Groupe Finance Mondiale : Définition et Rôle
La Banque mondiale est une organisation internationale créée le 27 décembre 1945. À son origine, elle se confondait avec la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) qui est le nom qui lui avait été officiellement attribué à sa création.
Aujourd’hui, le principal rôle de la Banque mondiale est de lutter contre la pauvreté dans le monde. Pour remplir cette mission, elle dispose de moyens financiers importants et d’une organisation spécifique.
La Banque mondiale est une organisation internationale qui lutte contre la pauvreté et qui promeut le développement économique dans le monde entier. La Banque mondiale joue un rôle essentiel dans le financement de projets pour l’amélioration des infrastructures, pour l’éducation, la santé et d’autres domaines liés au développement.
Elle est destinée à aider les États confrontés à des difficultés économiques. Elle a été créée en décembre 1945 durant les accords de Bretton Woods. A l’origine, elle se confondait avec la BIRD : la Banque Internationale pour la Reconstruction et le Développement.
On parle aujourd’hui du « groupe » Banque mondiale pour insister sur le fait que l’organisation regroupe 5 organismes, dont les missions diffèrent entre elles et se complètent.
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Histoire de la Banque Mondiale
Comme le FMI, la Banque mondiale est une organisation qui est issue des accords de Bretton Woods signés en 1944. Le but de la conférence de Bretton Woods était d’organiser l’économie mondiale d’après guerre.
Si l’idée d’une banque pour financer la reconstruction d’après-guerre est d’abord un projet des États-Unis, c’est John Maynard Keynes qui a présidé le groupe de travail sur cette banque. Au départ, l’idée était surtout de mettre en place une banque pour aider à la reconstruction de l’Europe, mais ses missions ont été étendues au financement du développement, concept qui émerge dans les années 1940.
C’est donc en 1944 qu’est créée la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), dont le siège est situé à Washington et qui démarre ses activités deux ans après sa création. En 1947, cette banque, dont la première mission est de financer les pays meurtris par la guerre, accorde un prêt de 250 millions de dollars à la France.
L’année suivante, un prêt est accordé au Chili, c’est le premier qui ne concerne pas la reconstruction d’après-guerre, mais véritablement le développement. La BIRD, forte de ses 189 membres est aujourd’hui le principal prêteur public d’argent au monde. Son activité de financement de la reconstruction est aujourd’hui devenue marginale, elle finance essentiellement le développement.
En 1956, la création de la Société financière internationale lui permet d’intervenir également dans le financement du secteur privé. Ainsi, dès 1960 l’Association internationale de développement est créée pour aller au-delà de la reconstruction des économies touchées par la guerre et se concentrer sur les pays les plus pauvres au monde.
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Sa principale mission est d’allouer des prêts à taux d’intérêt faible ou nul et de conseiller les gouvernements des 75 économies les plus pauvres au monde. Depuis plusieurs années, elle concentre aussi son activité autour de la prévention des risques et les réparations liées aux aléas climatiques.
Le CIRDI, Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements est également une émanation de la Banque mondiale, créé en 1966. Sa mission est de régler les conflits, le plus souvent entre un investisseur privé et un État, concernant un investissement international tel qu’un IDE. Son objectif est de promouvoir et de réguler les investissements internationaux, vus comme vecteurs de développement pour de nombreuses économies.
Ce Centre a été complété, en 1988, par l’Agence multilatérale pour la garantie des investissements (AMGI, souvent désignée par son acronyme en anglais, MIGA), qui assure la couverture des risques liés aux émissions de garanties pour les investissements internationaux.
L’histoire de la Banque mondiale est d’abord celle d’une organisation qui voit sa taille et ses prérogatives augmenter de façon régulière, notamment sous l’impulsion de son président Robert Mc Namara, en poste de 1968 à 1981, mandat le plus long à la tête de l’organisation. La Banque vise non seulement à fournir des fonds aux économies en développement, mais aussi à être un lieu de recherche sur le développement.
Cette volonté se concrétise en 1973 avec la création du poste d’économiste en chef de la Banque mondiale, poste occupé entre autres par Joseph Stiglitz, William Easterly, Carmen Reinhart ou François Bourguignon. La Banque mondiale publie aussi chaque année un important Rapport sur le développement dans le monde et c’est elle qui est chargée de mesurer l’IDH des pays.
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Structure de la Banque Mondiale
La Banque mondiale est un groupe constitué autour de 5 entités :
- La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) qui prête de l’argent aux pays à revenu intermédiaire et aux pays pauvres, mais solvables.
- L'Association internationale de développement (AID), qui accorde des crédits remboursables sans intérêt aux pays en voie de développement sur une durée de 30 à 40 ans.
- La Société financière internationale (SFI), chargée de faire la promotion du secteur productif privé à travers le financement d’entreprises ou des prises de participation.
- Le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), dont la mission est d’aplanir les différends liés à l'investissement entre les gouvernements et les investisseurs privés étrangers.
- L'Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI), dont le but est d'encourager les investissements favorisant le développement économique des pays membres.
Ces institutions travaillent ensemble dans une centaine de pays à qui elles fournissent des financements et des conseils afin de répondre aux enjeux de développement cruciaux.
Fonctionnement de la Banque Mondiale
La Banque mondiale fonctionne comme une coopérative géante. Son board rassemble les actionnaires des 189 pays membres qu’elle fédère. Ces actionnaires sont représentés par un Conseil des gouverneurs, l’organe de décision de la Banque.
Ces gouverneurs sont généralement les ministres des finances (ou du développement) des pays membres. Le conseil des gouverneurs se réunit une fois par an, à l'occasion d’une assemblée générale qui coïncide avec celle du Fonds Monétaire International (FMI), une autre institution planétaire avec laquelle elle coopère.
Les gouverneurs délèguent des aspects de leur mandat à 25 administrateurs. Les 5 principaux actionnaires sont nommés par les grandes puissances. Les autres pays membres sont représentés par des administrateurs élus.
C’est le président du Groupe de la Banque mondiale qui chapeaute les réunions du Conseil des Administrateurs en répondant de la gestion générale de la Banque. Son mandat (renouvelable) est de 5 ans.
Rôle de la Banque Mondiale
Créée en 1946, la Banque mondiale, souvent assimilée à la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), finance les projets sectoriels des pays en voie de développement, grâce à des prêts d'une durée de 15 à 20 ans.
Son objectif est de mettre fin à l’extrême pauvreté et de promouvoir une prospérité partagée. Ses deux principaux objectifs à moyen terme sont :
- de réduire à 3 % le nombre de personnes vivant avec moins de 1,90 dollar par jour d’ici 2030 ;
- de relever le revenu des habitants des pays les plus pauvres de 40 %.
La Banque mondiale apporte également une expertise technique en fournissant des conseils et des analyses afin d’aider les gouvernements à mieux gérer certaines ressources. La Banque mondiale travaille en collaboration avec de nombreux organismes internationaux, bailleurs de fonds, associations universitaires ou professionnelles dans le but de mieux coordonner les politiques et pratiques d’aide pour les pays.
Financement de la Banque Mondiale
Pour financer son activité en faveur des pays en voie de développement, la Banque mondiale lève des fonds sur les marchés financiers (ce que le FMI ne peut pas faire) à travers des emprunts obligataires. Dans la mesure où elle est soutenue par des États, les émissions de la Banque mondiale bénéficient de la notation financière AAA (meilleure note possible) ce qui lui permet d’obtenir des financements à taux d’intérêt réduit.
La Banque mondiale fonctionne de fait comme une banque d’investissement qui emprunte sur les marchés financiers et prête les ressources obtenues à ses pays membres qui lui en font la demande.
Il est toutefois très rapidement devenu évident que la Banque mondiale se finançant au taux du marché obligataire, et par conséquent prêtant à un taux très proche de celui-ci, beaucoup de pays pauvres se trouvaient dans l’incapacité de bénéficier de ses financements. C’est la raison pour laquelle fut décidée la création de l’Agence internationale pour le développement (AID) en 1960.
Critiques de la Banque Mondiale
La Banque mondiale peut se targuer de réussites importantes, elle a aidé à la reconstruction d’économies dévastées par la guerre, a participé à la réduction de la pauvreté dans le monde et a aidé à juguler certaines crises, telles que celle de la dette au Mexique dans les années 1980 ou la crise asiatique en 1997. Cependant, elle a été critiquée sur de nombreux points.
D’abord, la Banque mondiale défend une approche « conditionnelle » des prêts : en contrepartie de l’aide au développement, elle appelle à des changements structurels, supposés permettre aux pays de se développer. Ces changements structurels sont à associer à ce qu’on appelle le « Consensus de Washington ».
Comme pour le FMI, cela se traduit par les « programmes d’ajustements structurels », mesures de libéralisation de l’économie, incitant à la privatisation des entreprises d’État, à la réduction des dépenses publiques et appelant à lutter activement contre la corruption. Le premier pays à avoir connu un tel plan est la Turquie en 1980.
Joseph Stiglitz, qui a été économiste en chef de la Banque mondiale a été l’un des critiques les plus féroces de ces politiques, dont l’efficacité s’est avérée assez faible, alors qu’elles ont souvent déstabilisé les pays les ayant mises en place. On peut aussi citer William Easterly qui insiste sur le fait que la vision de la croissance économique de la Banque mondiale était construite autour d’un lien direct entre investissement économique et croissance et non pas sur le progrès de la productivité.
Cette critique a donné lieu à un changement de doctrine au sein de la Banque mondiale avec le développement, de concert avec le FMI, des « stratégies de réduction de la pauvreté », centrée davantage sur les indicateurs de développement que sur les mesures de libéralisation.
Cependant, c’est sur un plan plus politique que la Banque mondiale a été contestée. Elle n’échappe pas aux difficultés de l’ensemble des organisations de l’ONU de permettre une approche multilatérale dans un monde de plus en plus fragmenté. Le développement économique est également rattrapé par des enjeux politiques. La Banque mondiale est ainsi critiquée comme étant sous la dépendance du gouvernement des États-Unis.
Depuis sa création, et sauf dans le bref intérim assuré en 2019 par la Bulgare Kristalina Georgieva, la Banque a toujours été présidée par un homme issu des États-Unis et nommé, selon un accord implicite, par le gouvernement des Etats-Unis. Même s’il est né en Inde, le président du groupe Banque mondiale nommé en 2023, Ajay Banga ne fait pas exception.
La distribution des prêts est parfois influencée par des partis-pris idéologiques. Le cas le plus flagrant concerne sans doute le Chili sous le gouvernement socialiste de Salvador Allende qui s’est vu refuser des prêts. Paul Romer a reconnu, dans une interview en 2018 que dans ce même pays, le gouvernement de gauche de Michelle Bachelet aurait aussi été désavantagé par le groupe Banque mondiale.
« La Banque mondiale s’assied sur les droits humains. Elle les considère davantage comme une maladie infectieuse que comme des valeurs et obligations universelles. » Ces propos émanent du Rapport spécial de l’ONU sur l’extrême pauvreté et les droits humains présenté à l’Assemblée générale de l’ONU le 4 août 2015. Cette enquête révèle qu’au cours de la dernière décennie, la Banque mondiale a financièrement soutenu des projets qui ont eu pour effet de contraindre physiquement ou économiquement environ 3,4 millions de personnes à quitter leurs terres ou logement.
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