Qu’est-ce que l’expérience « La Vague » (TPE) ?
Je m'y suis penché sur le truc plein d'équations toutes bizarres et je suis tombé. Je ne comprends rien et n'ai de toute façon pas les bagages pour cela. Bonjour à tous et à toutes, je m'appelle Léa et je suis en 1ère S. J'ai besoin de vos lumières pour m'éclairer concernant la faisabilité à bas coût et avec peu de moyens de reproduire le mouvement des vagues (en dehors de l'huile de coude merci ...).
Origine et concept de l'expérience « La Vague »
L'expérience conduite aux États-Unis en 1967 consistait à observer le comportement d’une classe de lycée sous une autorité dominante. En 1967, une expérience pédagogique originale, intitulée « la troisième vague », (“The Third Wave”), avait été improvisée et conduite par Ron Jones, jeune diplômé de l’université de Stanford, charismatique professeur d’histoire au lycée Ellwood P. Cubberley à Palo Alto, en Californie. Confronté aux questions de ses élèves, il avait eu l’idée de mettre sur pied cette expérience pédagogique dont il dirait plus tard qu’elle était insensée et « l’un des événements les plus effrayants [qu’il ait] jamais vécus dans une salle de classe ». En mettant ses élèves en situation, il avait pensé leur faire expérimenter de l’intérieur comment des millions de gens avaient pu tomber sous l’influence du nazisme et s’en rendre d’une certaine manière complices.
R. Jones dit avoir appelé l’expérience « La troisième vague » en référence au surf, sport pratiqué à Santa Cruz à soixante-dix kilomètres de Palo Alto, et à l’expression des surfeurs pour décrire la dernière et la plus forte vague d’une série de houles. Elle consistait, durant un temps bref (une semaine), à observer le comportement des lycéens sous une autorité et ainsi à montrer que 20 ans après le IIIe Reich, on pouvait encore être très naïf malgré toutes les mises en garde sur le nazisme.
Déroulement et mécanismes observés
Selon le récit de R. Jones, elle avait commencé par des leçons sur la discipline, sa nécessité pour assurer la cohésion d’un groupe et la réussite de ses projets. L’expérience faisait l’éloge de la discipline, de la communauté et de l’égalité. Il avait distribué plusieurs tâches et demandé qu’on dessine une bannière. Chaque jour, du lundi au jeudi, il avait écrit au tableau un des quatre slogans : « La force par la discipline », « La force par la communauté », « La force par l’action », « La force par l’esprit de fierté », qu’il avait commentés.
Pour s’adresser à lui, il leur avait imposé de se lever en faisant un salut de la main droite placée à hauteur de l’épaule droite, les doigts en forme de coupe, et de l’appeler « Monsieur Jones ». Il avait donné une carte de membre à chacun. Trois cartes portaient un « X » rouge. Ceux qui avaient reçu l’une d’elles au hasard avaient pour mission de dénoncer les membres qui ne respectaient pas les règles du groupe. Il avait demandé que chacun apprenne par cœur le nom et l’adresse de tous les membres du groupe et en recrute de nouveaux.
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Presque tous les élèves s’étaient montrés instantanément très enthousiastes. Peu à peu, deux cents lycéens s’étaient joints à la classe de trente élèves. Progressivement, parallèlement à l’enthousiasme, un climat de peur s’était installé, les délations et les menaces avaient pris de l’ampleur, une police secrète destinée à dénicher les dissidents s’était mise en place. L’expérience dégénéra : « Au bout de quatre jours, il s’était senti dépassé par sa création comme l’apprenti sorcier de Goethe quand il oublia la formule magique, et avait décidé d’y mettre fin. »
Impact, adaptations et postérité
L’expérience de la troisième vague inspira plusieurs adaptations et réflexions. En 1972, R. Jones la raconta dans un article intitulé “The Third Wave”. Elle inspira un téléfilm américain, The Wave (1981), puis un film allemand Die Welle (2008), qui eut un immense succès. Un roman, La Vague, de Todd Strasser (1981) fut traduit en français (2008). Un documentaire, Lesson Plan (2010), fut réalisé par d’anciens élèves. Une série télévisée Nous, la Vague (2019) montra que le sujet était toujours d’actualité.
La Vague, un film de Dennis Gansel réalisé en 2009, relate l’expérience « La Troisième Vague » et remet nos certitudes en question. Ce film de docufiction suit un professeur de lycée, Rainer Wenger, qui décide de mettre en place cette expérience dans son cours car les élèves lui ont dit qu’un régime totalitaire ne pouvait plus revoir le jour en Allemagne. Une communauté, « La Vague », avec son symbole, son salut, son uniforme et ses règles, va peu à peu se mettre en place. Ce docufiction met en scène principalement des jeunes de notre société actuelle, ce qui nous touche plus. Les jeunes adolescents s’identifient aux personnages de l’histoire mais aussi les adultes qui eux aussi ont été des adolescents.
Aspects scientifiques et limites méthodologiques
L’expérience pédagogique de la troisième vague ne faisait pas partie d’un programme de recherche, n’a fait l’objet d’aucune réplication et n’a donné lieu à aucune publication dans une revue évaluée par les pairs. Elle n’a donc pas le statut d’une expérience scientifique et relève du simple témoignage dont on ne peut pas réellement tirer de conclusions. La question de savoir si l’expérience pédagogique s’était déroulée telle qu’elle fut racontée par R. Jones a été évoquée. De nombreuses zones d’ombre sont apparues concernant, par exemple, les dates auxquelles elle avait eu lieu. Entre les articles publiés par le Cubberley Catamount en 1967 et les souvenirs de Ron Jones, tels qu’il les a rédigés en 1972, des divergences de détail ont été relevées.
Son intérêt, c’est de souligner que la sollicitation de la pensée critique fait partie des outils qui permettent de déjouer les pièges du système, qu’elle peut être une sorte de rempart contre la barbarie et la déshumanisation, un garde-fou contre soi-même. « L’être humain ne doit jamais cesser de penser. C’est le seul rempart contre la barbarie. Action et parole sont les deux vecteurs de la liberté. »
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La Vague comme outil pédagogique (forces et risques)
Confronté aux questions de ses élèves, il avait eu l’idée de mettre sur pied cette expérience pédagogique dont il dirait plus tard qu’elle était insensée. En mettant ses élèves en situation, il avait pensé leur faire expérimenter de l’intérieur comment des millions de gens avaient pu tomber sous l’influence du nazisme et s’en rendre d’une certaine manière complices. Il n’avait pas prévu que le scénario qu’il avait inventé marcherait aussi bien.
Au départ, précise-t-il, on joue un rôle en sachant qu’on le joue, que ce n’est qu’un rôle. On garde ses distances comme un acteur au théâtre. Par la suite, pour répondre à l’attente des gens, le risque est de s’identifier au rôle et de n’être plus que lui. R. Jones a fait l’expérience de cet effet d'identification et a constaté qu’il s'était lui-même glissé dans le rôle d'autorité.
Exemples filmiques et narratifs pour l’étude en TPE
Ce film possède donc une caution scientifique partielle : puisque ce film est tiré d'une vraie expérience il a donc un aspect scientifique, comme s’il suivait un véritable protocole expérimental. En effet, pendant le film on voit les jours défiler, ils sont écrits et apparaissent à l’écran. Puisque c’est une expérience, tout au long du docufiction, le professeur observe ses élèves, leur comportement envers le cours et les autres et prépare bien son cours chez lui en réfléchissant sur ce qui s’est passé le jour même. Ceci prouve bien l’aspect scientifique du film, car lors d’une expérience, elle est toujours supervisée par un chef. Ce film étant une adaptation libre de l’expérience de Ron Jones, cela permet de se rendre vraiment compte que c’est possible, on ne peut nier la réalité.
Questions éthiques et pédagogiques soulevées
La troisième vague pose des questions cruciales. Son intérêt, c’est de souligner que la sollicitation de la pensée critique fait partie des outils qui permettent de déjouer les pièges du système. R. Jones dit : « Je suis très content de l’avoir faite à des fins de discussion, oui. C’est un cadre pour apprendre et discuter du fascisme [...] Mais c’est comme la bombe atomique. Est-ce que c’est précieux ? »
L’expérience nous donne l’image d’un jeune professeur d’histoire engagé, qui, confronté au scepticisme de ses élèves, avait choisi de sortir du cadre formel d’un cours magistral sur le génocide nazi, dans un but pédagogique. Comment individus et peuples pouvaient-ils prétendre ensuite qu’ils ne savaient pas ? Qu’est-ce qui les poussait à occulter leur propre histoire ? L’indifférence ? La culpabilité ?
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Utiliser « La Vague » en TPE : pistes pratiques et conseils
- Privilégier l'analyse critique et documentaire plutôt qu'une reproduction expérimentale large et non encadrée.
- Étudier les sources primaires : récits de Ron Jones, articles du Cubberley Catamount, adaptations (roman, films, documentaire).
- Confronter témoignages et analyses : noter les divergences de dates et de détails entre les récits contemporains et les mémoires publiés ultérieurement.
- En TPE, articuler l’étude autour de problématiques éthiques (manipulation, conformisme), pédagogiques (méthodes actives) et historiques (mémoire du nazisme).
- Eviter toute mise en scène reproduisant la pression sociale, la délation ou la contrainte sur des élèves ; privilégier simulations réflexives, débats encadrés et jeux de rôle courts avec consentement et débriefing.
J'VAIS VOUS PARLER D'UN FILM #1 : Die welle (La Vague)
Pourquoi ce sujet touche-t-il encore aujourd’hui ?
La Vague, malgré la date à laquelle il a été réalisé, a eu beaucoup de succès. La fiction nous donne l’impression réaliste et permet l’identification aux personnages de l’histoire, ce qui nous touche. À travers l’histoire de Marco, Karo, Tim, Lisa, Rainer et tous les autres, on se pose des questions, telles que « Et moi, qu’aurais-je fait ? ». « Ne fais rien contre ta conscience, même si l’État te le demande. » Voilà ce qu’a dit Einstein. Cette question reste d’actualité lorsque l’on examine les mécanismes sociaux conduisant à l’abandon de l’esprit critique.
Exemple d'approche pour un TPE
- Choisir une problématique claire : « Comment l’expérience “La Troisième Vague” illustre-t-elle les mécanismes du conformisme et de la manipulation ? »
- Rassembler des sources : témoignages de R. Jones, articles historiques, critiques du film, analyses sociologiques.
- Construire un corpus comparatif : récit original vs adaptations (roman, films), compte rendu critique des limites méthodologiques.
- Proposer une séquence pédagogique sûre : mini-simulation encadrée, questionnaire réflexif, débat guidé, restitution écrite.
- Analyser les enjeux éthiques et proposer des recommandations pour l'usage pédagogique responsable.
Remarques finales pour vos TPE
Vous ne pouvez pas tirer de conclusions scientifiques définitives de l'expérience initiale car elle n'a pas le statut d'étude contrôlée publiée. En revanche, elle reste un puissant cas d'étude pour aborder la psychologie sociale, l'histoire et l'éthique pédagogique. Le but d’un docufiction est de nous faire prendre conscience de ce qui s’est réellement passé tout en nous permettant de s’identifier aux personnages et donc de nous toucher.
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