Comment devenir associé avec un franchisé : guide complet pour se lancer à deux
Vous êtes deux amis souhaitant devenir vos propres patrons et vous vous interrogez sur l'ouverture d'une franchise à deux, probablement dans la restauration rapide. Ce guide rassemble les informations essentielles pour comprendre les enjeux humains, juridiques et financiers d'une association en franchise, étapes de préparation, choix du statut, financement, contrat et fonctionnement au quotidien.
Pourquoi s'associer pour ouvrir une franchise ?
D'un point de vue humain, ce dernier dispositif est souvent positif en franchise, car lorsque les profils sont complémentaires vous doublez la valeur ajoutée pour votre exploitation. De même, vous ne subissez plus l'effet négatif de la solitude du dirigeant, enfin vous pouvez organiser vos congés en étant plus rassuré. À deux, on est toujours plus fort. Et, avant tout, le partenaire est aussi un entrepreneur qui doit avoir la motivation et l’envie de se lancer.
Qui dit association dans une entreprise, dit partage des bénéfices mais aussi… limitation des risques. Pour un franchiseur, faire appel à des investisseurs peut permettre de gagner du temps et de dégager des fonds supplémentaires pour un développement plus rapide. Devenir franchisé avec un associé est une bonne idée pour partager les risques et les responsabilités qu'implique la mise en place d'une franchise. Il est également plus facile de trouver des investisseurs ou d'obtenir des prêts bancaires lorsque l'on est plusieurs.
Complémentarité des profils et organisation opérationnelle
Dans une grande majorité des cas, le choix de s 'associer avec un tiers résulte d’une nécessité. La création d’une entreprise avec un partenaire est une excellente façon pour pallier à certaines de vos déficiences. Parmi les deux créateurs, si l’un est excellent dans le service client, le second pourra être très performant dans la gestion logistique par exemple. Il faut en effet que les deux futurs partenaires soient complémentaires et que cette complémentarité soit bénéfique pour la future entreprise.
Il est important de ne pas laisser faire à l’autre ce que vous ne voulez pas faire. Trouver un partenaire qui vous complète est une excellente façon de limiter les risques de commettre des erreurs graves. Tous les experts le recommandent, il faut à tout prix éviter une cogérance avec 50% des parts du capital pour chacun des associés. C’est pourquoi avant même de se lancer il faut déterminer l’apport des deux associés et surtout transcrire ces accords par écrit, vous vous éviterez ainsi de futurs déconvenues.
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Aspects juridiques : statut et contrôle du capital
La franchise n’ayant pas de statut juridique en particulier, il sera nécessaire de choisir celui qui répond le mieux aux besoins de l’activité. S’il prévoit de se lancer seul, il devra privilégier les sociétés unipersonnelles (SASU ou EURL). Pour développer un projet à plusieurs, il est recommandé de choisir entre la SAS et la société à responsabilité limitée.
Que l’on choisisse de créer son entreprise en SARL ou SAS, il est conseillé de conclure un pacte entre associés. La Société par Actions Simplifiées (SAS) est basée sur des statuts flexibles, facilitant la détention de plusieurs points de vente. La Société à Responsabilité Limitée (SARL) offre une responsabilité limitée aux fonds propres apportés dans la société et un encadrement plus formel concernant sa gestion.
Par définition, un associé est une personne physique ou une personne morale qui aura apporté des apports au capital d’une société (en numéraire, nature ou industrie) et qui par déduction, détiendra des parts de ce capital. La différence avec un actionnaire, c’est que l’associé pourra avoir un droit de regard et de décision sur la gestion de la société.
En général, il est conseillé qu’un des associés ait le contrôle de la gouvernance au minimum à 51% du capital. Les contrats de franchise sont conclus intuitu personae, c’est-à-dire en considération de la personne physique du dirigeant de la société franchisée, qui s’oblige à garder le contrôle et la majorité du capital pendant toute la durée du contrat. Attention dans ce cas au blocage de fonctionnement : l’association à parts égales suppose que toutes les décisions concernant le fonctionnement de la société soient prises à l’unanimité.
Pacte d'associés et règles internes
Il faudra veiller à établir un pacte d'associés qui tienne la route. Il est conseillé de conclure un pacte entre associés. Avant même de se lancer il faut déterminer l’apport des deux associés et surtout transcrire ces accords par écrit, vous vous éviterez ainsi de futurs déconvenues. Parmi les deux créateurs, si l’un est excellent dans le service client, le second pourra être très performant dans la gestion logistique par exemple.
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Par exemple le montant maxi de vos invitations personnelles, l'utilisation de la voiture de la société, les notes de frais... Il vous faudra bien stipuler vos règles internes avant le démarrage de l'activité.
Le rôle du franchiseur et la question du capital
D'un point de vue juridique, le franchiseur préfèrera avoir un associé majoritaire au capital, pour des raisons de visibilité et de praticité. S’il y a une participation du franchiseur au capital de la société franchisée, cette fameuse « franchise participative » peut organiser une véritable dépossession du franchisé de son entreprise. Souvent présentée comme une pratique vertueuse permettant la facilitation du financement, la franchise participative a en réalité pour conséquence la privation du franchisé de la prise des décisions stratégiques sans l’accord du franchiseur.
L’associé minoritaire, qu’il soit parent ou un tiers investisseur, compte généralement peu pour le franchiseur, à partir du moment où il ne s’agit pas d’un concurrent. Un associé investisseur est souvent un partenaire « dormant », son apport des capitaux peut être rémunéré par une distribution prioritaire des dividendes et sa sortie peut être réglementée par un pacte d’associés conclu dès la création de la société.
Préparer le projet : bilan personnel, formation et business plan
La création d’entreprise en franchise doit se préparer avec minutie. Un tel projet nécessite par exemple la réalisation d’un bilan personnel et l’élaboration d’un business plan. Le bilan personnel est un travail d’introspection qui consiste à estimer votre propre motivation ainsi que vos aspirations pour se lancer dans l’entrepreneuriat.
En gage de sérieux et d’implication, tout entrepreneur souhaitant devenir franchisé doit rédiger un business plan. Ce document professionnel est aussi important pour le futur franchisé que pour la banque prêteuse et le franchiseur. Il permet de mettre en lumière les principaux éléments qui forment la faisabilité économique du projet. Le document professionnel développera également une partie dédiée aux aspects financiers, avec un compte de résultat prévisionnel établi sur cinq ans.
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Il s’agit de l’argent emprunté à des proches (famille, amis). L’apport personnel est l’un des critères clé pour ouvrir une franchise. Il s’agit de la somme personnelle que vous devez investir. Il est souvent exigé par le franchiseur et aussi par l’établissement où vous souscrivez un emprunt. En effet, le montant de l’apport personnel doit couvrir au moins un tiers de tout l’investissement.
Étapes pratiques avant signature
- Vous pouvez notamment prévoir de passer une formation initiale pour vous préparer au métier d’entrepreneur, ou encore vous spécialiser dans le secteur d’activité de la franchise que vous souhaitez ouvrir.
- Pour sélectionner le franchiseur idéal, il vous faudra faire vos propres recherches sur les réseaux de franchise. Il est conseillé de se rendre aux portes ouvertes de la franchise cible et de prendre contact avec les franchisés, voire de les rencontrer (la mise en relation est primordiale pour le développement de réseau).
- Le futur franchisé ne doit pas négliger la lecture et l’analyse du document. Il ne faut pas qu’il hésite à se faire accompagner par un prestataire spécialisé.
- Quelques semaines avant la signature du contrat de franchise, le franchiseur a l’obligation d’en fournir aux intéressés le Document d’information précontractuel (DIP).
Coûts et financement : droits d'entrée, redevances et aides
En plus des frais classiques de toute création de commerce, comme le droit au bail et travaux d'aménagement du local, l'achat du stock et de matériel, le recrutement de salariés, les assurances… des coûts supplémentaires s'ajoutent en franchise. A commencer par le droit d'entrée, imposé dans la plupart des réseaux et dont le montant varie selon l'enseigne et le secteur d'activité.
Dans les services à la personne, le droit d'entrée est généralement compris entre 5.000 et 15.000 euros ; dans la restauration et le commerce, c'est plus, avec des tickets d'entrée à 50.000 voire 100.000 euros pour les plus gros réseaux. Le droit d'entrée comprend souvent une formation initiale dispensée par la tête de réseau, mais pas toujours. Il arrive que cette formation, obligatoire pour démarrer, doive être financée en plus.
À cela s'ajoutent ensuite des redevances (ou royalties) qui se scindent en deux : les redevances d'exploitation et les redevances publicitaires. Le plus souvent, elles sont calculées selon un pourcentage du chiffre d'affaires du franchisé, en moyenne autour des 5 %.
Les banques sont souvent disposées à financer les projets de franchises, car il s’agit d’un modèle d’affaires déjà éprouvé. Certaines organisations, comme les réseaux d’accompagnement à la création d’entreprise (ex : Réseau Entreprendre, Initiative France), peuvent octroyer des prêts d’honneur. Il existe des aides spécifiques pour les créateurs d’entreprises en France, notamment pour les demandeurs d’emploi (comme par exemple l’ARCE ou l’ACRE). Il est également possible de lever des fonds via des plateformes de crowdfunding. Des investisseurs privés peuvent aussi être une option, particulièrement si votre franchise a un fort potentiel de croissance.
Choisir la bonne franchise et étudier le marché
Il est tout aussi important de vérifier si la franchise est capable de se distinguer de ses concurrents. Sa rentabilité dépendra notamment de la réputation et du sérieux du franchiseur. Le secteur alimentaire remporte actuellement la première place des franchises rentables.
Le futur franchisé devra par exemple se demander s’il souhaite ou non protéger son patrimoine personnel. L’emplacement doit constituer un élément déterminant dans le choix des partenaires. La franchise idéale devrait présenter également des opportunités dans la zone ciblée.
L’avantage à vouloir devenir franchisé, c’est de pouvoir s’appuyer sur le Document d’Information Précontractuel (DIP), mis à disposition par le franchiseur. Il contient, entre autres, les zones d’implantation des autres franchises. Par ailleurs, plus la franchise de l’entrepreneur est proche d’un centre logistique ou de la maison-mère, mieux c’est.
Contrat de franchise : clauses essentielles et contraintes
Le contrat en question est généralement valable pour une durée de 5 à 15 ans. La durée du contrat compte parmi les mentions obligatoires. À noter : comme cité précédemment, les franchisés sont tenus de payer un droit d’entrée et des redevances. Des dispositions particulières sur la marque du franchiseur figurent également dans la liste.
Il convient de rappeler qu’en signant le contrat de franchise de production, le franchiseur donne au franchisé l’accès à un savoir-faire de fabrication. Souvent, c’est avant de créer l’entreprise franchisée que le contrat de franchise est conclu. C’est un engagement financier d’une importance capitale. Une fois le contrat signé, le franchisé sera prêt à se lancer.
Il est possible de négocier une exclusivité territoriale, d'autant que « les contrats de franchise ne le confèrent plus systématiquement, comme c'était le cas auparavant ». À défaut d'une clause d'exclusivité territoriale, le futur franchisé doit au moins obtenir une garantie que personne ne puisse vendre de manière active dans son périmètre (tracts, démarchage téléphonique…).
Point essentiel : le contrat de franchise fixe les règles du site internet, ventes en ligne, click and collect, réseaux sociaux… Le franchiseur a les mains libres et pilote généralement le tout. Lorsqu'un site marchand existe, le franchisé doit avoir conscience que le franchiseur se réserve très souvent le droit de vendre en ligne à des clients situés sur son territoire sans lui reverser une part du chiffre d'affaires.
Entrer et sortir d’un réseau : contraintes et précautions
Pouvez-vous facilement quitter un réseau ? Oui, si la sortie intervient à la fin de la relation contractuelle (généralement 10 ans). Non, si vous souhaitez quitter le réseau en cours de contrat. Il faut se référer aux modalités de sortie, mais également aux clauses post-contractuelles très importantes, comme la clause de non-réaffiliation qui interdit de rejoindre un réseau concurrent pendant une certaine période et la clause de non-concurrence qui interdit d'exercer une activité similaire selon des conditions similaires.
En cas de reprise d'une franchise, il faut avoir en tête deux clauses importantes : le droit de préemption qui donne la priorité au franchiseur pour racheter aux conditions du candidat à la reprise, et la clause d'agrément. Le contrat de franchise étant intuitu personae, le franchiseur doit agréer le repreneur et vérifier que son profil est conforme.
Avantages et inconvénients de la franchise à plusieurs
- Avantages : bénéficier de l’image de marque et du savoir-faire du franchiseur ; accès facilité au financement ; modèle économique éprouvé ; partage des investissements et des ressources ; soutien du réseau en cas de difficultés.
- Inconvénients : investissement financier de départ souvent important ; versement d’une partie du chiffre d’affaires au franchiseur ; contraintes de gestion imposées par le contrat ; longues heures de travail ; signature contraignante sur plusieurs années.
Conseils pratiques pour se lancer à deux
Si vous désirez vous lancer dans la création d’une franchise avec un partenaire, il est important que l’élément ayant motivé cette décision soit la nécessité. Dans votre future relation, il n’y aucune place pour les sentiments. L’émotionnel ne doit à aucun moment dicter vos décisions. L’émotionnel fera certes partie intégrante de votre relation (comment peut-il en être autrement lorsqu’on s’associe avec un ami ou un collègue?), mais ne doit avoir aucune influence sur vos choix.
Il est parfois possible de pouvoir gérer seul sa société et de disposer quand même de l'aide d'un associé financier. Faire appel à un investisseur peut permettre de gagner du temps tout en restant seul à la tête du projet. Faire appel à un professionnel vous permettra de mieux connaître le monde de la franchise et de pouvoir décider si vous deviendrez franchisé seul ou avec un associé.
Restauration Rapide : Le Secret Des Franchises Qui Cartonnent !
Checklist avant de signer
- Réaliser un bilan personnel et définir vos motivations communes.
- Rédiger un business plan et un budget prévisionnel sur 5 ans.
- Vérifier le DIP et rencontrer des franchisés du réseau.
- Choisir le statut juridique adapté (SAS, SARL…) et rédiger un pacte d’associés.
- Préciser la répartition du capital et la gouvernance (éviter 50/50 sans mécanismes de décision).
- Prévoir les règles internes (notes de frais, usage du véhicule, congés…).
- Anticiper le financement (apport personnel >= 1/3, prêts, aides, investisseurs).
- Négocier les clauses essentielles du contrat (territorialité, e‑commerce, redevances).
Derniers mots utiles
Sur le long terme, votre engagement et votre adaptabilité en tant que chef d’entreprise influeront énormément sur l’avenir de votre franchise. Si vous avez décidé de vous lancer et de devenir franchisé, vous êtes peut-être tenté par entreprendre une franchise avec un associé. Mais, vaut-il mieux gérer tout seul son affaire ou est-on plus fort lorsque l'on est accompagné ? Le choix doit se faire en connaissance de cause, en équilibrant compétences, apports et gouvernance, et en écrivant clairement les règles du jeu.
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