Fiscalité des Produits Financiers en France

Par nature très changeante, la fiscalité des produits d’épargne (actions, obligations, livrets…) est souvent à géométrie variable ! Et depuis 2018, le Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) s’applique.

Le Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU)

Pour les revenus mobiliers et les plus-values de cession de valeurs mobilières perçus en 2018, le gouvernement a mis en place le Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU), au taux de 30 %. Ce taux global intègre l’impôt proprement dit (12,8 %) et les prélèvements sociaux qui sont passés à 17,2 % depuis le 1er janvier 2018 (contre 15,5 % en 2017). En règle générale tous les revenus de l’épargne, quel que soit le type de placement, y sont soumis au taux annuel fixé actuellement à 17,2 % depuis le 1er janvier 2018.

Exception faite des produits d’épargne non fiscalisés (Livret A, livret Jeune, LDDS, LEP…) de nombreux gains financiers supportent désormais un taux global unique de 30 %, qui se décompose en 12,8 % de taux forfaitaire d’impôt proprement dit et 17,2 % de prélèvements sociaux.

Les revenus de placements financiers seront alors soumis à un prélèvement forfaitaire unique de 12,8 %. Avec la mise en place du Prélèvement Forfaitaire Unique, les règles sur les revenus des placements financiers ont sensiblement changé.

Épargne salariale : quels sont les avantages fiscaux

Exceptions Notables

Mais il y a des exceptions notables : Livret A, Livret bleu, Livret de Développement Durable, livret jeune, LEP, qui en sont exonérés.

Lire aussi: Fiscalité auto-entrepreneur : le guide indispensable

Modalités d'Imposition

L'imposition définitive des revenus mobiliers sera calculée à partir des éléments qui seront portés dans votre déclaration des revenus souscrite l'année suivant celle de la perception des revenus.

Si le taux du PFU n’est pas intéressant pour le contribuable, il a toujours la possibilité d’opter pour l’imposition progressive au barème de l’impôt. Mais attention ! Si le contribuable n’opte pas pour le PFU, il peut, notamment pour les plus-values mobilières, les soumettre au barème de l’impôt sur le revenu.

Il est toujours possible d’opter pour l’imposition au barème, ce qui permet notamment de bénéficier de certains abattements. Mais attention ! Cette option vaut pour l’ensemble de vos revenus financiers.

Abattement pour Durée de Détention

Dans ce cadre, un abattement pour durée de détention a été ajouté pour diminuer le coût fiscal : son taux est de 50 % lorsque les titres sont détenus entre 2 et 8 ans, et de 65 % au-delà. Il s’applique aux cessions d’actions et de parts de société.

Optimisation Fiscale

Certaines modalités d’épargne, qu’il s’agisse d’investissement immobilier ou d’investissement financier, permettent d’échapper ou de diminuer les impôts sur les revenus et sur les plus-values, le plus souvent avec des conditions de durée de l’épargne.

Lire aussi: Comprendre la Comptabilité, la Finance et la Fiscalité

Infographie impôt sur le revenu 2024

Revenus de Capitaux Mobiliers (RCM)

Les revenus de vos placements financiers sont pris en compte pour le calcul de votre impôt dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers, sauf exonérations.

Prélèvement Obligatoire Non Libératoire

Les revenus de capitaux mobiliers sont soumis au moment de leur perception à un prélèvement obligatoire non libératoire d'un taux global de 30 % : 12,8 % au titre de l'impôt sur le revenu et 17,2 % au titre des prélèvements sociaux.

Le prélèvement forfaitaire obligatoire prélevé à la source à titre d'acompte sera imputé sur l'impôt sur le revenu dû au titre de l'année au cours de laquelle il a été opéré. Il est en principe prérempli case 2CK, sinon indiquez-le.

Acquitté au moment du versement des revenus de placements financiers par l'établissement payeur, le prélèvement forfaitaire obligatoire constitue une avance d’impôt sur le revenu. Son taux est de 12,8 % pour l'ensemble des produits versés à compter de 2018 (à l'exception des produits des bons ou contrats de capitalisation ou d'assurance-vie de plus de 8 ans afférents à des versements effectués à compter du 27.9.2017 qui sont soumis au prélèvement au taux de 7,5%).

Dispense du Prélèvement Forfaitaire Obligatoire

Vous pouvez demander à être dispensé de ce prélèvement sur les revenus de l'année N si le revenu fiscal de référence de votre foyer fiscal au titre de l’avant-dernière année (N-2) ne dépasse pas certaines limites (revenu fiscal de référence de 2021 pour les revenus perçus en 2024) :

Lire aussi: SCI Immobilière

  • Pour les produits de placement à revenu fixe : peuvent être dispensés du prélèvement forfaitaire obligatoire les contribuables dont le revenu fiscal de référence de l’année N-2 est inférieur à :
    • 25 000 € pour les célibataires, veufs ou divorcés ;
    • 50 000 € pour les mariés ou pacsés soumis à une imposition commune.
  • Pour les revenus distribués: peuvent être dispensés du prélèvement forfaitaire obligatoire les contribuables dont le revenu fiscal de référence de l’année N-2 est inférieur à:
    • 50 000 € pour les célibataires, veufs ou divorcés ;
    • 75 000 € pour les mariés ou pacsés soumis à une imposition commune.

Vous pouvez ainsi demander à être dispensé de ce prélèvement en fournissant à votre établissement financier une attestation sur l’honneur certifiant que le revenu de votre foyer fiscal de l’avant-dernière année ne dépasse pas les limites susvisées.

Cette demande de dispense doit être présentée à votre banque avant le 30 novembre de l’année précédant l’encaissement des revenus. Pour les produits des bons ou contrats de capitalisation ou d'assurance-vie la demande doit être formulée au plus tard à la date de leur encaissement.

Lors de la taxation de votre déclaration de revenus, le prélèvement obligatoire vous sera restitué sous la forme d’un crédit d’impôt, pris en compte dans le calcul de votre impôt. Si son montant excède l’impôt dû, il vous sera remboursé.

En outre, lors de leur versement, les produits de placement sont soumis aux prélèvements sociaux au taux de 17,2 %.

Imposition au PFU

Lors de la taxation de votre déclaration de revenus les revenus de capitaux mobiliers (RCM) sont soumis, sauf exceptions, au prélèvement forfaire unique de 12,8 %.

Toutefois, les produits des bons ou contrats de capitalisation ou d'assurance-vie de plus de 8 ans afférents à des versements effectués à compter du 27.9.2017 et correspondant à des primes n'excédant pas 150 000 € sont soumis au prélèvement au taux de 7,5%.

Par ailleurs, les produits des bons ou contrats de capitalisation ou d'assurance-vie afférents à des versements effectués avant le 27.9.2017 continuent de bénéficier du régime applicable avant cette date : imposition au barème progressif sauf si vous avez opté pour le prélèvement forfaitaire libératoire au moment du versement de ces produits.

Les produits des bons ou contrats de capitalisation ou d'assurance-vie de plus de 8 ans afférents à des versements effectués avant le 27.9.2017 ou après cette date bénéficient d'un abattement de 4 600 € (personne seule) ou 9 200 € (couple marié soumis à imposition commune).

Lorsque vos revenus de capitaux mobiliers sont imposés au PFU, l'abattement de 40 % sur les dividendes ne s'applique pas, les frais et charges ne sont pas déductibles, les déficits RCM des années antérieures ne s'imputent pas et aucune CSG déductible n'est calculée au titre des RCM.

Option Globale : Imposition au Barème Progressif

Vous pouvez également opter pour l'imposition de l'ensemble de vos revenus de capitaux mobiliers et gains de cession de valeurs mobilières au barème progressif de l'impôt en cochant la case 2OP de votre déclaration de revenus n° 2042.

Si vous aviez coché la case 2OP sur votre déclaration de revenus l’an dernier afin d’opter pour l’imposition au barème progressif, alors cette case est pré cochée dans votre déclaration 2025 sur les revenus 2024. Si vous ne modifiez rien, cette option sera reconduite automatiquement.

Si vous ne souhaitez pas opter pour l’imposition au barème cette année, vous devez cocher la case qui se trouve au-dessous de la case 2OP (en cas de déclaration papier) ou bien décocher la case 2OP (en cas de déclaration en ligne).

Si vous y avez intérêt, vous pouvez opter pour l'imposition au barème progressif de l'ensemble de vos revenus de capitaux mobiliers et de vos plus-values de cession de valeurs mobilières en cochant la case 2OP de votre déclaration de revenus.

Dans ce cas, l'abattement de 40 % s'applique sur les dividendes éligibles, les frais et charges sont déductibles, les déficits RCM des années antérieures s'imputent et une fraction de la CSG afférente aux RCM est déductible du revenu global.

Impôt sur le revenu : le barème progressif

Le guide pratique pour optimiser sa déclaration d’impôts comme un pro

Abattement de 40% sur les Dividendes

Vos dividendes d’actions ou autres revenus distribués sont soumis au barème après déduction d’un abattement forfaitaire de 40%. Il est calculé automatiquement par l’administration sur le montant brut des revenus.

Certains revenus distribués sont exclus de l’abattement de 40 % : il s’agit notamment des jetons de présence, des revenus distribués à titre d’avance ou d’acomptes aux associés, des revenus distribués par des sociétés établies dans des Etats avec lesquels la France n'a pas signé de convention fiscale, des bénéfices provenant de participations dans des structures soumises à un régime fiscal privilégié, des distributions provenant de bénéfices dans des sociétés d’investissements immobiliers cotées ou des sociétés de placement à prépondérance immobilière à capital variable.

Déduction des Frais Financiers

Si vous avez opté pour l'imposition au barème, vos revenus de placements financiers sont pris en compte pour le calcul de l’impôt sur le revenu au barème après déduction de certains frais engagés pour leur acquisition et leur conservation.

Ainsi sont admis en déduction pour leur montant réel et justifié :

  • les frais de garde des titres ;
  • les frais d'encaissement des coupons (en général l'établissement payeur les a déjà déduits) ;
  • les frais de location de coffre ;
  • les primes d'assurance concernant des valeurs mobilières si l'objet n'est pas de garantir une dépréciation de ces valeurs.

Par exception, ne sont pas déductibles :

  • les frais et charges destinés à accroître ou à conserver le capital, par exemple les intérêts des emprunts contractés pour l’acquisition de valeurs mobilières ;
  • les frais relatifs aux revenus de créances ;
  • les frais relatifs aux revenus exonérés (ex. : frais de garde de titres figurant dans un PEA), aux revenus ayant supporté le prélèvement libératoire et aux revenus imposés à un taux forfaitaire.

Lorsque les frais déductibles sont supérieurs aux revenus de placement financiers imposables, un déficit est constaté. Ce déficit est uniquement reportable sur les revenus de capitaux mobiliers des 6 années suivantes.

Revenus Mobiliers : Sources et Types

Les revenus mobiliers proviennent des placements à revenus fixes et à revenus variables. Les revenus imposables Vos revenus mobiliers proviennent des valeurs mobilières que vous possédez (actions, parts de SARL, obligations, bons de capitalisation, contrats d'assurance-vie, etc.). Ils ne doivent pas être confondus avec les plus-values mobilières que vous encaissez lors de la cession de ces mêmes valeurs (pour les plus-values, consultez la documentation « Les cessions mobilières »).

Ces revenus peuvent provenir de placements à revenu fixe ou de placements à revenu variable.

Revenus Provenant de Placements à Revenu Fixe

Plusieurs catégories de placements à revenu fixe produisent des revenus imposables :

  • les obligations et autres titres d'emprunt négociables ;
  • les bons émis par le Trésor ;
  • les bons de caisse ;
  • les créances, les dépôts et les cautionnements ;
  • les comptes sur livrets (livrets bancaires ordinaires rémunérés) ;
  • les livrets d'épargne entreprise (LEE) ouverts depuis le 1er janvier 2014 ;
  • les plans d'épargne logement ouverts avant le 1er janvier 2018 ayant plus de 12 ans et les plans d'épargne logement ouverts depuis le 1er janvier 2018 ;
  • les comptes d'épargne logement ouverts depuis le 1er janvier 2018 ;
  • les comptes à terme (CAT) ;
  • les SICAV et FCP (fonds commun de placement) monétaires ;
  • les contrats ou bons de capitalisation ;
  • les comptes courants d'associés rémunérés.

Ces revenus de placements sont appelés, selon les cas, produits ou intérêts.

Revenus Provenant de Placements à Revenu Variable

Ces placements à revenu variable (participations dans le capital de sociétés) produisent des revenus aléatoires d'une année sur l'autre et se répartissent ainsi :

  • les dividendes, acomptes sur dividendes et répartitions exceptionnelles ; il s'agit des distributions les plus fréquentes. Ce sont les sommes que l'assemblée générale annuelle des associés décide de répartir. Ces sommes correspondent aux bénéfices de l'exercice, ou parfois à certaines réserves ;
  • les distributions liées à une modification du capital de la société. Il s'agit des remboursements d'apports ou des primes d'émission versés aux associés ou actionnaires. Pour cela, il faut que tous les bénéfices et les réserves autres que la réserve légale aient été auparavant répartis ;
  • la distribution du boni de liquidation : il s'agit des remboursements effectués consécutivement à la liquidation de la société. Le boni de liquidation taxable est égal à la différence entre l'actif net de la société au jour de la liquidation et le montant des apports réels ou assimilés.

Les revenus produits de placements à revenus variables sont appelés, selon les cas, dividendes ou distributions.

Le Prélèvement Forfaitaire Libératoire sur Option

Le prélèvement forfaitaire libératoire sur option sur les produits des bons et contrats de capitalisation et d'assurance vie Les produits des bons ou contrats de capitalisation et d'assurance-vie de source française et européenne afférents à des versements effectués avant le 27.9.2017 peuvent faire l'objet, sur option, d'un prélèvement libératoire de l'impôt sur le revenu en lieu et place de l’imposition au barème progressif. Le prélèvement libératoire est effectué au moment de l'encaissement des revenus.

Le taux du prélèvement varie selon l'année du retrait ou de la clôture du contrat et la date de souscription du contrat :

Durée égale ou supérieure à 8 ans

En cas de rachat ou de clôture après 8 ans, les produits acquis ou constatés peuvent être soumis à un prélèvement forfaitaire libératoire de 7,5%. Ils bénéficient d'un abattement annuel de 4 600 € (personnes seules) ou 9 200 € (couples soumis à une imposition commune) appliqué a posteriori, lors de la taxation de la déclaration de revenus. A défaut d'option pour le prélèvement, ces produits sont soumis à l'impôt sur le revenu selon le barème progressif, après application de l'abattement de 4 600 € ou 9 200 €.

Durée inférieure à 8 ans

En cas d'option pour le prélèvement forfaitaire, les taux applicables aux produits (sans abattement préalable) sont de :

  • 35 % lorsque la durée du contrat est inférieure à 4 ans ;
  • 15 % lorsque cette durée est supérieure ou égale à 4 ans.

A défaut d'option pour le prélèvement libératoire, les produits sont taxés au barème progressif.

Pour plus d'information consultez la documentation liée à l'assurance vie Particulier > Gérer mon patrimoine/mon logement > J'investis en valeurs mobilières > L'assurance-vie.

Tableau récapitulatif des taux d'imposition
Type de revenu Taux d'imposition Remarques
Revenus mobiliers (PFU) 12.8% + 17.2% (prélèvements sociaux) = 30% Sauf exceptions (Livret A, etc.)
Assurance-vie (après 8 ans, versements > 27/09/2017, primes < 150 000€) 7.5% Abattement de 4 600 € (personne seule) ou 9 200 € (couple)
Dividendes (option barème progressif) Barème progressif Abattement de 40%

balises: #Financ

Articles populaires: