Histoire de la domesticité et de l’artisanat dans le faubourg en France

Le terme « domestique », qu’il soit utilisé en France ou en Nouvelle-France, était associé à : Des servants travaillant dans une maison Des servants agricoles Des serviteurs personnels Toute autre personne au service d’autrui, sans précisions.

Le terme domestique comprenait également tous les serviteurs, de tous types, travaillant pour les communautés religieuses et le personnel hospitalier, ce qui représentait un groupe important dans la colonie.

Au début de la Nouvelle-France, la plupart de ces domestiques étaient âgés d’environ 20 ans et venaient de la France sous des contrats d’engagement. Mais au fil du temps, la plupart des domestiques venaient de plus en plus de la colonie elle-même et étaient de plus en plus jeunes.

Profils, statuts et formes de recrutement des domestiques

Les domestiques pouvaient être des hommes ou des femmes, des adultes ou des enfants. Il n’était pas rare de voir les parents « louer » un ou plusieurs de leurs enfants en tant que domestiques à cause de la pauvreté.

Ces serviteurs peuvent également être des enfants orphelins, mis au service de leurs tuteurs ou, plus probablement, du Procureur de la Couronne.

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Un(e) domestique pouvait aussi être appelé(e) un serviteur(e), une serviteuse ou une servante.

Rôles et tâches selon le milieu

Dans un milieu urbain, le domestique était responsable de tous les travaux ménagers et même de la cuisine si son employeur appartenait à la classe supérieure, ou à un riche marchand, par exemple.

Dans les milieux ruraux, les domestiques effectuaient toutes sortes de tâches agricoles; ils défrichaient et cultivaient des terres, élevaient du bétail et s'en occupaient. Les femmes s'occupaient également du bétail et de la volaille et s'occupaient du potager, en plus de nettoyer la maison et de faire la lessive.

Les jeunes domestiques, dont le nombre augmentait à la fin du XVIIe siècle, étaient souvent trop faibles pour effectuer des tâches lourdes. On leur confia donc des tâches ménagères et de jardin, en plus de s'occuper des animaux.

La domesticité urbaine au XIXe siècle et la "chambre de bonne"

Au xixe siècle, que ce soit en France, en Allemagne, en Angleterre ou en Russie, un nombre croissant de jeunes femmes quittent les zones rurales pour les villes. Conséquence de l’industrialisation, de l’urbanisation et de l’ascension de la bourgeoisie, la demande de personnel domestique féminin y a augmenté.

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Ces femmes sont considérées comme signe d’un statut social élevé et de richesse au sein de la société bourgeoise.

Dans toute l’Europe, la domesticité prend des formes identiques : pour de nombreuses jeunes femmes, travailler comme bonne est le seul moyen d’accéder à une activité rémunératrice ne nécessitant ni formation, ni capital de départ propre. Les jeunes filles habitent dans la famille au service de laquelle elles travaillent, dont elles reçoivent un salaire en plus d’être nourries et logées.

À l’échelon le plus bas de la hiérarchie se trouvent les « bonnes à tout faire » qui, outre la tenue du foyer, sont souvent responsables des courses, des enfants, de la cuisine et de la couture.

La séparation spatiale est avant tout visible en France, où les domestiques de Paris vivent dans des « chambres de bonnes » au 6e étage, auxquelles on accède par un escalier de service.

Mobilité, marché du travail et vulnérabilités

Les domestiques femmes se distinguent par leur grande mobilité. « Prendre une place » implique presque toujours de changer de lieu. On quitte fréquemment la campagne pour une ville proche, mais au-delà d’une mobilité régionale existe aussi une mobilité transnationale : au xixe siècle, Paris attire de nombreuses jeunes filles originaires de tous les pays européens, ce qui est le cas d’autres grandes villes comme Budapest et Vienne.

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La plupart des bonnes viennent de couches sociales modestes et rurales. Ce sont souvent des raisons économiques qui mènent à la décision de travailler comme bonne : le foyer parental a ainsi un enfant de moins à nourrir, et les bonnes envoient leur salaire chez elles.

Les jeunes femmes veulent économiser de l’argent, apprendre à tenir un foyer et nouer des contacts avec des employeurs qui pourraient leur servir plus tard. Elles pensent ainsi augmenter leurs chances de trouver un mari et connaître l’ascension sociale en épousant un commerçant, un négociant ou un artisan. Cela n’arrive pourtant que dans environ un tiers des cas.

La recherche de travail prend une place importante dans la vie des bonnes, car les jeunes femmes changent fréquemment de place. Un véritable marché de la domesticité s’établit, caractérisé par de forts réseaux de sociabilités et d’amitié entre les jeunes femmes, mais aussi par la présence d’agences de placement, qui prélèvent des honoraires exorbitants et dont la réputation est souvent très mauvaise.

Aussitôt un employeur trouvé, on signe la plupart du temps un contrat de travail flexible à durée déterminée, où le temps de travail est quasiment illimité pour la bonne. Ces domestiques sont particulièrement vulnérables du fait du manque de réglementations juridiques, de leur incapacité à organiser leurs intérêts sur le marché du travail et de leur situation précaire dans le cas où elles perdaient leur travail.

Les jeunes femmes peuvent à tout moment et sans aucun motif particulier être mises à la rue, elles doivent alors de nouveau rechercher du travail, situation coûteuse en argent et en temps.

Évolutions du marché du travail féminin et fin de la domesticité traditionnelle

Au cours du xixe siècle, parallèlement à la redéfinition du rôle des femmes, s’opèrent une distanciation sociale et une transformation du rapport à la domination. Les domestiques cessent de faire partie de la famille.

Au tournant du siècle, il y a de moins en moins de postes de domestique à pourvoir, tandis que le nombre de bonnes baisse. On débat alors en Allemagne de « la question de la domesticité », ou comment continuer à combler ces besoins.

De plus en plus de femmes gagnent leur vie dans l’industrie, les bureaux, les grands magasins et les commerces, de même que dans le secteur des services, comme en blanchisserie ou en restauration.

La diminution du nombre de personnel domestique se poursuit sans discontinuer jusqu’à l’après-Seconde Guerre mondiale.

Seules les années 1920 et 1930 voient la tendance s’inverser brièvement. La hausse est surtout importante en Norvège, en Angleterre, en Belgique, en Italie, aux États-Unis et dans la Russie post-révolutionnaire, un peu plus faible en France. Cela s’explique par la crise économique mondiale, qui entraîne une fermeture du marché du travail aux jeunes femmes, de sorte qu’elles sont à nouveau plus nombreuses à tenter de pénétrer dans les foyers privés.

En Italie et en Allemagne, l’arrivée du fascisme entraîne aussi une inversion de la tendance : les femmes sont assignées au rôle de mère et d’épouse. Sur le plan idéologique, la valeur morale du travail domestique est mise en avant.

Après la Seconde Guerre mondiale, la domesticité a en grande partie disparu du monde professionnel, notamment parce que la classe moyenne ne peut plus se permettre d’avoir des domestiques.

Renaissance et transformations récentes

De façon surprenante, les dernières décennies du xxe siècle assistent à une nouvelle augmentation du nombre d’employés de maison en Europe et aux États-Unis. Venues d’Asie, ce sont principalement des femmes philippines qui travaillent comme aides ménagères, mais il y a aussi des femmes venant d’Europe de l’Est, d’Amérique latine et d’Afrique.

Aujourd’hui aussi, des aides ménagères sont requises en Allemagne, en France, en Italie et aux États-Unis, principalement pour permettre aux femmes ayant une famille d’exercer une profession. À la différence du xixe siècle, l’emploi de travailleuses domestiques n’est plus une question de statut, mais de besoin.

Pour autant, l’égalité entre femmes et hommes dans les pays européens se paie par une inégalité accrue entre classes sociales et entre pays. Il en est de même dans l’assistance aux personnes âgées et aux malades, ce sont souvent des femmes issues de l’immigration qui travaillent comme aides ménagères. La plupart d’entre elles sont mobiles sur une durée déterminée et effectuent des allers-retours transnationaux.

Faubourgs, artisans et liens entre domesticité et artisanat

Découvrez l'histoire captivante de l'artisanat en France, depuis ses origines ancestrales jusqu'à son évolution moderne. Les racines de l'artisanat en France ont des racines profondes qui remontent à l'Antiquité.

Les premiers artisans étaient des artisans itinérants qui parcouraient le pays en proposant leurs produits et services. Ils étaient hautement qualifiés et maîtrisaient des techniques artisanales spécifiques, transmises de génération en génération.

Au fil des siècles, l'artisanat en France s'est développé et diversifié. Les guildes artisanales ont été créées pour réglementer les métiers et garantir la qualité des produits. Les artisans étaient hautement respectés et considérés comme des experts dans leur domaine.

Pendant la Renaissance, l'artisanat en France a atteint son apogée. Les artisans ont créé des œuvres d'art magnifiques et des objets décoratifs de grande valeur. Les ateliers étaient des lieux d'innovation et de créativité, où les artisans repoussaient les limites de leur métier.

Au XIXe siècle, l'industrialisation a eu un impact sur l'artisanat en France. De nombreux métiers artisanaux ont été remplacés par des machines, ce qui a entraîné la disparition de certaines traditions. Cependant, l'artisanat a réussi à survivre grâce à des artisans passionnés qui ont continué à exercer leur métier avec fierté.

Aujourd'hui, les racines de l'artisanat en France restent solides. De nombreux artisans perpétuent les traditions ancestrales et transmettent leur savoir-faire aux générations futures. L'artisanat en France est une véritable source de fierté nationale et contribue à la richesse culturelle du pays.

Évolution des métiers et tensions urbaines

Au fil des siècles, l'artisanat en France a évolué pour s'adapter aux besoins et aux demandes de la société. Pendant le Moyen Âge, les artisans étaient principalement des paysans qui complétaient leurs revenus en fabriquant des produits artisanaux. Les métiers étaient souvent transmis de père en fils, assurant ainsi la continuité des traditions.

Au XIXe siècle, l'industrialisation a entraîné des changements importants dans l'artisanat en France. De nombreux métiers traditionnels ont été remplacés par des machines, ce qui a entraîné une baisse de la demande pour certains produits artisanaux. Cependant, certains artisans ont réussi à s'adapter à cette nouvelle réalité et à créer de nouvelles opportunités.

Au XXe siècle, l'artisanat en France a connu un renouveau grâce au mouvement de l'Art nouveau et de l'Art déco. Les artisans ont incorporé de nouvelles influences artistiques dans leurs créations, créant ainsi des œuvres uniques et innovantes. Aujourd'hui, l'artisanat en France continue de se réinventer en intégrant de nouvelles technologies et en explorant de nouveaux matériaux.

Métiers d'art et rayonnement international

La France est réputée pour ses métiers d'art emblématiques qui font sa renommée à travers le monde. Parmi ces métiers figurent la maroquinerie, la haute couture, la joaillerie, la céramique, la verrerie, la tapisserie d'Aubusson, la dentelle, la tabletterie et bien d'autres encore.

Ces métiers d'art sont le fruit d'une longue tradition et d'un savoir-faire exceptionnel. Les artisans qui les pratiquent sont des maîtres dans leur domaine et produisent des pièces uniques et de grande qualité. Leurs créations sont souvent exposées dans des musées et des galeries d'art à travers le monde.

De nombreux artisans français exportent leurs créations à l'étranger, contribuant ainsi au rayonnement de l'artisanat français à l'international. Les pays étrangers reconnaissent la valeur des produits artisanaux français et les intègrent souvent dans leur patrimoine culturel.

L'artisanat français est également mis en valeur lors d'événements internationaux tels que les expositions et les foires artisanales. Ces événements offrent une vitrine aux artisans français et leur permettent de partager leur travail avec un public international. L'artisanat français dans le monde est un véritable ambassadeur de la culture française. Il témoigne de l'excellence et de la créativité des artisans français, tout en contribuant à l'économie du pays.

Artisanat contemporain et interactions avec la domesticité

Aujourd'hui, l'artisanat en France continue d'évoluer et de se moderniser. Les artisans français s'adaptent aux nouvelles tendances et intègrent de nouvelles technologies dans leur travail. Ils utilisent des outils numériques pour la conception et la promotion de leurs produits, tout en préservant les techniques artisanales traditionnelles.

Les artisans français sont également engagés dans une démarche de développement durable. Ils privilégient l'utilisation de matériaux respectueux de l'environnement et adoptent des pratiques éco-responsables. Certains artisans se spécialisent même dans la création de produits écologiques et durables.

L'artisanat en France aujourd'hui est également caractérisé par la diversité des métiers et des savoir-faire. Les artisans français exercent dans de nombreux domaines, tels que la mode, la décoration, la gastronomie, les métiers du bois, de la pierre, du verre, et bien d'autres encore. Chaque métier a sa propre spécificité et contribue à la richesse de l'artisanat français.

Interactions sociales au sein des faubourgs

Les faubourgs, lieux de convergence entre zones rurales et centres urbains, furent des espaces où coexistaient domestiques et artisans. Les domestiques, par leur mobilité et leurs réseaux, alimentaient un marché de travail local où artisans et employeurs cherchaient main-d’œuvre et services. Les ateliers artisanaux, souvent installés dans les quartiers périphériques, participaient à la vie économique des faubourgs en fournissant biens, réparations et emplois.

La cohabitation des métiers d’art et des travailleurs domestiques dans les faubourgs a contribué à tisser des liens sociaux spécifiques: échanges de savoir-faire, placements d’employées chez des artisans, et circulation d’informations facilitant la recherche d’emplois domestiques ou artisanaux.

L'atelier de Jean-Baptiste-Claude Séné (1747-1803), rue de Cléry : au cœur des métiers du bois

Tableau synthétique : évolutions principales

Période Domesticité Artisanat
Ancien Régime / Nouvelle-France Domestiques sous contrat, présence important dans communautés religieuses et hôpitaux Artisans itinérants, transmission des savoir-faire
XVIIe-XVIIIe siècle Jeunes domestiques, tâches variées selon milieu Guildes, ateliers prospères
XIXe siècle Afflux de jeunes femmes en ville, marché de la domesticité Industrialisation : pressions sur métiers traditionnels
XXe siècle Baisse générale, résurgences temporaires (1920-30), post-1945 déclin Renouveau art nouveau / art déco, adaptation aux technologies
Fin XXe - XXIe siècle Recrudescence d'aides ménagères migrantes, emploi par besoin Modernisation, durabilité, rayonnement international

Les rapports entre domesticité et artisanat dans les faubourgs ont contribué à modeler les dynamiques sociales et économiques locales, tant par la mobilité des travailleuses domestiques que par l’adaptation des artisans aux transformations urbaines et industrielles.

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