Rapport KPMG : financement des PME et accès au crédit — état des lieux et enseignements
Le rapport de l'OFE s'inscrit à la suite de la lettre de mission adressée en mai 2020 par le ministre Bruno Le Maire à Frédéric Visnovsky, président de l’OFE. La mission consistait à réaliser un bilan de l’offre de services bancaires à destination des TPE-PME.
Offre de services bancaires et tarification pour les TPE-PME
Les travaux menés par l’OFE mettent en avant l’existence d’une offre variée de services bancaires aux TPE et PME. Ils soulignent l'effort des établissements bancaires pour s’adapter aux profils des entreprises et aux enjeux locaux. Les travaux montrent des niveaux de tarifs hétérogènes, signe d’une pression concurrentielle élevée.
Les données fournies par la Fédération des Centres de Gestion Agrées (FCGA) mettent en évidence le poids en moyenne limité des frais bancaires pour les TPE-PME. Ceux-ci représentent 0,45 % de leur chiffre d’affaires. Ils s'élèvent à 0,69 % en incluant les frais liés aux découverts. Le montant moyen des frais bancaires est inférieur à 1 100 euros par an. En tenant compte des frais bancaires relatifs aux découverts pour les entreprises concernées, il est de 1 700 euros.
Près des trois quarts des professionnels ou TPE/PME n’ont payé aucun frais d’incidents en 2019, y compris quand elles ont connu un ou plusieurs incidents de paiement. Les montants de ces frais pour les entreprises qui en ont payé sont, en moyenne, de 19,30 euros par mois.
Accès au crédit : taux d'obtention et évolutions récentes
Les TPE et PME accèdent de manière large au crédit, à des taux attractifs. Structurellement élevé (76 % en moyenne entre 2012 et 2020), l’accès des TPE et PME aux crédits de trésorerie s’est élargi en 2020, sous l’effet des prêts garantis par l’État (PGE) à l'image du prêt garanti par l'État. Le taux d’obtention de ces crédits était ainsi de 90 % pour les PME et de 87 % pour les TPE au quatrième trimestre 2020.
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Depuis février 2009, l’IFOP interroge tous les trimestres, à la demande de KPMG et de la CGPME, plus de 400 dirigeants d’entreprises françaises de 10 à 500 salariés sur leur financement et leur accès au crédit. - Echantillon de 402 dirigeants d’entreprises, représentatif des entreprises françaises de 10 à 500 salariés. - La représentativité de l’échantillon a été assurée par un échantillonnage raisonné sur les quotas (taille salariale, secteur d’activité, région) et un redressement selon les données INSEE. - Les interviews téléphoniques de ce baromètre ont eu lieu du 8 au 16 janvier 2014.
Les demandes de crédits d'investissement sont restées stables pour les PME et en légère baisse pour les ETI par rapport au trimestre précédent. Le taux d'obtention des crédits d'investissement demeure très élevé pour les PME comme pour les ETI. Les taux d'obtention pour ces demandes de crédits sont très élevés pour les PME comme pour les ETI : 97 % des PME et des ETI ayant demandé un prêt l'ont obtenu en totalité ou à plus de 75 %.
Crédits d’équipement et investissements
Parmi les crédits d'investissement, les crédits d'équipement sont destinés à financer des immobilisations incorporelles ou corporelles, hors biens immobiliers. Le taux d'obtention pour les crédits d'équipement demeure élevé pour toutes les tailles d'entreprises : 93 % des PME et 90 % des ETI ayant sollicité ce type de crédit l'ont obtenu (entièrement ou à plus de 75 %). Le taux d'obtention pour les crédits d'équipement (entièrement ou à plus de 75 %) reste élevé pour les PME, à 94 %.
Évolution trimestrielle et comportements des entreprises
1. La proportion d'entreprises ayant demandé des nouveaux crédits d'investissement reste stable à 19 % pour les PME et diminue à 24 % pour les ETI au T2 2025. 2. La proportion d'entreprises ayant demandé de nouveaux crédits d'investissement reste stable à 19 % pour les PME et augmente à 28 % pour les ETI au T3 2025. 3. La proportion d'entreprises ayant demandé de nouveaux crédits d'investissement diminue à 18 % pour les PME et reste stable à 28 % pour les ETI au T4 2025.
La proportion d'entreprises ayant demandé des nouveaux crédits de trésorerie reste à un niveau bas. Elle remonte légèrement, à 6 %, pour les PME, tandis qu'elle reste à 5 % pour les ETI. La proportion d'entreprises ayant demandé des nouveaux crédits de trésorerie reste stable, à 6 %, pour les PME, tandis qu'elle augmente, à 9 %, pour les ETI. La proportion d'entreprises ayant demandé des nouveaux crédits de trésorerie reste stable, à 6 %, pour les PME, tandis qu'elle baisse à 7 %, pour les ETI.
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Pour ce type de crédit, les taux d'obtention en totalité ou à plus de 75 % augmentent pour les PME comme pour les ETI. Sur le dernier trimestre, les PME ont vu leur taux d'obtention augmenter de 84 % à 86 %, et celui des ETI a augmenté de 91 % à 95 %. Néanmoins, il y a des variations : pour un autre trimestre, les PME ont vu leur taux d'obtention diminuer de 85 % à 83 %, et celui des ETI a diminué de 95 % à 83 %.
Les demandes sont stables depuis plusieurs trimestres pour toutes les tailles d'entreprise : près d'un tiers des PME et près de la moitié des ETI ont fait une demande de lignes de crédit au cours des 12 derniers mois. 54 % des PME ont eu recours à leurs lignes de crédit, un niveau comparable à celui observé le trimestre précédent. 53 % des PME ont eu recours à leurs lignes de crédit, un niveau en baisse de 2 points par rapport à celui observé le trimestre précédent.
Coût du crédit et perception des entreprises
Au T2 2025, 88% des PME et 90% des ETI indiquent que le coût global du crédit est resté stable ou a diminué. Au T3 2025, la proportion d'entreprises déclarant une baisse du coût du crédit recule de 24 % à 14 % pour les PME et de 36 % à 24 % pour les ETI par rapport au trimestre précédent. Au T4 2025, 86 % des PME et des ETI indiquent que le coût global du crédit est resté stable ou a diminué.
La proportion de PME déclarant une baisse du coût global du crédit par rapport au trimestre dernier a augmenté de 3 points et atteint 24 %. Au T3 2025, la proportion d'entreprises déclarant une baisse du coût du crédit recule de 24 % à 14 % pour les PME.
Autocensure et raisons de non-demande de crédit
Un comportement d'autocensure désigne une situation où une entreprise ne sollicite pas de nouveau crédit bancaire car elle anticipe un refus des banques. Ce phénomène reste marginal au T2 2025 avec moins de 2 % des entreprises déclarant un comportement d'autocensure pour expliquer leur absence de demande de crédit. L'absence de besoin est en effet la raison principale donnée par les entreprises concernant l'absence de demande de crédit pour la trésorerie (89 % des PME et 91 % des ETI) et pour les investissements (86 % des PME et 90 % des ETI).
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Un chef d’entreprise sur cinq se déclare même très inquiet (+2 points). La part des chefs d’entreprise déclarant avoir au moins un besoin de financement reste stable et à un niveau minoritaire (47 %). Cette stabilité peut laisser penser qu’ils renoncent à des dépenses de fonctionnement ou d'innovation. Toutefois, l’autocensure reste forte.
Difficultés perçues et contexte économique
La problématique de l’accès au crédit continue à pénaliser les PME, selon le baromètre de KPMG et de la CGPME. D’après les chiffres de la quinzième édition de cette étude, publiée le 11 octobre, 24 % des entreprises interrogées disent connaître des difficultés importantes dans l’obtention de financements bancaires pour leur trésorerie. Cette tendance est d’autant plus marquée dans le secteur du BTP, avec un tiers des entreprises concernées, ainsi que dans les entreprises qui ont des besoins de financements d’exploitation, où ce chiffre atteint 44 %.
L’un des problèmes principaux réside dans le durcissement des conditions de financement des banques. S’il est moins perçu qu’auparavant par les PME, deux dirigeants sur trois disent toujours ressentir ce phénomène. Autre point problématique : les frais élevés et les montants plus faibles que souhaités, qui concernent 42 % des entreprises. Conséquence logique : une nouvelle hausse de l’autolimitation des chefs d’entreprises dans leurs demandes de financements auprès des banques.
La difficulté d’accès au crédit pour les PME est d’autant plus problématique que les besoins de financements sont en progression. En effet, près de la moitié des dirigeants de PME interrogés disent avoir l’intention de réaliser des investissements au cours des prochains mois. Dans le détail, les besoins de financement pour le remplacement ou l’entretien de l’exploitation sont en forte baisse, mais concernent toujours la moitié des PME. En revanche, les besoins de crédit pour des investissements (véhicules, informatique) ont progressé sur les trois derniers mois pour atteindre 48 %.
Interview Pascal Imbert Président de MiddleNext sur le Financement des PME
Mesures possibles et pistes d'amélioration
Il est proposé d'étudier la possibilité de mettre en place une médiation bancaire pour les clients professionnels, qui permettrait d’aider à résoudre plus rapidement certains litiges. Par ses 123 Unions territoriales interprofessionnelles présentes dans toute la France, la CGPME permet l’accès à l’information. Dans le cadre de la défense des intérêts collectifs de ses adhérents, elle leur dispense assistance et conseil.
Premier groupe français d’audit et de conseil, réalisant 894 M€ de chiffre d’affaires en 2013 et employant 8 300 personnes, KPMG France est membre de KPMG International, réseau de cabinets indépendants exerçant dans 155 pays.
Tableau synthétique : indicateurs clés (extraits)
| Indicateur | Valeur / Observation |
|---|---|
| Frais bancaires moyens (TPE-PME) | < 1 100 € / an (1 700 € si découverts inclus pour entreprises concernées) |
| Part du chiffre d’affaires consacré aux frais bancaires | 0,45 % (0,69 % avec frais de découverts) |
| Taux d’obtention crédits trésorerie (2020) | 90 % PME, 87 % TPE (effet PGE) |
| Taux d’obtention crédits d’investissement | ~93-98 % selon taille et période (élevé) |
| Proportion demandant crédits d’investissement (T4 2025) | 18 % PME, 28 % ETI |
| Autocensure | < 2 % (T2 2025) - motif généralement marginal |
Les éléments rassemblés montrent un accès globalement favorable au crédit pour les PME et ETI avec des taux d'obtention élevés, tout en soulignant des points d'amélioration : tarification hétérogène, perception de durcissement des conditions bancaires, frais et montants parfois insatisfaisants, et une part de dirigeants qui limitent leurs demandes par autocensure ou par absence de besoin perçue.
