Financement Participatif pour Auto-Entrepreneurs : Guide Complet

Le lancement d’une micro-entreprise, à l’instar de toute entreprise, peut nécessiter un financement. En effet, l’exercice de certaines activités professionnelles requiert l’achat de matériel et de marchandises, la location d’un local ou encore l’acquisition d’un véhicule professionnel (chauffeur VTC par exemple). Or, les économies personnelles de l’entrepreneur sont parfois insuffisantes pour couvrir les frais inhérents à l’installation.

Par ailleurs, le micro-entrepreneur peut faire face à des difficultés de trésorerie lors des premiers mois d’exercice. En effet, avant les encaissements des premiers clients, il faut souvent régler les fournisseurs ou prestataires externes et financer tous les outils essentiels pour exercer l’activité professionnelle. Que ce soit pour débuter ou développer son activité, l’auto-entrepreneur peut avoir besoin de financement.

En effet, en fonction de la nature de l’activité exercée, la constitution ou le développement de la micro-entreprise peut requérir un apport financier (achat de matériel et de marchandises, location d’un local commercial, financement d’une formation…). L’emprunt bancaire est la première solution de financement vers laquelle se tournent les créateurs d’entreprise pour concrétiser leur projet professionnel.

En pratique, il est toutefois difficile pour les micro-entrepreneurs d’accéder à un prêt bancaire classique. En effet, les établissements bancaires demandent à l’emprunteur qu’il produise des documents démontrant la rentabilité et la stabilité de son activité économique. Il s’agit généralement de documents de nature comptable.

Pour convaincre la banque de lui accorder un prêt, l’auto-entrepreneur doit ainsi redoubler d’efforts et :

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  • Soigner la présentation de son projet de création ou de développement de sa micro-entreprise.
  • Apporter des fonds propres pour augmenter ses chances d’obtenir un prêt bancaire.
  • Fournir une garantie (caution personnelle, nantissement…) pour rassurer l’établissement bancaire.

Malgré tous les efforts déployés, il arrive souvent que les banques refusent la demande de prêt bancaire du micro-entrepreneur.

Les Différentes Aides Financières pour Auto-Entrepreneurs

Heureusement, il existe plusieurs alternatives et aides financières pour soutenir les auto-entrepreneurs en France. Voici un aperçu des principales options :

1. Aides de l'État

L’aide à la création et à la reprise d’entreprise prend la forme d’une exonération partielle des cotisations sociales. L’aide aux créateurs ou repreneurs d’entreprise (ACRE) est une aide de l’État ouverte aux auto-entrepreneurs. Elle leur permet de bénéficier d’une exonération de 50 % sur leurs cotisations sociales durant les 4 premiers trimestres civils de leur activité.

Pour en bénéficier, l’auto-entrepreneur doit être dans l’une des situations suivantes :

  • demandeur d’emploi indemnisé ou indemnisable par un régime d’assurance chômage ;
  • demandeur d’emploi non indemnisé inscrit 6 mois à France Travail au cours des 18 derniers mois ;
  • bénéficiaire du RSA ou de l’Allocation de solidarité spécifique (ASS) ;
  • avoir entre 18 et 25 ans révolus ;
  • avoir moins de 30 ans et être non indemnisé ou reconnu handicapé ;
  • avoir moins de 30 ans et être non indemnisé car ne remplissant pas la condition de durée d’activité antérieure pour ouvrir des droits à l’allocation d’assurance chômage ;
  • créer ou reprendre une entreprise implantée dans un quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV) ;
  • salarié(e) ou une personne licenciée d’une entreprise en redressement, liquidation judiciaire ou sauvegarde qui reprend tout ou partie d’une entreprise ;
  • avoir conclu un contrat d’appui au projet d’entreprise (Cape), remplissant l’une des conditions ci-dessus ;
  • être bénéficiaire de la Prestation partagée d’éducation de l’enfant (PrePare).

Si c’est le cas, il doit déposer sa demande d’ACRE sur le site de l’Urssaf, dès la création de sa micro-entreprise.

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2. Aides de France Travail

Une période de chômage peut être l’occasion de se lancer dans la création d’une micro-entreprise. Cela peut cependant prendre du temps avant que l’entrepreneur ne perçoive une rémunération. Pour faciliter la création d’une entreprise ou d’une micro-entreprise, le gouvernement a mis en place une allocation d’aide au retour à l’emploi. Sous conditions, les auto-entrepreneurs peuvent cumuler les allocations chômage (ARE) et leurs revenus de leur activité. Ce cumul sera total ou partiel en fonction du montant de leur chiffre d’affaires et de leur date d’inscription à France Travail (avant ou après la création de la micro-entreprise).

Allocation chômage cumul création entreprise

L’ARCE est une aide versée par France Travail. Elle permet de toucher 60 % de ses droits restants à l’ARE sous forme de capital. Concrètement, le micro-entrepreneur touche 50 % de cette somme au démarrage de son activité, puis le restant 6 mois plus tard à condition que sa micro-entreprise soit toujours en activité. Cette aide est particulièrement intéressante pour les auto-entrepreneurs qui souhaitent bénéficier d’un capital de départ au lancement de leur activité.

Pour prétendre à l’ARCE, vous devez obligatoirement être inscrit sur la liste des demandeurs d’emploi et bénéficier de l’ACRE.

Vous n’avez plus le droit à l’ARE et touchez maintenant l’ASS ? Vous pouvez la cumuler avec vos revenus d’auto-entrepreneur, à condition que vos revenus soient inférieurs à 1 330,70 € pour une personne seule (2 091,10 € pour un couple).

3. Aides de la CAF

Si vos revenus en micro-entreprise sont faibles, vous pouvez peut-être toucher la prime d’activité. Cette aide versée par la CAF n’est en effet pas réservée aux salariés. Pour en faire la demande, vous devrez tout d’abord faire une simulation sur le site de la CAF puis leur transmettre vos informations. Si vous y avez le droit, vous devrez ensuite actualiser votre situation tous les 3 mois en renseignant votre chiffre d’affaires du trimestre passé. Le montant de votre prime d’activité fera alors l’objet d’un nouveau calcul.

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Vous touchez le RSA au moment où vous créez votre auto-entreprise ? Vous pourrez en bénéficier intégralement durant les 3 premiers mois de votre activité. Vous devrez ensuite déclarer vos revenus à la CAF. Cela entraînera un recalcul de votre RSA.

4. Aides Spécifiques

L’AGEFIPH octroie une aide forfaitaire de 6 000 euros aux personnes en situation de handicap souhaitant créer une entreprise, sous réserve d’un apport personnel minimum de 1 500 euros. Vous êtes une femme et vous souhaitez devenir auto-entrepreneur ? Sachez qu’il existe plusieurs aides ouvertes aux femmes entrepreneuses : La garantie Égalité Femmes : mis en place par France Active, ce dispositif est ouvert aux demandeuses d’emploi ou aux femmes en situation de précarité. Il a pour objectif de leur faciliter l’accès au crédit bancaire. Cette garantie couvre jusqu’à 80% du montant du prêt bancaire, dans la limite de 50 000 euros.

Le programme Wom’energy : créé par Réseau Entreprendre, il permet aux femmes créatrices d’entreprise de bénéficier d’un prêt d’honneur pour faciliter leur accès au financement. Les plans d’action régionaux pour l’entrepreneuriat des femmes (PAR) qui peuvent là aussi vous soutenir dans la création et le développement de votre activité. Il existe également de nombreuses associations dédiées à l’entrepreneuriat féminin. N’hésitez pas à vous renseigner. Certaines associations disposent d’antennes un peu partout en France. Elles sauront vous renseigner sur les aides financières disponibles.

5. Allègements Fiscaux

L’auto-entrepreneur est exonéré de la déclaration et du paiement de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). La cotisation foncière des entreprises (CFE) est un impôt dû par les professionnels et les micro-entrepreneurs n’échappent pas à cette règle. Néanmoins, il existe différents cas permettant à l’auto-entrepreneur d’en être exonéré. On peut par exemple citer les cas suivants :

  • Vous avez créé votre micro-entreprise il y a moins d’un an ;
  • Votre chiffre d’affaires est inférieur à 5 000 € en N-2 ;
  • Vous êtes artisan, VDI ou faites du transport de personnes.

Les auto- entreprises domiciliées dans certaines zones peuvent bénéficier d’allègements fiscaux. Les zones suivantes sont concernées jusqu’à fin 2024 :

  • zones franches urbaines - territoires entrepreneurs (ZFU - TE) ;
  • quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) ;
  • bassins d’emploi à redynamiser (BER).

Et jusqu’en 2026 :

  • les bassins urbains à dynamiser (BUD) ;
  • les zones de développement prioritaire (ZDP).

Pour les auto-entrepreneurs, ces allègements fiscaux peuvent notamment prendre la forme d’une exonération de CFE.

6. Autres Aides Publiques

En fonction du lieu où vous avez domicilié votre auto-entreprise, vous pouvez solliciter des aides de votre région ou de votre conseil départemental. Vous pourrez ainsi bénéficier d’accompagnement à la création et être orienté vers des dispositifs d’aides financières. Selon votre activité, vous pouvez aussi vous tourner vers certaines aides européennes. Celles-ci peuvent prendre la forme de garantie financière, d’un prêt ou d’un investissement.

Les Prêts aux Auto-Entrepreneurs

En pratique, il est toutefois difficile pour les micro-entrepreneurs d’accéder à un prêt bancaire classique. En effet, les établissements bancaires demandent à l’emprunteur qu’il produise des documents démontrant la rentabilité et la stabilité de son activité économique. Il s’agit généralement de documents de nature comptable.

Prêt bancaire création entreprise

1. Prêt à la Création d'Entreprise

Autre source de financement auto-entrepreneur possible : demander un prêt à la création d’entreprise. Rapprochez-vous pour cela des banques qui proposent souvent des offres de crédit à destination des créateurs d’entreprises. Pour espérer obtenir un accord de la banque, nous vous conseillons de présenter un business plan solide, prouvant la viabilité de votre projet ainsi que votre capacité à rembourser l’emprunt.

Un prêt création d’entreprise pourra servir à financer vos investissements matériels ou immatériels ou votre besoin en trésorerie.

Pour mettre toutes les chances de votre côté, vous pouvez demander à bénéficier d’une garantie création par Bpifrance. Cet organisme peut garantir entre 50 % et 60 % du montant emprunté à la banque.

2. Prêt d'Honneur

Un prêt d’honneur est un prêt souscrit en votre nom propre. Il est particulièrement intéressant car il est à taux 0 % et sans garantie. Aucune caution personnelle ne vous sera demandée. Pour demander un prêt d’honneur, vous pouvez contacter Initiative France, BPI France et Réseau Entreprendre.

Les sommes allouées sont comprises entre 2 000 € et 50 000 € en fonction de votre profil et de votre projet d’auto-entrepreneur. L’obtention d’un prêt d’honneur crédibilise le projet de l’auto-entrepreneur et facilite ainsi l’octroi d’un financement bancaire. Ce type de prêt est proposé par différents réseaux d’accompagnement : Réseau entreprendre, Adie, Initiative France… Son montant varie en fonction de la nature du projet entrepreneurial et de l’organisme sollicité.

3. Micro-Crédit

Votre banque a refusé votre demande de prêt ? Vous pouvez vous tourner vers un micro-crédit. Les conditions d’octroi sont généralement plus souples mais les sommes prêtées sont souvent plus faibles. Le microcrédit professionnel s'adresse aux créateurs ou repreneurs d'entreprises, quel que soit le secteur d'activité ou leur statut, qui ne peuvent pas accéder au financement bancaire classique. Les micro-crédits et les prêts solidaires permettent au micro-entrepreneur de concrétiser son projet professionnel. Ils constituent une alternative au prêt bancaire classique qui est souvent difficile à obtenir pour l’auto-entrepreneur.

Le montant du micro-crédit professionnel ne peut pas excéder 10 000€. Il s’agit d’un prêt d’un faible montant utilisé pour financer l’achat de matériel, de marchandises, d’un véhicule professionnel ou encore étoffer la trésorerie.

L’organisme de micro-crédit le plus connu est l’ADIE (Association pour le Droit à l’Initiative Économique). Notez que le micro-crédit de l’ADIE peut, sous conditions, être complété par un prêt d’honneur ou une aide de l’État. Avec l’ADIE, vous pourrez emprunter jusqu’à 12 000 € puis rembourser votre crédit en 5 ans maximum. Le taux d’intérêt se situe entre 6 % et 7 % selon le montant de votre prêt.

Financement Participatif (Crowdfunding)

Comment réussir sa campagne de financement participatif ?

Le financement participatif ou crowdfunding consiste à récolter des fonds auprès d'une communauté d'internautes qui souhaitent soutenir votre projet. Le financement participatif, aussi appelé “crowdfunding”, est un mécanisme de financement apparu dans les années 2000. Il consiste à faire appel aux ressources financières d’un large public par le biais d’internet pour financer un projet entrepreneurial. Le crowdfunding s’adresse à tous (particuliers, associations, entreprises…). Il est particulièrement adapté et apprécié par les créateurs ou les repreneurs d’entreprises rencontrant des difficultés à récolter des fonds via les mécanismes de financement traditionnels.

Financement participatif crowdfunding

En effet, l’idée derrière le crowdfunding est qu’il est plus aisé de demander des petites sommes à un grand nombre de personnes qu’une grande somme à une seule personne. Depuis ces dernières années les campagnes de financement participatif ont le vent en poupe. En effet, en 2020 les plateformes de financement participatif ont atteint au moins un milliard d’euros collectés. Alors quelle que soit la nature de votre projet, pourquoi pas se lancer ? Ce concept qui peut être flou pour certains d’entre vous peut vous réserver de bonnes surprises !

Selon le ministère de l’Économie, « le financement participatif, ou crowdfunding, désigne un échange de fonds entre individus en dehors des circuits financiers institutionnels. Cela représente un avantage considérable pour les personnes qui ne peuvent pas bénéficier de financements plus classiques. Les plateformes présentes sur le marché français ont souvent le même mode de fonctionnement. Par exemple : ces plateformes appliquent le principe du tout ou rien. En résumé, si vous n’atteignez pas le montant que vous avez fixé durant votre campagne, vous ne toucherez rien et les participants seront remboursés.

Il existe environ une trentaine de plateformes en France comme : Ulule, KissKissBankBank, Kickstarter, HelloAsso ou encore Kocorico… À savoir que dans la majorité des cas, ces sites se rémunèrent grâce à un système de commission.

Types de Financement Participatif

Tous les types de financements participatifs ne conviennent pas aux auto-entrepreneurs.

1. Le don (crowdgiving)

Quand on parle financement participatif, c’est très fréquemment à ce type de don que l’on pense. C’est assez simple, les participants font leurs dons sans contrepartie. Malgré tout, certains entrepreneurs peuvent proposer une compensation symbolique comme une mention sur leur site ou l’envoi un goodies en avant-première.

2. Le prêt (crowdlending)

Comme à la banque, vous empruntez la somme dont vous avez besoin aux internautes que vous rembourserez petit à petit par la suite. La plateforme par laquelle se passe ce prêt sera appelée « intermédiaire de financement participatif ». Comme vous vous en douterez, ce type de financement est évidemment réglementé. Les donations ne pourront pas dépasser 2000 € par personne si vous devez rembourser des intérêts et 5000 € si ce n’est pas le cas.

3. La pré-commande (ou pré-vente)

Vous développez un ou plusieurs produits ? Alors vous pouvez tout simplement vendre, en avance, aux participants de votre collecte le produit sur lequel vous travaillez !

Comment Lancer une Campagne de Crowdfunding ?

Pour être sûr de pouvoir lancer votre campagne, préparez-vous un maximum. Bref, il faut que vous vous sentiez prêt ! Une fois que vous avez choisi la plateforme sur laquelle vous allez récolter vos dons, il faudra très certainement déposer votre dossier en ligne sur la plateforme en question. C’est à ce moment-là que vous renseignez également la somme dont vous avez besoin.

Les plateformes ne peuvent pas se permettre d’accepter tous les projets. C’est ainsi qu’un processus de sélection démarre. Comme vous vous en doutez, pour les demandes de prêts, les sélections sont plus strictes.

Ça y est, votre dossier est accepté ! Félicitations ! Il ne suffit pas que votre projet soit accepté par une plateforme de financement participatif et mis en ligne pour vous garantir que vous récolterez la somme dont vous avez besoin. Vous devez avant tout donner envie aux investisseurs de participer à votre campagne !

Pour cela, adoptez un ton chaleureux et exprimez concrètement vos motivations. Jouer sur les sentiments ne suffira malheureusement pas, vous devrez également, expliquer en détail ce que vous comptez faire de l’argent que vous allez obtenir.

Aucune communication aujourd’hui ne peut se faire sans les réseaux sociaux. C’est le cas aussi pour votre campagne de financement. Attention, les dons que vous recevrez sont fiscalement déclarables. En d’autres termes, la somme de ces dons doit être déclarée dans le chiffre d’affaires de votre micro-entreprise.

En tant que micro-entrepreneur, vous devez émettre des factures pour toutes ventes de biens ou prestations de services.

Autres Sources de Financement

Il existe d'autres sources de financement à explorer :

  • Love Money : Solliciter un soutien financier auprès de ses proches (famille, amis…).
  • Aides Solidaires : Si vous créez/reprenez une entreprise dans le secteur de l'économie sociale et solidaire (ESS), vous pouvez faire appel à des financeurs solidaires tels que France Active, la Nef ou le Crédit Coopératif.
  • Concours : Vous pouvez vous inscrire à des concours qui récompensent les créateurs/repreneurs d'entreprise selon leur secteur d'activité.

Tableau Récapitulatif des Aides et Prêts

Type de Financement Description Organismes
ACRE Exonération partielle des cotisations sociales URSSAF
ARCE Versement d'une partie des allocations chômage sous forme de capital France Travail
Prêt d'Honneur Prêt à taux zéro sans garantie Initiative France, BPI France, Réseau Entreprendre
Micro-Crédit Prêt de faible montant pour financer des besoins spécifiques ADIE, France Active, Initiative France
Crowdfunding Collecte de fonds auprès d'une communauté en ligne Ulule, KissKissBankBank, Kickstarter

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