Étudiant et Auto-Entrepreneur : Guide Complet sur l'Assurance Maladie et la Couverture Sociale
De plus en plus d’étudiants souhaitent créer leur propre micro-entreprise. En France, il est tout à fait possible de cumuler le statut d’étudiant et celui d’auto-entrepreneur. D’ailleurs, les étudiants sont de plus en plus nombreux à s’orienter vers la création d’une auto-entreprise pour les nombreux avantages que le statut d’auto-entrepreneur confère.
Le cumul du statut d’étudiant et d’auto-entrepreneur permet de générer des revenus additionnels et de financer facilement en toute légalité les études et les loisirs. Vous pourrez financer vos études, améliorer votre niveau de vie, développer votre réseau professionnel et acquérir de l’expérience dans l’auto-entrepreneuriat. Vous gagnerez en compétences et pourrez être plus indépendant financièrement.
Or, avant de créer une micro-entreprise en tant qu’étudiant, il faut bien faire le point sur les conditions à respecter. Suivez le guide.
Peut-on être étudiant et auto-entrepreneur ?
Oui, il est tout à fait possible d’être à la fois étudiant et auto-entrepreneur. Ce cumul est néanmoins soumis au respect de certaines conditions et a un impact sur le régime social, fiscal, et les aides accordées à l’étudiant.
Avant de se lancer dans les démarches pour devenir auto-entrepreneur, il est essentiel de réfléchir attentivement aux conséquences du statut de micro-entrepreneur. Chaque situation étant unique, les modalités pratiques varient selon votre âge, votre nationalité et le type d’activité envisagée.
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Bon à savoir : un étudiant auto-entrepreneur ne peut pas exercer un métier spécialisé s’il n’est pas diplômé ou qualifié pour cette activité.
LE GUIDE COMPLET POUR CRÉER SA MICRO-ENTREPRISE
Quelles sont les conditions pour cumuler le statut d’auto-entrepreneur et d’étudiant ?
Si un étudiant peut parfaitement être auto-entrepreneur, il existe cependant certaines conditions pour que le cumul des deux statuts soit possible :
- une condition d’âge ;
- la domiciliation de l’auto-entreprise ;
- la nationalité de l’étudiant ;
- l’activité exercée.
Étudiant majeur ou mineur : une condition d’âge pour devenir auto-entrepreneur
Un étudiant, qu’il soit majeur ou mineur, peut créer une micro-entreprise. Cependant, selon son âge, le formalisme diffère.
Étudiant auto-entrepreneur majeur
Le cumul des statuts d’étudiant majeur et d’auto-entrepreneur est tout à fait envisageable. Des qualifications ou diplômes sont néanmoins nécessaires pour exercer certaines activités. Vous pouvez exercer tout type d’activité (commerciale, artisanale ou libérale) dès lors que vous remplissez les critères spécifiques à l’activité choisie.
Étudiant auto-entrepreneur mineur émancipé
En sa qualité de mineur émancipé, l’étudiant a la liberté de créer sa propre micro-entreprise. Il n’a besoin d’aucune approbation parentale. Il peut ainsi déclarer son activité directement en ligne sur le site dédié.
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Concernant les activités commerciales, une autorisation préalable devient indispensable. Cette autorisation doit être délivrée soit par le juge des tutelles lors de son émancipation, soit par le président du Tribunal de grande instance si la demande est postérieure à l’émancipation.
Étudiant auto-entrepreneur mineur non émancipé
Depuis la loi du 14 février 2022, les mineurs non émancipés ne peuvent plus créer directement une micro-entreprise.
Placé sous la tutelle de ses parents, le mineur non émancipé peut néanmoins créer une société unipersonnelle (EURL ou SASU) avec l’autorisation de ses représentants légaux. Le choix de l’activité reste cependant limité aux activités artisanales spécifiques et aux activités libérales non réglementées.
La domiciliation de sa micro-entreprise quand on est étudiant
L’étudiant doit domicilier son auto-entreprise. Cela signifie lui donner une adresse officielle, où recevoir ses papiers importants. La micro-entreprise doit obligatoirement être domiciliée en France.
Bon à savoir : il est généralement interdit de domicilier son auto-entreprise à l’adresse de son logement CROUS ou toute autre résidence étudiante. Les étudiants choisissent généralement de domicilier leur auto-entreprise au domicile de leurs parents, d’un proche, ou encore dans un centre de domiciliation pour entreprise.
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Quel est l’impact du statut d’auto-entrepreneur sur les études ?
Le cumul des statuts d’étudiant et d’auto-entrepreneur a des conséquences sur votre situation fiscale et sociale.
Impact sur le plan fiscal
En effet, sur le plan fiscal, si vous êtes rattaché au foyer fiscal de vos parents, vos revenus d’auto-entrepreneur doivent être déclarés sur leur déclaration d’impôts. Cela peut potentiellement augmenter le revenu global du foyer et faire passer vos parents dans une tranche d’imposition supérieure. Si vous faites votre propre déclaration, vous serez imposé selon le régime micro-fiscal.
Impact sur la protection sociale
Concernant la protection sociale, bien que vous soyez déjà affilié à la sécurité sociale étudiante, vous devrez néanmoins payer des cotisations sociales sur le chiffre d’affaires réalisé par votre micro-entreprise. Ces cotisations sont calculées sur la base du chiffre d’affaires, à taux plein, sans réduction particulière.
Par ailleurs, il est intéressant de souligner que les étudiants auto-entrepreneurs sont affiliés à la Sécurité sociale des indépendants auto-entrepreneurs (gérée par la CPAM). Comme les auto-entrepreneurs, ils doivent verser des cotisations à ce titre. En d’autres termes, l’étudiant micro-entrepreneur reste couvert par le régime social de la Sécurité sociale.
À savoir que la sécurité sociale étudiante n’existe plus depuis le 31 août 2019 et que les étudiants sous couverture étudiants seront rattachés à la CPAM. Quant aux nouveaux étudiants, ils sont rattachés au régime général de leurs parents ou tuteurs légaux.
Impact sur les bourses d’études
Pour les bourses d’études, l’impact est différé. En effet, le calcul des bourses prend en compte les revenus de votre foyer fiscal des deux années précédentes.
Par exemple, pour une bourse demandée pour l’année scolaire 2026, le CROUS examinera les revenus de 2025. Votre activité d’auto-entrepreneur n’aura donc un impact qu’après deux ans.
De même pour les APL, la CAF considère les revenus perçus deux ans auparavant pour calculer vos droits. La création de votre statut et les revenus associés n’affecteront donc vos aides qu’après un délai de deux ans.
Quelles activités sont autorisées lorsque l’on est étudiant auto-entrepreneur ?
Créer une micro-entreprise demande peu de formalisme et permet une grande flexibilité des horaires de travail (contrairement au statut salarié).
À titre d’exemple, voici les principaux emplois exercés par les étudiants en parallèle de leurs études :
- pet sitter (garde d’animaux) ;
- coursier (Deliveroo, Ubereats, Stuart, etc.) ;
- graphiste ;
- professeur indépendant (et donner des cours de soutien scolaire) ;
- rédacteur web freelance ;
- développeur web ;
- baby-sitting ;
- missions de vente et d’animation commerciale.
Les métiers du numérique rencontrent un succès particulier auprès des étudiants. Ces activités présentent l’avantage de s’exercer à distance et selon des horaires flexibles, parfaitement compatibles avec un emploi du temps étudiant.
Le soutien scolaire constitue également une option prisée, permettant de valoriser vos connaissances académiques tout en générant des revenus complémentaires.
Bon à savoir : des plateformes de mise en relation entre étudiants auto-entrepreneurs et entreprises existent pour aider les étudiants à trouver des missions plus facilement.
Parmi ces plateformes, on retrouve StaffMe pour des missions variées (animation commerciale, vente, logistique, administration), Werevo pour les missions digitales, ou encore Yoopies spécialisée dans le baby-sitting.
Cette diversité d’activités permet à chaque étudiant de trouver une option correspondant à ses compétences et contraintes d’emploi du temps.
Quelles sont les activités interdites ou réglementées ?
Certaines professions ne peuvent pas se pratiquer sous le régime de l’auto-entrepreneur. Peu importe l’âge, les études ou la situation, la loi fixe des barrières nettes :
- Les activités agricoles,
- immobilières,
- artistiques rémunérées en droits d’auteur,
- les professions juridiques et judiciaires,
- les professions de santé,
- l’expertise comptable,
- les agents généraux d’assurance.
Attention : les activités relevant de la Mutualité Sociale Agricole (MSA) sont également exclues du régime micro-social simplifié.
Pour les activités artistiques, une distinction importante s’applique. Si vous percevez des droits d’auteur pour vos créations, le statut d’auto-entrepreneur ne convient pas pour cette activité spécifique. Cependant, vous pouvez exercer des prestations connexes sous ce statut : un photographe peut proposer des services de retouche numérique ou réaliser des reportages de mariage en tant qu’auto-entrepreneur.
Concernant les activités réglementées, vous devez impérativement justifier des qualifications ou diplômes requis. Cette obligation concerne notamment les services à la personne, les métiers de coiffeur, ou certaines activités de construction.
Il est également important de noter, qu’un étudiant auto-entrepreneur ne peut pas exercer un métier spécialisé s’il n’est pas diplômé !
Comment créer sa micro-entreprise en tant qu’étudiant ?
La création d’une micro-entreprise pendant vos études nécessite de suivre quelques étapes clés. Cette démarche, bien que simplifiée, demande une certaine organisation et la connaissance des procédures administratives spécifiques.
Les démarches administratives à suivre
Pour créer votre statut d’auto-entrepreneur étudiant, vous devez désormais passer par le Guichet unique des formalités d’entreprises. Depuis le 1er janvier 2023, ce portail en ligne, géré par l’INPI (Institut National de la Propriété Industrielle), centralise toutes les démarches de création d’entreprise.
Voici les étapes à suivre pour concrétiser votre projet :
- Connectez-vous sur le site formalites.entreprises.gouv.fr avec votre compte France Connect
- Choisissez l’option « Déclarer la création d’une entreprise »
- Sélectionnez le régime « micro-entrepreneur » (anciennement auto-entrepreneur)
- Précisez la nature de votre activité (commerciale, artisanale ou libérale)
- Complétez le formulaire en ligne avec vos informations personnelles
Lors de votre inscription, vous devrez fournir plusieurs documents, notamment :
- Une pièce d’identité en cours de validité
- Un justificatif de domicile de moins de trois mois
- Une déclaration sur l’honneur de non-condamnation
Si nécessaire, les diplômes ou qualifications pour les activités réglementées. Par ailleurs, si vous êtes mineur émancipé, vous devrez également joindre le jugement d’émancipation. Pour les mineurs non émancipés (exerçant une activité artisanale ou libérale autorisée), l’autorisation écrite des parents ou du représentant légal est indispensable.
Choisir une adresse de domiciliation
La domiciliation de votre micro-entreprise est une étape cruciale. En tant qu’étudiant, plusieurs options s’offrent à vous, chacune avec ses avantages et contraintes.
Résidence principale
Vous pouvez utiliser votre résidence principale comme adresse professionnelle. Cette solution, la plus simple et la plus économique, est particulièrement adaptée si vous vivez dans un logement indépendant. Néanmoins, assurez-vous que votre bail ou règlement de copropriété n’interdit pas l’exercice d’une activité professionnelle.
Le domicile parental
Le domicile parental peut servir d’adresse de domiciliation, avec l’accord écrit de vos parents. Cette option est souvent privilégiée par les étudiants qui vivent en résidence universitaire, où la domiciliation d’entreprise est généralement interdite.
Société de domiciliation
Vous pouvez opter pour une société de domiciliation commerciale. Ce service, bien que payant (comptez entre 30 et 100 euros par mois), vous offre une adresse professionnelle distincte et la gestion de votre courrier. Certaines sociétés proposent même des forfaits spéciaux pour les auto-entrepreneurs étudiants.
Bon à savoir : Kandbaz accompagne tous les entrepreneurs dans la domiciliation de leur siège social !
Pépinières d’entreprises ou espaces de coworking
Enfin, si votre activité ne nécessite pas de local commercial, pensez aux pépinières d’entreprises ou aux espaces de coworking qui proposent parfois des services de domiciliation à tarifs préférentiels pour les jeunes entrepreneurs.
Délais et réception du numéro SIRET
Après avoir soumis votre dossier complet via le Guichet unique, un délai d’attente est nécessaire avant de pouvoir commencer légalement votre activité.
En règle générale, le traitement de votre demande prend entre 2 et 4 semaines. Durant cette période, votre dossier est transmis aux organismes concernés (INSEE, Urssaf, service des impôts) qui vérifient sa conformité. Vous recevrez ensuite votre numéro SIRET, indispensable pour facturer vos clients et déclarer votre chiffre d’affaires.
Il est important de noter que vous ne pouvez pas commencer votre activité avant d’avoir reçu ce numéro. Toute facturation émise sans numéro SIRET serait considérée comme du travail dissimulé, passible de sanctions.
Pour suivre l’avancement de votre dossier, connectez-vous régulièrement à votre espace personnel sur le site du Guichet unique. En cas de retard significatif (plus d’un mois), n’hésitez pas à contacter le service client pour vérifier qu’aucun document complémentaire n’est requis.
Une fois votre numéro SIRET obtenu, pensez également à vous inscrire à l’Urssaf en tant qu’auto-entrepreneur. Cette démarche est essentielle pour la déclaration et le paiement de vos cotisations sociales, généralement sur une base trimestrielle. En tant qu’étudiant auto entrepreneur, vous devrez effectuer vos déclarations même en l’absence de chiffre d’affaires.
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