L'Inclusion Financière : Définition et Enjeux

Dans le paysage commercial dynamique d'aujourd'hui, l'inclusion financière n'est pas simplement un mot à la mode, c'est un catalyseur de croissance et de prospérité. Mais qu'est-ce que l'inclusion financière exactement, et pourquoi est-elle primordiale pour les entreprises ?

L'inclusion financière est la pierre angulaire de l'autonomisation économique, offrant aux individus et aux entreprises un accès à une large gamme de produits et services financiers adaptés à leurs besoins. Cette boîte à outils financière complète englobe les comptes bancaires, les prêts, l'épargne, l'assurance, et plus encore.

L’inclusion financière, c’est-à-dire l’accès aux services financiers par les populations et les entreprises, a considérablement progressé ces dernières années en Afrique subsaharienne (ASS). Accélérée depuis 2008 par l’essor de la banque mobile et plus généralement de la numérisation des services financiers, l’inclusion financière constitue une dimension majeure du développement financier.

L'usage des services financiers accompagne la croissance économique tout en favorisant la cohésion sociale et la lutte contre la pauvreté. Elle constitue ainsi un objectif majeur du G20 et l’un des objectifs de développement durable (ODD) à l’horizon 2030. Environ 1,5 milliard d’adultes dans le monde n’ont toujours pas accès aux services financiers de base. Ces personnes voient leur capacité à échanger, épargner ou créer une entreprise fortement réduite. On entend par « accès à des services financiers de base » la possibilité d’obtenir un compte courant, un crédit, une assurance et un produit d’épargne.

Les enjeux de l’inclusion financière débordent du strict cadre financier, puisqu’étant reliés à ceux de l’inclusion sociale (l’accès des populations à l’emploi, à la santé, au logement ou à l’éducation). L’inclusion financière est en net progrès depuis plusieurs décennies.

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Mais l’inclusion financière concerne aussi les pays développés. La Commission européenne a publié dès 2008 une étude sur l’inclusion financière et l’accès à un service bancaire de base. Cette proposition de la Commission vise à généraliser et à faciliter l’ouverture d’un compte courant pour les citoyens européens auprès de n’importe quel établissement de crédit, à assurer la transparence des tarifs et à simplifier la mobilité bancaire. Plusieurs dizaines de millions de personnes ne disposent pas d’un compte bancaire de base au sein de l’Union européenne, mais les disparités restent très importantes entre les différents États membres.

Au même titre que la microfinance (lire la définition de la microfinance), l’inclusion financière a pour but d’élargir l'accès à des produits et services (non) bancaires et (non) financiers abordables et responsables pour les populations exclues du circuit bancaire classique. Pour parvenir à inclure le plus grand nombre dans le système financier et leur faire bénéficier de services bancaires adaptés, toute une gamme de produits et services ont été développés, le plus connu étant le microcrédit.

Mais il existe aujourd’hui des services financiers qui répondent à des besoins qui vont bien au-delà du microcrédit : transferts d’argent, micro-épargne, micro-assurance, micro-pension. L’inclusion financière permet aux populations pauvres de financer leurs activités, d’épargner, de subvenir aux besoins de leur famille et de se protéger contre les risques de la vie courante. Leur distribution sur le marché est assurée par divers organismes financiers : institutions de microfinance (IMF), coopératives, prestataires de micro-assurance, banques etc. Il est essentiel que ces distributeurs inscrivent leurs activités dans une démarche responsable et sociale pour remplir l’objectif premier de l’inclusion financière : lutter contre la pauvreté.

Les Avantages de l'Inclusion Financière pour les Entreprises

Dans un monde où la stabilité financière et la croissance sont primordiales, l'inclusion financière émerge comme un facteur déterminant pour les entreprises. En adoptant l'inclusion financière, les entreprises ouvrent les portes au capital, à l'efficacité, et à la santé financière. Ces ressources essentielles permettent aux entreprises de prospérer et de réussir sur un marché compétitif.

Infographie sur l'importance de l'inclusion financière
  • Construction de la solvabilité : Établir un historique de crédit est essentiel pour les entreprises.
  • Économies de coûts : L'accès à des produits financiers abordables peut aider les entreprises à réduire les coûts.
  • Efficacité accrue : L'inclusion financière dote les entreprises d'outils et de services qui simplifient les opérations financières.
  • Croissance du revenu : En permettant l'acceptation des paiements électroniques, l'inclusion financière simplifie les transactions, rendant plus pratique l'interaction des clients avec votre entreprise.

Microfinance : Un Pilier de l'Inclusion Financière

Qu’est-ce que la Microfinance ?

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Définition: La Microfinance vise à soutenir les populations exclues des services financiers traditionnels en leur proposant un éventail de services financiers (microcrédit, épargne, assurance, etc.) souvent couplé à des programmes d’accompagnement (formations, sensibilisations, etc.).

Quelle est la différence entre Microfinance, finance inclusive et finance à impact ?

La finance inclusive poursuit un objectif quantitatif : garantir 100 % d’accès aux services bancaires. Cet objectif ne reflète cependant pas nécessairement l’utilisation effective des comptes bancaires. À l’inverse, la finance à impact ou impact investing met l’accent sur les retombées sociales et environnementales des investissements.

Elle inclut par exemple des investissements dans les énergies renouvelables ou l’agriculture durable. On peut donc considérer la Microfinance comme une composante de la finance inclusive et de la finance à impact, en revanche ces dernières englobent également d’autres acteurs et services (fintech, incubateurs ou accélérateurs, chercheurs, système bancaire classique…)

Qu’est-ce qu’une Institution de Microfinance ?

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Les Institutions de Microfinance (IMF) jouent un rôle central dans le fonctionnement de la microfinance. Elles se chargent de dispenser les prêts, garanties, conseils, éducation financière et d’autres formes de soutien aux clients. Les prêts qu’elles accordent, appelés microcrédits, sont généralement de montants inférieurs à ceux proposés par les banques traditionnelles et sont dispensés à des fins personnelles ou professionnelles. Leur approche et impact diffèrent et s’adaptent aux besoins spécifiques de chaque région et population.

Exemple d’une Institution de Microfinance en Côte d’Ivoire

L’IMF PAMF-CI (Première Agence de Microfinance Côte d'Ivoire) finance des projets agricoles, l’achat de bétail et la création de petites entreprises en zones rurales et urbaines, répartissant ses prêts à parts égales entre ces deux zones. PAMF-CI propose également des prêts à des groupes solidaires où des petits groupes empruntent collectivement et s'encouragent mutuellement à rembourser.

L’IMF a par exemple accordé des prêts à Kone pour l’aider à développer son entreprise, lui permettant de moderniser son poulailler et d’agrandir son activité. Grâce à ces financements, Kone a investi dans l’éducation des enfants et rénové leur maison, tout en épargnant et en soutenant la croissance de l’entreprise.

Exemple d’une Institution de Microfinance en France

L’IMF Créa-sol (supervisée par l’ACPR) dispense des crédits aux particuliers et professionnels. L’IMF se base sur un principe simple : elle emprunte l’argent qu’elle prête, Cette approche incite à optimiser les capacités de remboursement des emprunteurs et, par conséquent, les chances de réussite de leurs projets.

Créa-Sol propose deux types de microcrédits :

  • Aux particuliers : prêts jusqu’à 5 000 € sur 3 à 4 ans, à taux fixe, pour financer des projets spécifiques (mobilité, formation, logement, permis de conduire, etc.).
  • Aux professionnels : prêts jusqu’à 12 000 € sur 5 ans maximum, à taux fixe de 6,25 %, pour développer des activités professionnelles.

L’IMF a par exemple octroyé un prêt de 10 000 € à Mourad pour financer son projet Protecto : housse antigel pour compteurs d’eau, permettant d’éviter les gaspillages dus aux dégâts causés par le gel. Depuis, des milliers d’exemplaires ont été vendus, une version connectée a été développée, et l’entreprise cherche à recruter de nouveaux salariés pour soutenir son expansion internationale tout en poursuivant ses efforts d’innovation.

Les Enjeux et Limites de la Microfinance

Quel est l’intérêt de la Microfinance ? En 2023, la Microfinance soutient 173 millions de bénéficiaires, dont environ 57 % de femmes. Elle bénéficie principalement aux :

  • Microentrepreneurs en quête de financements. Ces financements permettent aux entrepreneurs locaux de créer ou de développer des activités génératrices de revenus, stimulant ainsi les économies et innovations locales.
  • Personnes à faible revenu et populations marginalisées, notamment dans les zones rurales des pays en développement. La Microfinance améliore leur qualité de vie en favorisant leur stabilité financière et autonomie.

De plus, la Microfinance joue un rôle important dans l’émancipation des femmes dans les pays en voie de développement. En renforçant leurs compétences, leur notoriété et leur rôle dans le développement de leur communauté, elle met en lumière leur contribution économique et sociale. Les femmes, souvent perçues comme des emprunteuses fiables, sont reconnues pour leur capacité à rembourser les prêts et à amplifier l’impact social du crédit au sein de leur famille.

En somme, la microfinance ne se limite pas à l’octroi de crédits ; elle favorise un cercle vertueux de développement économique, d’inclusion sociale et d’émancipation individuelle, représentant ainsi un levier contre la pauvreté et les inégalités économiques et sociales.

Quelles sont les limites de la Microfinance ?

La microfinance fait face depuis des années à des défis majeurs qui remettent en question son impact et ses pratiques :

  • Un arbitrage parfois complexe entre rentabilité et mission sociale : en cherchant à assurer leur stabilité financière, certaines IMF se sont vues favoriser la quantité de microcrédits au détriment de leur qualité. Or, une évaluation insuffisante de la capacité de remboursement expose non seulement les clients à des risques de surendettement mais aussi l’IMF à des crises de créances impayées, mettant en péril sa viabilité.
  • Des pratiques controversées : les débuts de la Microfinance dans les années 2000 ont également été marqués par des abus de pouvoir de certaines IMF, notamment avec des taux d’intérêt très élevés et pressions excessives sur le remboursement.
  • Un impact à relativiser : l’impact de la microfinance reste un sujet de débat dans la littérature académique. Elle est désormais perçue comme un outil complémentaire, dont la réussite dépend de l’existence :
    • D’un soutien aux secteurs financés, notamment l’agriculture,
    • D’infrastructures de communication efficaces,
    • D’une régulation des marchés pour protéger les emprunteurs.

En conclusion, la microfinance, bien que prometteuse, doit s’appuyer sur des pratiques éthiques, un équilibre entre mission sociale et rentabilité, ainsi qu’un cadre institutionnel solide pour maximiser son impact positif.

Où est-ce que c’est le plus répandu ?

En 2022, l'Asie du Sud et du Sud-Est représente la plus grande part du marché avec environ 71 % des bénéficiaires de la microfinance. L'Amérique latine et les Caraïbes occupent la deuxième place avec environ 19 % des bénéficiaires, suivies par l'Afrique subsaharienne, qui représente 6 % des emprunteurs. Enfin, les régions Moyen-Orient et Afrique du Nord enregistrent la plus petite part de marché, avec environ 4 % des emprunteurs.

Quels sont les acteurs de la Microfinance ?

Comme mentionné précédemment, les IMF jouent un rôle central dans le fonctionnement de la microfinance, mais ne sont pas les seuls acteurs impliqués.

  • Acteurs directs :
    • IMF et associations. En France, l’ADIE (Association pour le Droit à l’Initiative Économique) finance des activités professionnelles jusqu’à 12 000 euros et propose un suivi personnalisé et gratuit pour accompagner les entrepreneurs.
    • Certaines banques, comme la Caisse d’Épargne, offrent également des microcrédits destinés à améliorer la qualité de vie ou répondre à des besoins urgents dans les domaines de la mobilité, de l'emploi, de la santé, du logement, etc.
  • Acteurs indirects :
    • Des institutions financières, comme Proparco, et banques, comme BNP Paribas apportent leur pierre à l’édifice en finançant des acteurs directs mondiaux, souvent des IMF.
    • Les fonds d’investissement spécialisés apportent des capitaux aux IMF pour leur permettre de développer leurs activités. À l’échelle européenne, le fonds d’emprunt de 200 millions d’euros développé en partenariat entre l’UE, la Banque Européenne d’Investissement et le Fonds Européen d’Investissement soutient les microentreprises, IMF et entreprises sociales.
    • Enfin, les particuliers peuvent également participer à la Microfinance, grâce au financement participatif, via des plateformes comme Babyloan ou Kiva, où ils prêtent directement aux microentrepreneurs ou encore en dirigeant leur épargne vers de l’investissement solidaire et responsable.

Goodvest propose à ses clients l’opportunité d’investir dans la microfinance via son produit Goodvest Sérénité 3. Accessible depuis les contrats d'assurance-vie ainsi que les PER Goodvest, ce produit structuré est adossé à une obligation sociale émise par BNP Paribas.

Cette obligation finance des projets dans les domaines suivants : Accès à l’emploi Avancement socio-économique et autonomisation (incluant des projets de microfinance et d’entrepreneuriat à impact) Accès à l’éducationAccès au logementAccès à la santé

Sur les 3,87 milliards d’euros investis en 2023 via l’obligation sociale de BNPP, 130 millions d’euros ont été distribués à des IMF dans des pays émergents (Inde, Maroc, Brésil, etc.) et développés (France, Belgique, États-Unis, etc.). 131 105 emprunteurs ont bénéficié de cet investissement dont 87,27% de femmes et 77,64% de résidents en zone rurale.

BNP Paribas a par exemple participé au financement de l’IMF Vietnamienne Tym qui accorde des microcrédits aux entrepreneurs, dont Lai Thi Hien, gérante d’un commerce de vente de graines.

Finalement, l'inclusion financière est l’ensemble des dispositifs mis en place pour lutter contre l’exclusion bancaire et financière. Les services non financiers couvrent quant à eux un champ plus vaste.

Tableau récapitulatif des différentes formes de finance alternative :

Type de Finance Objectif Principal Types d'Investisseurs
Finance Éthique Éviter de financer des secteurs ou entreprises qui heurtent les valeurs de l’épargnant. Institutions, entreprises et particuliers via des fonds d’investissement ou des produits bancaires.
Finance Verte Financer des entreprises dont l’objet est de favoriser la transition énergétique et la lutte contre le dérèglement climatique. Institutions et particuliers via des fonds d’investissement ou des produits bancaires labélisés ISR.
Finance Inclusive Proposer des services financiers de qualité et abordables au plus grand nombre, y compris aux plus démunis exclus des circuits financiers traditionnels. Divers organismes financiers : institutions de microfinance (IMF), coopératives, prestataires de micro-assurance, banques.
Finance Solidaire Collecter des ressources auprès du grand public via des produits d’épargne et financer des entreprises de l’économie sociale et solidaire. Grand public via des produits d’épargne.
Mécénat Pratiques de dons (financiers, en nature ou en compétence) envers des organisations d’intérêt général. Entreprises ou particuliers.

Contribution des micro-finances au développement du Pays

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