Différences et concurrence entre grandes entreprises et PME
Les grandes entreprises constituent une part importante de l’économie mondiale. Elles fournissent des biens et des services à des millions de clients. Rencontrer ce niveau de demande exige des structures sophistiquées et une gestion précise. Le fonctionnement d’une grande entreprise demande une hiérarchie bien établie et des politiques de gestion rigoureuses. Les grandes entreprises et les PME sont toutes deux essentielles à l’économie, mais elles fonctionnent de manières très différentes.
Définitions et classifications
Avant de rentrer dans le vif du sujet, il est important de définir clairement ce qu’on entend par PME. Une PME (Petite Moyenne Entreprise) est une entreprise de 10 à 250 employés et dont le chiffre d’affaires annuel n’excède pas les 50 millions d’euros. Une TPE (Très Petite Entreprise) ou start-up de moins de 10 employés et au CA annuel inférieur à 2 millions d’euros est une solution idéale pour ceux qui souhaitent pousser les avantages de la PME à l’extrême. Un grand groupe répond à au moins un des deux critères suivants : un effectif de plus de 5 000 salariés ou un chiffre d’affaires annuel de plus d’1,5 milliard d’euros. La classification proposée par l'INSEE et les directives européennes distingue micro-entreprises, PME, ETI et grandes entreprises selon des seuils d'effectifs, de chiffre d'affaires et de bilan.
Organisation et processus internes
Dans une grande entreprise, les processus de gestion des ressources humaines sont souvent formalisés et structurés. Dans les MGE, la gestion des ressources humaines génère donc, comme pour les autres fonctions essentielles de l’entreprise, un service spécialisé en son sein, division ou département, avec une direction ad hoc. En devenant moyenne ou grande, l’entreprise affronte le défi nouveau de faire fonctionner ses différents départements, d’établir des canaux de communication nouveaux, de faire respecter les procédures et standards par des moyens inédits.
Au sein des grands groupes, le dirigeant est généralement subordonné par plusieurs professionnels et les pôles sont bien distincts. La structuration par pôle avec une hiérarchie bien définie offre davantage de possibilités d’évolution de carrière en interne, que ce soit au sein du même établissement ou via une mutation dans un autre établissement du groupe. En revanche, la prise de décision est généralement un processus structuré qui peut prendre du temps. Si le cadre des process peut être rassurant pour certains, cela peut également être trop lourd pour d’autres. En effet, cette rigidité administrative entraîne souvent des lenteurs dans les prises de décision et une liberté d’action très faible.
Proximité, polyvalence et agilité dans les PME et TPE
Ce faible effectif permet alors une proximité des différents acteurs qui échangent et communiquent donc davantage. Pour faire simple, les pôles ne sont pas cloisonnés. Cette proximité se retrouve également entre les employés et le chef d’entreprise qui connaît alors les réalités du terrain. La proximité des acteurs permet aux employés d’avoir une vision globale de chaque projet. Attentes et objectifs, répartition des missions, évolution du projet dans le temps… Ce qui n’est pas forcément le cas au sein d’un grand groupe où la communication entre les pôles est parfois complexe.
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Par ailleurs, les collaborateurs ont tous un rôle à la fois stratégique et technique. Ainsi, tout le monde peut participer à l’élaboration du projet en proposant et défendant ses idées. Cette polyvalence permet alors de varier les missions pour ne jamais souffrir de la routine. Les employés d’une PME bénéficient également d’une grande autonomie sur les missions. Cela laisse alors place à la souplesse et l’agilité dans les actions et prises de décision. Une liberté appréciable qui entraîne également de grandes responsabilités.
TPE : extrême polyvalence et créativité
On retrouve tout d’abord cette polyvalence des collaborateurs propre aux PME. Cette caractéristique favorise donc les profils curieux, ceux qui aiment créer de nouvelles choses et qui ont besoin de multiplier les tâches pour ne pas souffrir de la routine. Les employés de TPE bénéficient également de l’autonomie propre aux petites structures. Souplesse, agilité et liberté seront donc les maîtres mots de vos missions. La proximité entre les employés et avec la direction est, quant à elle, encore plus marquée au sein d’une TPE ou d’une start-up.
Avantages comparés : ce que chaque type d’entreprise apporte
- Pour les grandes entreprises : moyens financiers plus importants, ressources plus grandes, marge de manœuvre en matière de salaire, processus, documentation, outils et visibilité sur le long terme.
- Pour les PME/TPE : ambiance familiale, proximité, polyvalence, autonomie, agilité, rôle stratégique et technique, et un parcours client souvent mieux personnalisé.
Intégrer un grand groupe peut s’avérer un véritable objectif de vie pour certains travailleurs. Les grands groupes apportent également un cadre rassurant. Process, documentations, outils, méthodes de travail… Tout est bien pensé et mis en place pour laisser le moins de place possible à l’approximation. Enfin, les grands groupes apportent une pluralité des interlocuteurs intéressante et enrichissante, permettant de découvrir des domaines d’activité variés.
Inconvénients et limites
Une PME, en raison de son chiffre d’affaires annuel inférieur à 50 millions d’euros, n’a pas toujours les moyens financiers ou encore matériels pour mener à bien l’ensemble des projets. De même pour les moyens humains qui ne sont pas forcément au rendez-vous. En bref, vous pouvez rapidement être débordé, enseveli par les nombreuses tâches qui vous attendent et le manque de ressources. Une charge de travail importante pour une marge de manœuvre faible sur le plan du salaire et des possibilités de promotion réduites par rapport aux grands groupes.
Au sein d’un grand groupe, l’esprit familial n’est pas toujours présent ou ressenti. Ainsi, c’est parfois à peine si le chef d’entreprise connaît votre existence. En étant plus nuancé, vous avez moins de reconnaissance pour votre travail qu’au sein d’une PME. Enfin, le découpage des services, des activités et des tâches peut parfois être poussé à l’extrême rendant les missions peu nombreuses et les journées très longues…
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Profils et choix professionnels
PME ou grands groupes ? Vous êtes-vous déjà posé cette question lorsque vous cherchiez un emploi ? Et pourtant, il s’agit en effet d’un choix crucial, car chaque structure a un fonctionnement bien précis qui ne correspond pas à tous les candidats. Faire le bon choix de structure vous permettra donc de vous épanouir pleinement dans votre travail, avec des missions qui correspondent réellement à votre personnalité.
Profils idéaux pour les PME : vous êtes polyvalent et force de propositions ? La PME est certainement la structure qu’il vous faut. Il faudra bien évidemment que vous accordiez une place importante à la proximité entre collègues et avec la direction. Gardez en tête que vous intégrez une grande famille !
Profils idéaux pour les grands groupes : vous avez besoin d’être encadré dans vos tâches ? Les grands groupes sont faits pour vous. Les process et les méthodes de travail définis en amont rythment en effet vos actions et vos prises de décision, laissant peu de place à l’approximation et aux initiatives personnelles. Ce type de structure est également idéal pour les travailleurs qui souhaitent vraiment se spécialiser.
Profils idéaux pour les TPE : le candidat idéal pour une TPE est un polyvalent de l’extrême, autrement appelé touche-à-tout, pluri-spécialiste ou encore slasheur. Il est également doté d’un fort esprit entrepreneurial où l’autonomie, la liberté et les prises d’initiatives rythment son quotidien.
Chiffres et fiscalité : implications économiques
Près d’un tiers des salariés français travaille dans une entreprise de plus de 5.000 personnes tandis que 19% sont en activité dans une micro-entreprise (moins de 10 salariés), indique l’Insee dans une étude soulignant « l’extrême dualisme du tissu productif ». Les TPE emploient 2,3 millions de salariés en équivalent temps plein (ETP), soit 19 % des effectifs. Les TPE contribuent pour 9 % au produit intérieur brut national.
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| Catégorie | Effectif | CA plafond |
|---|---|---|
| Micro-entreprises | <10 | ≤ 2 M€ (statistique) |
| PME | 10-250 | ≤ 50 M€ |
| ETI | 250-4 999 | ≤ 1 500 M€ |
| Grandes entreprises | >5 000 | >1 500 M€ |
La mission d’information sur les différentiels de fiscalité entre les entreprises a publié son rapport. Elle souligne ainsi que les PME (hors microentreprises) et les entreprises de taille intermédiaire représentent une part majoritaire de l’emploi salarié et de la valeur ajoutée. Les PME (hors microentreprises) présentent sur longue période une marge inférieure mais une rentabilité financière supérieure aux grandes entreprises ; la marge et la profitabilité des entreprises varient plus fortement en fonction de leur secteur d’activité que de leur taille.
La contribution des PME à l’impôt sur les sociétés (IS) brut est proche de leur part dans la valeur ajoutée, mais les grandes entreprises reçoivent une part des crédits d’impôt supérieure à leur poids dans l’IS brut. En 2019, les GE recevaient 42 % des crédits d’impôt alors qu’elles n’étaient redevables que de 38 % de l’IS brut. Les écarts de taux implicite brut entre les catégories d’entreprises se sont fortement resserrés entre 2007 et 2019 en raison de diverses mesures fiscales.
Concurrence, innovation et relation client
Ces grands groupes consacrent des millions d’euros à la recherche et au développement de nouveaux produits. Ils peuvent se permettre d’investir lourdement dans des campagnes publicitaires qui sauront faire de leur marque un produit de consommation courante. Ils ont accès à des équipes spécialisées dans des opérations diverses. Cela ne signifie toutefois pas que les PME ne sont pas capables d’attirer ou de fidéliser leur clientèle. Les petites entreprises ont plusieurs avantages sur les grands groupes commerciaux qui peuvent les aider à survivre et même à prospérer à long terme.
La qualité de l’expérience client est un facteur de succès clé pour n’importe quelle entreprise. Avec une clientèle plus limitée, il est plus facile pour les PME de créer un parcours client efficace, fluide et sans points de friction. Un système CRM dans le Cloud permet à votre service client d’accéder à ces informations en temps réel, depuis n’importe quel appareil. Une bonne plateforme CRM sait également se rendre utile auprès des équipes de vente et de marketing. Ces efforts favorisent une expérience d’achat adaptée aux besoins de chaque client. Il est difficile, pour les grandes marques internationales, d’établir un lien personnel avec les communautés locales.
Formation et développement des compétences
La formation dans les micros et petites entreprises n’est pas moins présente ni moins efficace que dans les plus grandes. La formation informelle, enracinée dans la réalité du travail, se produit de manière incidente, fortuite, occasionnelle, selon les besoins du moment. Elle vise soit la performance dans l’accomplissement des tâches, soit la transmission de la culture de l’entreprise, soit les deux à la fois. Elle reste orientée vers l’essentiel, vers ce qui est requis pour les besoins actuels de la production.
Cependant, la formation informelle comporte aussi ses limites : elle a une forte propension à demeurer centrée sur l’immédiateté de l’action, sans permettre aux employés de prendre le temps de la réflexion ni d’accéder à des contenus théoriques. Malgré ses limites, l’étude du BIT défend l’idée que la formation informelle vaut bien la formation formelle et qu’il est inapproprié de reprocher systématiquement aux MPE leur sous-investissement en formation.
L'interview : Stratégie des PME et mise en œuvre
Solutions intermédiaires : ETI, filiales et ESN
Et s’il était possible de concilier les deux mondes ? Filiale à taille humaine d’un grand groupe, ESN chez un petit client, ETI de 250 à 4 999 salariés… Tant de variantes qui s’avèrent de bonnes solutions pour ceux qui souhaitent : bénéficier d’une autonomie et d’une liberté sur les projets, travailler en équipe dans une ambiance familiale, jouir d’un bon salaire, avoir des possibilités d’évolution de carrière et être serein quant à leur avenir. Ces configurations permettent parfois d’allier autonomie et sécurité, polyvalence et ressources.
Choisir la bonne structure : critères pratiques
Finalement, il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse. Ce choix dépend de chacun en fonction de sa personnalité, de ses attentes et de sa vision professionnelle. De plus, ce choix n’est pas définitif. Il peut évoluer dans le temps avec le développement personnel, l’expérience et les tournants qu’on veut faire prendre à sa carrière. Ainsi, un candidat pourra très bien commencer avec une PME et terminer sa carrière au sein d’un grand groupe en étant très épanoui dans les deux cas.
Il est primordial que vous preniez conscience de l’importance de définir en amont le type de structure pour lequel vous souhaitez travailler. Cela vous permettra d’être pleinement épanoui dans votre poste et de vous sentir bien. Petit disclaimer : cet article a pour vocation de vous guider dans votre décision, mais il faut aussi savoir que toutes les PME et que tous les grands groupes ne se valent pas. L’esprit d’une PME est, en effet, conditionné par ses dirigeants.
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