Le Financement du Nazisme : Sources et Complicités
La question du financement du nazisme est un sujet complexe qui révèle des complicités inattendues et des mécanismes financiers sophistiqués. Cet article explore les sources de financement du régime nazi, en mettant en lumière le rôle de la Suisse et de l'Argentine, ainsi que les dynamiques économiques et politiques qui ont permis l'ascension d'Hitler au pouvoir.
Défilé de la SA lors d'un rassemblement nazi à Nuremberg.
Le Rôle de la Suisse
La Suisse, souvent perçue comme un pays neutre et une terre d'accueil, a joué un rôle controversé dans le financement du nazisme. Jean Ziegler, dans son réquisitoire contre les banquiers suisses, affirme que sans leur aide financière, les nazis auraient été contraints d'abandonner la guerre dès 1942. En verrouillant ses frontières en 1942, le gouvernement suisse a livré des milliers de juifs à une mort certaine, devenant ainsi un partenaire actif et silencieux des bourreaux nazis.
Aucun autre pays neutre, ni le Portugal ni la Suède, n'a accepté l'or volé des Allemands. Les banquiers suisses, flairant des « affaires en or », ont joué les intermédiaires, blanchissant cet or provenant des banques des pays envahis ou des juifs assassinés. Avec les francs suisses reçus en échange de leurs lingots, le Reich a pu acheter les matières premières indispensables pour la fabrication des armes et la poursuite de la guerre.
La raison la plus souvent invoquée par les responsables helvétiques pour justifier cette complicité est de sauver la Suisse de l'annexion, à l'instar de l'Anschluss autrichien. Cependant, Jean Ziegler considère cette justification inacceptable au vu des conséquences dévastatrices de cette collaboration. Pour l'oligarchie suisse, être aux côtés des nazis était un moindre mal, permettant de sauver la Suisse des bolcheviques et de la révolution. Toute velléité de résistance fut donc muselée et réprimée.
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La Complicité de l'Argentine
La découverte d'une liste de 12 000 sympathisants nazis installés en Argentine révèle un soutien financier opaque au régime nazi dès les années 1930. Ce document confirme que l'Argentine a servi de base arrière financière au régime nazi, sur la base d'argent spolié aux juifs.
La liste, découverte à Buenos Aires, contient les noms, dates de naissance et numéros d'adhésion à la branche internationale du parti nazi, ainsi que leurs liens avec des comptes bancaires en Suisse. Ce fichier a été transmis au Centre Simon Wiesenthal, confirmant que l'Argentine a servi de base arrière au régime nazi.
L'argent circulait dans les deux sens : des Argentins finançaient les caisses d'Hitler, et des entreprises allemandes, comme IG Farben, plaçaient de l'argent en Argentine via la Suisse, en particulier de l'argent volé aux Juifs. Une grande partie de cet argent volé semble toujours dormir dans les comptes du Crédit Suisse, avec une somme colossale estimée à 35 milliards d'euros.
Tableau : Flux financiers entre l'Argentine, la Suisse et l'Allemagne Nazie
| Direction du Flux | Origine | Destination | Objectif |
|---|---|---|---|
| Argentine vers Allemagne | Sympathisants argentins | Caisses du parti nazi | Financement du régime nazi |
| Allemagne vers Argentine | Entreprises allemandes (ex: IG Farben) | Comptes en Argentine via Suisse | Placement d'argent volé aux Juifs |
Non, Adolf Hitler n’a pas vécu en Argentine après la seconde guerre mondiale • FRANCE 24
L'Ascension d'Hitler et le Financement du NSDAP
En 1920, Adolf Hitler prend la tête du NSDAP, un mouvement d’extrême droite, antisémite et ethno-nationaliste. En treize années, le NSDAP et Adolf Hitler vont se hisser à la tête d’une des plus grandes puissances d’Europe. Le 30 janvier 1933, le président du Reich allemand, Paul von Hindenburg, appelle au pouvoir Adolf Hitler, chef du parti nazi (NSDAP).
Le 9 novembre 1923, Hitler tente de s'emparer du pouvoir par un putsch à la Bürgerbräukeller, une brasserie de Munich. En 1923, Hitler fait de son procès pour haute trahison une tribune qui lui procure une audience enfin nationale. À partir de 1924, dans sa cellule, Hitler écrit Mein Kampf, Mon combat, un essai dans lequel il expose son programme politique pour relever l’Allemagne, sortie vaincue de la Première Guerre mondiale.
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Aux élections législatives fédérales de 1928, le NSDAP n’obtient que 2,6 % des voix. Cependant, la déflation résultant du krach boursier américain de 1929 fait figure de tsunami dans une économie allemande très ouverte aux capitaux internationaux. À partir de 1929, le parti nazi s’assure progressivement le contrôle de la rue, par l’intermédiaire de la SA. Le 30 janvier 1933, après d’âpres négociations, le vieux président Paul von Hindenburg signe l’acte de nomination d’Adolf Hitler au poste de chancelier.
Adolf Hitler lors d'un rassemblement nazi.
Le Financement du Réarmement
Le gigantesque effort de guerre a été largement financé par les particuliers et les entreprises. Il le fut aussi par une fuite en avant des grandes entreprises allemandes vers des engagements débiteurs qui ne pourraient être couverts qu’en cas de victoire totale et donc d’exploitation économique de l’Europe asservie. La société Mefo GmbH avait été formée avec un capital d’un million de Reichsmarks fournis par un consortium d’industriels de l’acier. Les traites que la société émettait devinrent des obligations acceptées par la Reichsbank. L’économie allemande sous le Troisième Reich a été constamment au bord d’une crise grave, soit à cause des difficultés d’approvisionnement en devises, soit à cause des déficits divers. L’énorme effort d’armement fut en réalité financé par ces crédits discrets, mais surtout par la fiscalité, l’épargne forcée imposée aux ménages, puis par l’exploitation ponctuelle des territoires annexés et occupés.
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