Financement de l'investissement professionnel : les types de financement
Quelle que soit l’activité que vous exercez, vous utilisez probablement du matériel professionnel. Il peut s’agir, par exemple, de matériel informatique, d’outillages, de matériel industriel, d’un moyen de transport, de mobiliers, d’agencements, d’aménagements, etc. Ces matériels, vous devez les financer. Financer son entreprise est une étape décisive.
6 SOLUTIONS CONCRÈTES pour financer son projet d'entreprise 🚀
Que ce soit lors de sa création, ou pour son développement, il est indispensable de bien choisir son ou ses modes de financement. Dans cet article, nous vous présentons plusieurs moyens de financer votre entreprise, afin de vous aider à trouver la solution qui convient à votre activité.
L’importance de bien choisir son financement
Le financement n’est pas réservé à la création de startup ou au développement des grands groupes. Il intervient à différentes étapes clés, tout au long de la vie de l’entreprise :
- Création : pour financer les premiers investissements, constituer un stock ou payer les premières factures.
- Croissance : pour développer une nouvelle offre, s’implanter dans de nouveaux marchés, recruter, ou encore acheter de nouveaux équipements.
- Rebond : pour traverser un creux d’activité, faire face à certaines obligations financières, ou se restructurer après des difficultés économiques.
Bien choisir son financement permet de limiter les risques. Chaque mode de financement a ses spécificités. Certains impliquent de rembourser un crédit, d’autres de partager le contrôle de son entreprise avec des investisseurs. D’autres encore peuvent être plus avantageux à court ou long terme. En clair, il n’existe pas un système de financement idéal qui conviendra à toutes les structures.
L’entreprise doit étudier les différentes options disponibles, afin de sélectionner celle qui correspond le mieux à sa gestion et à ses attentes financières. Dans le cas contraire, elle peut s’exposer à divers risques :
Lire aussi: Participez au Projet Odyssée
- Mettre en péril la trésorerie
- Ralentir la croissance de l’activité
- Créer des tensions avec les partenaires ou les actionnaires
Les différents types de financement
Il existe différentes solutions de financement : les fonds propres, le prêt professionnel, la location ou le crédit-bail. Les fonds propres constituent une source de financement interne. Cela signifie que les sommes décaissées proviennent de l’entreprise elle-même ou de ses associés. Comme leur nom l’indique, des fonds externes proviennent de tiers, c’est-à-dire d’entités étrangères à l’entreprise. En général, il s’agit des banques, mais cela n’est pas toujours le cas.
Les fonds propres
L’apport en capital représente la mise de départ des associés d’une société. Il correspond aux fonds injectés sur son compte bancaire. En pratique, les associés établissent un chèque ou réalisent à un virement à son profit. Financer du matériel professionnel à l’aide d’un apport en capital consiste donc, pour les associés, à utiliser des ressources financières personnelles. L’autofinancement, quant à lui, ne concerne que les entreprises créées qui ont déjà clôturé un exercice comptable.
Il représente le reliquat de richesses disponibles à l’issue d’une année d’activité. En général, il se calcule à l’aide de la capacité d’autofinancement (CAF), donnée de laquelle on retraite les dividendes versés aux associés. Le financement par fonds propres s’utilise généralement pour le matériel de bureau, le mobilier, les logiciels, l’outillage portatif et le petit matériel industriel.
L’apport personnel désigne l’argent ou les biens investis par le ou les fondateurs dans l’entreprise. C’est souvent la toute première source de financement au moment de créer ou de reprendre une activité. L’entrepreneur fait appel à ses propres ressources financières, qui peuvent prendre trois formes :
- En numéraire : versement d’une somme d’argent sur le compte de l’entreprise
- En nature : mise à disposition d’un bien ayant une valeur économique (ordinateur, brevet, stock, voiture…)
- En compte courant d’associé : le fondateur prête personnellement de l’argent à l’entreprise, sans entrer au capital, avec la possibilité de remboursement ultérieur.
L’avantage de ce financement est sa rapidité et l’autonomie qu’il accorde à l’entrepreneur. En effet, il ne dépend d’aucun organisme financier externe puisque cet argent lui appartient. Il peut également s’en servir comme d’un levier pour augmenter ses chances d’obtenir un prêt bancaire classique, et renforce sa crédibilité auprès d’investisseurs et partenaires potentiels.
Lire aussi: Guide Crowdfunding SAS
Une entreprise qui réalise des bénéfices peut décider de les réinjecter dans l’activité. On parle alors de réinvestissement des bénéfices, ou d’autofinancement interne. C’est un levier puissant pour financer la croissance sans recourir à l’endettement ni aux investisseurs externes que nous avons cités précédemment.
Les avantages sont divers :
- Pas de dettes : l’entreprise reste libre et indépendante
- Pas de dilution du capital : absence de nouveaux investisseurs
- Renforcement de fonds propres
- Utilisation rapide et souple des fonds (sans délai ni obligations financières supplémentaires)
Le prêt professionnel
C’est le mode de financement du matériel professionnel le plus répandu. Son principe est très simple : votre entreprise achète le bien alors qu’elle ne dispose pas des fonds nécessaires. Une banque accepte donc de vous prêter l’argent, et reçoit, en contrepartie du remboursement du capital, une rémunération appelée des intérêts. Ces derniers sont déductibles du résultat imposable de l’entreprise.
Le prêt professionnel sert à financer un investissement professionnel, que ce soit un bien corporel (bâtiment, installation technique, matériel…), ou un besoin incorporel (fonds de roulement, parts sociales…). Le plus souvent, il est remboursable par mois, par trimestre, voire annuellement. Les prêts professionnels servent à financer tous types de besoins professionnels, corporels ou incorporels. Ces prêts sont remboursables mensuellement ou trimestriellement et accordés généralement sur des durées de 2 à 7 ans, en fonction du type d'objet à financer.
Un prêt professionnel est le plus souvent remboursable par mois ou par trimestre. Les caractéristiques détaillées du prêt sont reprises dans les conditions particulières du contrat de prêt que vous signez avec la banque. Certaines banques proposent soit des différés d'échéances (ne pas payer une échéance pour la reporter en fin de prêt), soit des modularités d'échéances (faire varier le montant de ses échéances à la hausse ou à la baisse). La TVA : en ce qui concerne la TVA sur le matériel que vous achetez, vous devrez avancer son montant par autofinancement, puis la récupérer sur votre prochaine déclaration de TVA.
Lire aussi: Transparence financière des campagnes en France
Les intérêts sont calculés, au taux prévu dans l'acte, sur le montant et la durée du prêt. Dans les prêts à taux variable ou indexé, la hausse ou la baisse de l'indice de référence entraîne une hausse ou une baisse du taux du prêt dans les conditions prévues par le contrat. Les frais de prise de garanties sont à la charge de l'emprunteur. Généralement, la banque vous donnera un accord comprenant la prise d'une garantie sur le bien financé, ou sur votre fonds de commerce.
Le prêt bancaire professionnel classique est l’une des formes les plus répandues de financement externe. Il consiste à emprunter une somme d’argent auprès d’un organisme bancaire, pour une durée déterminée, en échange d’intérêts. Il peut être contracté par l’entrepreneur (personne physique) ou par l’entreprise (personne morale) et sert à répondre à des besoins spécifiques :
- Achat de matériel, de véhicule, d’outils…
- Travaux d’aménagement ou de rénovation
- Financement de stock ou de trésorerie
- Développement d’une nouvelle activité
Pour avoir accès à cet emprunt, les entreprises doivent présenter un dossier solide, notamment composé de :
- Une présentation du projet : résumé, objectifs, présentation du porteur de projet, du marché, des cibles, des concurrents…
- Un business plan complet avec tous les documents comptables nécessaires
- Les justificatifs de l’entrepreneur ou des associés
- Les justificatifs administratifs de la société
- Des garanties
L’avantage principal de l’emprunt classique est qu’il convient à une grande variété de projets. Les taux peuvent également être avantageux s’ils sont correctement négociés. En revanche, comme tout emprunt bancaire, les conditions d’obtention sont strictes. Pour que le dossier soit accepté, il faut prouver à la banque sa capacité de remboursement (solvabilité) et les processus peuvent être longs.
La location financière et le crédit-bail
La location financière ou le crédit-bail sont deux formes de financement différentes. Toutefois, leurs principes de fonctionnement se rejoignent globalement. Ici, votre entreprise n’achète pas le bien, mais elle le loue. Elle a donc la possibilité d’utiliser son matériel professionnel sans en être propriétaire. Le loueur ou le crédit-bailleur peut être une banque ou un organisme de financement spécialisé. Tout au long du contrat, l’entreprise verse des loyers mobiliers (ou des redevances de crédit-bail). Ces derniers sont déductibles du résultat de l’entreprise. De plus, à l’issue de la période de leasing, l’entreprise peut, sous certaines conditions, acheter le matériel, moyennant une faible somme.
Il s’agit de « lever » une option d’achat. La location et le crédit-bail concernent, la plupart du temps, du matériel de transport ou du matériel industriel.
Le crédit-bail, aussi appelé leasing, permet à une entreprise d’utiliser un bien professionnel sans l'acheter directement. Il peut s’agir d’un véhicule, d’une machine, ou encore de matériel informatique. En réalité, le bien est acquis par l’organisme financier (banque), qui en reste la propriétaire, et le loue à l’entreprise pendant une période définie. À la fin du contrat, l’entreprise peut lever l’option d’achat pour devenir propriétaire du bien à un prix résiduel fixé à l’avance.
Ce mode de financement présente plusieurs avantages :
- L'entreprise n’a pas besoin d’un apport initial important
- Elle préserve sa trésorerie en payant par mensualités
- Elle peut tester le matériel avant de l’acheter
En revanche, il présente un inconvénient au niveau du coût global, qui est souvent plus élevé que dans le cadre d’un achat classique de matériel.
Les solutions alternatives
Il existe également des solutions alternatives, à mi-chemin entre les fonds propres et le prêt professionnel, comme le crowdfunding ou le financement participatif par exemple. Cela consiste pour les associés à apporter des fonds au capital de la société. Initialement créé pour financer des projets artistiques ou solidaires, le crowdfunding (financement participatif opéré depuis une plateforme permettant à des porteurs de projets de solliciter des fonds auprès de particuliers et de professionnels) s’est imposé ces dernières années comme une solution complémentaire du financement bancaire pour lever des fonds à l’amorçage et/ou au développement d’une entreprise.
A l’image de Miimosa, de nombreuses plateformes dédiées aux projets entrepreneuriaux ont vu le jour. Aussi connu sous le nom de crowdfunding, le financement participatif est une solution de financement des entreprises dont le principe repose sur la récolte de fonds auprès de particuliers. Le financement participatif peut prendre la forme de dons sans contrepartie, de prêts rémunérés ou de participations dans l'entreprise. Pour recourir au financement participatif, vous devez vous rendre sur une plateforme en ligne dédiée à ce type de financement d'entreprise.
Le prêt participatif est un mode de financement hybride, à mi-chemin entre l’emprunt bancaire et l’investissement en capital. La société reçoit une somme d’argent qu’elle devra rembourser à terme, mais ce crédit est subordonné aux autres dettes et n’exige pas de garantie. Concrètement, il est assimilé à des fonds propres et permet de renforcer la solidité financière de l’entreprise sans diluer son capital.
Il peut être octroyé par différents organismes comme :
- Des plateformes de financement participatif (crowdfunding)
- Des investisseurs institutionnels ou privés
- L’État
L’entreprise rembourse le prêt selon un échéancier défini, mais uniquement après ses autres dettes prioritaires. Les conditions de remboursement sont donc souples, et il n’y a ni garantie ni entrée au capital. Cependant, le taux d’intérêt peut être plus élevé qu’un prêt classique.
Si vos capitaux propres sont insuffisants pour démarrer ou reprendre votre projet d'entreprise ; vous pouvez, dans certains cas, les renforcer en faisant appel à des investisseurs extérieurs privés ou publics contre une participation au capital de votre société. Vous réaliserez alors une "levée de fonds".
En général, la levée de fonds auprès d'investisseurs concerne surtout les startups proposant un produit ou service challengeant l’existant, avec un potentiel de croissance important et rapide ainsi que des perspectives de retour sur investissement prometteuses. Néanmoins il existe une catégorie d'investisseurs qui placent la rentabilité au second plan et privilégient l'impact sur le territoire ainsi que les valeurs promues par l'entreprise créée.
Ainsi, si vous créez une TPE et que vos besoins sont modestes, vous pouvez contacter des organismes de proximité (clubs d'investisseurs ou capital-risque solidaire) qui accompagnent la création d'entreprises locales :
- les Cigales (Clubs d'investisseurs pour une gestion alternative et locale de l'épargne solidaire) investissent dans des projets de TPE locales et accompagnent leurs dirigeants dans le lancement de leur activité.
- SIDI (Solidarité Internationale pour le Développement et l'Investissement) qui a pour but de promouvoir le développement économique et social auprès des populations vulnérables, et de contribuer à une économie plus inclusive.
- le capital-risque solidaire, comme Garrigue par exemple pour les projets de création d'entreprise ou de développement dans l’Économie sociale et solidaire (ESS) ou encore Autonomie & Solidarité dans les Hauts-de-France, finance également des TPE.
Vous pouvez également faire appel à l'épargne d'investisseurs privés (en supplément ou en cumul) pour financer un projet de création d'entreprise via le crowdfunding. L'investissement peut être réalisé :
- en capital : le financeur est rémunéré sous forme de dividendes ou de plus-values réalisées lors de la cession des titres ;
- en obligations : sa rémunération prend la forme d'intérêts ;
- ou contre royalties : sa rémunération prend la forme de commissions sur le chiffre d'affaires.
Enfin, si vous créez une association, le Fonds d'amorçage France Active (mais aussi les Cigales) propose aux petites associations une première marche vers la structuration financière. L'objectif est de pérenniser une activité d’utilité sociale en créant ou pérennisant des emplois.
balises: #Financ
