Franchise MLB au Canada: histoire et actualités

En 1876, la MLB voyait le jour à Cincinnati. Dans ses premières décennies d’existence de la ligue on comptait alors une poignée d’étrangers dans les effectifs, principalement des Canadiens. Puis, la ségrégation raciale s’est arrêtée et la globalisation est passée par là, les joueurs nés hors des USA ont gonflé les rangs des rosters MLB et ils représentent en 2017 près de 30% des effectifs, un record. Les Canadiens ne pèsent plus grand chose, en revanche les nations d’Amérique du Sud et des Caraïbes ont pris le pouvoir. Comment en-est on arrivé là ?

Comme tout le monde le sait, le baseball est le sport des américains, pour les américains et par les américains. Attention, nous n’avons pas dit étasunien mais bien américain !

Les villes qui avaient des équipes dans le premier championnat de baseball aux Etats-Unis au XIXème siècle. Le premier championnat américain a vu le jour en 1857 et se jouait dans le Nord-Est du pays uniquement. Quand survient la guerre civile de 1860, les soldats au gré de leur mission introduisent le sport dans différentes zones de l’Est du pays. Certains étudiants cubains rentrent chez eux et ramènent dans leurs bagages leur connaissance du baseball, et vont en faire la démonstration sur l’île. Pendant cette période, le baseball a servi d’élément de résistance contre le colonisateur espagnol, qui ne supportait pas de voir que ce nouveau sport devenait plus populaire que les corridas. Toutefois il a continué à être pratiqué et promu par Esteban Ballàn, premier joueur latino-américain à avoir évolué aux Etats-Unis dans une ligue majeure (entre 1868 et 1873), qui de retour à Cuba en 1874 y fonde les premiers clubs. La ligue cubaine de baseball sera fondée en 1878-1879 et ne cessera d’être populaire dès lors. Il a été considérablement développé par les joueurs des Negro League, qui, une fois leur saison terminée venaient faire étalage de leur talent sur place en étant accueilli comme de vraies stars. Si Cuba a envoyé de nombreux joueurs dans les Negro Leagues, comme le HOF Matin Dihigo, dès le début du XXème siècle, l’île présentait des joueurs blancs sur le sol américain aux recruteurs des franchises en vue de recrutements.

Durant cette guerre d’indépendance sanglante, les cubains ayant fui l’île en 1870 se sont réfugiés en République Dominicaine. Et devinez quoi ? C’est ainsi que le baseball est arrivé du côté de Saint-Domingue. Au Venezuela, on a du attendre 2012 pour avoir un représentant du pays élu MVP en MLB, avec Miguel Cabrera. Là encore le baseball y a été introduit très tôt, cela remonterait à 1895. Ce sport a vu le jour grâce à des étudiants vénézuéliens qui revenaient des USA, et des cubains vivant à Caracas. Le baseball s’est développé sur place, par la présence américaine via les sites d’exploitation pétrolières. Mais alors pourquoi parler de ces trois pays en particulier ? Car ce sont les seules nations au monde où le baseball est le sport #1. La République Dominicaine et le Venezuela sont les deux pays qui ont eu le plus de représentants en MLB jusqu’à aujourd’hui avec respectivement 672 et 360 joueurs. Ils devancent nettement Porto Rico (258), Canada (246) et Cuba (200).

Et si la République Dominicaine et le Venezuela envoient le plus de représentants en MLB depuis une trentaine d’années, cela n’a pas toujours été le cas. Ce sont d’abord les Canadiens et Cubains qui ont eu leurs heures de gloire en MLB dans les premières décennies de l’existence de la ligue. Les premiers ont commencé à jouer contre des équipes américaines dès 1880, le baseball a joué un rôle si important dans ce pays-là qu’en 1913 il y avait 23 clubs de ligues mineures au Canada, un chiffre jamais égalé depuis. Malgré la Grande Dépression et la restriction des visas dans les années 20, les Canadiens ont pu en vertu des accords avec les USA venir jouer en MLB. Sur 246 joueurs nés au Canada, 127 d’entre eux y ont évolué entre 1871 et 1955. C’est la même chose pour Cuba qui est resté sous influence américaine dès son indépendance en 1902. Sur les 200 cubains qui ont évolué en MLB jusqu’à présent, 117 d’entre eux ont fait leurs débuts avant 1970.

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Depuis les relations entre Cuba et les USA sont devenues impossibles et les insulaires doivent fuir l’île pour rejoindre la MLB, parfois au péril de leur vie. INFOGRAPHIE - Il faut absolument la consulter pour comprendre l’article. Elle présente l‘évolution depuis la création de la MLB du nombre de joueurs des 5 nationalités dominantes qui ont fait leur début en ligue majeure. Ce graphique ne prend en compte que l’année du début en MLB des joueurs. Peu importe le nombre de matchs qu’il ont disputés ou le temps qu’ils sont restés. La réduction des joueurs de ces deux nations a profité à d’autres, principalement aux Cubains et Vénézuéliens qui ont profité de l’évolution du cours de l’histoire.

Car l’histoire de la MLB, c’est celle des Etats-Unis et donc de la ségrégation raciale. En 1947 Jackie Robinson devient le premier joueur noir à évoluer en MLB mais il faudra attendre 1959 pour que les Boston Red Sox deviennent la dernière franchise à se mettre au pli. Dans les 18 franchises MLB de l’époque, leur premier joueur noir a été pour quatre d’entre elles un latino. Malgré le grand Aparicio, 28 vénézuéliens seulement ont débuté en MLB avant 1980, et cela en dépit de l’influence des USA sur cette nation. Ce chiffre a explosé à partir de cette date alors que le pays a connu une grave crise dans les années 80, liée à la chute des prix du pétrole. Le Venezuela a connu une inflation de 16% en 86 et 84% en 89. C’est dans les années 90 que 23 des 30 franchises de MLB ont ouvert des académies au Venezuela. Alors que 66% de la population était touchée par la pauvreté en 1995, ces académies proposaient des conditions de vie favorables. Avec l’augmentation des salaires en MLB, ces centres représentaient beaucoup pour la famille des adolescents. José Altuve ou encore Miguel Cabrera sont passés par ces académies. C’est ce qui explique que dans les années 2000, le nombre de joueurs ayant fait leur début a doublé (130 contre 62).

Une image qui illustre les émeutes violentes et répétitives au Venezuela. Nous avons vu lors de la dernière WBC que le baseball vénézuélien était loin d’être ridicule, cependant le pays connait une crise terrible en ce moment. La recrudescence de violence et la tension entre Washington et Caracas - ce qui implique que les américains, y compris les recruteurs doivent se munir de visas pour rentrer au Venezuela - a considérablement ralenti les ardeurs de la MLB. Alors ces derniers, et plus généralement tous les joueurs qui vivent dans des régimes socialistes en Amérique du Sud et Centrale (Nicaragua, Panama, Mexique et Cuba), filent vers la République Dominicaine. Cette petite île représente un eldorado pour les baseballeurs en devenir. Depuis les années 80, les 30 franchises MLB ont des académies sur place profitant de l’engouement de la population autour de ce sport et de l’état précaire du pays. Un tiers de la population vit avec un dollar par jour, les investissements dans l’éducation sont très faibles et la situation sanitaire est déplorable dans les zones rurales. Tous ont d’ailleurs monté des fondations ou refondé des villages entiers à coup de millions pour améliorer la qualité de vie des gens sur place. Les 30 franchises MLB investissent 125 millions de dollars par an dans les académies sans parler des fortunes distribuées aux joueurs dominicains en bonus à la signature ou encore les centaines de millions de dollars de salaire.

Au regard des magnifiques infrastructures, Seattle vient par exemple d’ouvrir un camp de 24 hectares pour un coût de 7 millions de dollars (photo ci-dessous), et en comparaison avec l’état général du pays, le baseball représente beaucoup pour cette nation et ses habitants. Et même si ces académies MLB donnent de faux espoirs à beaucoup de jeunes, arrachés bien trop tôt du système scolaire (parfois à partir de 14 ans), il n’y aucun signe de ralentissement de la tendance sur place. Enfin, nous n’avons pas encore évoqué Porto Rico, et pour cause l’île dispose d’un statut un peu particulier. Pourquoi ? Pour se présenter à cette phase de ballottage, ils doivent compléter au moins leur cursus au lycée. Problème le système d’éducation à Porto Rico est loin d’être aussi bon qu’au Canada et aux Etats-Unis. Pire, il n’existe quasiment pas d’infrastructures liées au baseball dans le cadre des études secondaires. Pour remédier à cela la MLB a crée une académie pour favoriser l’accès aux universités américaines et l’obtention de bourses pour ceux-ci. Carlos Correa a été l’un des élèves de cette académie et en est l’exemple de réussite le plus frappant. Aujourd’hui, la République Dominicaine est le seul pays sûr pour les franchises MLB. Alors que le Venezuela s’enfonce dans la crise et que Porto Rico se désintéresse peu à peu du baseball, Saint Domingue est devenue un point d’ancrage solide pour toute l’Amérique centrale et caribéenne.

Parallèlement le sport se développe aussi au Mexique, mais les relations tendues entre Washington et Mexico depuis l’élection de Donald Trump pourraient freiner cette progression. La fièvre du base-ball s’est emparée du Canada après la qualification des Blue Jays de Toronto pour la finale du championnat de base-ball nord-américain. L’unique franchise canadienne de la MLB affrontera les Dodgers de Los Angeles à partir de vendredi. Elle porte sur ses épaules les espoirs de tout un pays, en pleine période de tensions avec les États-Unis. Le protagoniste emblématique des Jays, George Springer, marque les temps forts et symbolise ce renouveau canadien.

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RAYS vs. BLUE JAYS: Official Full Game Highlights (July 23) | 2026 MLB Season

“On est de retour, bébé !” clame Leo Bursui, supporteur des Blue Jays de Toronto, au micro du diffuseur public canadien CBC. Il raconte avoir eu les larmes aux yeux lorsque George Springer a frappé un home-run, permettant à son équipe d’emporter trois points et de prendre une avance décisive lors de la septième et dernière rencontre de la série face aux Seattle Mariners. Après trente-deux ans d’absence des World Series, les Blue Jays vont avoir la possibilité de remporter, pour la troisième fois de leur histoire, la grande finale de la MLB nord-américaine. “La seule équipe canadienne en MLB aura tout un pays derrière elle” annonce l’agence Associated Press.

« [Elle] a une chance de remporter le championnat du passe-temps préféré des Américains à un moment où les relations entre les États-Unis et le Canada sont au plus bas. »

Le texte suivant récapitule les éléments historiques et structurels de la MLB: La MLB est divisée en deux ligues et comprend aujourd’hui 30 franchises. La Ligue américaine compte 15 équipes et la Ligue nationale compte 15 équipes. Les divisions et les règles ont évolué avec le temps, y compris l’introduction du frappeur désigné et l’expansion territoriale, dont Montréal et Toronto restent des points marquants pour le Canada. Le système de repêchage a été mis en place en 1965, et l’arbitrage automatisé est annoncé pour 2026, marquant une nouvelle ère dans l’arbitrage et la collecte de données.

Les Blue Jays de Toronto occupent une place particulière: originaires de 1977, ils sont la seule franchise canadienne à avoir remporté la Série mondiale deux fois (1992, 1993) et leur présence a durablement marqué l’imaginaire sportif du pays. Aujourd’hui, les débats autour de l’expansion et des futures franchises restent ouverts, avec Montréal et d’autres villes régulièrement évoquées comme candidates potentielles pour accueillir une nouvelle équipe.

ÉquipeVilleDivisionTitles World Series
New York YankeesNew YorkLigue Américaine Est27
St. Louis CardinalsSt. LouisLigue Nationale Centrale11
Oakland AthleticsOaklandLigue Américaine Ouest9
Los Angeles DodgersLos AngelesLigue Nationale Ouest8
San Francisco GiantsSan FranciscoLigue Nationale Ouest8

Arbitrage automatisé en MLB: La ligue intégrera en 2026 un système ABS (Automated Ball-Strike) avec défis limités pour les lanceurs et frappeurs. Ce système, basé sur des capteurs, introduit une IA embarquée pour corroborer les décisions humaines et ouvrir la porte à un nouveau chapitre dans les technologies sportives et la valorisation des données de jeu.

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