Financement des Énergies Renouvelables : Types et Enjeux en France
Nucléaire, pétrole, solaire, éolien : le mix énergétique français compte de nombreuses sources, plus ou moins durables. Exploiter les énergies renouvelables (EnR) est essentiel pour contribuer à la neutralité carbone et se détourner progressivement des énergies fossiles, principale source d'émissions de gaz à effet de serre à l'échelle mondiale. Des panneaux photovoltaïques aux éoliennes en passant par les barrages et les centrales en tous genres, les infrastructures se développent en France et s’imposent dans le mix énergétique.
Qu’est-ce qu’une énergie renouvelable ?
D’après la définition des Nations Unies, les énergies renouvelables (EnR) sont des énergies « provenant de sources naturelles qui se renouvellent à un rythme supérieur à celui de leur consommation ». À l’échelle du temps humain, ces sources d’énergie, telles que le vent, le soleil et l’eau, sont considérées comme inépuisables. En renouvellement constant, abondantes, illimitées, et ne produisant que très peu de CO2, elles permettent de produire de l’électricité, de la chaleur, du froid, du gaz, du carburant et du combustible. Également appelées « énergies propres », « énergies vertes » ou « énergies durables », les EnR proviennent de sources naturelles comme le soleil, le vent, l'eau ou la biomasse.
Il faut des millions d'années pour reconstituer les énergies fossiles, et leur extraction, ainsi que leur utilisation, émettent des gaz à effet de serre (GES) nocifs pour l’environnement. En intégrant davantage les énergies renouvelables dans le mix énergétique, la France peut non seulement réduire sa dépendance aux énergies fossiles, mais aussi améliorer son indépendance énergétique, sa sécurité environnementale et sa santé publique.
Les objectifs de la France en matière d'EnR
Les énergies renouvelables sont au cœur de la lutte contre le changement climatique. Afin de limiter le réchauffement de la planète, l’Organisation des Nations unies a mis en place des objectifs de neutralité carbone et de développement des EnR pour 196 pays, dont la France. La loi énergie et climat de 2019 établit un objectif de 33% d’EnR dans la consommation finale brute d’énergie en France : en 2023, la part des EnR représentait 22,2 %. L’objectif principal de la France est de porter à 33 % la part des EnR dans le mix énergétique d’ici 2030.
La programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) est un des outils de la politique énergétique. Elle couvre deux périodes de 5 ans (2019-2023 et 2024-2028), à l’issue desquelles des bilans sont établies afin d’ajuster les objectifs. Autre feuille de route de la transition énergétique, la stratégie nationale bas carbone (SNBC), adoptée en 2020, établit des objectifs de réduction des GES et de neutralité carbone d’ici à 2050. Enfin la loi sur l’accélération de la production d’EnR (2023) prévoit de faciliter l’installation et le développement des EnR pour rattraper le retard de la France, qui est le seul pays de l’UE à ne pas avoir adopté l’objectif de part de renouvelables établi par l’UE en 2020.
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Les différentes sources d'énergies renouvelables
Air, terre, eau, soleil et matière organique : les cinq éléments ? Presque !
- Énergie éolienne : L’énergie éolienne consiste à produire de l'énergie grâce à la transformation de l’énergie cinétique du vent en courant électrique. En 2023, l’énergie éolienne représentait 11,3% de la consommation électrique française.
- Énergie solaire : L’énergie solaire provient de la captation des rayons du soleil par des panneaux photovoltaïques (qui produisent de l’électricité) ou par une technologie thermique (qui génère de la chaleur) sous forme de panneaux ou de chauffe-eau. Enfin, le solaire thermodynamique utilise la concentration optique (à l’aide de miroirs) et la chaleur concentrée des rayonnements solaires pour produire de l’électricité dans une centrale.
- Énergie hydraulique : L’énergie hydraulique utilise l’énergie et le mouvement de l’eau pour produire de l’électricité à travers une centrale hydroélectrique. Cette centrale est composée d’un barrage, construit pour former un réservoir d’eau. Une fois libérée, l’eau passe par des turbines qui convertissent l’énergie cinétique en énergie mécanique, puis en électricité.
- Énergie géothermique : L’énergie géothermique consiste à tirer profit de l’énergie dérivée de la chaleur interne de la Terre. Il existe différentes manières d’exploiter l’énergie géothermique.
- Biomasse : La biomasse est une énergie issue de la combustion ou la transformation chimique de matières organiques. Il existe trois catégories de biomasse, qui prennent trois formes différentes : le bois (solide), le biogaz (gazeux) et les biocarburants (liquide).
- Énergie marémotrice : L’énergie marémotrice met à profit l’énergie des marées dans des zones littorales à fort marnage, c’est-à-dire là où il y a une différence de hauteur conséquente entre l’eau à marée haute et à marée basse.
- Énergie osmotique : L’énergie osmotique repose sur le phénomène chimique (osmose) qui a lieu lorsque l’eau douce des fleuves rencontre l’eau de mer.
- Hydrogène vert : L'hydrogène vert est produit à partir d'électricité renouvelable via l'électrolyse de l'eau, contribuant ainsi à réduire les émissions de gaz à effet de serre dans divers secteurs industriels et dans le transport.
En 2023, les EnR représentaient 15,4 % de la consommation d’énergie primaire en France, et leur production a augmenté de 96 % depuis 2005.
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Avantages et limites des énergies renouvelables
L’avantage principal des énergies renouvelables est leur faible impact environnemental. Le soleil, le vent, l’eau ou le bois produisent du CO2 de manière naturelle, mais leur exploitation n’augmente pas leur impact carbone. Exploiter ces énergies durables et renouvelables permet de contribuer à la neutralité carbone à l’échelle individuelle mais aussi au sein des entreprises ou des industries, qui peuvent utiliser les EnR pour leur consommation. D’un point de vue économique, le développement des filières EnR est un atout pour l’emploi local et les territoires.
Malgré leurs nombreux avantages, les énergies renouvelables ont également leurs limites. La première est le fait qu’elles sont dépendantes des aléas naturels et particulièrement de la météo. L’éolien et le solaire sont des énergies dites intermittentes, c’est-à-dire que leur disponibilité varie et qu’il n’est pas possible de la contrôler. L’énergie solaire n’est disponible qu’en journée et dépend du taux d’ensoleillement : en hiver, ou lors de journées trop nuageuses, elle n’est ainsi pas ou peu exploitable. Au-delà des caprices météorologiques, l’installation des infrastructures nécessaires à l’exploitation de ces énergies peut se révéler très coûteuse, que ce soit pour les particuliers ou le développement de grands projets. Enfin, même si elles sont naturelles, ces énergies ne sont pas complètement vertes. Des conséquences environnementales indirectes y sont attachées, notamment dans le processus de fabrication des technologies ou des infrastructures d’exploitation, comme l’utilisation de terres ou de métaux rares (par exemple pour les aimants dans les éoliennes off-shore).
Comment les entreprises peuvent contribuer à la transition énergétique ?
Contribuer à la neutralité carbone en entreprise peut prendre plusieurs formes et l’utilisation des énergies renouvelables est un bon moyen de s’engager sur le chemin de la sobriété énergétique. Qu’il s’agisse du secteur tertiaire ou de l’industrie, les entreprises ont une très forte empreinte carbone sur l’environnement. Se tourner vers les énergies renouvelables est un petit pas pour votre entreprise et un grand pas pour la planète. Les énergies renouvelables font partie de la stratégie de Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE).
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Le premier pas vers les EnR est d’établir ses besoins et de faire un état des lieux de son empreinte carbone. Il faut pour cela réaliser un bilan des émissions GES, obligatoire pour les entreprises de plus de 500 salariés. Les plus petites entreprises peuvent se tourner vers le diagnostic Décarbon’Action proposé par l’ADEME et Bprifrance. Pas besoin de construire une centrale solaire ou d’installer son entreprise sur un barrage pour bénéficier des EnR. Franchir le cap peut se faire en intégrant des installations aux structures déjà existantes, par exemple avec des panneaux solaires sur les toits des bâtiments ou des ombrières en panneaux photovoltaïques sur les parkings. Il est également possible d’installer des éoliennes verticales, ou éoliennes domestiques, pour profiter du vent et produire de l’électricité. Se tourner vers un fournisseur d’énergie renouvelable - au biogaz par exemple - est un moyen de profiter de ces ressources sans porter le coût de l’investissement.
L'essor des énergies renouvelables en France
Les énergies renouvelables en France, principalement soutenues par l’éolien et le solaire, sont en plein essor. En 2023, ces filières ont battu des records de production avec 50,8 TWh pour l'éolien et 21,6 TWh pour le solaire, selon le Réseau de Transport d'Electricité français. L'éolien en mer se développe lentement avec trois parcs opérationnels totalisant 1500 MW, mais de nouveaux projets ambitieux devraient atteindre une capacité de 40 GW d'ici 2050. L’autoconsommation, notamment grâce au solaire, connaît également une croissance rapide, avec 387 000 sites recensés en 2023 et un objectif de 4 millions de foyers d'ici 2030.
Comment financer le développement des énergies renouvelables ?
Si ces installations sont des alternatives idéales et bénéfiques pour l’environnement, elles ont cependant un prix. Votre argent peut aussi contribuer au développement des énergies renouvelables. L’investissement financier dans cette filière en plein développement est une autre manière de contribuer à la transition énergétique et permet de soutenir la filière à travers son épargne. Investir dans les énergies renouvelables, c’est faire d’une pierre deux coups : soutenir la transition énergétique et diversifier ses investissements.
Pour commencer, il est intéressant de se tourner vers le crowdfunding, ou financement participatif, qui permet d’investir dans des projets de développement de ces énergies, tels que la construction de centrales solaires ou de fermes éoliennes Vous pouvez devenir actionnaire de l’entreprise qui récolte les fonds ou opter pour un prêt qui permet de recevoir des intérêts. L’autre investissement possible est sûrement le premier auquel on pense lorsqu’on parle de finance : il s’agit d’investir dans des entreprises de la filière EnR côtées en bourse. Pour ce type d’investissement, vous pouvez vous tourner vers les ETF (Exchange Traded Funds), aussi appelés trackers. Il s’agit de fonds dotés en continu, qui s’alignent sur la performance des indices boursiers et offrent donc une grande flexibilité. Ils représentent un panier de titres, ce qui permet d’investir dans un ensemble d’entreprises ou de secteurs à travers une seule transaction.
Les Sicav (Sociétés d’investissement à capital variable) reposent sur le principe du fonds d’investissement, c’est-à-dire la collecte d’épargne de particuliers pour l’investissement dans des valeurs mobilières. Une Sicav permet d’obtenir un portefeuille de valeurs mixtes pouvant inclure des obligations, des actions ou des titres participatifs dans le cadre des crowdfunding. La mutualisation des frais entre plusieurs investisseurs favorise l’optimisation des risques. Autre type d’investissement, les green bonds, ou obligations vertes. Il s’agit d’emprunts obligataires lancés par des entités publiques ou des entreprises émis sur les marchés financiers pour financer des projets à portée environnementale. L’émetteur s’engage sur l’usage de ces fonds pour soutenir des projets à impact positif sur l’environnement et publie un rapport annuel à destination des investisseurs.
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Pour s’y retrouver dans le monde de la finance et s’assurer que son argent est investi dans des projets durables, et particulièrement dans le secteur des EnR, il est possible de se référer à certains labels. Le label GreenFin, garantissant la contribution des fonds labellisés à la transition énergétique et écologique.
Soutien de l'État au développement des EnR
Le développement des énergies renouvelables bénéficie d’un soutien de l’État soit en amont dans le domaine de la recherche et développement, soit en phase d’industrialisation en soutien à la demande et au déploiement commercial (par exemple par le biais de tarifs d'achat, d’appels d’offres ou de dispositifs fiscaux).Le choix entre les différents outils de soutien dépend de la maturité technologique, de la compétitivité et des retombées en termes de valeur ajoutée en France et en Europe, au regard des caractéristiques de la chaîne de valeur de chaque énergie et de ses avantages comparatifs.
La loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) a été promulguée le 17 août 2015. Elle fixe des objectifs ambitieux en matière de développement des énergies renouvelables :
- Augmenter la part des énergies renouvelables à 23 % de la consommation finale brute d’énergie en 2020 et à 32 % de cette consommation en 2030 ;
- Atteindre 40 % de la production d’électricité d’origine renouvelable en 2030 ;
- Atteindre 38 % de la consommation finale de chaleur d’origine renouvelable en 2030 ;
- Atteindre 15 % de la consommation finale de carburant d’origine renouvelable en 2030 ;
- Atteindre 10 % de la consommation de gaz d’origine renouvelable en 2030 ;
- Multiplier par cinq la quantité de chaleur et de froid renouvelables et de récupération livrée par les réseaux de chaleur et de froid à l’horizon 2030.
Pour atteindre ces objectifs, le gouvernement s’est doté d’un nouvel outil de programmation appelé programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), qui se substitue aux anciens outils de programmation qui fixe des objectifs quantitatifs, pour chaque filière renouvelable, sur une période de 10 ans à l’exception de la première période prévue pour couvrir la période 2016-2023. La PPE sera revue tous les 5 ans, à l’exception de la première révision qui interviendra en 2018. Les mécanismes incitatifs mis en place sont spécifiques à chaque filière et doivent faire l'objet d'adaptations périodiques pour tenir compte des évolutions techniques et économiques. Ils sont guidés par le principe d’assurer à ces technologies la rentabilité minimale nécessaire à leur déploiement.
Les défis financiers de l'investissement dans les EnR
Bien que l’investissement dans les énergies renouvelables présente de nombreux avantages, il présente également certains défis financiers. Quelle que soit l’énergie renouvelable dans laquelle vous envisagez d’investir, il faudra prévoir des coûts de développement et d'installations onéreux. Il faut aussi prendre en compte les délais et incertitudes liés au retour sur investissement ; car comme tout investissement, l’investissement dans les EnR implique certains risques, qui sont notamment liés aux contraintes technologiques, aux conditions climatiques, à la volatilité des prix et aux fluctuations réglementaires. Ces dernières années, la hausse des taux d’intérêts et la remontée des coûts des équipements et de la construction ont semé une incertitude quant à la rentabilité des projets, rendant plus frileux les acteurs de financement du marché, préférant se tourner vers des placements de court terme. Il peut donc s’avérer plus difficile d’obtenir des financements et prêts. Enfin, un autre défi réside dans les changements de politiques gouvernementales, susceptibles d’intervenir sur les marchés de l’énergie. Cela peut créer des incertitudes quant à l’environnement futur des investissements dans les EnR.
Comment préparer un projet d'investissement dans les EnR ?
Pour fonder un projet d’investissement solide, il est indispensable de procéder à une analyse détaillée des coûts initiaux. Cela implique une étude de faisabilité, la prise en compte du coût des infrastructures et de l’aspect administratif. Il est crucial de bien préparer le projet. L’étude de faisabilité et la planification implique de se renseigner et faire des recherches sur le secteur des EnR, afin de vous familiariser avec les tendances et les perspectives du secteur pour investir de manière stratégique. Vérifiez la viabilité ainsi que les conséquences organisationnelles et économiques que votre projet d’investissement peut induire. Prendre en compte le coût des infrastructures et équipements est indispensable pour préparer votre projet.
Pour vous donner un ordre d’idée, il faudra compter entre 18 000 € pour l’installation de panneaux solaires en toiture et jusqu’à 60 000 € pour un bâtiment photovoltaïque clé en main. Pour un investissement dans un système photovoltaïque, on compte en moyenne un taux de rentabilité annuel d'environ 10 %. On donne généralement une durée de vie de 20 à 30 ans pour les panneaux solaires. Le coût d’une éolienne destinée aux particuliers et aux entreprises s’étend de 10 000 € à 50 000 €. On estime qu’une éolienne d’une puissance de 5 kW produisant en moyenne 10 000 kWh par an peut être amortie au bout de 15 ans, sachant qu’elle peut produire de l’énergie durant approximativement 30 ans. Il faudra également prendre en compte les coûts administratifs et légaux que nécessite le permis de construire et la conformité réglementaire d’un projet d’investissement dans les énergies renouvelables. Anticiper la complexité des démarches administratives fait partie de la préparation de votre projet.
Stratégies d'investissement dans les EnR
- Acheter directement des actions auprès de sociétés spécialisées dans les EnR.
- Se tourner vers les plateformes de crowdfunding éco-responsables qui ont pour objectif de récolter des financements pour des projets à impact positif.
- Il est important d’appréhender les risques financiers que représente un investissement dans les énergies renouvelables.
- Les partenariats et cofinancements, la collaboration avec d'autres investisseurs ou institutions permettant ainsi de mieux supporter le poids des risques.
L’investissement dans les énergies renouvelables présente des avantages financiers et environnementaux notables. En prenant en compte les défis financiers du secteur, et en se dotant d’une bonne stratégie de gestion des risques potentiels, ce type de projet permet aux investisseurs de contribuer à la transition énergétique tout en obtenant des rendements intéressants. Trois points clés sont à travailler rigoureusement pour réussir son investissement dans les EnR : évaluer les risques et les appréhender, assurer un suivi régulier du projet et s’informer des avancées technologiques et des tendances du marché.
Vous cherchez un système de chauffage écologique et performant pour une construction neuve ou une rénovation ? On le sait, l'impact environnemental et économique du chauffage est important. Mais tous les types d'énergie ne sont pas égaux et n'ont pas la même empreinte carbone, ni les mêmes coûts d'usage.
| Source d'énergie | Production (TWh) | % de la consommation électrique française |
|---|---|---|
| Éolien | 50,8 | 11,3% |
| Solaire | 21,6 | 2,7% |
balises: #Financ
