Financement Non Monétaire : Définition et Exemples

Salut à toi, jeune étudiant de CPGE ! Aujourd’hui, nous allons aborder un chapitre assez dense sur le financement de l’économie. Ce sujet d’économie peut paraître compliqué et trop technique, mais il est important car il est relié à tous les autres sujets du programme d’économie en prépa ECT/ECP.

Le financement peut être défini comme le fait d'apporter des fonds (de la monnaie) à un agent économique. Pour réaliser leurs activités économiques, tous les agents économiques ont besoin de se financer. Cela est vrai pour les entreprises, mais cela l'est aussi pour les ménages et les administrations publiques.

Le financement non monétaire correspond au financement de l'activité économique en utilisant de la monnaie déjà existante notamment grâce à l'épargne accumulée par les épargnants. Cette épargne va être redistribuée aux demandeurs. C'est un financement non monétaire.

Lorsque Madame T se rend dans sa banque pour demander un crédit, celle-ci lui accorde en utilisant l'épargne placée par d'autres agents. Madame T se finance donc sans que la banque ait besoin de créer de la nouvelle monnaie.

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I. Acteurs du Financement

Pour bien comprendre le financement, il est essentiel de connaître les différents acteurs impliqués :

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  • Les agents à capacité de financement (ACF) : les ACF sont les agents économiques dont les revenus sont supérieurs aux dépenses. Une fois leurs dépenses courantes et leurs investissements financés, les ACF disposent d'excédents financiers. En règle générale, les ménages parviennent à épargner une partie de leurs revenus (environ 15 %).
  • Les agents à besoin de financement (ABF) : les ABF sont les agents économiques dont les dépenses excèdent les revenus. Ils ne peuvent se financer qu'en faisant appel à d'autres agents. Au niveau macroéconomique, les entreprises et l'État sont des ABF. L’État semble être un agent à besoin de financement. En effet, les besoins de financement de cet agent n’ont fait qu’augmenter ces dernières années.

Il existe différentes formes de financement :

  • Le financement interne : il est réalisé par voie d'autofinancement. L'autofinancement a le mérite de ne rien coûter à l'entreprise et de préserver son indépendance vis-à-vis des banques.
  • Le financement direct : on désigne par financement direct le mécanisme par lequel un ABF obtient des ressources directement auprès d'un ACF sans passer par un intermédiaire. Pour ce faire, l'ABF émet des titres (actions, obligations..) qui sont acquis par les agents ayant des excédents de financement.
  • Le financement intermédié (ou indirect) : on parle de finance indirecte ou d'intermédiation financière pour désigner le mode de financement par les banques. Les intermédiaires financiers collectent les fonds des ACF et les prêtent aux ABF.

Le financement non monétaire correspond à la transformation de l'épargne de certains agents en financement pour d'autres. Pour produire, les entreprises ont besoin de trouver des ressources financières car leurs dépenses sont, en général, supérieures à leurs ressources : elles ont un besoin de financement.

Schéma des flux financiers

Schéma simplifié des flux financiers entre agents économiques.

II. Sources de Financement pour les Entreprises

Les entreprises disposent de plusieurs options pour financer leurs activités :

  • L'autofinancement : les bénéfices non distribués constituent la principale source de l'autofinancement des entreprises.
  • Le financement par le capital : les entreprises ayant un besoin de financement font appel à leurs propriétaires ou à des nouveaux investisseurs en faisant une augmentation de capital.
  • Le financement par l'endettement : les entreprises peuvent s'endetter en contractant un emprunt auprès des établissements de crédit. Cette opération constitue un financement indirect ou intermédié. Elles peuvent également lancer un emprunt obligataire sur le marché des capitaux, si elles sont cotées sur ce marché.

III. Financement des Ménages et des Administrations

Les ménages et les administrations publiques ont également des besoins de financement spécifiques :

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  • Le financement par l'endettement (ménages) : les ménages s'endettent auprès des institutions financières pour financer des biens de consommation et des biens immobiliers. Les biens de consommation sont financés par des crédits à court ou moyen terme et à taux élevés. Les biens immobiliers sont financés par des crédits à long terme et à taux faibles.
  • Le financement sur fonds propres (administrations) : pour financer son budget, l'État dispose de ressources constituées à plus de 90 % de recettes fiscales. Si les recettes de l’État sont supérieures à ses dépenses, le budget de l’État est en excédent. En revanche, si les dépenses sont supérieures aux recettes, le solde budgétaire est déficitaire.
  • Le financement par l'endettement (administrations) : le trésor public émet des titres de dette qui sont achetés par des investisseurs. Les transactions s'effectuent sur le marché obligataire.

IV. Intermédiation Financière Non-Bancaire (IFNB)

L’intermédiation financière non-bancaire (IFNB), connue jusqu’en 2018 sous le nom de « shadow banking » ou « finance de l’ombre », désigne un système de collecte de fonds et d’octroi de financements impliquant des acteurs qui n’appartiennent pas au système bancaire traditionnel, bien qu’ils puissent conduire des activités similaires à celles des banques.

L'IFNB représente une alternative pour le financement de la croissance et de l’innovation. Toutefois, elle suscite des interrogations quant à son rôle et les risques qu’elle véhicule, leur réglementation différant en nature et en intensité avec la réglementation bancaire.

Finance de l'ombre

La finance de l'ombre en plein essor.

V. Marché Financier et Globalisation Financière

Le marché financier est un lieu de rencontre fictif entre l’offre et la demande de capitaux (réalisation d’un échange ou transaction). En effet, pour les néoclassiques, le financement de l’activité économique se fait grâce à une allocation optimale des ressources (concurrence pure et parfaite). Le taux s’établit à un niveau qui permet d’équilibrer l’offre et la demande. Le marché est efficient, car les prix reflètent toute l’information disponible (Eugene Fama).

Le terme globalisation financière (ou mondialisation financière) désigne la constitution d’un marché régional intégrant des financements extérieurs. Ce volet financier de la globalisation comporte trois dimensions.

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Pour mieux comprendre le marché financier, il est important de distinguer :

  • Le marché monétaire : il s’agit du marché des capitaux à court terme (moins d’un an). Il comprend :
    • Le marché interbancaire : c’est un marché réservé aux institutions financières afin de se procurer des liquidités.
    • Le marché des titres négociables : marché ouvert à tous.
  • Le marché des capitaux : il comprend :
    • Les actions : titre de propriété d’une partie du capital d’une entreprise. Sa variation dépend de la loi de l’offre et de la demande.
    • Les obligations : titre de créance (titre de reconnaissance de dette). Elle est essentiellement émise par l’État et les grandes entreprises.

VI. Crises Financières

Le terme crise financière s’emploie pour désigner un ensemble assez large qui inclut notamment les crises du change, les crises bancaires et les crises boursières. Mais le terme est également utilisé pour désigner les crises de la dette publique ou des crises qui affectent un marché à terme, voir tulipomanie.

Une crise financière peut concerner seulement quelques pays, ou, initiée dans un pays, peut s’étendre par contagion et devenir internationale et ralentir ainsi l’économie mondiale. Si une crise financière ne concerne dans un premier temps que les marchés financiers, son aggravation conduira à des effets néfastes sur le reste de l’économie, entraînant une crise économique, voire une récession.

Les crises bancaires sont caractérisées par l'impossibilité de faire face aux échéances de paiement immédiates, le passif étant supérieur à l’actif. Le risque est que la crise atteigne l’ensemble du système bancaire quand les banques ne prêtent plus à d’autres banques (manque de confiance et de fiabilité).

Les crises financières peuvent être provoquées par la spéculation, qui peut avoir pour effet une forte volatilité des cours des titres, ce qui conduit à une hausse des cours qui n’est pas justifiée par les données réelles. Se crée alors une bulle spéculative, qui finit par éclater et provoque une chute brutale des cours (krachs). Des problèmes de solvabilité et de liquidités vont apparaître, ce qui va pousser les banques à réduire les crédits (crédit crunch), ce qui va alors conduire à un cercle vicieux (baisse de la consommation et de l’investissement, donc une chute de la production et une hausse du chômage).

Pour limiter les risques de crises, plusieurs mesures sont mises en place :

  • Le rôle de la BCE : elle accorde aux banques les liquidités dont elles ont besoin et joue le rôle de prêteur en dernier ressort.
  • Les règles prudentielles : les accords de Bâle par exemple qui doivent assurer la stabilité du système financier à l’échelle mondiale. Ils obligent, entre autres, les banques à détenir un minimum de fonds propres par rapport à l’ensemble des encours de crédits. C’est le ratio Cooke qui détermine le pourcentage de fonds propres minimum à détenir.
  • Le renforcement des pouvoirs des autorités de contrôle et de supervision : l’AMF (Autorité des marchés financiers) s’est vu accorder plus de pouvoir.
  • Une meilleure coordination internationale : mise en place d’un mécanisme de supervision bancaire unique (MSU), qui place 128 banques européennes sous la supervision de la BCE depuis 2014, qui complète le MRU (Mécanisme de résolution unique des défaillances bancaires). Déploiement de garanties de dépôts, d’un règlement uniforme ou encore d’un MES (Mécanisme européen de stabilité).

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