Quelles sont les dépenses publiques selon l'INSEE

Les dépenses publiques en France se décomposent selon la classification COFOG et reflètent une dynamique complexe, pilotée par la protection sociale, les prestations sociales et les investissements publics. En 2024, les dépenses publiques représentent 5,8 % du PIB et s’établissent à 169,1 Md€, avec une croissance soutenue par l’inflation et les mesures nouvelles, malgré une baisse observée par rapport à l’année précédente. La dette publique au sens Maastricht augmente, et le besoin de financement des administrations publiques se répercute sur l’ensemble des sous-secteurs.

Évolution générale et principaux postes en 2024

En 2024, les dépenses publiques augmentent de +4,0 % en euros courants après +5,4 % l’année précédente, soutenues par les indexations salariales et les mesures nouvelles. Le solde des administrations publiques locales (APUL) demeure en déficit, mais son rythme d’augmentation est plus modéré (+1,5 %). Les ODAC (administrations centrales) diminuent à -2,2 Md€ après -1,4 Md€, et les ODAL (organismes divers d’administration locale) sont à -6,2 Md€ après +1,1 Md€ en 2024, marquant une première inversion depuis 2021. La dépense publique nationale atteint 5,1 % du PIB, avec une dynamique qui croît plus vite que l’activité économique dans certains postes.

Les recettes augmentent aussi, permettant de soutenir le niveau des dépenses, avec des prélèvements obligatoires maintenus et des mesures nouvelles qui accentuent la progression du coût du travail et des prestations publiques. La masse salariale des agents publics croît, et le gel du point d’indice dans la fonction publique depuis juillet 2024 pèse sur le montant des rémunérations et des pensions.

Répartition par fonction et évolution des postes clés

Les dépenses liées à la protection sociale constituent une part majeure du budget, et leur coût continue d’alourdir les dépenses publiques, en particulier compte tenu des revalorisations et de l’inflation. En 2024, les dépenses de protection sociale représentent environ 41 % des dépenses publiques, avec des prestations sociales et des pensions contribuant fortement à cette part. Les dépenses d’indemnisations et les prestations santé-médico-sociales progressent, malgré un recul des dépenses d’assurance maladie (Ondam) dans certaines années rétrospectives.

  • Les dépenses liées à la protection sociale totalisent environ 693 Md€ en 2024, soit une part stable de 41 % des dépenses publiques.
  • Les pensions et retraites constituent une part importante des dépenses sociales, avec des revalorisations liées à l’inflation et à l’évolution démographique.
  • Les dépenses liées à l’éducation, à la sécurité et à la défense restent des postes significatifs, mais les dépenses d’affaires économiques affichent une légère baisse en 2024, notamment en raison de la suppression du bouclier tarifaire sur l’électricité et d’un contexte inflationniste en diminution.
  • Les organismes locaux et les collectivités territoriales voient leurs dépenses et leurs recettes évoluer différemment selon les années, avec un soutien continu mais des marges de manœuvre contraintes.

Dans le cadre des simulations budgétaires 2025, les dépenses publiques devraient continuer à croître, à un rythme estimé autour de +2,5 %, après +4,0 % en 2024, avec des effets de la conjoncture et des mesures fiscales nouvelles. Le solde des ASSO (associations) se dégrade légèrement en 2025, mais les recettes continuent de croître parallèlement.

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Dette publique et financement

La dette publique au sens Maastricht augmente de 154,4 Md€ en 2025 et s’établit à 3 460,5 Md€, soit 115,7 % du PIB fin 2025, contre 112,6 % fin 2024. Le court terme et les crédits affichent des soldes variables, et le désendettement de certains organismes (par exemple, la Caisse nationale des autoroutes) s’inscrit dans une logique de consolidation budgétaire. Le financement de la dette repose sur l’ensemble des administrations publiques, avec des contributions variables des ODAC et des ODAL.

Qu’est-ce que la dette publique ? | Banque de France

Important sur les données et les sources

Les données chiffrées sont parfois arrondies selon les règles mathématiques et se réfèrent à des tableaux et fiches méthodologiques publiés par l’INSEE et les organismes associés (COFOG, tab. 3.215 et Information Rapide no78). Les évolutions des dépenses publiques tiennent compte des prestations sociales, des rémunérations, de l’investissement et des aides économiques accordées aux entreprises et aux ménages, ainsi que des dépenses liées à l’énergie et à l’inflation. La comparaison internationale s’appuie sur la COFOG et la comptabilité nationale, avec une approche reflétant les particularités françaises et les règles de consolidation des administrations publiques.

Éléments discutés et observations

  1. En 2024, les dépenses publiques augmentent plus vite que l’activité dans certains postes, notamment en raison des mesures nouvelles et du coût des prestations sociales.
  2. En 2025, les dépenses publiques devraient connaître une croissance modérée (+2,5 %) après +4,0 % en 2024, avec un effet de maîtrise des dépenses d’énergie et des pensions.
  3. La dette publique augmente et le ratio dette/PIB se maintient à un niveau élevé, nécessitant une gestion budgétaire prudente des ressources et des dépenses.

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