Droits de Succession en Ligne Directe en France : Guide Complet

En France, le droit de succession régit la transmission du patrimoine d'une personne décédée à ses héritiers. Il détermine non seulement qui hérite, mais aussi les droits et obligations de chacun. Le Code civil encadre ce droit, et la fiscalité des successions est définie par le Code général des impôts.

Pour calculer les droits dus au fisc en cas de donation ou d’héritage, il faut se référer au barème légal qui tient compte du degré de parenté et de la somme en jeu. Des abattements et des exonérations permettent toutefois d’abaisser la note à payer.

Comment Calculer les Droits de Succession ?

Les droits de succession à payer à l’administration fiscale sont basés sur la part nette (c’est-à-dire après déduction des dettes) qui revient à chaque héritier. Un abattement est ensuite appliqué sur cette part nette, dont le montant dépend du lien de parenté existant entre le défunt et son héritier. La règle voulant que plus ce lien est étroit (parents et enfants, par exemple), plus l’abattement est important. C’est à partir de ce nouveau montant et en fonction d’un barème progressif établi par tranches (à l’image de l’impôt sur le revenu) que sont calculées les taxes à régler.

Interviennent enfin, le cas échéant, les réductions de droits prévues par la loi en faveur, des héritiers ayant au moins trois enfants, des personnes lourdement handicapées et des invalides de guerre.

Les étapes pour évaluer la succession

  • Faire l'inventaire des biens de la succession avec un notaire: La première démarche avant de pouvoir calculer les droits de succession est de déterminer le montant taxable de la succession. Pour ce faire, il convient en premier lieu de réaliser l'inventaire des biens de la succession. Il s'agit d'un bilan complet du patrimoine du défunt qui doit être obligatoirement réalisé par un notaire, excepté, si un héritier accepte la succession à concurrence de l'actif net. Ce qui revient à accepter purement et simplement la succession.
  • Estimer la valeur des biens de l'héritage (l'actif brut): Seconde étape, il faut estimer la valeur de chaque bien : meubles, bijoux, biens mobiliers, biens immobiliers (estimés à leur valeur vénale au jour du décès), biens partagés entre usufruitiers et nu-propriétaires (la valeur est évaluée selon un barème fiscal).
  • Soustraire les dettes (le passif): Troisième étape, déduire de l'actif brut les dettes. Il faut qu'elles existent au jour du décès et qu'elle soit prouvée pour être prise en compte. Certaines dettes sont déductibles comme : les emprunts (capital et intérêts), les impôts dus, les frais funéraires (dans la limite de 1 500 euros), les loyers à rembourser à l'époux ou au conjoint pacsé.
  • Calculer le montant actif net applicable: Ces trois étapes permettent de calculer le montant taxable de la succession. Pour ce faire il faut soustraire l'actif brut au passif successoral, c'est-à-dire, soustraire la valeur des biens du défunt à ses dettes. L'actif net taxable est ensuite réparti entre les héritiers en fonction de l'ordre et en tenant compte des éventuelles donations antérieures.

Pour calculer les droits dus lors d’une donation, il faut ajouter les donations antérieures de moins de 15 ans puis appliquer les abattements et le barème.

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À noter : Depuis janvier 2025, le montant maximal pouvant être prélevé sur le compte du défunt sera fixé à 5 910 euros, contre 5 000 euros actuellement. Rappelons que si le solde du compte bancaire du défunt est insuffisant, les héritiers doivent payer la somme restante. Depuis le 1er janvier 2025, seule la partie dépassant 107 616,60 € peut faire l’objet d’un recouvrement de la caisse de retraite ou de l’État, contre 105 300 € auparavant. Dans les départements d’outre-mer (Guadeloupe, Guyane, Martinique, Réunion, Mayotte), le seuil de récupération est temporairement porté à 150 000 € jusqu’au 31 décembre 2029 (CSS, art.

Abattements Fiscaux : Réduisez Votre Charge Fiscale

Chaque héritier bénéficie d'un abattement fiscal, qui est déduit de la part qu'il reçoit avant application des droits de succession. Il varie entre 1 594 et 100 000 euros, selon le degré de parenté avec le défunt. Il est déductible de la part nette revenant à chaque héritier (ou à chaque bénéficiaire de legs). Cet avantage est personnel : si son montant est supérieur à la part nette du bénéficiaire, le solde ne peut pas être attribué aux autres héritiers.

Le montant des abattements alloués a été modifié par la loi en août 2012. Depuis lors, les enfants et les parents ont droit à un abattement de 100 000 euros. Les petits-enfants héritant de leur parent défunt par représentation bénéficient également de l’abattement de 100 000 euros, mais ils doivent se le répartir entre eux, et cela quel que soit leur nombre. Si le père ou la mère du petit-enfant est vivant, il bénéficie d'un abattement de 1 594 euros.

Le montant de l'abattement varie en fonction du lien de parenté avec le défunt. A savoir :

  • 15 932 euros d'abattement pour les frères et soeurs du défunt,
  • 7 967 euros d'abattement légal pour les neveux et nièces,
  • 15 932 euros (mais ce montant est à partager entre eux) si les neveux et nièces viennent en représentation d’un de leurs parents décédé,
  • 1 594 euros en l'absence d'un autre abattement fiscal.

Tout autre héritier ou légataire bénéficie d’un simple abattement de 1 594 euros. Les personnes lourdement handicapées ont droit à un abattement spécifique de 159 325 euros, lequel est cumulable avec l’abattement personnel qui leur est consenti selon leur degré de parenté avec le défunt. Signalons enfin que, depuis 2012, les abattements successoraux ne sont plus revalorisés en fonction de l'inflation au 1er janvier de chaque année.

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Droits de succession

Tableau - Tarifs des droits de succession en ligne directe

Si vous héritez par représentation, vous devez prendre en compte l'abattement (partagé si vous êtes 2 ou plus) et le barème applicables à l'héritier représenté. Exemple : Un petit-enfant peut bénéficier d'un abattement de 100 000 €, s'il hérite à la place de son parent décédé ou qui a renoncé à la succession.

Part taxable après abattement Taux d'imposition
Jusqu'à 8 072 € 5 %
De 8 073 € à 12 109 € 10 %
De 12 110 € à 15 932 € 15 %
De 15 933 € à 552 324 € 20 %
De 552 325 € à 902 838 € 30 %
De 902 839 € à 1 805 677 € 40 %
Plus de 1 805 677 € 45 %

Tableau - Tarifs des droits de successions entre oncle/tante et neveu/nièce

Le neveu ou la nièce qui hérite en lieu et place de l'un de ses parents (déjà décédé ou qui a renoncé à la succession) peut bénéficier sous conditions d'un abattement de 15 932 € (partagé s'ils sont 2 ou plus) et des taux suivants :35 % jusqu'à 24 430 € et 45 % au-delà de 24 430 €. Si vous êtes neveu ou nièce par alliance du défunt, donc sans lien de parenté avec lui, vous êtes considéré comme un étranger du point de vue fiscal.

Situation où les montants sont taxables après abattement Barème d'imposition
Succession entre parents jusqu'au 4e degré inclus 55 %

Tableau - Tarifs des droits de succession en cas de lien éloigné et entre non-parents

Situation où les montants sont taxables après abattement Barème d'imposition
Succession entre parents jusqu'au 4e degré inclus 55 %
Succession entre parents au-delà du 4e degré ou entre personnes non parentes 60 %

Exonérations : Qui est Exempté de Droits de Succession ?

Certaines exonérations sont liées aux personnes, d’autres à la catégorie des biens recueillis. La part reçue par le conjoint survivant ou le partenaire pacsé est totalement exonérée de droits de succession. Idem pour chaque frère et sœur du défunt, sous trois conditions :

  • être célibataire, veuf ou divorcé au moment du décès ;
  • avoir plus de 50 ans ou être atteint d’une infirmité le rendant inapte au travail ;
  • avoir habité chez le défunt durant les cinq dernières années.

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Même s’ils doivent figurer sur la déclaration remise à l’administration, un certain nombre de biens échappent totalement ou partiellement au paiement des droits de succession. Au titre des biens intégralement exonérés, on compte :

  • les biens immobiliers historiques (classés par l’Etat ou inscrits à l’inventaire des monuments),
  • les legs reçus par l’Etat, les établissements publics, les collectivités locales ou les associations et fondations reconnues d’utilité publique (œuvres culturelles, artistiques, scientifiques ou de bienfaisance, protection de l’environnement ou des animaux…).

Concernant les exonérations partielles, il y a :

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  • les bois, forêts, terres agricoles et bâtiments ruraux (75% d’exonération),
  • les logements neufs achetés entre juin 1993 et décembre 1995 (4 000 euros d’abattement par héritier), à condition que l’investisseur n’ait pas bénéficié d’un avantage fiscal en cas de location de l’habitation (loi Méhaignerie),
  • les entreprises et les parts d’actions de société, taxables uniquement à hauteur de 25% de leur valeur estimée, sous réserve, pour les héritiers repreneurs, de respecter un certain nombre de conditions liées à la pérennité de l’activité.

Comment Calculer les Droits à Payer d'une Succession ?

Pour calculer les droits à payer, il faut tenir compte des donations perçues du vivant du défunt. On dit qu’on procède à leur “rappel fiscal”. Selon la règle, si une donation a été consentie il y a plus de quinze ans, l’abattement qui lui est lié est reconstitué. Le calcul des droits de succession se fera donc comme si cette donation n’avait pas eu lieu.

Par contre, une donation faite il y a moins de quinze ans sera prise en considération : l’abattement accordé lors de la succession est alors diminué du montant de celui pratiqué à la donation.

Les donations faites plus de 15 ans avant le décès du donateur, ou avant la donation antérieure, ne sont plus, pour le calcul des droits de succession, « rappelées » à la succession.

Pour bénéficier de ces abattements, il n’y a pas de formalités particulières à accomplir. Tout héritier, tout donataire à cause de mort, tout légataire bénéficie d’un abattement sur sa part d’héritage lorsqu’il fait don d’une partie des biens provenant de cette succession au profit d’associations ou fondations reconnues d’utilité publique, de l’État, des régions, etc. Le montant de l’abattement correspond aux sommes données sous réserve que le don soit réalisé dans les 12 mois du décès et qu’il soit effectué à titre définitif en pleine propriété.

Cet abattement n’est pas cumulable avec la réduction d’impôt sur le revenu pour dons, ni avec la réduction « IFI-dons », mais peut se cumuler avec les abattements en matière de succession. Ce dispositif concerne toutes les successions, composées de biens meubles ou immeubles.

La résidence principale du défunt bénéficie d’un abattement de 20 % sur la valeur vénale de l’immeuble, au jour du décès, si l’immeuble est occupé à titre principal par le conjoint survivant, un ou plusieurs enfants mineurs du défunt, de son conjoint ou de son partenaire lorsque la personne décédée était pacsée.

IMPORTANT : le conjoint survivant ou partenaire de PACS est exonéré de droit de succession. En tant que frère ou sœur du défunt, vous bénéficiez aussi d’une exonération de droits de succession si vous remplissez les 3 conditions suivantes :

  • vous êtes célibataire, veuf (ve), divorcé (e) ou séparé (e) au moment du décès ;
  • vous êtes âgé (e) de plus de 50 ans ou handicapé au moment du décès ;
  • vous avez été constamment domicilié avec le défunt pendant les 5 ans ayant précédé le décès.

En cas de Difficultés de Paiement

En principe, le paiement des droits de succession doit se faire dans les six mois qui suivent le décès, au moment du dépôt de la déclaration de succession au centre des impôts. Tous les héritiers sont solidaires du paiement des droits de succession, à l’exception du conjoint survivant, du partenaire pacsé et des frères et sœurs du défunt sous certaines conditions. Cependant, en cas de difficultés financières les empêchant de régler leurs droits, plusieurs solutions s’offrent aux héritiers.

Selon l’article 1131 du Code Général des Impôts, les droits de succession et le droit de partage peuvent être acquittés par la remise d’objets d’art, de livres, d’objets de collection ou de documents à haute valeur artistique ou historique. Ce mode de paiement est appelé la dation. Les sommes dues peuvent également être acquittées par la remise d’immeubles situés dans les zones d’intervention du Conservatoire de l’espace littoral et des rivages lacustres définies à l'article L. 322-1 du code de l'environnement ou de bois et forêts ou d'espaces naturels pouvant être incorporés au domaine forestier de l'État. Dans les 2 cas, le montant des droits dus doit au moins être égal à 10 000 €.

Le paiement fractionné correspond à un paiement en plusieurs fois, tandis que le paiement différé correspond à un paiement reporté à une échéance fixée. Le paiement fractionné permet d’acquitter les droits en trois versements égaux dont le premier a lieu en même temps que le dépôt de la déclaration de succession et le dernier un an après l'expiration du délai légal de souscription de cette déclaration. L'intervalle entre deux versements ne peut excéder six mois.

Le délai est porté à trois ans et le nombre de versements à sept lorsque l'actif héréditaire comprend au moins 50 % de biens non liquides (liste à l’article 404 A de l'annexe III au CGI). Le paiement différé, quant à lui, est soumis à la condition que le successible recueille la nue-propriété d’un bien : le paiement des droits est alors différé jusqu’à l’expiration d’un délai de six mois suivant le décès de l’usufruitier ou de la cession de la nue-propriété.

Attention : les cohéritiers désirant effectuer un paiement comptant doivent donner leur accord exprès à la demande de paiement fractionné ou différé, car sauf exception (voir supra), les héritiers sont solidaires de l’ensemble de la dette (art 1709 CGI).

Une demande doit être faite par l’administration Les droits et taxes donnent lieu au paiement d’intérêts, dont le taux pour l’année 2025 est de 2.3%. Pour certaines transmissions d'entreprises, ce taux est réduit à 0.7%. Des garanties doivent être données au Trésor Public, qui ne peuvent excéder le montant total dû par le successible (principal + intérêts).

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