Controverses autour de Zara et son financement en Israël

Le géant de la mode Zara s'est retrouvé au cœur de plusieurs controverses liées à ses liens perçus avec Israël et à des campagnes publicitaires jugées insensibles au conflit israélo-palestinien. Ces événements ont conduit à des appels au boycott de la marque par des militants pro-palestiniens et d'autres groupes.

Logo de Zara

Boycott suite à la rencontre avec Itamar Ben Gvir

Zara a été l'objet d'une campagne de boycott après que le représentant israélien de la marque a reçu Itamar Ben Gvir, une figure de l'extrême droite israélienne, à quelques jours des élections législatives en Israël. Des Arabes israéliens et des Palestiniens ont réagi en diffusant sur les réseaux sociaux des vidéos où ils brûlaient des vêtements de la marque.

Fayez Abou Souhaiban, maire de Rahat, une ville à majorité arabe dans le sud d'Israël, a déclaré dans une vidéo : « Nous devons brûler ces vêtements et j'appelle mes concitoyens à boycotter cette entreprise. » Un porte-parole d'Itamar Ben Gvir a estimé qu'il s'agissait d'un « événement privé » et n'a pas commenté davantage. La famille Schwebel, dans un communiqué, a indiqué ne pas se prononcer « sur des questions personnelles de la famille ».

Campagne publicitaire controversée "Atelier"

L'enseigne du groupe Inditex s'est attiré les foudres des internautes avec la campagne de sa collection haut de gamme baptisée « Atelier ». Lancée le 7 décembre, la collection « Atelier » de Zara se voulait une vitrine de la montée en gamme de l'enseigne. Cependant, la campagne publicitaire a suscité une vive polémique. Les internautes ont reproché au géant espagnol d’avoir fait référence de manière déplacée au sort subi par les civils palestiniens.

Les photos mises en ligne par Zara mettaient en scène des décors d’atelier en ruine, des mannequins recouverts de poussière blanche et des statues enveloppées de draps blancs. L’indignation des internautes était vive sur les réseaux sociaux.

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Réaction de Zara et justifications

Zara a publié un communiqué sur Instagram pour clarifier la situation : « La campagne, qui a été conçue en juillet et photographiée en septembre, consiste en une série de photos représentant des statues inachevées dans un studio et a été imaginée dans une perspective artistique. » L’entreprise a ensuite fait son mea culpa : « Malheureusement, certains clients se sont sentis offensés par ces images et y ont vu quelque chose de totalement éloigné de leur intention réelle. Nous regrettons cette incompréhension et réaffirmons notre respect profond vis-à-vis de tous. »

Ces explications n’ont pas convaincu les clients de la marque. Une internaute a commenté : « C’est la pire excuse que l’on puisse imaginer. » Une autre a suggéré de « virer » Vanessa Perliman, la directrice stylistique de la marque.

Campagne Atelier de Zara

Autres controverses et réactions

Zara n’en est pas à sa première controverse numérique. En novembre, la marque avait fait polémique en postant la photo d’un mannequin vêtu d’un manteau noir et d’une écharpe verte, devant une porte rouge. La semaine dernière, Zara a posté une photo sur son compte Instagram, présentant des vêtements de la collection hiver. Sous la photo, des milliers de messages pro-israéliens ont afflué. Le post a généré 145 000 commentaires, contre environ 2000 sous une publication classique.

La polémique au sujet de la nouvelle campagne de Zara a entraîné de nouveau commentaires au sujet d'une affaire plus ancienne : des messages d'insulte envoyés par une designeuse israélienne de la marque, Vanessa Perilman, à un mannequin palestinien, Qaher Harhash, en 2021. Zara avait "condamné" les propos de son employée.

Tout le week-end, les appels au boycott se sont multipliés en France et à l’étranger. Zara a finalement retiré les photos des réseaux sociaux et de son site.

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Positionnement des entreprises face au conflit israélo-palestinien

Le géant espagnol s’est bien gardé pour l’heure de se prononcer publiquement sur le conflit israélo-palestinien. Pour les entreprises, partagées entre les intérêts contradictoires de consommateurs, d'employés, de fournisseurs ou d'investisseurs, le dossier géopolitique est devenu un véritable casse-tête.

Depuis l'attaque terroriste du Hamas du 7 octobre et les représailles de l'armée israélienne, les marques grand public se retrouvent parfois malgré elles au coeur du conflit. Ainsi McDonald's a tenu à prendre ses distances avec certains de ses franchisés qui avaient apporté un soutien matériel à l'un ou l'autre des camps.

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