Quotidien d'une illustratrice freelance : métier et organisation
Mon parcours d'illustratrice dans Créa-magazineCréa-magazine, magazine dédié à l'art et à la création, s'est intéressé à mes illustrations. La rédactrice m'a contactée et nous avons convenu d'une rencontre pour échanger sur mon métier d'illustrateur indépendant.
Le style et les sources d'inspiration
Nous y abordons tout d'abord les univers de mes dessins et de mes personnages, qui sont toujours très colorés et stylisés, généralement dessinés au trait rouge. J'évoque mes sources d'inspiration que sont mes voyages ainsi que ma vie quotidienne d'illustratrice. Ma vie en France et les voyages m’offrent des expériences idéales pour m’inspirer du monde et des hommes : leurs vies quotidiennes, leurs loisirs, leurs plaisirs… On retrouve ces inspirations et ces ambiances dans mes dessins et mes univers graphiques.
Débuts et formation
Passionnée de dessin depuis mon plus jeune âge, j'ai choisi de suivre des études d'arts appliqués. Il en existe beaucoup, du BTS design graphique, DNA Diplôme national d’Art option design, en passant par le Diplôme national supérieur des Arts décoratifs (ENSAD), ainsi qu’une multitude d’écoles d’Art privée. J’ai personnellement opté pour l’Ecole Pivaut (supérieure technique privée d’arts appliqués et dessin narratif) qui proposait une formation de designer graphiste généraliste post bac en 3 ans avec une option illustration graphique.
Après un passage en tant que graphiste en agence de publicité, j'ai débutée mon activité d'illustratrice freelance, et j'ai rapidement eu la chance de dessiner pour des grands magazines. Il s'agissait généralement de magazines féminins de mode, de beauté, ou sur les thématiques « lifestyle ».
Premières collaborations et développement professionnel
Lorsque j'ai commencé, j’allais visiter les directeurs artistiques et les éditeurs avec mon book et plusieurs dizaines de mes visuels imprimées. Aujourd’hui, savoir concevoir, créer et référencer un site internet avec l’ensemble de ses portfolios est un avantage énorme qui permet d’être visible et identifié par un large public, dont les professionnels.
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Il s'agissait généralement de magazines féminins de mode, de beauté, ou sur les thématiques « lifestyle ». Lorsque j’ai commencé, j’allais visiter les directeurs artistiques et les éditeurs avec mon book et plusieurs dizaines de mes visuels imprimées. Aujourd’hui, savoir concevoir, créer et référencer un site internet avec l’ensemble de ses portfolios est un avantage énorme qui permet d’être visible et identifié par un large public, dont les professionnels.
Illustrations éditoriales et couvertures de livres
Dans la dernière partie de l'article, nous parlons de la création d'illustrations éditoriales, et des couvertures de livres. J'en ai réalisé plusieurs, notamment pour Plon, Pocket, Calmann-Lévy, que vous pouvez retrouver dans mon book. Les illustrateurs créent des couvertures de livres, des illustrations intérieures pour des romans, des livres pour enfants, et contribuent à des articles de magazines.
Organisation professionnelle et statut juridique
Mais au-delà des aspects créatifs et artistiques du métier d’illustrateur, être artiste indépendant nécessite une bonne organisation professionnelle. Contrairement à un illustrateur travaillant pour un employeur, un indépendant doit choisir un statut juridique approprié à sa profession. Pour l’affichiste ou l’illustratrice française qui veut être freelance (prononciation en français : « Frilance », traduction : indépendant !), le plus simple me paraît d’opter pour le statut d’artiste-auteur et de facturer ses créations et ses droits d’auteur dans le cadre de la maison des artistes (ou de l’AGESSA si il est plus auteur).
En devenant illustrateur freelance, vous allez devoir déterminer avec quel statut juridique vous allez exercer votre profession. Vous pouvez également choisir d'opter pour le statut d’auto-entrepreneur. Une autre possibilité est de créer votre société unipersonnelle (SASU ou EURL) ou d'opter pour le portage salarial.
| Statut | Avantages | Inconvénients |
|---|---|---|
| Micro-entreprise | Création rapide, charges simplifiées | Plafond de CA, pas de déduction des frais réels |
| Artiste-auteur (MDA / AGESSA) | TVA réduite, cotisations calculées sur bénéfice | Couverture limitée (chômage, AT) |
| SASU / EURL | Possibilité d'embaucher, rémunération flexible | Complexité administrative, charges plus élevées |
| Portage salarial | Sécurité du salariat, gestion admin déléguée | Frais de gestion, charges plus élevées |
Tâches quotidiennes et compétences
Le métier d’illustrateur·rice évolue avec la prise de conscience écologique. Création et conception visuelle : L’illustrateur freelance doit créer des images et des dessins qui communiquent le message souhaité par le client, en respectant les briefs et les délais. Collaboration avec les clients : Une mission clé consiste à comprendre et interpréter les besoins des clients pour transformer des idées en illustrations concrètes. Gestion de projet : La gestion du temps et le respect des échéances sont cruciaux pour maintenir une bonne relation avec les clients et assurer la viabilité de l’activité freelance.
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Un illustrateur freelance est un professionnel des arts graphiques. Il déploie sa créativité au travers d’œuvres visuelles uniques sur la base de contrats de prestations se services. L’illustrateur freelance doit maîtriser les techniques de base liées à cette profession, c'est-à-dire les différentes techniques de dessin et la colorimétrie par exemple ; les logiciels de conception graphique tels que Illustrator et Photoshop ; et l’utilisation de la tablette graphique qui vous sert dans la résiliation de vos visuels.
Compétences humaines
- La créativité : capacité à générer des idées originales et à conceptualiser des visuels uniques.
- La curiosité : s'intéresser à de nombreux milieux pour enrichir sa culture générale.
- L’organisation : gérer planning, plusieurs missions et la partie commerciale.
- La communication : savoir écouter le client, défendre ses propositions et accepter la critique.
Tarifs, rémunération et réalités financières
Jetons tout de suite un pavé dans la mare. Pour exercer en tant qu’illustrateur ou illustratrice dans la durée, vous devez être rémunéré ! En moyenne, 80% des offres proposent un salaire compris entre 1 750 € et 2 600 € brut par mois. Le tarif par jour moyen par niveau d’expérience est de 246 euros pour une expérience de 0 à 2 ans. Le tarif moyen pour 2 à 7 ans d’expérience est de 300 euros. Les Tarifs Journaliers Moyens (TJM) d’un illustrateur freelance que nous pouvons observer sur le marché varient selon l'expérience et la spécialisation.
La rémunération d'un freelance diffère d'un salaire classique et n'est pas soumise à un minimum horaire obligatoire, tel que celui imposé par le SMIC. Elle résulte d'une négociation libre entre l'entreprise et le prestataire indépendant, tout comme le mode de paiement qui est déterminé de manière flexible par les deux parties.
Acquérir et fidéliser des clients
Il faut donc essayer de faire connaître son travail, qui présente de préférence un style bien affirmé afin d’être identifié auprès des clients et secteurs utilisateurs d’illustrations : la publicité, la presse et l’édition. Un portfolio bien conçu est essentiel pour montrer votre talent et votre style. Idéalement, commencez à constituer votre portfolio pendant vos études. Vous pouvez y mettre les travaux dont vous êtes le plus fier ou la plus fière. Envisagez-le comme un ambassadeur de votre travail.
Il est possible de trouver un illustrateur freelance sur des plateformes en ligne, par le biais de recommandations, ou en consultant des portfolios sur des sites dédiés à la création indépendante. A titre d'information, la plateforme la plus connue pour trouver un freelance est Malt. Lorsque l’on décroche ses premières commandes, le plus important reste bien-sûr d’aller les fêter au restaurant. Mais, le lendemain, il ne faut pas oublier que l’on va avoir besoin d’un statut social pour exercer son métier et surtout pour pouvoir facturer.
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Choix stratégique : agent ou gestion directe
Avec un style affirmé, un site internet bien fait, un planning bien organisé, un statut cadré et des prix cohérents, les premières commandes devraient arriver ! J’ai personnellement opté pour gérer moi-même mon planning et mes relations avec mes clients en France. Après 20 ans de pratique, j’ai acquis pas mal d’expérience dans la compréhension des demandes qu’il s’agisse de concepts publicitaires ou de direction artistique dans la presse, l’édition ou le livre.
Je comprends cependant très bien l’intérêt d’un agent pour les artistes ou créatifs qui peuvent ne pas être à l’aise avec les plannings ou la relation avec les agences ou les clients. Pour moi le cas est différents en ce qui concerne les autres Pays, comme les Etats-Unis, le Japon, ou même l’Allemagne. Les différences culturelles et linguistiques (anglais le plus souvent) font qu’il me parait intéressant, voir nécessaire, de collaborer avec des agents dans ces pays. Cela fait donc maintenant presque 4 ans que je collabore avec différents agents dans le monde, notamment aux USA.
Faire ses premiers pas dans l'édition en tant qu'illustratrice - interview de Marion @paulinacholeva
Vie quotidienne, équilibre et conseils
J’aime cuisiner autant que peindre ou dessiner. Tout comme j’adore les dessins d’autres dessinateurs que j’admire - illustrateur connu en France tel Voutch, ou peu connu en Europe tel le dessinateur indien Mario de Miranda -, j’apprécie la cuisine de grands chefs, à Bombay ou Paris, si possible accompagnée d’un verre de bon vin. En tant que graphiste, j’ai remarqué qu’il n’était pas évident d’évoquer par le dessin un très bon plat et ses saveurs… Comment faire passer ce subtil plaisir des papilles, de l’odorat et de la vue qui nous remplit lorsque l’assiette est dressée ?
Lorsque tu crées, tu ne vois pas le temps passer, tu sens que c’est ton truc, et tu voudrais en faire ton métier. Vouloir vivre de ta passion, c’est une belle chose. Penser à l’argent, c’est bien. Il faut être réaliste : c’est un métier. Bien sûr qu’il faut des billes pour vivre. Viser haut, veiller à être bien rémunéré à hauteur de la tâche accomplie, c’est mieux : c’est professionnel.
Le but, c’est de vivre de son travail. Mais sur le long terme, il faut penser formation et épanouissement. L’argent, c’est important, mais il ne fait pas tout. Il est nécessaire de chercher un/des styles graphiques et de tester divers rendus, pour faire évoluer son travail, toucher de nouveaux clients et se rapprocher artistiquement de ce qu’on cherche à produire. Il faut se dégager du temps pour expérimenter.
Accompagner les débutants : conseils pratiques
Il n’y a pas de recette miracle. La première chose, et ce n’est pas un scoop, est de savoir un minimum dessiner. Une formation d'art appliqué est un plus. Il n’est pas obligatoire d’obtenir un diplôme reconnu par l’État, la plupart des clients et entreprises regardant les compétences et le portfolio. La clé pour développer votre style et votre technique reste bien sur la pratique régulière.
Mon conseil serait donc d’une part, d’aller à la rencontre de créatifs et d’illustrateurs freelance et de discuter avec eux de leur activité. En second lieu, auto-forme toi. Il y a énormément de tutos gratuits disponibles sur le web à qui sait chercher. Et, chose primordiale, confronte-toi aux réalités du terrain. Réalise des projets personnels correspondant à ce que tu souhaite faire, fréquente des forums, montre tes réalisations, demande conseil, postule à des appels d’offre, juste pour voir.
Si tu es salarié depuis longtemps, n’hésites pas à regarder les différentes aides qui te sont accessibles. Pour ma part, j’ai signé une rupture conventionnelle avec mon ex-employeur, puis je me suis inscrite à pôle emploi pour suivre une formation et me lancer en parallèle. Des solutions existent. Ne baisse pas les bras avant d’avoir analysé toutes les options. Si tu es étudiant, garde ce feu, cette rage. Elle est bonne pour ton évolution. C’est un bon carburant, mais il faut lui trouver l’utilité adéquate.
Opportunités, secteurs et perspectives
Les illustrateurs freelances peuvent trouver des opportunités dans une grande variété de secteurs. Édition et presse : Les illustrateurs créent des couvertures de livres, des illustrations intérieures pour des romans, des livres pour enfants, et contribuent à des articles de magazines. Les visuels marketing : la création d’éléments visuels pour des campagnes publicitaires, des brochures, des affiches, des bannières web, etc.
Aujourd’hui, les illustrateurs et graphistes représentent près d’un quart des freelances en France, ce qui en fait l’une des catégories les plus dynamiques du marché, juste après les développeurs. En fait, la Maison des Artistes concerne les artistes travaillant sur divers supports tels que l’édition, la presse, les livres, la communication et la publicité.
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