Finance Islamique et Finance Conventionnelle: Une Comparaison
Le système financier joue un rôle central dans l’économie moderne, mais il existe différents modèles. La finance islamique et la finance conventionnelle sont deux systèmes distincts, chacun avec ses propres principes et pratiques.
Principes et Fondements
Dans le modèle conventionnel, les principes capitalistes priment, favorisant la libre concurrence et la maximisation des profits. Ce système repose sur la notion de libre marché, sans cadre éthique imposé hormis les régulations en vigueur. De son côté, le système islamique s’appuie sur les enseignements de la charia, insistant sur la justice, la transparence et le bien commun. Les transactions doivent être justes, transparentes et bénéfiques pour toutes les parties. Le concept d’intérêt (intérêt usuaire/riba) y est strictement interdit, tout comme les activités économiques liées à l’alcool, au jeu ou à tout secteur considéré comme haram (illicite).
Mécanismes et Instruments
Par exemple, pour l’achat d’une voiture ou d’une maison, le système traditionnel prévoit des prêts avec intérêts, générant un revenu sur l’argent prêté. De leur côté, les institutions islamiques qui considèrent par essence qu’un prêt ne peut qu’être que gratuit, car il s’agit d’un service, mettent en place des contrats commerciaux, comme la “murabaha” qui est un contrat d’achat/revente avec marge prédéterminée, couramment utilisé pour l’achat d’une maison, ou encore la “mudaraba” (partage des profits et pertes), notamment pour les besoins en fonds de roulement.
Tableau Comparatif des Instruments Financiers
| Instrument | Finance Conventionnelle | Finance Islamique |
|---|---|---|
| Prêt Immobilier | Prêt avec intérêts | Murabaha (achat/revente avec marge) |
| Financement d'Entreprise | Prêt avec intérêts, actions | Mudaraba (partage des profits et pertes), Mousharaka (co-investissement) |
| Investissements | Actions, obligations, produits dérivés | Investissements conformes à la charia (excluant alcool, jeux, etc.) |
Investissements et Éthique
En matière d’investissements, les banques classiques diversifient leurs placements sans considération éthique particulière et en utilisant les dépôts de leurs clients sans réellement rémunérer ces derniers. Les acteurs financiers islamiques, eux, procèdent à une sélection minutieuse pour respecter les principes du droit musulman. Cette approche valorise des projets responsables et utiles à la société, comme les énergies propres ou l’éducation.
Comprendre la finance islamique
Gestion des Risques
Les institutions conventionnelles transfèrent souvent les risques financiers à travers des outils complexes, comme les produits dérivés. Cela peut conduire à des dérives systémiques, comme celles qui ont émergé lors de la crise de 2008. Par opposition, le système islamique propose une répartition équitable des risques entre les parties. La clarté des contrats est essentielle dans les deux systèmes. Cependant, la finance islamique pousse cette exigence plus loin, bannissant toute forme d’ambiguïté (appelé « Gharar”).
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Avantages et Inconvénients
Le modèle conventionnel est apprécié pour sa souplesse et sa capacité à offrir une liquidité rapide. Néanmoins, il est souvent critiqué pour son absence de considérations éthiques, ses effets sur les inégalités sociales et les crises financières récurrentes. En comparaison, la finance islamique de par son orientation éthique attire de plus en plus d’investisseurs en quête de responsabilité sociale.
La Pratique des Banques Islamiques
En théorie, les banques islamiques sont des institutions qui appliquent le concept de partage de profits et de pertes (PPP). Néanmoins, la littérature montre que, dans la pratique, les banques islamiques reposent essentiellement sur des opérations commerciales (non-PPP) et marginalement sur les instruments PPP. Ainsi le contrat mourabaha représente à lui seul près de 80 % du total des activités des banques islamiques.
Croissance et Défis
Bien que les institutions financières conformes à la charia ne détiennent qu’une faible part des actifs du système bancaire international, elles sont en forte croissance. Cela peut s’expliquer par la rente pétrolière des pays du Golfe, une certaine volonté du monde musulman de se démarquer des pays occidentaux et enfin le souhait d’étendre les principes de la charia à l’ensemble des activités économiques et donc à la finance.
Cependant, malgré cette image attractive, les banques islamiques font face à de multiples difficultés qui risquent de les rendre plus vulnérables lors de futures crises financières. Le système bancaire islamique manque d’harmonisation entre les pays en matière de réglementation. En outre, les banques islamiques se tournent vers des opérations commerciales pour faire face à la compétition des banques conventionnelles.
Conclusion
Ces deux systèmes financiers, bien qu’opposés dans leurs principes, visent un objectif commun : soutenir la prospérité économique. La finance islamique offre une alternative moralement alignée avec les attentes croissantes d’éthique dans les affaires, bien que le modèle conventionnel reste un pilier de nos jours.
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