Qu'est-ce que la finance ouverte et l'open finance : fonctionnement, avantages et enjeux

Nous vivons aujourd’hui dans l’ère dite de l’Open Banking, première phase dans l’ouverture des données financières, et étape préliminaire vers l’Open Finance. Mais qu’est-ce que l’Open Banking au juste ? Le concept peut être défini comme un ensemble de pratiques, technologies et réglementations, qui permettent le partage et l’usage sécurisé d’informations financières personnelles des clients d’établissements bancaires. Désormais obligatoire pour les banques, l’Open Banking offre notamment aux clients la possibilité de bénéficier d’un nombre accru de nouveaux services qui visent, entre-autres, à améliorer leur expérience. Dans ce rapport co-brandé avec le pôle de compétitivité Finance Innovation, Mung Ki WOO, Directeur des Opérations pour les services financiers de Sopra Steria, analyse la situation actuelle de l’Open Finance en France. Vous découvrirez tout d’abord le chemin parcouru ces dernières années en termes d’innovations et de réglementations, qui ont permis la création d’une première palette de services. Mais aussi ce vers quoi tend le secteur à l’avenir, avec les évolutions possibles et les stratégies que les différents acteurs pourraient décider d’adopter dans un futur proche.

Open Banking et finance ouverte : un même socle, des périmètres différents

Qu’elle soit appelée open banking ou finance ouverte, la logique repose sur un même fondement : permettre aux clients de partager leurs données financières de manière sécurisée avec les services de leur choix. La distinction principale réside dans l’étendue des produits financiers couverts et leur diversité. L’open banking concerne principalement les données des comptes bancaires et les paiements, tandis que la finance ouverte ouvre l’accès à un patrimoine financier plus large, incluant investissements, pensions, assurances, prêts hypothécaires et plus encore. Cette différence de champ d’application explique en grande partie les besoins technologiques et réglementaires distincts.

Définition et fonctionnement de l’open banking

L’open banking donne aux particuliers comme aux entreprises la possibilité de partager de manière sécurisée les données de leurs comptes bancaires avec les services tiers de leur choix. Plutôt que de s’appuyer sur le grattage d’écran ou sur des envois manuels de fichiers, les banques proposent des interfaces sécurisées et standardisées, le plus souvent des interfaces de programmation d’applications (API), afin de faire circuler les données uniquement avec l’autorisation du client. Les clients gardent le contrôle total : ils choisissent qui accède à leurs données, quelles informations sont transmises et pendant combien de temps. L’accès reste révocable à tout moment et les identifiants ne sont jamais communiqués. L’open banking s’impose surtout pour les paiements, la vérification de compte, la consultation de solde et l’accès à l’historique des transactions. Son développement s’accélère fortement, avec une utilisation attendue en hausse de 470 % sur la période 2023 à 2027.

Qu’est-ce que la finance ouverte ?

La finance ouverte applique le principe d’autorisations et de partage des données à l’ensemble du patrimoine financier d’un particulier ou d’une entreprise, bien au-delà des seuls comptes bancaires. Elle couvre les données relatives à l’épargne, crédits, assurances, investissements et produits non bancaires, permettant une agrégation et une gestion globale des finances. L’Open Finance vise à créer des services plus riches, plus personnalisés et plus intégrés que l’open banking seul.

Comparaison: champ d’application, maturité et données

Champ d’application des données : l’open banking concerne les comptes et les paiements, avec vérification de compte, solde et historique. La finance ouverte élargit l’accès à l’investissement, les pensions, les assurances, les crédits et les données non bancaires. Vision financière enrichie : l’open banking donne accès à la dynamique des flux financiers quotidiens, tandis que la finance ouverte intègre une analyse plus globale des actifs, dettes et risques. Maturité réglementaire : l’open banking est largement déployé dans de nombreux marchés avec des cadres établis ; la finance ouverte est plus récente et varie selon les régions, certains cadres étant en développement. Cohérence des données : l’open banking bénéficie d’un périmètre plus restreint et de normalisation plus aisée, alors que la finance ouverte s’étend à un écosystème plus large et complexe. Expérience financière globale : les deux approches transforment les données en leviers d’action, sous réserve d’un cadre de sécurité et de conformité adapté.

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Avantages et cas d’usage pour les entreprises et les consommateurs

Onboarding et vérification plus rapides : la vérification instantanée de la propriété du compte et des flux de trésorerie remplace des procédures manuelles par des validations rapides. Décisions plus éclairées : accès en temps réel aux données financières améliore les évaluations de crédit et la gestion du risque. Coûts de paiement réduits et règlements plus rapides : les paiements directs de compte à compte diminuent les coûts et accélèrent les règlements. Efficacité opérationnelle : l’accès automatisé aux données élimine les saisies et rapprochements manuels. Offres plus personnalisées : meilleure compréhension des revenus, dépenses et investissements permet de cibler les offres et d’améliorer l’expérience client.

Technologies et standards : pourquoi tout cela est possible

L’open banking et la finance ouverte s’appuient sur des standards techniques communs qui sécurisent et facilitent le partage des données. API standardisées permettent une intégration unique utilisable auprès de nombreuses institutions, remplaçant des connexions fragiles. Autorisation sécurisée via OAuth évite de communiquer les identifiants ; l’accès repose sur des tokens avec durée limitée et révocabilité. Authentification forte du client renforce la sécurité. Formats de données standardisés assurent l’homogénéité des données et leur interopérabilité. Chiffrement et transport sécurisé protègent les données lors des transferts et du stockage. Cadres réglementaires et écosystèmes industriels varient selon les marchés, mais tous visent à combiner sécurité, conformité et innovation.

Facteurs à considérer lors de la mise en place du partage de données ouvertes

Le partage de données ouvertes augmente les exigences en matière de confiance, sécurité et responsabilité. Consentement et contrôle du client, sécurité des données (chiffrement, API sécurisée, supervision), respect de la vie privée et conformité réglementaire sont essentiels. Le choix pragmatique dépend de la quantité de données nécessaire pour résoudre le problème et des cas d’usage.

Comment faire le bon choix pour son organisation ?

Commencer par les besoins de l’utilisateur : si les données de comptes suffisent, l’open banking peut être la solution rapide et fiable. Élargir lorsque la vision globale est essentielle : pour l’analyse des actifs, dettes et engagements sur le long terme, la finance ouverte apporte une valeur accrue. Tenir compte de l’état du marché : l’infrastructure d’open banking est largement déployée dans plusieurs régions, la finance ouverte reste hétérogène et nécessite des ajustements. Concevoir des solutions évolutives : démarrer avec l’open banking n’exclut pas l’intégration future d’autres sources de données. Allier ambition et exécution : l’élargissement de l’accès peut augmenter la complexité; dimensionner l’effort à la mesure de l’incertitude et calibrer les risques collectifs.

Réglementation et cadre d’avenir

La DSP2 a ouvert la voie à l’Open Banking et a démontré que l’ouverture des données peut générer des services à valeur ajoutée dans une logique de Banking as a Service (BaaS) et Embedded Finance. L’Open Finance est perçue comme catalyseur d’innovation, mais sa mise en œuvre nécessite des cadres robustes pour la sécurité et la conformité. Le cadre FIDA (Financial Data Access) proposé par la Commission européenne en 2023 cherche à étendre les espaces de données harmonisés par secteur, y compris la finance. Le dialogue entre parlement, conseil et commission européenne est déterminant pour instaurer la confiance, évaluer les cas d’usage et assurer la soutenabilité des modèles d’affaires.

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Les défis techniques et réglementaires incluent la gestion de données massives, les questions de sécurité et la protection de la vie privée. Un système d’API management et une data catalogisation solide (pour la découverte, la traçabilité et la normalisation des données) deviennent nécessaires. Blueway et ses solutions Phoenix (API management, gouvernance, sécurité) et MyDataCatalog (découverte des données) illustrent des approches concrètes pour relever ces défis dans les institutions financières.

Applications concrètes et perspectives

Open Finance ouvre des perspectives dans divers domaines: agrégation de comptes d’épargne et d’investissements, gestion de patrimoine en platforms CGP, bancassurance, gestion et transfert des retraites, et financement des entreprises via des mécanismes comme l’affacturage où l’accès en temps réel aux données bancaires accélère l’évaluation du risque et le financement.

Le futur de l’Open Finance repose sur: un champ d’application plus large, des cadres réglementaires plus stricts et une intégration accrue de l’IA, du machine learning et potentiellement de la technologie blockchain pour des solutions plus sécurisées et traçables. L’harmonisation mondiale des normes et l’extension des cadres de financement ouvert à de nouveaux pays devraient soutenir cette émergence, tout en restant attentifs à la cybersécurité et à la protection des données.

Conclusion (non formulée comme conclusion formelle)

Le paysage financier évolue vers une ouverture progressive et contrôlée des données, propulsant l’innovation grâce à l’interopérabilité des API et à la confiance des consommateurs. L’Open Banking et l’Open Finance s’imbriquent pour offrir une expérience client enrichie, des services personnalisés et une meilleure efficacité opérationnelle, tout en posant des défis en matière de sécurité, de conformité et de gestion du changement pour les acteurs du secteur.

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