L'Entrepreneuriat Social et Solidaire : Définition et Enjeux

Dans un monde en quête de sens et d'impact, l'économie sociale et solidaire (ESS) émerge comme un modèle majeur. L'entrepreneuriat social et solidaire, c’est le fait de créer votre entreprise tout en apportant des solutions à des problèmes sociétaux. Mais au-delà des chiffres, comment définir réellement ce modèle économique ? Comment s'inscrit-il dans le paysage actuel ? Et surtout, comment devenir acteur de ce changement ?

Selon la définition du site gouvernemental Vie publique, l'ESS est un « modèle économique au fonctionnement collectif et à la gouvernance démocratique », regroupant des organisations qui cherchent à concilier activités économiques et équité sociale. Contrairement à l'économie traditionnelle, l'économie sociale et solidaire met l'humain et les enjeux sociaux au centre de son fonctionnement, avant le profit.

Entreprises sociales : comment allier solidarité et profit ?

Qu'est-ce que l'Entrepreneuriat Social et Solidaire (ESS) ?

L’ESS se caractérise par une approche entrepreneuriale éthique et morale, fondée sur la solidarité et l’utilité sociale. L'ESS est depuis quelques années défini comme un mode de développement économique auquel adhèrent des sociétés remplissant un certain nombre de conditions. Pour rappel, celles-ci doivent avoir un but autre que le seul partage des bénéfices ainsi qu’une gouvernance démocratique.

La loi définit l'économie sociale et solidaire comme un « mode d'entreprendre et de développement économique » que les entreprises peuvent adopter sous certaines conditions, notamment de gouvernance et de redistribution des profits. En 2024, l’ESS se distingue par une diversité de structures et une présence significative dans l’économie française.

À la différence d’une véritable organisation caritative, l’entreprise sociale a pour objectif premier de changer la société afin d’éradiquer le problème de la souffrance, mais pas de venir directement en aide aux personnes concernées par ce dernier, quelle que soit la forme juridique choisie.

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L’entrepreneuriat social et solidaire, c'est le fait de créer votre entreprise tout en apportant des solutions à des problèmes sociétaux. L’ESS se distingue par l’utilité sociale de ses entreprises, comme le définit l’article 2 de la loi-cadre de 2014. Un projet d’ESS a généralement pour finalité de répondre à un besoin d’utilité environnementale ou sociale, et ce, dans l’intérêt public.

L’entrepreneuriat social et solidaire a une utilité publique. Il part avant tout d’une motivation profonde de vouloir faire passer l’intérêt général avant ses intérêts personnels, et notamment les profits financiers. Il y a donc une volonté d’agir pour la société. Il peut s’agir de vouloir protéger l’environnement, réduire les inégalités, ou encore créer de l’emploi. En effet, il se doit de trouver un modèle économique viable pour atteindre le seuil de rentabilité.

L’entrepreneuriat social et solidaire fait naître des pratiques managériales, créatrices de valeur sociétale ou sociale. Ces pratiques dégagent naturellement des bénéfices parce qu’aujourd’hui les consommateurs sont de plus en plus en quête de valeurs et de sens. Étant sources d’épargne pour la société, elles créent un lien social reconnu par l’État. L’activité menée par une entreprise solidaire permet de nombreuses façons de contribuer considérablement à la diminution des déficits publics.

Aussi, un projet d’ESS est souvent issu de l’initiative de plusieurs personnes en collaboration étroite avec des acteurs institutionnels et bénévoles. Il répond à des finalités sociales ou environnementales. Une des caractéristiques de l’économie solidaire est d’associer citoyens, usagers et prestataires dans le cadre d’un projet collectif pour contribuer à une activité d’intérêt général.

Parmi les principes affirmés dans les statuts des entreprises sociales, on distingue le souci de répondre à des besoins collectifs et l’absence d’enrichissement personnel. Les actions peuvent être conduites en direction des personnes dépendantes ou des enfants. Elles correspondent vraiment à une mission de service public. Elles allègent ainsi les coûts sociaux supportés par le contribuable et les entreprises privées.

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En s'engageant dans une démarche sociale et solidaire, les entreprises renforcent leur légitimité et leur acceptation au sein de la société. En effet, il se doit de trouver un modèle économique viable pour atteindre le seuil de rentabilité. Une fois qu’elle est en mesure de subvenir à ses besoins financiers, l’entreprise sociale pourra satisfaire un besoin réel de la population. En toute logique, elle n’aura pas la possibilité d’aider les autres si elle se trouve en situation précaire.

L’entrepreneuriat social est soutenu par les consommateurs et l’État. Son action contribue à réduire les coûts sociaux, liés par exemple aux problématiques de santé. L’entrepreneuriat social a pour vocation d’aider à résoudre des problématiques sociales et environnementales. Il n’est pas rare que les entreprises sociales répondent à des besoins non ou mal satisfaits par les services publics. Et la Commission européenne construit un écosystème pour les promouvoir.

En outre, sous certaines conditions, il est possible d’immatriculer au RCS les sociétés commerciales d’utilité sociale. Au sujet de l’agrément ESUS ou Entreprise solidaire d’utilité sociale, il existe depuis l’année 2014. Sa demande s’effectue auprès de la DIRECCTE. Depuis 2015, les entreprises de l’ESS peuvent le demander à la préfecture de leur siège social. Pour y être éligibles, elles doivent avoir un objet social d’ordre social et adopter une gouvernance démocratique en leur sein.

En raison de leur activité, certaines structures relevant de l’ESS bénéficient de l’agrément. À noter : il faudra demander le renouvellement de l’agrément ESUS tous les 5 ans. En la choisissant, il devra respecter les mêmes règles qui s’appliquent aux entreprises classiques, mais la seule différence réside au niveau de l’objet de l’entreprise.

Dans le cadre de l’aide à domicile aux personnes âgées, le financement des services peut être assuré partiellement ou totalement par les conseils généraux, les caisses de retraite et l’assurance-maladie. Il provient de la collectivité. En outre, il n’est pas toujours simple d’arriver à trouver des investisseurs intéressés dans le projet. Enfin, il n’est pas toujours simple de trouver des partenaires qualifiés pour s’engager dans ce type de projet.

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Les Structures Juridiques de l'Entrepreneuriat Social

En matière de création de sociétés, ce type d’entrepreneuriat peut être exercé dans tout type de structures, bien que le format des sociétés soit privilégié. Il est possible de créer une EURL ou une SASU si vous désirez rester indépendant, ou bien une SARL ou une SAS si vous préférez vous associer. L’EURL et la SARL proposent un formalisme spécifique, tandis que les SASU et les SAS offrent plus de souplesse. Cependant, la rédaction de leurs statuts est plus compliquée en raison des possibilités offertes.

Dans l’univers de l’économie sociale et solidaire, des acteurs animés de logiques d’action diverses peuvent ensemble construire et mettre en œuvre des projets d’ESS. Il convient de savoir avant tout que l’entrepreneuriat social et solidaire est apparu dans les années 80. Les sociologues et les économistes ont effectué un grand nombre de publications relatives à l’ESS depuis la fin des années 90. Au fil des ans, des statuts adaptés aux entreprises sociales ont été créés.

L’entrepreneur peut opter également pour cette structure. Dans tous les cas, les objectifs fixés par la fondation constituent une priorité. Quel que soit son type, elle permet de mettre des fonds privés à disposition d’une cause publique. Les mutuelles comptent parmi les personnes morales de droit privé que l’entrepreneur social peut constituer. Elles se créent sur la base d’une solidarité territoriale ou professionnelle. En effet, elles couvrent certains risques (assurance, santé).

Les coopératives font aussi partie des sociétés que l’entrepreneur social peut créer. À noter : les CAE ou coopératives d’activité donnent la possibilité de tester un projet en tant qu’entrepreneur-salarié avant de monter une entreprise. En choisissant cette option, l’entrepreneur solidaire peut recruter des salariés et mener s’il le souhaite une activité à but lucratif.

Soulignons que les entreprises solidaires n’appartiennent pas forcément à l’économie sociale. Elles poursuivent surtout une finalité sociale et bénéficient de droit de l’agrément ESUS. A noter : L’entreprise à mission est un nouveau statut d’entreprise introduit par la loi PACTE du 22 mai 2019.

Quel est le rôle de l'entrepreneur social?

L’entrepreneur participe à la responsabilité sociale de son entreprise et contribue ainsi au développement de sa communauté. Il est bon de noter qu’il peut répondre à des besoins sociaux et trouver des solutions à des problèmes dans les secteurs de la santé, de l’éducation et de la formation.Il est par exemple préférable d’être quelqu’un de déterminé. Il est tout aussi important de suivre une formation diplômante.

Aujourd’hui, un grand nombre d’établissements en proposent. Mais il convient de savoir que les entrepreneurs sociaux actuels sont nombreux à s’instruire par eux-mêmes. Pour devenir entrepreneur social, il est essentiel de développer un certain nombre de qualités personnelles et professionnelles.

L’entrepreneur social adopte généralement un mode de gestion participatif et démocratique. En prenant des décisions, il est indispensable qu’il prenne en compte celles de tous les acteurs de l’entreprise. Étant à l’origine du projet d’ESS, il se doit de savoir comment fonctionnent les différents acteurs avec lesquels il aura à tisser des rapports. Pour ce faire, il doit être suffisamment motivé pour affronter les barrières sociales et administratives imposées par la société. Il convient de noter qu’il y parviendra plus facilement en s’entourant des bonnes personnes.

N’étant pas forcément compétent dans tous les domaines, il faut qu’il construise un réseau de contacts pertinents pour pouvoir développer son activité. L’entrepreneur solidaire doit développer aussi de fortes capacités d’adaptation afin de pouvoir surmonter les tensions entre l’objet social ou sociétal et les exigences de viabilité économique.

Avant de démarrer son activité, l’entrepreneur devra d’abord se repérer dans l’entrepreneuriat social, en se préparant à cette aventure entrepreneuriale et en se faisant accompagner afin d’avancer plus sereinement dans son projet. Lors de la conception de son projet, il aura par ailleurs à aller sur le terrain pour en construire le socle et à définir les objectifs.

Après avoir trouvé les bases de son modèle économique, il faudra qu’il choisisse la forme juridique et le mode d’organisation qui conviennent le mieux à l’entreprise. Et en début d’activité, il devra expérimenter et chercher à développer son initiative. Pour pouvoir tenir ses rôles, il doit par ailleurs bien connaître le secteur, le droit et les politiques publiques.

Les Défis de l'Entrepreneuriat Social et Solidaire

L'un des défis majeurs pour l'entrepreneuriat social et solidaire (ESS) en France est le financement. Les entreprises de l'ESS doivent souvent trouver un équilibre entre leur mission sociale et leur viabilité économique. Les sources de financement traditionnelles, comme les banques, peuvent être réticentes à investir dans des projets qui ne promettent pas des rendements financiers élevés.

Malgré leur impact positif, les entreprises de l'ESS souffrent souvent d'un manque de reconnaissance et de visibilité. Elles doivent constamment prouver leur valeur ajoutée et leur efficacité par rapport aux entreprises traditionnelles.

Le cadre juridique de l'ESS en France, bien que structuré par la loi Hamon de 2014, peut parfois être complexe et contraignant. Les entreprises doivent naviguer à travers une multitude de régulations et de critères pour bénéficier des avantages fiscaux et des subventions.

Mesurer l'impact social des entreprises de l'ESS est un autre défi crucial. Contrairement aux entreprises traditionnelles, où le succès est souvent mesuré par les profits, les entreprises de l'ESS doivent démontrer leur impact social et environnemental.

Le développement des compétences spécifiques à l'ESS est également un défi. Les entrepreneurs sociaux doivent posséder une combinaison unique de compétences en gestion, en innovation sociale et en mobilisation communautaire.

Enfin, la collaboration et les partenariats sont essentiels pour le succès des entreprises de l'ESS. Elles doivent souvent travailler en réseau avec d'autres organisations, publiques et privées, pour maximiser leur impact.

Pour progresser, l’ESS peut d’abord compter sur la récupération de certaines initiatives par les pouvoirs publics pour être généralisées. Malgré ses spécificités, l'ESS peine à se faire reconnaître et est souvent minimisée, voire banalisée par méconnaissance.

Comment devenir une entreprise sociale et solidaire ?

Il existe deux moyens pour devenir une entreprise sociale et solidaire : la créer directement ou modifier ses statuts et déclarer son adhésion à l’ESS. Créer une entreprise sociale et solidaire implique quelques particularités par rapport à la création d'une entreprise classique. Tout d'abord, l'objet social de l'entreprise doit être attentivement défini. Ensuite, les statuts doivent obligatoirement respecter les trois principes fondamentaux de l'ESS tels que prévus par la loi de 2014. Il est crucial de cocher la case « adhésion de la société aux principes de l'ESS » lors de l'immatriculation de l'entreprise. Si une entreprise existante souhaite devenir une entreprise sociale et solidaire, elle doit procéder à une modification de ses statuts.

Labels et Certifications de l'ESS

Il existe de multiples labels et certifications qui reconnaissent les structures de l'économie sociale et solidaire. Ce label est attribué aux entreprises qui poursuivent une mission d'utilité sociale, adoptent une gouvernance démocratique et respectent des principes de lucrativité limitée. Le label Finansol distingue les produits d'épargne solidaire. Le label Lucie valorise les entreprises engagées dans une démarche de responsabilité sociétale (RSE) et de développement durable. Ce label est décerné aux associations et fondations qui respectent des bonnes pratiques en matière de gouvernance, de gestion financière et d'efficacité de l'action. Destiné aux petites et moyennes entreprises (PME), le label EnVol reconnaît celles qui s'engagent dans une démarche environnementale et de développement durable.

L'ESS comme modèle alternatif

L'ESS se positionne comme un modèle alternatif à l'économie traditionnelle, mettant en avant une approche où les enjeux sociaux et sociétaux sont intégrés de manière transversale à l'activité économique. L'ESS peut, par exemple, aider à remettre en question le modèle traditionnel de l'entreprise en mettant en avant un projet collectif porté par l'ensemble des parties prenantes.

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