, vous pourrez relever du régime de l’impôt sur les sociétés ou supporter personnellement l’imposition des bénéfices de votre entreprise.
  • La TVA. Sauf si vous optez pour la franchise en base de TVA, vous devez appliquer le taux normal de TVA sur le montant hors taxes des prestations que vous facturez.

Tableau récapitulatif des statuts juridiques et leurs implications fiscales :

Statut Juridique Responsabilité Régime Fiscal Affiliation Sociale
Entreprise Individuelle (EI) Responsabilité illimitée Impôt sur le Revenu (IR) Travailleurs Indépendants (TNS)
EIRL Responsabilité limitée au patrimoine affecté Impôt sur le Revenu (IR) ou Impôt sur les Sociétés (IS) Travailleurs Indépendants (TNS)
EURL Responsabilité limitée aux apports Impôt sur le Revenu (IR) par défaut, option pour l'Impôt sur les Sociétés (IS) Travailleurs Indépendants (TNS)
SASU Responsabilité limitée aux apports Impôt sur les Sociétés (IS) par défaut, option temporaire pour l'Impôt sur le Revenu (IR) Régime Général de la Sécurité Sociale (assimilé salarié)
Portage Salarial Pas de responsabilité directe (gestion par la société de portage) Impôt sur le Revenu (IR) Régime Général de la Sécurité Sociale (salarié)

Erreurs à éviter

C’est l’un des premiers écueils que rencontre l’indépendant qui débute. En effet, beaucoup de freelances ont du mal à trouver des clients quand ils débutent leurs activités. Si vous êtes dans ce cas, vous devez apprendre à prospecter intelligemment.

Un piège à éviter quand on devient créateur d’entreprise sans expérience est de démarcher n’importe qui. Informez-vous, regardez ce qui se fait sur internet, suivez les entrepreneurs qui vous inspirent et créez-vous une véritable stratégie de développement. Analysez votre cible (persona) pour trouver vos clients idéaux.

L’un des pièges les plus fréquents quand on débute en freelance, c’est de vouloir tout proposer. Par peur de rater des opportunités, ou parce qu’on ne sait pas encore exactement où se positionner, on finit parfois par présenter une offre trop vague ou trop large… au risque de perdre en crédibilité.

Les avantages et inconvénients du freelancing

Au-delà de la liberté offerte par ce « statut », devenir freelance est un statut qui offre de nombreux avantages. Dans un monde hypermobile, qui a vu le traditionnel modèle du travail au bureau être remis en question par la crise du Covid-19, le freelancing émerge comme le choix de nombreux travailleurs.

  • Avoir son propre rythme de travail : en devenant freelance, vous travaillez quand vous voulez.
  • Vivre de sa passion : la plupart des salariés qui choisissent de devenir freelance, le font pour pouvoir vivre de leur passion.

Les motivations peuvent varier d’une personne à une autre, afin de vous éclairer sur la question, nous vous présenterons une panoplie d’avantages et d’inconvénients liés au choix d’être un freelance. Comme indiqué juste avant, les motifs peuvent être divers.

Avantages

  • La flexibilité professionnelle est un avantage majeur. En tant que freelance, vous avez la liberté de définir votre emploi du temps en fonction de vos préférences et contraintes personnelles.
  • Le choix des projets est un autre aspect attrayant du freelancing. Vous avez la possibilité de sélectionner les projets qui vous intéressent et qui correspondent à vos compétences et passions.
  • La liberté géographique est également un avantage significatif du freelancing. Le travail à distance est souvent possible, ce qui vous permet de travailler de n’importe où dans le monde.
  • En ce qui concerne le potentiel financier, bien que le salaire freelance puisse être variable, certains freelancers réussissent à gagner un revenu confortable, voire supérieur à celui d’un emploi traditionnel.
  • L’autonomie professionnelle est un autre aspect attrayant du freelancing. En tant que freelance, vous êtes votre propre patron.
  • Enfin, le freelancing offre l’opportunité de développement personnel et professionnel. Vous avez la chance de développer une grande variété de compétences, notamment en matière de gestion de projet, de marketing personnel et de relations clients.

Inconvénients

  • L’instabilité financière est un défi majeur.
  • Le manque de sécurité de l’emploi est un autre inconvénient. Contrairement à un emploi traditionnel, il n’y a pas de garantie d’avoir un flux constant de travail ou de contrats à long terme en freelance.
  • La recherche constante de clients est également un défi.
  • La charge de travail variable est un autre aspect à considérer. Les freelancers peuvent parfois faire face à des périodes de surcharge de travail suivies de périodes plus calmes.
  • La gestion administrative et comptable est une autre responsabilité importante.
  • Bon à savoir : Les freelances doivent tenir une comptabilité rigoureuse et conserver toutes les pièces justificatives liées à leur activité professionnelle pour faciliter leurs déclarations fiscales et sociales.
  • L’isolement professionnel peut également être un défi.
  • L’absence d’avantages sociaux est un autre inconvénient.
  • Enfin, le défi de l’équilibre vie professionnelle-vie personnelle est un aspect important à considérer.

Ces inconvénients peuvent varier en fonction du domaine d’activité, du niveau d’expérience et des préférences personnelles de chaque individu. Cependant, ils constituent des défis courants auxquels de nombreux freelancers sont confrontés.

balises: #Freelance

Articles populaires: