Conséquences du dépôt de bilan d'une entreprise sur l’arrêt maladie d’un salarié et le paiement des indemnités maladie professionnelle

Êtes-vous salarié en arrêt maladie dans une entreprise proche du dépôt de bilan ? Avez-vous des doutes sur le paiement de vos indemnités de maladie professionnelle ? Cet article tombe à pic.

Le salarié est en arrêt maladie du fait d’une maladie professionnelle. Il a droit à des indemnités journalières sous forme de rente viagère ou forfaitaire. La situation se complique lorsque l’entreprise qui est censée lui payer ces indemnités dépose le bilan. En principe, ce salarié va être licencié lors de l’ouverture de la procédure collective. Il conserve néanmoins le droit de percevoir de diverses indemnités selon sa situation. Dans cet article, de nombreux points seront élagués :

La définition de la maladie professionnelle et ses implications

La maladie professionnelle est qualifiée comme telle lorsque elle découle des activités professionnelles de l’individu. Le travail peut être physiquement risqué ou dangereux pour la santé, comme dans le cas de manipulations de matériaux ou produits dangereux (amiante étant l’exemple le plus populaire).

La reconnaissance d’une maladie professionnelle se fait par le biais d’un tableau de maladies professionnelles, géré par le Comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles (CRRMP). Le tableau prévoit les conditions nécessaires pour qu’une maladie soit professionnelle. Toutefois, si la maladie est prouvée comme liée au travail même en dehors du tableau, le salarié bénéficie des mêmes indemnités. De même, si la maladie entraîne une incapacité de travail de 25% (ou décès), les mêmes bénéfices sont alloués au travailleur.

Le régime des indemnités de maladie professionnelle

L’arrêt de travail entraîne le paiement d’une indemnisation par la CPAM (ou MAS). Les indemnités journalières sont versées jusqu’à la fin de l’arrêt ou sa consolidation, tant que l’incapacité persiste. Le bénéfice est limité à une période de 3 ans en cas de maladie longue ou chronique. Pour en bénéficier, il faut remplir des conditions liées à la durée et au niveau de cotisation sur les périodes qui précèdent l’arrêt.

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D’abord, indemnités journalières pendant 6 premiers mois si le salarié a travaillé au moins 150 heures durant les 3 mois avant l’arrêt et s’il a cotisé sur un salaire équivalant à 1 015 fois le Smic horaire pendant les 6 mois précédant l’arrêt. Ensuite, après les 6 premiers mois, l’éligibilité dépend d’un cumul d’affiliation à la sécurité sociale sur 12 mois avant l’arrêt et des heures et cotisations sur les 12 mois précédents (600 heures de travail et 2 030 fois le Smic horaire). En cas d’incapacité permanente, la consolidation fixe un taux d’incapacité et ouvre droit à une rente viagère ou à une indemnité forfaitaire en capital.

Le paiement des indemnités en cas de dépôt de bilan

Les indemnités pour maladie professionnelle constituent des créances salariales protégées. Le régime applicable est celui des créances salariales (Code de commerce: articles L1226-17 et suivants, et articles L. 3253-15, L. 3253-19 à L. 3253-21). En procédure collective (sauvegarde, redressement, liquidation), ces indemnités bénéficient d’un privilège et doivent être payées en priorité par les fonds disponibles. Elles doivent être signalées au mandataire judiciaire pour le traitement des créances.

En pratique, le mandataire judiciaire vérifie les créances, établit un relevé de créances salariales et obtient le visa du représentant des salariés et du juge commissaire pour la publicité et la notification des créances.

Le licenciement du salarié et le paiement des indemnités

Le salarié victime d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle est protégé par la loi: le contrat, suspendu pendant l’arrêt maladie, ne peut être rompu pendant cette période, et le licenciement ne peut être fondé sur l’état de santé ou le handicap du salarié. Néanmoins, des exceptions existent en cas de faute grave ou d’impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger à l’accident ou à la maladie, notamment le licenciement pour motif économique.

En cas de dépôt de bilan avec liquidation judiciaire, le liquidateur intervient auprès de la CPAM pour rétablir la situation des salariés indemnisés. Les indemnités journalières doivent être versées jusqu’à la fin du contrat de travail. Après le dépôt de bilan, l’assurance maladie continue de verser les IJ tant que l’arrêt est médicalement prescrit, même après rupture du contrat, sous réserve du respect des conditions d’ouverture des droits et de la poursuite de la prescription médicale.

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Intervention de l’AGS et garanties des indemnités

En cas d’impayés, l’AGS (Association pour la gestion du régime de garantie des créances des salariés) garantit les indemnités pour maladie professionnelle, avec les autres créances salariales. L’AGS verse les sommes au mandataire judiciaire lorsque les fonds disponibles sont insuffisants. Si le liquidateur omet de transmettre le relevé ou de constituer le dossier, le salarié peut faire valoir ses droits directement auprès de l’AGS avec les justificatifs appropriés.

Le droit du salarié en arrêt maladie en cas de licenciement après le dépôt de bilan

Un licenciement pendant un arrêt maladie est légal s’il s’agit d’un licenciement économique lié à la liquidation judiciaire, et non d’un licenciement fondé sur l’état de santé du salarié. Le contrat est suspendu mais non rompu; la rupture intervient à la date indiquée dans la lettre de licenciement. Le salarié conserve ses droits à indemnités et à l’assurance maladie, et peut être éligible à des prestations d’accompagnement comme l’AME ou l’ATI sous conditions. L’AGS assure le paiement des indemnités de licenciement et du préavis éventuel, même en cas d’insolvabilité de l’employeur.

Procédure et rôles clés

  • Le liquidateur détermine les contrats en cours et notifie les ruptures en raison du motif économique.
  • Le relevé de créances salariales est transmis à l’AGS pour garantie.
  • Les indemnités de licenciement et de préavis peuvent être versées par l’AGS même après liquidation, dans un délai moyen de 4 à 6 semaines après validation.
  • Les indemnités journalières continuent d’être versées par la CPAM tant que l’arrêt est prescrit.

Dans le cadre de la procédure, même en arrêt maladie, vous pouvez être amené à signer un mandat entre vos mains et un avocat pour représenter vos droits et accélérer les démarches de dépôt de bilan et de liquidation. Le mandat permet à l’avocat de préparer et déposer les documents, de vous représenter lors des audiences et de vous libérer des contraintes physiques liées à l’incapacité temporaire.

Cas pratiques et conseils

Exemple: Sylvain, technicien en maintenance, découvre que son entreprise a déposé le bilan alors qu’il est en arrêt maladie. Sans avertissement, son contrat est rompu et il se demande s’il touchera ses indemnités. La réalité montre que les indemnités journalières seront maintenues si les conditions d’ouverture des droits à l’assurance maladie sont réunies, et que l’AGS prendra en charge les indemnités liées au licenciement s’il y a liquidation.

Points clés à retenir lorsque vous êtes en arrêt maladie face à un dépôt de bilan :

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  • Votre arrêt maladie ne protège pas contre un licenciement économique lié à la liquidation judiciaire.
  • Le contrat est suspendu mais pas rompu; la rupture suit la lettre de licenciement et les règles du droit du travail.
  • Les indemnités journalières demeurent versées tant que l’arrêt est médicalement prescrit, même après la rupture du contrat.
  • Les indemnités liées à la maladie professionnelle restent des créances salariales garanties par l’AGS.
  • Présentez rapidement les justificatifs à la CPAM et au mandataire judiciaire; contactez l’AGS en cas de retards de versement.

La Minute de vos Droits - Arrêt maladie, quelles démarches à effectuer ?

Tableau récapitulatif des droits et étapes

Événement Effets sur le salarié Acteurs et garanties
Dépôt de bilan et ouverture d’une liquidation Suspend le contrat; possible licenciement économique Liquidateur, CPAM, AGS; droits protégés par le droit du travail
Indemnités journalières (IJ) Versées tant que l’arrêt est prescrit; non liées au maintien du contrat CPAM ou MAS; conditions d’ouverture des droits
Indemnités de licenciement et préavis Garanties par l’AGS; paiement même en cas d’insolvabilité AGS; mandataire judiciaire
Failles ou fautes de gestion Responsabilité possible du dirigeant en cas fautes avérées Tribunal, responsabilité civile, pouvoirs du liquidateur

Pour faire face à un dépôt de bilan pendant un arrêt maladie, activez rapidement vos droits: indemnités journalières, inscription à France Travail après rupture, recours à l’AGS pour les salaires impayés, et vérifiez les éventuels maintien partiel de salaire prévu par la convention collective.

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