Leadership dans le hockey sur glace : principes et exemples

Chaque équipe sportive est composée de différentes personnalités. Il y a les ultra motivés, les taquins, les sérieux, ceux qui doivent se faire motiver… et autres. Évidemment, chacun a bien sa place au sein d’une équipe, mais il y a un rôle qui prend souvent une place importante et c’est celui du leader. En effet, le leader d’équipe est souvent porté à motiver les autres, à les encourager et à les supporter, et ce, sans même chercher à le devenir.

Qu’est‑ce que le leadership dans le hockey ?

« Le leadership est un processus par lequel un individu influence un groupe d’individus vers l’atteinte d’un objectif commun. Le leadership est un processus (pas un trait qui réside avec le leader, mais un événement transactionnel qui se produit entre un leader et ses disciples). Le leadership implique de l’influence (se préoccupe de comment le leader affecte les disciples). Le leadership se produit en groupes (c’est le contexte où le leadership a lieu). Le leadership implique nécessairement la quête d’objectifs communs (accomplir quelque chose ensemble). »

La définition souligne que le leadership n’est donc pas incarné par une seule personne. Le leader n’est pas seulement le propriétaire, le directeur général, l’entraîneur ou le capitaine. Le leadership est plutôt un processus d’influence et s’observe en fonction de l’objectif et des personnes qui sont mises à contribution pour accomplir la mission de l’équipe. C’est un mécanisme d’influence entre un leader et ses disciples. Chaque joueur peut exercer de l’influence et avoir du leadership dans son équipe.

Leadership partagé et synergie d’équipe

La présence d’un leadership fort est illustrée par des événements, des commentaires, des comportements, des séquences de jeux qui se produisent dans le vestiaire, sur le banc des joueurs et sur la glace. Cette force on la nomme, dans mon domaine d’expertise, le leadership. Elle s’illustre par la chimie ou la synergie qui s’est établie sur la glace entre les membres de l’équipe et qui produit des séquences de jeux de très haut niveau.

Les gestes posés par chaque joueur à l’entraînement, avant les parties et pendant les parties ont le potentiel d’influencer la cohésion de l’équipe. Ce sont les gestes quotidiens, les petites actions qui permettent de faire émerger une culture gagnante. La définition souligne que le leadership se produit en groupe et cela fait ressortir l’importance des rôles de chacun, de la contribution différente de chaque membre, des liens qui s’établissent entre chaque membre de l’équipe et de l’importance de la synergie.

Lire aussi: Enjeux et défis des filières de biodiesel

Pourquoi privilégier la synergie avant le talent individuel

Les résultats indiquent l’importance du talent dans les bonnes équipes, mais il n’en faut pas trop. Lorsqu’un certain niveau est atteint, la synergie, la chimie et la cohésion entre les joueurs seront le facteur qui aura le plus d’impact sur la performance. Ces résultats sont importants et sont générateurs d’espoir concernant les équipes qui ont eu de moins bonnes saisons.

Lorsque les 4 composantes du leadership sont en place, l’équipe qui va gagner n’est pas celle qui compte le plus de joueurs talentueux, mais celle qui pourra bénéficier de l’effet supplémentaire et positif de cette force invisible nommé le leadership. Il devient donc pertinent et nécessaire de réfléchir aux qualités personnelles recherchées dans le contexte du hockey professionnel à quelques semaines de la séance de repéchage.

Exemples concrets de modèles de leadership collectif

Lors de leur saison inaugurale, les Golden Knights de Las Vegas, une équipe de « marginaux » provenant des 30 autres équipes de la Ligue nationale de hockey (LNH), ont atteint la finale de la Coupe Stanley. L’une des raisons de leur succès est qu’ils n’ont pas désigné de capitaines traditionnels sur la glace. Au lieu de cela, la philosophie de l’équipe était qu’il y avait 23 capitaines.

Les Golden Knights ne sont pas les seuls à établir un modèle de leadership partagé et à en récolter les fruits. Au cours de la saison 2018 à 2019, les Canucks de Vancouver ont nommé 4 capitaines suppléants au lieu d’un capitaine unique (Sportsnet, 2018). Bo Horvat, Chris Tanev, Alexander Edler et Brandon Sutter ont partagé la responsabilité du leadership de l’équipe, et l’entraîneur‑chef Travis Green a fait savoir que la culture et l’identité des Canucks étaient centrées sur ce modèle de leadership collectif (Sportsnet, 2018). Ce changement de structure de leadership a entraîné des progrès importants pour l’équipe, qui a non seulement décroché une place en séries éliminatoires, mais a également obtenu son plus haut total de points depuis 2015 (Trettenero, 2019).

Rôles formels et informels : diversité des leaders

Duguay et coll. (2016) ont défini le leadership des athlètes comme « un athlète occupant un rôle de leader formel ou informel au sein d’une équipe qui influence un groupe de membres de l’équipe pour atteindre un objectif commun. » En ce sens, les leaders formels reçoivent le rôle qui leur est attribué de la part de l’entraîneur ou comme un résultat de la sélection de l’équipe. La diversité des rôles que les athlètes assument permet à de nombreux joueurs d’assumer un rôle de leader à un titre ou à un autre (Fransen et coll., 2015).

Lire aussi: Comment réussir sa bière artisanale : retour d'expérience

Plus il y a d’athlètes qui assument des rôles de leadership, qu’il s’agisse de rôles axés sur les tâches, la motivation, le social ou l’extérieur, plus la charge de leadership est répartie et plus l’équipe en bénéficie. Plus précisément, le fait qu’un plus grand nombre d’athlètes joue un rôle de leader améliore l’identification et la confiance du groupe, et permet d’obtenir une cohésion à la fois orientée vers la tâche et les éléments sociaux.

Pratiques concrètes et comportements des leaders sur la glace

Consistency. The best leaders are the most consistent performers, both on and off the ice. They are the hardest workers on the ice, have the best attitudes, put in the work in the weight room, follow a disciplined nutrition and sleep schedule, and shoot and handle pucks at home.

Play Fearless. The leaders on a team are the ones willing to do whatever is required to win that shift and help the team win the game. They understand it comes with risk of injury, and the self‑sacrifice for the good of the team is itself the motivation.

Build Up. Whether you are the most‑skilled player on your team or more of a grinder, everyone experiences a bad game from time to time. The easiest way to react to a player’s poor performance is to verbally beat them down. Exceptional leaders don’t beat down teammates. Leaders recognize this as an opportunity to support and build their teammate up. Provide positive reinforcement to remind them that you got them, brush it off, and let’s get them next time.

Choose Words Wisely. Sometimes you can say more by saying less. Instead of being the loudmouth teammate that eventually everyone will drown out, consider asking questions and being a good listener. Approach situations with curiosity, an eagerness to learn or improve, offer praise to others when deserved, and always have the best interests of the team in mind.

Lire aussi: Comment réaliser des expériences de fluorescence en laboratoire

Be Team Centric. Keeping track of individual stats is certainly a part of the game, and if you achieve some good personal stats you should certainly feel proud. But when a player’s own individual statline becomes their barometer for success that night, regardless of how the team performed, then team culture can suffer. The good news is that everyone has the ability to apply these leadership skills to fine‑tune their attitude and become a team‑focused player.

Qualités personnelles recherchées chez les joueurs leaders

Pour susciter la réflexion, je propose une liste de 8 compétences personnelles. Ces compétences devraient être considérées dans le choix d’un joueur d’impact.

  • L’engagement : Déployer un niveau d’effort et d’énergie élevé envers les activités d’équipe, l’entraînement, les parties et son sport.
  • La compétitivité : Avoir de l’ambition et un désir élevé pour l’excellence. Avoir la volonté de persévérer pour atteindre le résultat souhaité.
  • L’ardeur au jeu : Avoir un niveau de confiance supérieur et un goût du risque. Être capable de contrôler et de réguler son niveau d’intensité et ses émotions.
  • L’exemplarité : Faire preuve d’humilité, de respect et d’intégrité. Montrer l’exemple et être un modèle pour les autres.
  • La résilience : Avoir la capacité à maintenir un état de fonctionnement physiologique et psychologique optimal et surmonter l’adversité.
  • Le courage : Être capable de souffrir mentalement pour atteindre un objectif et défendre un idéal. Avoir la capacité de dire les choses lorsque la situation l’exige.
  • L’amélioration personnelle : Être capable d’apprendre de ses actions et de ses erreurs. Posséder une attitude d’ouverture et prendre le niveau de risque nécessaire pour apprendre.
  • La collaboration : Offrir son aide aux autres membres de l’équipe, aider et servir afin d’atteindre les objectifs de l’équipe.

Évaluer le potentiel de leadership

Le défi qui se pose est d’évaluer ces qualités qui ne sont pas toujours observables dans une conversation, un entraînement ou une partie. De plus, quand il est question de jeunes personnes, il faut aussi considérer notre capacité à prédire l’évolution et le développement du potentiel. L’observation continue d’un athlète sur une longue période permettra d’avoir des données intéressantes pour évaluer son talent et certaines des 8 compétences.

Il devient donc pertinent de se doter d’un mécanisme objectif d’évaluation du potentiel, dont des outils psychométriques (voir le livre de Tomas Chamoro‑Premuzic - The Talent Delusion - 2017) afin d’identifier le niveau de compétences personnelles et les facteurs de personnalité qui augmentent les probabilités de pouvoir compter sur des joueurs qui seront capables de faire émerger le leadership, et de remporter ultimement la coupe Stanley.

Très gros discours du capitaine Biarrot Alban Placines avant d’affronter Bayonne !

Gérer les leaders négatifs et canaliser le leadership

« Je n’ai jamais aimé le terme leader négatif, parce qu’être un leader, c’est positif, souligne Sylvain Guimond. Mais c’est vrai que parfois, dans un groupe, il y a ces personnes qui tirent vers le bas. Il faut se dire que dans une équipe de hockey, il y a peut-être 60 % des gens qui vont tout simplement suivre les autres, 20 % qui vont tirer l’équipe vers le haut et 20 % qui vont la tirer vers le bas, souvent sans le vouloir, mais simplement avec des agissements ou des paroles. »

Ces leaders négatifs sont rarement véritablement mal intentionnés. On doit donc identifier ce fameux 20 % qui tire vers le bas et réussir à le convaincre de remonter dans le groupe qui tire vers le haut. Par exemple, faire sentir le leader négatif utile au groupe, et ce, avec l’aide des leaders positifs. Si ces derniers réussissent à inclure leurs coéquipiers récalcitrants dans leur effort de motivation de l’équipe, cela aura un impact positif sur le reste des troupes.

Rôle des entraîneurs et développement du leadership

Les entraîneurs principaux sont depuis longtemps reconnus comme le fondement du leadership dans les équipes sportives. Cependant, les athlètes peuvent, et doivent, occuper des rôles de leadership pour soutenir le fonctionnement d’un groupe et obtenir le succès de l’équipe (Duguay et coll., 2016). Les entraîneurs peuvent, et doivent, donner à leurs athlètes les moyens et l’autonomie nécessaires pour qu’ils deviennent également des leaders.

Les études ont montré que l’amélioration du nombre et de l’efficacité du leadership athlétique dans une équipe sportive améliore la motivation, la communication, la cohésion, la clarté des rôles, la satisfaction et, en fin de compte, la performance de l’équipe (Fransen et coll., 2015; Price et Weiss, 2013). C’est pourquoi la direction de l’équipe et les entraîneurs devraient s’efforcer d’instaurer une culture de leaders multiples au sein de l’équipe.

Applications pratiques pour les jeunes et entraîneurs

Il y a un leader dans chaque équipe et nous connaissons tous quelqu’un qui monte toujours son jeu d’un cran lorsque ça compte le plus. « Je voudrais devenir le capitaine de mon équipe. » Ce souhait exprimé par plusieurs jeunes du hockey mineur à travers la province est‑il envisageable pour tous ? Oui, mais avec des bémols, souligne le titulaire d’un doctorat en psychologie du sport, Sylvain Guimond. « Le leadership, c’est quelque chose que je ne peux pas demander ou exiger, c’est quelque chose que mes coéquipiers m’offrent », détaille d’abord M.

Être un bon leader et un capitaine, c’est être sociable, c’est être quelqu’un qui parle avec les autres, qui arrivera à les motiver et à parler dans un vestiaire lorsque ce sera nécessaire. L’humour peut également résoudre bien des sources de conflits ou désamorcer des problèmes. Le leader dans le vestiaire d’une équipe gagnante doit être quelqu’un qui est capable de ne pas se prendre au sérieux, de rire de soi et de rire avec ses coéquipiers.

« Une autre des qualités nécessaires, et je l’aime beaucoup celle‑là, c’est celle de se remettre en question. Après tout, celui qui croit tout savoir et qui croit être en mesure de prendre le dessus sur n’importe quelle situation sans avoir à demander s’il n’a pas fait une erreur va probablement directement dans un mur à long terme. Et finalement, la dernière et celle qui est peut‑être la plus difficile à développer, c’est d’être quelqu’un d’émotionnel. Quelqu’un capable de laisser ses sentiments prendre le dessus quand c’est nécessaire, dans un grand moment d’un tournoi ou d’un match de hockey. D’être capable de communiquer à ses coéquipiers, via ses émotions, son désir de vaincre ou de faire comprendre l’urgence du moment présent.

Liste d’actions pour développer le leadership dans un club

  1. Favoriser une structure de leadership partagé et soutenir les leaders formels et informels orientés vers les tâches, la motivation, la société et l’extérieur.
  2. Observer et évaluer les athlètes sur une longue période pour mesurer leur potentiel de leadership.
  3. Utiliser des outils objectifs d’évaluation du potentiel et réduire l’effet de halo dans le recrutement.
  4. Encourager les comportements quotidiens : cohérence, travail acharné, exemplarité et soutien entre coéquipiers.
  5. Inclure tous les membres dans la culture d’équipe afin que chacun se sente accepté et utile.
ComportementImpact sur l’équipe
Consistance et travail quotidienRenforce la crédibilité et la cohésion
Soutien après une mauvaise performanceMaintient la confiance collective
Actions risquées (bloquer un tir, prendre un hit)Montre l’exemplarité et motive les autres
Leadership partagéAméliore la communication et la performance

Les avantages d’un solide leadership d’athlètes devraient susciter un grand intérêt de la part des entraîneurs, des athlètes et des équipes. Ces avantages font du développement du leadership pour tous les membres de l’équipe un élément sur lequel il vaut la peine de consacrer des efforts. En lisant cet article de blogue, les entraîneurs seront en mesure d’établir et d’appliquer de nombreuses façons dont les athlètes peuvent remplir un rôle de leader ainsi qu’une structure de leadership partagée.

balises:

Articles populaires: