Fiscalité en Espagne pour un retraité français : Guide complet
L’Espagne, terre natale de Cervantès, de Velázquez et de Goya, attire chaque année de plus en plus de retraités français. Depuis plusieurs années, le pays est prisé pour son climat, sa qualité de vie, son coût de la vie abordable, la richesse de son patrimoine culturel, mais aussi pour la convivialité de ses habitants.
Mais attention, l’idée de passer votre retraite en Espagne ne doit pas vous aveugler : il est crucial de bien préparer votre expatriation pour éviter les mauvaises surprises. Alors, l’Espagne, eldorado ou mirage ? Je vous fais un décryptage complet pour une retraite réussie sous le soleil ibérique.
Passer sa retraite en Espagne, c’est choisir un pays à la fois proche géographiquement et culturellement de la France, tout en profitant d’un climat ensoleillé et d’un coût de la vie attractif. Si la fiscalité n’est pas aussi avantageuse qu’au Portugal, l’absence de double imposition sur les pensions et la qualité du système de santé sont de réels atouts. A l’image de l’Italie, l’investissement immobilier reste accessible et porteur, et la diversité des régions permet à chacun de trouver son bonheur.
Cependant, la réussite de votre expatriation dépendra de la préparation de votre projet, de la bonne compréhension des règles fiscales et administratives, et de votre capacité à vous intégrer dans votre nouvel environnement. L’Espagne, avec son climat méditerranéen, sa richesse culturelle et son niveau de vie attrayant, est une destination de choix pour les retraités européens.
Pour tous les résidents de l’UE, y compris les Belges et les Suisses, la déclaration des revenus mondiaux est obligatoire dans le pays de résidence principale, définie par un séjour de plus de 183 jours par année.
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L’Espagne reste une destination de choix pour les retraités français, qu’ils aient des origines dans ce pays ou non. A la différence du voisin portugais, l’Espagne n’a pas mis en place de politique fiscale avantageuse pour attirer les étrangers. Mais la qualité de la vie, la diversité des paysages et des univers de ce pays multiple, ainsi que le coût de la vie très abordable en font un cadre idéal pour couler une retraite heureuse.
Les avantages de passer sa retraite en Espagne
Un climat privilégié et une douceur de vivre recherchée
L’un des principaux attraits de l’Espagne tient à son climat, particulièrement dans les régions méditerranéennes et sur la côte sud. Avec plus de 300 jours de soleil par an dans des villes comme Alicante, Malaga ou Valence, l’Espagne offre des hivers doux et des étés chauds, ce qui séduit nombre de retraités lassés de la grisaille ou du froid de l’Hexagone. Cette météo clémente permet de profiter d’activités de plein air toute l’année. Golf en hiver, baignade au printemps, sieste à l’ombre en été… La belle vie, quoi !
De plus, la culture espagnole valorise la convivialité et la vie sociale, avec ses terrasses animées, ses fêtes locales et sa gastronomie réputée.
La diversité des paysages (plages de sable fin, montagnes majestueuses, campagnes verdoyantes ou villages pittoresques) permet à chacun de trouver son cadre de vie idéal pour sa retraite en Espagne. Que vous rêviez d’un appartement en bord de mer, d’une maison dans un village andalou ou d’un pied-à-terre en ville, l’Espagne propose une multitude d’options.
Un coût de la vie inférieur à la France
On cite souvent l’Espagne comme le pays d’Europe occidentale où le coût de la vie est le plus abordable. Selon l’OCDE, il serait en moyenne 20 à 30 % inférieur à celui de la France, même si cette différence varie selon les régions et le mode de vie. Les dépenses courantes y sont généralement plus faibles (en moyenne 13% de moins qu’en France), ce qui permet de profiter d’un niveau de vie confortable avec une pension de retraite française.
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Le rapport qualité-prix des restaurants, cafés et marchés locaux les rend très populaires. Les produits alimentaires, notamment les fruits, légumes, poissons et fruits de mer, sont frais et proposés à des tarifs intéressants. Les marchés municipaux et les petits producteurs locaux permettent de manger sainement sans se ruiner.
Le logement constitue également un poste de dépense avantageux, surtout en dehors des grandes villes touristiques comme Barcelone ou Madrid. Dans de nombreuses régions, il est possible de louer ou d’acheter un bien immobilier spacieux à des prix bien inférieurs à ceux pratiqués en France, notamment dans les provinces de l’intérieur ou sur certaines côtes moins connues. Vous rêvez d’une villa avec vue sur la mer sans vous ruiner ? C’est possible en Espagne !
De plus, la présence d’associations francophones facilite également l’intégration et permet de se trouver rapidement des amis pour passer une retraite en Espagne bien entouré.
Un système de santé performant et accessible
L’Espagne dispose d’un système de santé public réputé pour sa qualité et son accessibilité. En tant que citoyen européen, un retraité français peut bénéficier de la sécurité sociale espagnole, à condition de s’inscrire auprès de l’INSS (Instituto Nacional de la Seguridad Social) et de présenter le formulaire S1 fourni par la caisse d’assurance maladie française.
Les soins sont gratuits ou peu coûteux dans le secteur public, et les délais d’attente sont généralement raisonnables, même si certaines régions rurales peuvent connaître des tensions sur l’accès aux spécialistes (ce qui, quand on regarde la situation en France, n’a rien de dépaysant !). Une assurance santé privée peut être une bonne option pour accéder à des soins plus rapides et de meilleure qualité.
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Le système de santé public espagnol dispose de médecins bien formés et d’équipements de très bon niveau mais souffre de délais d’attente pour obtenir un rendez-vous chez un spécialiste ou pour une opération chirurgicale non urgente.
En tant que pensionné du régime français de sécurité sociale, vous pourrez à tout moment venir vous faire soigner en France et bénéficier de la prise en charge de vos soins par la sécurité sociale française.
Conseil : Pensez à vérifier la couverture de votre assurance santé, notamment pour les soins dentaires, optiques ou les rapatriements, qui ne sont pas toujours inclus dans le régime de base.
Les démarches pour passer sa retraite en Espagne
S’installer en Espagne pour y passer sa retraite nécessite de suivre plusieurs démarches administratives, tant en France qu'une fois sur place. Ces formalités sont essentielles pour garantir une installation sereine et éviter les mauvaises surprises.
Les formalités en France
Avant de partir, vous devrez prévenir l’ensemble de vos caisses de retraite, de base et complémentaire.
Par la suite, vous devrez leur faire parvenir annuellement un certificat de vie, à faire remplir par les autorités locales espagnoles.
Il n’est pas nécessaire de résider en France pour percevoir sa pension retraite française (sauf l’ASPA et l’ASI car ces prestations sont soumises à condition de résidence en France). Il faut simplement informer vos caisses de retraite de votre changement de résidence et leur indiquer vos nouvelles coordonnées bancaires.
Avant de faire le grand saut, certaines étapes en France doivent être complétées. Cela vous permettra d'éviter des complications administratives une fois en Espagne.
- Informer votre caisse de retraite : Prévenez votre caisse de retraite de votre changement de résidence. Cela assurera la continuité du versement de votre pension, même à l'étranger.
- Souscrire à une assurance santé complémentaire internationale : L'Espagne dispose d'un bon système de santé, mais, vous aurez probablement besoin d'une couverture complémentaire. Vous pouvez souscrire à une assurance santé internationale avant de partir.
- Obtenir une carte européenne d'assurance maladie (CEAM) : Cette carte est indispensable pour prouver que vous êtes couvert par le système de Sécurité sociale français lors de vos premiers mois en Espagne.
Les formalités en Espagne
Les ressortissants des pays de l’espace Schengen (dont font partie la France et l’Espagne) peuvent entrer en Espagne sans formalités. Au-delà de 3 mois, cependant, vous devez demander un permis de résidence, le Certificado de Registro de Ciudadano de la Unión. Cette formalité s’effectue au commissariat de police. Au bout de 5 ans, vous pourrez demander le droit de séjour permanent.
Attention cependant : pour obtenir votre certificat de résidence, vous aurez besoin de votre Número de Identificación de Extranjero (NIE). Vous devez le demander au commissariat de police de votre lieu de résidence en Espagne. Il n’est pas possible de faire cette démarche en France dès lors que vous partez pour plus de 3 mois.
Arrivé en Espagne, certaines formalités doivent être effectuées pour que votre séjour se passe dans les meilleures conditions.
- Demander votre Numéro d'Identification des Étrangers (NIE) : Le NIE est un numéro indispensable pour tout expatrié en Espagne. Il vous sera demandé pour effectuer la plupart des démarches administratives, telles que l'ouverture d'un compte bancaire, la souscription à un contrat d'énergie ou encore l'achat d'un bien immobilier.
- Demander un certificat d'enregistrement : Le certificat d'enregistrement ou "Certificado de Registro de Ciudadano de la Unión" est obligatoire pour les résidents européens en Espagne. Il atteste de votre statut de résident et est essentiel pour vivre légalement dans le pays.
L’immatriculation de votre véhicule sera sans aucun doute la démarche la plus longue.
Le transfert de biens mobiliers personnels ordinaires au sein de l’Union Européenne n’entraine aucune formalité douanières.
Fiscalité : l’ombre au tableau pour passer sa retraite en Espagne ?
La typologie et l'importance des impôts pour un retraité français dépendent de sa résidence fiscale. Si vous avez des intérêts économiques ou familiaux en Espagne ou si vous passez plus de 183 jours cumulés (non consécutifs) par an sur le sol ibérique, vous êtes considéré comme un résident fiscal. Ce statut vous évite la double imposition.
Si, selon ces critères, vous devenez résident fiscal en Espagne, les pensions publiques de source française restent imposables en France, alors que les pensions privées de source française sont imposables en Espagne.
La déclaration de l’IRPF est obligatoire si tu gagnes plus de 22 000€/an (avec une seule source de revenus : employeur, pension espagnole, …), ou 15 000€/an (si retraite de l’étranger ou si plusieurs sources de revenus et que le montant de l’une de ces sources est supérieure à 1500€/an.
Vous devrez déclarer tous vos revenus - de source française et étrangère - au fisc espagnol. Tous ne seront pas imposés en Espagne : la convention fiscale franco-espagnole précise pour chaque type de revenu le pays d’imposition. Les loyers perçus sur des biens immobiliers situés en France seront par exemple imposés en France. En revanche, le fisc espagnol utilise la somme de vos revenus pour calculer votre impôt, et il en déduit les impôts que vous payez par ailleurs en France.
Le régime fiscal espagnol n’est pas particulièrement avantageux : le barème est en moyenne plus élevé qu’en France, en particulier sur les bas revenus, qui sont imposés dès le 1er euro.
Si vous résidez plus de 183 jours par an en Espagne, vous devenez résident fiscal espagnol. Dans ce cas, vos pensions du secteur privé sont imposées en Espagne selon un barème progressif, tandis que les pensions publiques restent imposées en France.
L’Espagne applique un impôt progressif sur le revenu (IRPF), dont les taux varient de 19 % à 47 % selon le niveau de revenu et la région autonome de résidence. Cependant, la convention fiscale franco-espagnole évite la double imposition : vous ne payez donc l’impôt que dans votre pays de résidence fiscale.
Après plusieurs années, certains retraités découvrent que l’imposition espagnole peut s’avérer plus lourde que prévu, surtout en l’absence de dispositifs d’exonération comme au Portugal. On vous conseille donc de faire des simulations personnalisées avant de s’installer.
Attention : Après plusieurs années, certains retraités découvrent que l’imposition espagnole peut s’avérer plus lourde que prévu, surtout en l’absence de dispositifs d’exonération comme au Portugal. On vous conseille donc de faire des simulations personnalisées avant de s’installer.
Si vous avez une résidence secondaire en Espagne, vous êtes soumis à certains impôts par rapport à votre bien. Au rang des impôts en Espagne pour un retraité français non résident fiscal, on a aussi l'impôt sur les biens immobiliers.
Les avantages fiscaux de passer sa retraite en Espagne
Comme toutes les pensions de retraite perçues à l’étranger, vos pensions françaises reçues en Espagne sont exonérées de CSG-CRDS.
Les retraités français résidents en Espagne sont exonérés de CSG et de CRDS sur leurs pensions, ce qui représente une économie substantielle (environ 9 % du montant brut de la pension).
Les pensions privées sont à déclarer auprès de l'administration fiscale hispanique. Votre retraite sera soumise au barème progressif de l'impôt sur le revenu (Impuesto sobre la Renta de Persona Física). Si vous recevez une pension privée provenant de la France, la limite pour l'exonération passe à 14 000 euros de revenus par an (l'indemnité de retraite ne doit pas être taxée dans le pays d'origine).
Si vous percevez une pension de retraite publique, elle sera imposée en France.
L’Impuesto sobre la Renta de las Personas Físicas” (IRPF) ou impôt sur le revenu
L’IRPF est donc un impôt sur les revenus. En Espagne, l’IRPF est prélevé à la source si tu es salariée. Donc chaque mois, ton salaire est directement amputé du montant de l’impôt. Cerise sur le gâteau, si tu as un seul employeur et que tu gagnes moins de 22 000€/an, tu n’auras pas besoin de faire une déclaration d’impôts sur le revenu.
Par contre, on déclare et on paye l’IRPF trimestriellement si on est autonomo. Oui c’est pas très original comme fonctionnement, mais c’est un système éprouvé.
Disons que tu gagnes 34 000€/an. Tu vas donc appliquer : 19 % sur les premiers 12 450€ puis 24 % sur les 7 750€ suivants, puis enfin 30 % sur les 13 800€ restant. En sachant que les premiers 5500€ sont non imposables.
Alors bien évidemment, les services des impôts ont aussi un petit cœur qui bat et font preuve d’empathie de temps en temps.
Tranche non imposable de 5 550€ correspond au minimum personnel pour vivre. Si tu as + de 65 ans : même chose, mais on rajoute 1 150 €. Si tu as + de 75 ans : même chose, mais on rajoute 1 400€ à l’exonération de +65 ans.
À noter qu’en Espagne, il n’y a pas l’équivalent de la csg/crds. Il n’est pas obligé de réunir les 3 critères ci-dessus.
Il n’y a pas de double imposition entre la France et l’Espagne. En effet, certains impôts seront toujours payés en France et d’autres en Espagne.
La déclaration d’impôt doit être déposée avant le 30 juin de chaque année auprès des AEAT (centre des impôts).
Le principal intérêt de faire une déclaration, c’est qu’il est possible que d’avoir trop payé d’impôts. Dans ce cas, lorsque tu rempliras ta déclaration, tu peux avoir la bonne surprise de voir que l’État te doit de l’argent.
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