Fonctionnement et modèle économique des petites entreprises bio

La filière agricole biologique, autrefois perçue comme une solution durable et prometteuse face aux défis écologiques et sanitaires de l'agriculture conventionnelle, traverse aujourd’hui une période de turbulences. Derrière l'engouement médiatique et la demande croissante des consommateurs pour des produits sains et respectueux de l'environnement, se cachent des réalités économiques et structurelles qui mettent en péril la viabilité du secteur.

Contexte et tendances du marché

Si les années 2010 ont marqué l'explosion de la consommation des produits bio en France, cette tendance semble aujourd’hui en recul. Après une croissance annuelle à deux chiffres, la consommation de produits biologiques a stagné voire régressé depuis 2020. Malgré la crise sanitaire, la consommation à domicile de produits biologiques a connu pour la 5e année consécutive une croissance annuelle de plus de 1,3 milliard d’euros. Le marché bio (consommation à domicile et achats en restauration) s’élève à près de 13,2 milliards d’euros en 2020, soit +10,4 % depuis 2019. Il a ainsi presque doublé en 5 ans !

Avec une croissance à deux chiffres qui fait rêver en ces temps de difficultés économiques, la bio a le vent en poupe. 20 % de croissance : un chiffre digne de la propagande soviétique sous Staline, et pourtant : c’est celui de la bio au premier semestre 2016 en France. Un marché estimé à 6,9 milliards d’euros en 2016 selon l’Agence bio.

Contraintes économiques des petits producteurs

Le modèle économique du bio repose sur des pratiques agricoles plus respectueuses de l’environnement, mais aussi beaucoup plus exigeantes en termes de main-d'œuvre et de gestion des intrants. Les rendements sont généralement inférieurs à ceux de l’agriculture conventionnelle, et les producteurs doivent faire face à des coûts plus élevés, qu’il s’agisse de la rotation des cultures, de la gestion des sols ou du recours à des techniques alternatives pour protéger les cultures. Ces surcoûts sont souvent difficilement répercutables sur les prix de vente, surtout dans un contexte de pression concurrentielle accrue.

Les produits génétiquement modifiés ou aspergés de pesticides suscitent un malaise généralisé dans l’opinion publique, ce qui a contribué à la croissance de l’industrie alimentaire biologique, un secteur qui pèse aujourd’hui plusieurs milliards de dollars. Les produits bio sont soumis à des exigences réglementaires strictes et à des contrôles fréquents. Une des missions de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de répression des Fraudes (DGCCRF) est de contrôler le respect de ces exigences et d’éviter les fraudes.

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Distribution : du circuit court à la grande distribution

L'autre paradoxe auquel est confrontée la filière bio est lié à la distribution. Alors que le bio s’est d’abord développé dans des circuits courts, portés par des AMAP (Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne) et des coopératives, la grande distribution s’est rapidement emparée de ce marché en pleine expansion. Aujourd’hui, la majorité des ventes de produits biologiques se fait dans les supermarchés, avec pour conséquence une standardisation des prix et une pression à la baisse pour les producteurs.

Outre ces petits magasins spécialisés, en matière de bio, les supermarchés se partagent la plus grosse part du gâteau : la majorité des ventes de produits se fait dans les grandes et moyennes surfaces (près de 45 % des produits bio en 2015). Les magasins spécialisés en bio ont peur de se faire couper l’herbe sous le pied par les grandes et moyennes surfaces. D’autant que certains se font avalés tout crus par les ténors de l’agroalimentaire.

Pour les acteurs du secteur, si les supermarchés veulent prendre une juste part à la progression de la bio, ils doivent jouer fair-play. « Aujourd’hui encore, la grande distribution communique sur le bio pas cher, il est urgent que les enseignes qui adhèrent à l’esprit de la Bio communiquent sur le prix juste. (…) La Bio ne gardera ses valeurs qu’en créant une autre forme d’économie », note Alain Delangle, de Bio-cohérence.

Valeurs, modèles alternatifs et engagement des acteurs

Pour Claude Gruffat, président de Biocoop, consommer bio ne suffit pas, encore faut-il devenir « consomm’acteurs » : « Quand je fais mes achats chez Biocoop, dans une AMAP (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne), au marché paysan, je vote pour un certain modèle de société qui se construit avec un certain modèle économique, celui de l’économie de besoins, celui de l’Économie Sociale et Solidaire. »

Pour les auteurs d’Alimentation bio et durable : état des lieux et perspectives, les chiffres de croissance de la bio masquent en effet un enjeu majeur. Selon Franck Bardet, responsable de la filière animale chez Biocoop : « Quand les gens parlent du bio, ils parlent des produits bio, alors que la Bio est une filière constituée d’acteurs qui prennent en compte une vision, une activité sociale et économique, voire un modèle de société ». Rendre la main aux producteurs, c'est leur donner les moyens d'agir avec (ou contre) des circuits de distribution de taille démesurée.

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Risques sociaux et revendications

Les manifestations d’agriculteurs en début d’année 2024 ont rappelé la précarité de leur situation. Les revendications en faveur d’une meilleure rémunération et d’une plus grande reconnaissance de leur travail sont toujours d’actualité. S’il apparaît urgent de repenser le modèle économique de la filière agricole biologique, cette mutation ne pourra se faire qu’avec les premiers concernés : les exploitants agricoles !

Créer et gérer une petite entreprise bio : étapes et bonnes pratiques

Ce guide est destiné à aider tous ceux qui sont activement engagés dans le lancement et le développement d’entreprises biologiques avec des petits exploitants afin qu’ils se perfectionnent et qu’ils obtiennent de meilleurs résultats. Ils doivent savoir dans quelle direction ils s’engagent, être bien préparés et capables de garder une vue d’ensemble de la situation une fois qu’ils ont lancé le projet.

Avant de lancer le projet, le fondateur de l’entreprise doit mener une étude de marché pour mieux cerner le potentiel de l’activité qu’il envisage d’exercer. Celle-ci lui permettra de définir également une stratégie commerciale efficace. Au sujet du business plan, il doit comprendre une partie détaillant les atouts du projet et une autre dédiée au prévisionnel financier. À noter : des résultats de l’étude de marché figurent également dans le business plan. Le plan d’affaires permet également de convaincre des partenaires financiers de financer le projet.

Choix du format commercial

Une fois le projet bien préparé, il convient de penser au type de magasin que l’on souhaite créer. Plusieurs options s’offrent au fondateur de l’entreprise. Mais il a le choix également d’ouvrir un magasin spécialisé dans un type de produit spécifique. Il peut décider de se rattacher à un réseau, et donc d’acheter une franchise ou de se lancer en tant qu’indépendant.

La création d’un magasin bio indépendant permet de choisir sans contrainte les produits que l’on souhaite vendre. Il convient de préciser que la notoriété constitue le principal atout de la création de l’entreprise en franchise. En effet, le mode d’exploitation permet de bénéficier d’une forte réputation auprès des consommateurs dès le début de l’activité. En se lançant en indépendant, celle-ci se construit en plusieurs années.

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Structure juridique, comptabilité et financement

Le choix de la structure juridique adaptée fait partie des étapes les plus importantes de la démarche de création d’une entreprise d’alimentation bio. L’EURL ou la SARL : l’entrepreneur engagera sa responsabilité à hauteur de son apport au capital en cas de dettes professionnelles. Les formalités de création de la SARL et de l’EURL sont plus coûteuses et lourdes que celles de l’entreprise individuelle. La SASU et la SAS, quant à elles, offrent un fonctionnement plus souple par comparaison avec celui de l’EURL et la SARL.

La comptabilité se limite seulement à l’enregistrement des recettes et des dépenses. Et les démarches pour déclarer le chiffre d’affaires et payer les cotisations sociales sont toutes simples. C’est souvent le statut choisi par les porteurs de projet désireux de lancer une activité sans associé. Avant de budgétiser le projet, il est nécessaire également de se pencher sur les investissements initiaux nécessaires à la création du magasin bio. Une fois prêt à se lancer, il devra engager un comptable pour s’occuper de la gestion financière du magasin. D’autre part, il faudra qu’il demande des devis auprès de différents fournisseurs potentiels.

Localisation, normes et approvisionnement

Le choix de l’emplacement du local est crucial. Il influe toujours directement sur la réussite d’un projet entrepreneurial. L’idéal serait que la boutique soit située au cœur de la zone de chalandise. Au sujet de la localisation, il est préférable que le local soit installé dans les zones le plus souvent fréquentées par la cible.

Il est absolument nécessaire de trouver des fournisseurs fiables d’aliments et de produits biologiques. Chez Ankorstore, notre mission est de créer un cercle vertueux entre les producteurs et les détaillants. L’utilisation de notre plateforme en ligne vous permettra d’acheter à des prix de gros auprès de 30 000 marques indépendantes à travers l’Europe.

Des réglementations liées au bio et à l’ouverture d’une épicerie doivent être respectées, une fois l’entreprise créée. Les installations suivent généralement des normes de sécurité relatives aux ERP. Il doit suivre également des normes d’hygiène et déclarer son activité auprès de l’Agence Bio, qui procèdera à un contrôle au moins une fois par an. Tous les opérateurs (producteurs, transformateurs, distributeurs, importateurs, etc.) sont contrôlés systématiquement au moins une fois par an par des organismes certificateurs agréés par l’INAO.

Assortiment produit et attentes des consommateurs

Les produits alimentaires comme les légumes, les fruits, le café, le chocolat et les produits laitiers ont généralement la cote auprès des acheteurs. Mais il convient de savoir qu’outre les aliments, les consommateurs sont aussi aujourd’hui de plus en plus séduits par l'habillement, ainsi que les articles cosmétiques comme les huiles essentielles. Les produits bruts (fruits et légumes frais, crémerie, viandes, mer, traiteur, surgelé et boulangerie) sont parmi les plus consommés.

Les consommateurs sont particulièrement attirés par leur qualité et leurs bienfaits sur la santé. Mais ils choisissent aussi de les acheter parce qu’ils sont devenus nombreux à être sensibles à la cause environnementale. Les français font preuve d’un véritable attachement au bio et notamment les jeunes. Les hommes âgés de moins de 35 ans représentent 37 % des clients de produits biologiques. Ils réalisent fréquemment des achats dans un magasin spécialisé.

Marketing, visibilité et ancrage local

Une stratégie marketing efficace est nécessaire pour lancer un magasin d’alimentation. Être actif sur les médias sociaux - Une poussée sur les médias sociaux et la publicité numérique sont deux autres stratégies pour accroître la notoriété. Inscrire votre entreprise sur Google - Assurez-vous que votre entreprise est inscrite sur Google afin que les clients puissent vous trouver facilement. Faire des dons - Participer activement à la vie de son quartier et de sa communauté est une autre stratégie utile.

Prêt pour l'inauguration ? Une stratégie de marketing est essentielle pour attirer les foules lors de ce jour propice. Si vous êtes un nouveau commerçant et que vous souhaitez vous lancer dans l’ouverture d’un magasin d’alimentation biologique, vous pouvez bénéficier d’aide, d’accompagnement et de conseils en vous inscrivant au programme Ankorstart proposé par Ankorstore. Le programme Ankorstart a pour objectif d’apporter aux entrepreneurs le soutien nécessaire à la création de leur entreprise. Il est gratuit, sans engagement, et peut vous apporter l’avantage nécessaire pour vous construire et construire votre nouvelle entreprise.

Gérante d'une épicerie bio à Montpellier - Je filme le métier qui me plaît

Risques, viabilité et recommandations

Le secteur de l’agriculture biologique peut sembler être un investissement lucratif, mais comme pour toute autre entreprise, vous devez effectuer des recherches approfondies avant de vous lancer. Il existe cependant également des expériences moins réussies qui ne sont pas parvenues à décrocher - et conserver - un marché. Parmi elles, le cas de certaines qui se sont battus longtemps pour parvenir à assurer leur indépendance sans aide extérieure.

Nous employons délibérément ce terme ‘entreprise biologique’ car nous croyons fermement que les initiatives dans le domaine de la production biologique, même si elles s’attachent à améliorer les moyens d’existence des petits exploitants, ne peuvent se développer et survivre que si elles sont économiquement viables. Mais un tel projet d’entrepreneuriat ne s’improvise pas. Différents points doivent être étudiés avec minutie avant de reprendre ou créer une entreprise d’alimentation bio.

Aspect Points clés
Étude de marché Définir la demande locale, segments clients, concurrence
Business plan Prévisionnel financier, atouts, stratégie commerciale
Choix juridique EI, EURL, SARL, SAS/SASU selon risque et souplesse
Approvisionnement Fournisseurs fiables, circuits courts, plateformes comme Ankorstore
Conformité Certification, contrôles annuels, enregistrement Agence Bio
Marketing Présence locale, médias sociaux, événementiel, fidélisation

Il est normal de se demander s’il y a de la place sur le marché pour qu’un nouveau magasin d’alimentation biologique réussisse, étant donné la présence de nombreuses grandes marques qui fonctionnent déjà avec succès dans le secteur biologique. Si vous êtes passionné par la création de votre propre entreprise de produits biologiques, il est important de ne pas vous laisser décourager par les problèmes perçus. Prêt à ouvrir votre magasin ? Créez un projet commercial réussi grâce à nos guides spécialisés. Du concept à la réalité, apprenez à créer et à lancer votre boutique indépendante.

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